, surnommé ou , né vers 1145 et mort en , est un seigneur de Joinville, dans le comté de Champagne, à la fin du . Il est le fils aîné de , précédent seigneur de Joinville, et de son épouse Félicité de Brienne. Par sa mère, il est également le frère utérin des seigneurs de Broyes.

Il épouse Helvide, issue de la maison de Dampierre, avec qui il a plusieurs enfants. Il apparait très jeune dans les chartes de son père, qui l'associe ainsi au pouvoir. Il prend alors de plus en plus d'importance au fur et à mesure que son père avance en âge, jusqu'à la suppléer presque complétement. Il lui succède à la tête de la seigneurie familiale après sa mort en 1188, mais il n'est pas certain qu'il hérite du titre de sénéchal de Champagne. Il est probablement à l'origine des premières armoiries de sa famille, pour lesquels il s'inspirent de celles de son demi-frère aîné .

En 1188, il décide de prendre la croix à la suite du comte et des rois Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion et fait, avant son départ pour la Terre sainte, de grandes largesses envers divers établissements religieux de sa seigneurie. Mais lassé d'attendre la fin des préparatifs des deux monarques, il devance la troisième croisade et arrive au siège de Saint-Jean-d'Acre dès . Il décède au mois d'août de l'année 1190, probablement de maladie ou à la suite d'une blessure.

Il est notamment le père de et de Simon, qui lui succèdent successivement comme seigneur de Joinville, ainsi que de Guillaume de Joinville qui devient évêque de Langres puis archevêque de Reims et qui sacre .

Biographie Origines est le fils aîné et héritier de , seigneur de Joinville, et de son épouse Félicité de Brienne, elle-même fille d', comte de Brienne, et de son épouse Alix de Ramerupt. Avant ce mariage, Félicité de Brienne avait épousé en premières noces , seigneur de Broyes mort entre 1137 et 1140, avec qui elle avait eu trois enfants qui sont donc les demi-frères ou demi-sœurs de ..

Il semble être né vers 1145, probablement au château de Joinville. En effet, sa mère devient veuve de son premier époux en 1140, ou légèrement avant, puis est citée comme dame de Joinville dans une charte de son nouvel époux de 1141. De même, elle apparait ensuite en compagnie de , bien qu'alors encore très jeune, dans la charte de fondation du prieuré du Val d'Osne, qui peut être estimée entre 1140 et 1146, puis dans celle de l'abbaye d'Écurey, qui peut être datée entre 1144 et 1147.

La maison de Joinville est l'une des plus anciennes et puissantes familles du comté de Champagne, dont elle est vassale. Par le jeu des alliances matrimoniales, elle est l'alliée naturelle des familles de Brienne, Dampierre, Broyes ou encore de Vignory, etc..

Preuve de l'importance de la famille de Joinville en Champagne, le père de , , a obtenu du comte Henri le Libéral la sénéchaussée du comté. Alors que les autres titres de grands-officiers de Champagne sont accordés à titre viager, celui de sénéchal est le seul à être transmis de père en fils..

Début de carrière vignette|droite|redresse=.5|alt=Blason médiéval représentant deux léopards jaunes sur fond rouge.|Blason de la maison de Dampierre, d'où est issue Hélvide de Dampierre, épouse de . souscrit pour la première fois comme témoin en compagnie de son père dans une charte de 1159 à Bar-sur-Aube qui confirme les biens donnés par le comte aux religieuses du Val d'Osne dans cette ville. Deux ans plus tard, en 1161, il figure de nouveau parmi les témoins dans une charte à Vaucouleurs entre l'abbaye Saint-Mansuy de Toul et le chevalier Adam de Poissons et ses frères.

C'est probablement à cette époque que épouse Hélvide de Dampierre, fille du seigneur de Dampierre et de son épouse Helvide de Baudement, issus de deux autres familles importantes du comté de Champagne.

