L'église Saint-Denis de Lugny est une église située sur le territoire de la commune de Lugny, en Haut-Mâconnais, dans le département français de Saône-et-Loire et la région Bourgogne-Franche-Comté.

Elle relève de la paroisse Notre-Dame-des-Coteaux en Mâconnais (qui a son siège à Lugny).

Historique L’église a été bâtie au début du , entre 1824 et 1826, en lieu et place de l'ancienne église romane (avec chapelle seigneuriale), qui fut démolie en 1823 et dont les matériaux servirent partiellement à rebâtir la nouvelle égliseBrochure de présentation de l'église Saint-Denis de Lugny éditée par la pastorale des réalités du tourisme et des loisirs du diocèse d'Autun, Chalon et Mâcon (PRTL 71).

vignette|150 px|left|Saint Denis, patron de Lugny. Elle est, comme la précédente église, placée sous le vocable de saint Denis, patron de LugnySaint martyr ayant donné son nom à l'un des quartiers du bourg, voisin de l'église..

Le , trois mois après la promulgation de la loi du concernant la séparation des Églises et de l’État, l'inventaire des biens « dépendant de la fabrique paroissiale de Lugny » fut dressé par le receveur des domaines en fonction à Lugny, chef-lieu de canton, et, à ce titre, l'ensemble du mobilier se trouvant à l'intérieur de l'édifice fut recensé et estimé (2347,50 francs), l'abbé Jacques Dufêtre étant curé de LugnyInventaire qui se déroula le même jour au presbytère et auquel succéda, le lendemain, un recensement du mobilier conservé à l'intérieur de la chapelle Notre-Dame-de-Pitié de Fissy. Source : Direction générale des domaines, Inventaire des biens dépendant de la fabrique paroissiale de Lugny dressé en exécution de l'article 3 de la Loi du 9 décembre 1905 (Archives départementales de Saône-et-Loire)..

L’intérieur de l’édifice a été profondément remanié dans les années qui suivirent le concile Vatican II, dans un souci d’adaptation à ses prescriptions, et ce fut plus précisément à frère Denis Aubert (1934-2015), membre de la communauté de Taizé, architecte de l'église de la Réconciliation de Taizé (1962), que l’on demanda de « repenser » les lieuxFrédéric Lafarge, Monseigneur Joseph Robert (1898-1987), Une communauté missionnaire en Mâconnais : Lugny, Les Foyers communautaires et l'Amicale des anciens élèves de l'école « La Source », Lugny, 2019 ..

Description vignette|250px|right|Le chevet couvert de « laves » de l'église Saint-Denis de Lugny. Se devine dans l'ouverture le vitrail dédié à saint Denis, patron de Lugny. Extérieur Construite d'après des plans dressés par l'architecte Roch fils de Mâcon et couvrant une superficie de 4 a 80 ca, elle a la forme d'une croix latine et dispose, d'est en ouest, d'une avant-nef, d'une nef avec bas-côtés, d'un chœur encadré de deux chapelles et d'un chevet semi-circulaire.

Son clocher est de type type clocher porche.

Quant à son chevet, de forme semi-circulaire ressortant d'une construction orthogonale à usage de sacristie, il a conservé sa couverture faite de lave (lauze).

Cloches Le clocher abrite deux cloches fondues dans la première moitié du , toutes deux à tintement électromagnétique (la plus grosse sonnant en mi et la plus petite en sol)Source : « Fêlé de cloches ! Entretien avec le père Christophe Lagrange, correspondant de la Société française de campanologie pour la Saône-et-Loire », article de Frédéric Lafarge paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 190 de juin 2017, pages 17 à 21..

La plus ancienne, à six anses, pèse une tonne et date de 1825. On peut y lire l'inscription suivante, en lettres capitales, répartie sur quatre lignes : « L’AN 1825 SOUS LE REGNE DE CHARLES X J’AI ETE BENITE PAR Mr ETIENNE BOUILLARD CURE DE LUGNY. J’AI EU POUR PARRAIN Mr HENRY / JOSEPH THUGNOT DELANOY, CHEF D’ESCADRON DES ARMEES DU ROY EN RETRAITE, CHEVALIER DE L’ORDRE ROYAL ET MILITAIRE DE ST LOUIS ET / DE L’ORDRE ROYAL DE LA LEGION D’HONNEUR ET MAIRE DE LUGNY ET POUR MARRAINE MAde MARIE AGNES ZAIPFFET EPOUSE / DE Mr BARROUD CAPITAINE D’INFENTERIE EN RETRAITE ».

