Noël Lacroix, né le à Bordeaux et mort le dans la même ville, est un prêtre catholique français, supérieur de séminaire (1807-1809) et chanoine honoraire puis titulaire de la cathédrale Saint-André de Bordeaux (1802-1813).

Biographie Famille Né le à Bordeaux et baptisé le suivant à l'église Saint-AndréArchives départementales de la Gironde - Paroisse Saint-André - BMS - 1746 - vue 12/93, Noël Lacroix est le troisième des quatre enfants de Barthélemy Lacroix, maître perruquier et de Marie Bergey demeurant à Bordeaux (Gironde), paroisse Saint-Siméon.

vignette|gauche|Immeuble des Lacroix au 4 rue du Loup à Bordeaux (devenu le n° 8).

Formation cléricale À l'âge de treize ans, il est placé par son père dans une maison de commerce, mais il tend vers le sacerdoce et à la suite de l'intervention de l'abbé Allary, de la paroisse Sainte-Colombe il entre au collège de Guyenne à l'âge de quinze ans où il suit des études théologiques tout en consacrant une partie de son temps libre à des activités apostoliques tant au sein des hôpitaux, des prisons que dans la rue. ..

Revêtu du sacerdoce, il est nommé en vicaire de la paroisse de Saint-Estèphe auprès de l'archiprêtre; il y reste pendant deux ans. Il est rappelé à Bordeaux en 1771 où il devient bénéficier de l'église Sainte-Colombe.

Prêtre à Sainte-Colombe (1771-1791) Au sein de la paroisse Sainte-Colombe, à vingt-cinq ans, Noël Lacroix exerce son ministère pendant dix-huit ans jusqu'à la Révolution avec succès comme en témoigne le chanoine Gaussens : .

Depuis le milieu du mois d', l'église Sainte-Colombe, devenue bien national, est fermée et les curés et bénéficiers habitant dans des immeubles appartenant à l'ancien conseil de fabrique de Sainte-Colombe reçoivent l'ordre de quitter les logements qu'ils occupaient. Noël Lacroix étant copropriétaire d'un immeuble familial au 4 rue du Loup, à cent mètres de là, peut maintenir sa présence au sein de la paroisse.

Prêtre réfractaire à Bordeaux (1791-1794) Comme tous les desservants de Sainte-Colombe, il refuse de prêter serment à la constitution civile du clergé. Les prêtres réfractaires étant alors poursuivis et arrêtés, il se cache dans son immeuble de la rue du Loup où il continue à recevoir ses fidèles et y « célèbre secrètement la messe dans le grenier de son vieux logis ». Après la mort du père Pannetier, guillotiné le , il devient le confesseur de Marie-Thérèse-Charlotte de Lamouroux, future fondatrice de la Maison de la Miséricorde de Bordeaux. Il exerce clandestinement son ministère pendant trois années et quatre mois, d' à peu de temps après fin .

Exil à Lisbonne (1794-1801) À l'époque de la Terreur il se réfugie à Lisbonne au Portugal où il ne tarde pas à être distingué ce qui lui vaut le nom de saint prêtre français et d'attirer l'attention des hauts personnages de la Cour : le comte de Mesquitella lui propose de venir loger chez lui et d'accepter les fonctions de précepteur de ses enfants et de ceux du duc de Cadaval, proche parent du Roi du Portugal. Il accepte, à la condition de ne pas être gêné dans ses œuvres. Durant son exil, il écrit : Traité sur la patience et la conformité à la volonté de Dieu (objet d'une édition posthume en 1843) et divers opuscules à l'intention des jeunes gens.

Retour en France (1801) Dès que la religion n'est plus persécutée en France, il revient fin 1801 à Bordeaux et organise à titre privé, dans sa maison de la rue du Loup, des cérémonies du culte catholique.

Prêtre à Saint-Paul et chanoine honoraire (1802-1807) Le , « d'Aviau le nomme chanoine honoraire et prêtre sacristeDénomination attribuée durant les premières années de la période concordataire aux prêtres nommés par l'évêque avant leur reconnaissance officielle par le gouvernement. à Saint-Paul où il renouvelle les œuvres qui avaient donné de si remarquables résultats dans la paroisse Sainte-Colombe ; s'intéresse à toutes les œuvres pieuses ou charitables de Bordeaux et d'Aviau put dire dans son éloge "qu'il y avait en lui l'étoffe de dix prêtres". Il reprend dans cette paroisse son catéchisme et s'occupe de l'éducation des jeunes clercs.

Supérieur de séminaire (1807-1809) et chanoine titulaire à Saint-André (1807-1813) En 1807 il succède à l'abbé Drivet qui avait réuni quelques jeunes gens aspirant à l'état ecclésiastique. À force d'obstination, il réussit à obtenir que cet embryon de séminaire soit reconnu et puisse occuper l’ancien couvent des capucins. En récompense à tant de zèle, d'Aviau le fait entrer dans son conseil et lui confère la dignité de chanoine titulaire de la Cathédrale Saint-André de Bordeaux le .

Mais en , l'empereur qui passe à Bordeaux au retour de Bayonne, contrarié par une discussion théologique avec l'archevêque et des membres du clergé du diocèse, fait savoir ensuite à l'archevêque qu'il ne reconnaissait plus M. Thierry pour grand vicaire, M. Delort pour secrétaire général ni M. Lacroix pour supérieur du grand séminaire de Bordeaux.

Le , Noël Lacroix assemble ses élèves et après un dernier discours, célèbre la messe et s'en va. Il retourne dans son vieux logis de la rue du Loup, auprès de sa sœur Jeanne et partage son temps entre l'accomplissement de ses devoirs de chanoine titulaire, de directeur spirituel de ses séminaristes et de prêtre auxiliaire de la paroisse Saint-Paul.

Décès

Le dimanche , en descendant de la chaire à Saint-Paul, il se sent malade. Il meurt le d'une fluxion de poitrine. Son corps est porté à la cathédrale Saint-André. Les pauvres forment une haie sur son passage et les personnes les plus recommandables de la Ville ainsi que la jeunesse en foule l'accompagnent. d'Aviau dit : « Quel prêtre, quel saint nous avons perdu ! ». Il est inhumé au cimetière de la Chartreuse.

Tombe Histoire vignette|upright|Tombe de Noël Lacroix. Par subvention recueillie parmi ses amis et ses admirateurs, un monument funéraire est érigé sur sa tombe.. Il est composé d'une croix en grès gris dressée sur un piédestal cubique dont les faces présentent sur quatre plaques de marbre blanc une épitaphe latine due à Marie-Louis Auguste de Martin du Tyrac de Marcellus, proche du défunt. L’ensemble repose sur une large embase carrée de marbre noir à deux marches.

Cette croix fut la première dressée dans cette vaste nécropole publiquecréée par arrêté du et occupant le terrain de l'ancien couvent des Chartreux confisqué à la RévolutionVoir le site Cimetières de France et d'ailleurs, Bordeaux, Cimetière de la Chartreuse. . Vu l'anti-cléricalisme de l'époque, pour le chanoine Gaussens, « le nom qu'il portait encouragea à cette hardiesse ».

Épitaphe

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

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Liens externes

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