À partir de 1164, prend dans les chartes le surnom de , tandis que utilise celui de , afin de pouvoir se différencier l'un de l'autre dans les archives contemporaines. Quant au chroniqueur Aubry de Trois-Fontaines, il lui donne le surnom de , c'est-à-dire d'écuyer, sans doute car il n'a pas encore atteint l'âge d'être armé chevalier.

En 1164 toujours, il exerce pour des raisons inconnues des violences contre les chanoines de Châlons, pourtant des partisans de son oncle Guy de Joinville, nouvellement sacré évêque de Châlons. Il entre ainsi par la force dans la maison capitulaire, s'empare d'un homme et lève des contributions forcées dans les villages appartenant aux chanoines. Ceux-ci s'en plaignent alors au roi . Il n'est pas connu s'il a été châtié pour ses méfaits, mais il garde néanmoins le village de Courcelles qu'il a injustement conquis jusqu'en 1174 où une lettre du pape charge l'archevêque de Reims de le lui faire rendre aux chanoines.

À partir de 1179, semble assister de plus en plus son père, probablement affaibli par l'âge, dans l'exercice du pouvoir. apparait en effet de moins en moins sans son fils dans les chartes, et ce dernier agit même seul dans certains documents. Dans une charte datant d'avant 1188, le vieux seigneur de Joinville souscrit même comme témoin pour son fils.

Seigneur de Joinville meurt au cours de l'année 1188, probablement au mois d'août, et son fils aîné lui succède à la tête de la seigneurie de Joinville, dont il devient le sixième seigneur en lignée directe par les mâles depuis Étienne de Vaux, tige de cette dynastie.

Ses premières actions en tant que nouveau seigneur consistent à confirmer les donations faites par son père en faveur du prieuré Saint-Jacques de Joinville ainsi qu'à s'engager, avec l'assentiment de son épouse et de ses fils, à reconnaître la collégiale Saint Étienne comme leur chapelle castrale et à ne jamais faire construire d'autre chapelle dans leur château de Joinville, tant pour lui que pour ses descendants.

À noter qu'à partir de son accession au pouvoir, n'utilise plus le surnom de . En effet, son père étant dorénavant décédé et son fils aîné portant également le même prénom, ce surnom n'est donc plus d'actualité. Pour continuer à se différencier de ses homonymes dans les archives, il se qualifie dorénavant de . Ce frère utérin semble avoir une grande importance pour lui, car en cette fin de où naissent les armoiries, il adopte des armes semblables à celles de son demi-frère, à savoir . Ces armoiries étant des armes parlantes, il est indéniable qu'elles soient à leur création celles de la famille de Broyes. L'historien du Charles du Fresne du Cange a d'abord attribué ce blason à Étienne de Vaux, faisant de lui un frère puîné d'Isembard de Broyes, seigneur de Broyes au début du , mais cette affirmation est totalement erronée, car faisant remonter des armoiries à une époque où elles n'étaient pas encore utilisées.

Sénéchal de Champagne ? vignette|gauche|alt=Vestiges d'un château médiéval sur une colline boisée avec la ville en premier plan.|Vestiges du château médiéval de Joinville, dit château d'En-Haut, détruit lors de la Révolution. , père de , est attesté comme sénéchal de Champagne dès le début du règne du comte pour , d'après ce que son arrière petit-fils Jean de Joinville fit graver sur son épitaphe à l'abbaye de Clairvaux. Il est le premier de sa lignée à porter cette charge, le précédent détenteur étant André de Baudement, le grand-père de l'épouse de . Toutefois, il n'est pas connu si ce titre était héréditaire et il est même possible qu'il ait été attribué à titre honorifique. En effet, si souscrit à de nombreuses chartes du comte de Champagne, il porte d'abord le titre de , c'est-à-dire celui qui porte les plats, ce qui n'est qu'une des prérogatives du sénéchal, et ne prend celui de sénéchal qu'à partir de 1159..

De même, les deux fils de qui accéderont à la tête de la seigneurie de Joinville, et Simon, porteront successivement le titre de sénéchal de Champagne. Ce dernier aura même ce titre accordé par la comtesse-régente Blanche de Navarre mais s'en verra contesté le caractère héréditaire.