La plus récente, à six anses également, pèse 750 kg et date de 1841. On y lit l'inscription suivante, en lettres capitales, répartie sur trois lignes : « J’AI ETE REFONDUE AU MOIS DE JUILLET 1841 SOUS LE REGNE DE LOUIS PHILIPPE ROI DES FRANÇAIS / J A BAUDOUIN FONDEUR / COMMUNE DE LUGNY ».

À noter : sous chaque cloche a été conservé un dispositif relativement « rare » : un support sur lequel est appuyé un bras métallique qui était jadis entraîné par une corde depuis le bas, et renvoyé par une poulie (existante) ; ce bras venait prendre le battant de la cloche et l’amenait à frapper la cloche (demeurée immobile)Sources : rapport du pré-inventaire campanaire (11 pages) établi sur l'église Saint-Denis de Lugny par le père Christophe Lagrange à la suite de sa visite du 21 juillet 2016 et page consacrée aux cloches de l'église de Lugny mise en ligne en 2016 sur Le blog de l'abbé Tof tenu par le père Christophe Lagrange, prêtre du diocèse d'Autun et membre de la Société française de campanologie (page consultable à l'adresse : http://www.cloches71.com/lugny.html)..

Intérieur vignette|230px|right|15px La chapelle du Saint-Sacrement et sa Vierge à l'Enfant bourguignonne de la fin du XV siècle (inscrite MH). La nef, à deux colonnades à entablementChaque colonnade étant faite de quatre colonnes au fût légèrement galbé et chaque colonne ayant 4,60 mètres de hauteur. rappelant les basiliques paléochrétiennes, a cinq travées et mesure 16,50 mètres de longueur. Elle est flanquée de deux collatéraux.

Un arc triomphal en plein cintre fait communiquer la nef avec le chœur voûté d’arêtes, qui est flanqué de deux chapelles (l'une du Saint-Sacrement et l'autre des fonts baptismaux, elles aussi voûtées d’arêtes) – et qui se termine par une abside semi-circulaire (abside longtemps dissimulée derrière une haute cloison construite sous voûte vers 1970, démolie sur la moitié de sa hauteur au cours de l'été 2023Travaux effectués à l'initiative de la commune et à ses frais. Source : « Les vitraux de l'abside éclairent de nouveau le chœur de l'église », article signé François Mouron paru dans Le Journal de Saône-et-Loire daté du 11 août 2023.).

Vitraux Dans l’abside, deux vitraux datant vraisemblablement de la construction de l'édifice ont été conservés : à gauche, avec la palme du martyre, Sanctus Dionysius (saint Denis), sous le vocable duquel est placée l'église et par ailleurs saint patron de Lugny ; à droite, la Vierge Marie présentant l’Enfant Jésus (Maria, mater Dei).

Toutes les autres baies – éclairant le nef, les chapelles et l'avant-nef – ont perdu leurs vitraux (figuratifs) vers 1970, remplacés par de simples verrières losangées.

