Marcadet - Poissonniers est une station des lignes 4 et 12 du métro de Paris, située dans le de Paris.
Situation La station est implantée aux abords de l'intersection entre le boulevard Barbès, le boulevard Ornano et la rue Ordener, dans l'est du quartier de Clignancourt à sa limite administrative avec le quartier de la Goutte-d'Or. Elle résulte de la fusion de deux stations distinctes, dont les quais sont établis : sur la ligne 4, selon un axe orienté nord-sud sous le tronçon nord du boulevard Barbès, entre la rue Labat d'une part et la rue Marcadet d'autre part ; sur la ligne 12, selon un axe approximativement orienté est-ouest sous la rue Ordener, entre la rue des Poissonniers et le carrefour des boulevards Barbès et Ornano. Le point d'arrêt de la ligne 4 s'intercale entre les stations Simplon et Château Rouge, tandis que celui de la ligne 12 est encadré par les stations Marx Dormoy et Jules Joffrin, tout en étant séparé de la première par la tranchée ferroviaire en provenance de la gare de Paris-Nord.
Histoire
Mises en service La station est ouverte le sous le toponyme de Marcadet avec la mise en service du premier tronçon de la ligne 4 de la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (dite CMP), entre son terminus nord actuel de Porte de Clignancourt et le terminus provisoire de Châtelet.
Le , la station de la ligne A de la Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris (dite Nord-Sud) est ouverte à son tour avec l'inauguration de son dernier prolongement, depuis Jules Joffrin jusqu'à Porte de la Chapelle, intervenue en pleine Première Guerre mondiale. Bien que très proche géographiquement de celle de la , elle est d'abord exploitée en tant que station indépendante sous le nom de Poissonniers, du fait de la rivalité entre les deux compagnies. La correspondance avec la station de la ligne 4 n'est alors possible qu'en transitant par la voirie.
Le , la ligne A devient l'actuelle ligne 12 du métro à la suite de l'absorption de la société du Nord-Sud le par sa concurrente, la CMP, qui gère la concession de l'essentiel des autres lignes du réseau. À cette occasion, un long couloir de correspondance est construit le entre les deux stations, lesquelles fusionnent ainsi en adoptant leur dénomination actuelle de Marcadet - Poissonniers. Sur la ligne 12, ce toponyme est toutefois utilisé de manière concomitante avec la simple appellation inaugurale de Poissonniers, la céramique sur les piédroits demeurant inchangée puis simplement recouverte de plaques indiquant le nouveau nom.
Origine des noms La station doit sa dénomination de Marcadet à sa proximité avec la rue Marcadet, laquelle tient son nom d’un lieu-dit, la Mercade, situé à la Chapelle Saint-Denis, car il s'y tenait un marché, marcadus, à l’époque de la foire du Lendit. Par la suite, cette rue avait également donné son nom à l'actuelle station Guy Môquet sur la ligne 13, initialement baptisée Carrefour Marcadet, puis renommée Marcadet - Balagny avant de prendre son nom actuel à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.
Le toponyme de Poissonniers provient quant à lui de la rue des Poissonniers, laquelle formait une partie de l’ancien chemin des Poissonniers (qui a également donné indirectement son nom à la station Poissonnière sur la ligne 7), ainsi dénommé car il était emprunté dès 1307 par les marchands de poissons pêchés dans la mer du Nord et acheminés jusqu'aux halles de Paris.
Modernisations La station de la ligne 12 étant initialement indépendante de celle de la ligne 4, ses quais présentent à l'origine une faïence décorative de couleur marron, selon les codes architecturaux de l'ancienne société du Nord-Sud qui applique alors cette teinte aux stations sans correspondance. À la suite de sa fusion avec la station Marcadet de la ligne 4 en 1931, cette céramique est remplacée par une faïence de couleur verte, réservée aux stations de correspondance ainsi qu'aux terminus.
Au début des années 1960, les quais de la ligne 12 bénéficient d'une première modernisation avec la mise en place carrossage métallique sur les piédroits, doté de montants horizontaux de couleur vert d'eau et de cadres publicitaires dorés, éclairés par le haut. Ce type d'aménagement est alors largement déployé sur le réseau en tant que moyen de rénover les stations rapidement et à moindre coût.
Au milieu des années 1960, les quais de la ligne 4 sont rallongés de 75 à 90 mètres, comme ceux de l'essentiel des stations de la ligne précitée en prévision sa conversion au roulement pneumatique, laquelle est réalisée en l'espace d'une année, entre les mois d' et 1967. Cette opération d'envergure vise à permettre l'accueil de nouvelles rames MP 59 dotées de six voitures, contre cinq caisses pour l'ancien matériel Sprague-Thomson à roulement fer classique, ceci afin d'augmenter le débit de la ligne pour faire face aux importantes surcharges chroniques apparues après la Seconde Guerre mondiale. En parallèle de ces travaux, le point d'arrêt de la ligne précitée est modernisé à son tour par l'installation du même carrossage publicitaire que sur les quais de la ligne 12, équipés quelques années plus tôt.
En 1982, l'artiste français Hervé Mathieu-Bachelot, conseiller artistique de la RATP, réalise une mosaïque intitulée Neiges en prismes à l'intérieur de la station. Cette œuvre est visible dans le couloir reliant le hall d'accueil principal au quai de la ligne 4 en direction de Porte de Clignancourt.