Quant à , il n'apparait dans aucun document contemporain avec cet office et il n'est donc pas possible de définir s'il en a été titulaire. Toutefois, la brièveté de son règne, environ deux années, et le fait qu'il en ait passé une partie en dehors de la Champagne, pourrait expliquer ce manque, d'autant plus qu'aucune autre personnalité n'a pas porté ce titre pendant cette période.

Préparation pour la troisième croisade En 1188, le comte de Champagne décide de prendre part à la troisième croisade à la suite des rois de France et d'Angleterre et de nombreux chevaliers champenois, dont et son fils aîné , font également le choix de prendre la croix.

Toutefois, avant son départ, le seigneur de Joinville fait de nombreuses largesses au clergé, particulièrement à l'intérieur de sa seigneurie, que ce soit dans le but de s'attirer les faveurs divines ou de mettre en ordre ses comptes moraux. On retrouve ainsi dès 1188 le don d'une vigne à Mussey à l'abbaye de Saint-Urbain pour que l'on y célèbre tous les ans l'anniversaire de son père ainsi que la confirmation des dons paternels au prieuré Saint Jacques de Joinville. La même année, il donne ce qu'il possède sur les dîmes de Charmes-en-l'Angle à la collégiale Saint-Laurent de Joinville pour constituer une prébende, que son épouse se doit de compléter si besoin, en échange de la célébration de leurs anniversaires. Il s'engage également à ne pas faire construire d'autre chapelle dans l'enceinte de son château à Joinville.

L'année suivante, il fonde deux nouvelles prébendes dans cette collégiale, l'une pour Acelin , la seconde pour un certain maître Constant. Puis il règle en faveur de l'abbaye des Vaux en Ornois un différend avec les habitants de Vaucouleurs à propos d'une prairie située derrière la maison du Saint-Esprit. Enfin, il répare le tort qu'il avait fait aux religieuses du Val d'Osne en établissant un moulin qui avait mis le leur hors service.

Siège de Saint-Jean-d'Acre vignette|droite|alt=Tableau représentant un seigneur médiéval en prière devant une chapelle isolée avec une troupe d'hommes qui l'attend et un château lointain représentés en arrière-plan.|Le départ du sire de Joinville par François Alexandre Pernot, exposé au musée de Chaumont. Le sire de Joinville représenté sur ce tableau est toutefois Jean de Joinville, petit-fils de . Les monarques Français et Anglais continuant de se faire la guerre, les préparatifs pour la croisade demeurent au point mort. Toutefois, plusieurs chevaliers s'impatientent et décident de partir sans attendre leur suzerain. Outre et son fils, ce contingent avancé comprend également , connétable de Champagne, le comte de Brienne ainsi que le frère de ce dernier André de Brienne, seigneur de Ramerupt.. Pendant son absence, il semble avoir laissé le gouvernement de ses terres à son épouse Helvide de Dampierre.

Très probablement partis de Marseille, ils rejoignent en chemin une flotte composée de Danois et de Frisons ainsi que d'Anglais, également lassés d'attendre leur roi, qui revenait du , au Portugal et arrivent à Saint-Jean-d'Acre vers la mi- et se joignent au siège de cette ville mené par le roi de Jérusalem Guy de Lusignan depuis le ..

meurt en sous les murs de Saint-Jean-d'Acre avant de voir tomber la ville, probablement de maladie ou des suite d'une blessure. Avant de mourir, il restitue devant témoins aux abbayes de Montier-en-Der et de Saint-Urbain des biens que lui et ses prédécesseurs leur disputaient de longue date, c'est-à-dire une partie du pays de la rivière de Blaise pour la première et le droit de gîte à Landéville pour la seconde. Après sa mort, son fils quitte la croisade avant la prise de la ville et est de retour sur ses terres de Joinville avant la fin de l'année 1190 et, outre le titre de seigneur de Joinville, prend également celui de sénéchal de Champagne, qui n'a pas été retrouvé attribué à son père dans les archives contemporaines.

Mariage et enfants