Mobilier Elle abrite plusieurs œuvres remarquables : dans la chapelle des fonts baptismaux, le retable « Le Christ et les Apôtres », en pierre (classé au titre des Monuments historiques en 1903), représentant le Christ et les Apôtres daté de 1528Haut de quatre-vingt-neuf centimètres et large de cent quatre-vingt-six, ce bas-relief daté de 1528 montre le Christ entouré des douze Apôtres, ceux-ci tenant un livre ouvert ou fermé – l’Evangile qu’ils annoncent – et leur emblème habituel ou l’instrument de leur martyre. Nommés et placés sous un dais de style flamboyant, les treize personnages représentés apparaissent dans l’ordre suivant : saint Thomas (appuyé peut-être sur la hampe d’une pique), saint Barthélemy tenant le couteau avec lequel il fut écorché vif, saint Mathieu avec une équerre, saint Jacques le Mineur avec une massue, saint André (appuyé peut-être sur sa croix), saint Pierre avec ses clefs, le Christ tenant le globe du monde, saint Jude avec un calice au-dessus duquel apparaît un petit animal fantastique représentant sans doute le démon, saint Paul avec son épée, saint Jacques le Majeur muni de son bâton de voyage et coiffé d’un bonnet arborant la coquille du pèlerin, saint Philippe (tenant probablement le bâton d’une croix), saint Simon tenant la scie avec laquelle il fut coupé en deux et saint Mathias tenant peut-être le manche de la hache qui servit à le décapiter. L’imagier qui a sculpté ce retable l’a signé de son monogramme sur la scie de saint Simon et l’a daté par deux fois, d’abord sur l’équerre de saint Mathieu puis sous le Christ. À côté de cette date apparaît un blason qui, composé de trois croissants posés deux et un, paraît être celui de la famille Cadot originaire de Tournus. À propos de ce retable, consulter : NICOLAS Fernand, « Le retable de Lugny » paru dans « 71-Images de Saône-et-Loire » n° 149 de mars 2007, p. 9. ; dans la chapelle du Saint-Sacrement, une Vierge à l’Enfant (protégée au titre des Monuments historiques depuis 1979) en pierre polychrome – au déhanchement caractéristique de la statuaire bourguignonne – exécutée au Cette statue autrefois visible en la chapelle Notre-Dame-de-Pitié de Fissy a une particularité : celle de présenter la Vierge Marie portant des langes évoquant déjà le Saint Suaire (œuvre restaurée en 2003 à l'initiative de la commune, moyennant 1226,92 euros HT financés à 75 % par la direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne et le conseil général de Saône-et-Loire). (statue évoquant le thème artistique de la Conversation sacrée : l'Enfant renverse la tête vers sa Mère et échange avec elle un regard plein d'attentionModèle qui est notamment présent, en Bourgogne-Franche-Comté, sur les Vierges à l'Enfant visibles à Champmol, Bussy-la-Pesle, Aiserey, Auxonne et Mont-Saint-Jean. Source : Jacques Baudoin, La sculpture flamboyante en Bourgogne et Franche-Comté (collection « La sculpture flamboyante »), Editions Créer, 1996 .).

vignette|220px|right|L'église abrite l'une des plus anciennes œuvres de l'artiste Michel Bouillot : Le Christ de Saint-Damien (2,68 m x 1,86 m, vers 1950). Y sont également visibles, dans ses bas-côtés (réalisés à la demande du chanoine Joseph RobertSupérieur de la communauté de prêtres de Lugny, qui commanda également à l'artiste, à la même époque, une fresque qui orna l'une des pièces de la cure de Lugny, réalisée sur le thème de la Nativité (peinture disparue lors d'aménagements ultérieurs). Source : Marie-Aude Poisson, « Michel Bouillot, l'Émerveilleur. Images Sacrées. », Éditions Doyen, Chevagny-sur-Guye, 2021 .) : un tableau exécuté vers 1950 par l'artiste Michel Bouillot, intitulé « L'Annonce de la Parole en Mâconnais »Œuvre restaurée début 2016 par Joëlle Boutin à l'initiative de l'association Lugny Patrimoine (dimensions : 2 m x 1 m)., dont la composition, très étudiée en dépit de dehors naïfs et réalistes, se veut être une allégorie du projet éducatif et religieux de l'école catholique fondée par les prêtres de Lugny au sortir de la guerreNotice de présentation de « L'Annonce de la Parole en Mâconnais » visible en l'église Saint-Denis de Lugny d'après le Catalogue des travaux d’église de Michel Bouillot accessible sur le site internet des Archives départementales de Saône-et-Loire ; du même artiste, une croix peinte inspirée du crucifix de Saint-Damien visible en la basilique Sainte-Claire d'Assise (Italie)Œuvre installée dans le collatéral sud de l'église en janvier 2018 et restaurée en août 2019 par Françoise Lagénie à l'initiative de l'association Lugny Patrimoine (dimensions : 2,68 m x 1,86 m). Source : Frédéric Lafarge, Croix de Saint-Damien : une restauration menée tambour battant !, bulletin municipal de Lugny pour l'année 2019, pp. 22-23. montrant le Christ dans sa Passion surmontée (son corps rayonnant, ceint d'un pagne de lin bordé d'or, se détache sur un fond de ténèbres, tandis qu'une couronne de gloire remplace la couronne d'épines)Notice de présentation de la croix de Saint-Damien visible en l'église Saint-Denis de Lugny d'après le Catalogue des travaux d’église de Michel Bouillot accessible sur le site internet des Archives départementales de Saône-et-Loire.