Dans les années 1990, le carrossage de la ligne 12 voit ses lambris repeints en rouge et ses bancs d'origine remplacés par des sièges de style « Motte », d'abord blancs, puis rouges afin de s'harmoniser avec la nouvelle couleur des montants horizontaux, et complétés de banquettes « assis-debout » blanches. Le carrossage de la ligne 4 disparaît quant à lui au profit du style décoratif « Ouï-dire », caractérisé par ses bandeaux d'éclairage de couleur bleue en l'occurrence, soutenus par des consoles courbes en forme de faux et diffusant une lumière blanche sur les quais ainsi qu'un éclairage multicolore sur la voûte. Les faïences blanches biseautées d'origine laissent place à du carrelage blanc plat ainsi qu'à des cadres publicitaires en céramique bleue de forme demi-cylindrique, tandis que des banquettes bleues à accoudoirs sont mises à disposition des voyageurs.
vignette|210px|Carreau en souvenir de la date de rénovation des couloirs d'accès. Dans le cadre du programme « Renouveau du métro » de la RATP, les couloirs de la station sont rénovés le ., puis c'est au tour des quais de la ligne 12 de faire l'objet du même traitement entre 2015 et 2016. Leur carrossage métallique disparaît alors à son tour (faisant provisoirement réapparaître d'anciennes affiches et plans du métro antérieurs aux années 1960) au profit d'une restitution à l'identique du style décoratif « Nord-Sud » d'origine. Depuis lors, c'est le nom complet de Marcadet - Poissonniers, et non plus celui de Poissonniers uniquement, qui est incorporé à la céramique murale. Devenu trop long pour figurer sur une seule ligne de texte, il est dorénavant inscrit en caractères moins imposants que la typographie initiale.
Afin d'accompagner l'automatisation de la ligne 4, ses quais font l'objet d'une nouvelle modernisation partielle depuis 2017, et perdent alors une large part de leur style « Ouï-dire » dont il ne subsiste que le carrelage blanc plat sur les piédroits, la voûte et les tympans. Ils sont rehaussés du au afin de recevoir des portes palières, lesquelles sont installées en . Début 2022, le quai en direction de Bagneux - Lucie Aubrac est parmi les premiers de la ligne (avec celui de la station Saint-Germain-des-Prés en direction de Porte de Clignancourt) à recevoir un tronçon du nouveau bandeau d'éclairage choisi pour accompagner la rénovation des stations de ladite ligne, qui est effectuée en parallèle de l'automatisation intégrale.
Fin 2024, la RATP procède à l'installation de séparateurs de voies dans la station de la ligne 12 afin de limiter les intrusions intempestives de personnes, récurrentes sur la section nord de la ligne précitée. Ces clôtures anti-franchissement sont également déployées dans d'autres stations du même tronçon durant le premier semestre 2025, puis sur la section centrale de la ligne 5 dès l'été suivant et sur le tronçon nord-est de la ligne 7 à l'hiver 2026.
Fréquentation Selon les estimations de la RATP, la station a vu entrer en 2019, ce qui la place à la des stations du métro de Paris pour sa fréquentation. En 2020, avec la crise du Covid-19, son trafic annuel tombe à , la classant alors au , avant de remonter progressivement en 2021 avec comptabilisés, ce qui la relègue cependant à la des stations du réseau pour sa fréquentation cette année-là.
En outre, Marcadet - Poissonniers est historiquement l'une des stations les plus touchées par le phénomène de la consommation de crack dans le métro de Paris, avec les deux stations suivantes de la ligne 12, Marx Dormoy et Porte de la Chapelle. Durant l'hiver 2018, cette situation jugée anxiogène amène certains conducteurs de la ligne précitée à ne plus marquer l'arrêt aux stations concernées, pour leur sécurité et celle des voyageurs à bord des rames, lorsqu'ils constatent d'importants attroupements de toxicomanes sur les quais.
Services aux voyageurs Accès La station dispose de cinq accès (dont quatre entrées et une sortie secondaire) : l'accès « Boulevard Barbès », constitué d'un escalier fixe agrémenté d'un mât avec un « M » jaune inscrit dans un cercle ainsi que d'une balustrade de facture simple en acier peint en vert, donnant d'abord accès à la ligne 4 et débouchant face au du boulevard précité ; l'accès « Rue Marcadet », constitué un escalier fixe également muni d'un totem « M » jaune ainsi que d'une balustrade de style Dervaux en fer forgé, donnant principalement accès la ligne 4 et se trouvant au droit du du boulevard Barbès ; l'accès « Rue Labat », constitué d'un escalier mécanique montant permettant uniquement la sortie depuis le quai de la en direction de Porte de Clignancourt, se situant face au du boulevard Barbès ; l'accès « Rue des Poissonniers » comprenant un escalier fixe orné d'un entourage en céramique et en fer forgé dans le style caractéristique du réseau , donnant principalement accès à la et débouchant sur la rue Ordener au droit du de la rue des Poissonniers ; l'accès « Rue Ordener », constitué d'un escalier fixe également doté d'une balustrade dans le style typique du , donnant d'abord accès à la et se trouvant face au de la rue précitée.
Couloirs Le hall d'accueil de la station, accessible par les entrées , correspond à la salle des recettes de l'ancienne station Marcadet de la ligne 4. Il n'est donc pas directement relié aux quais de la ligne 12, auxquels l'accès s'effectue par le couloir de correspondance ou depuis les sorties . Ces dernières débouchent sur un espace qui constituait jadis le hall d'entrée de l'ancienne station Poissonniers, sur l'ex-ligne A du Nord-Sud.
Une mosaïque de l'artiste français Hervé Mathieu-Bachelot, intitulée Neiges en prismes, est installée depuis 1982 dans le couloir reliant le hall principal au quai de la en direction de Porte de Clignancourt. Réalisée en rouge et blanc, elle se compose de petits carreaux plats et fins en grès étiré, comme l'essentiel des œuvres que ce conseiller artistique de la RATP a réalisées pour le métro de Paris dans les années 1980.
Dans le couloir de correspondance entre les lignes 4 et 12, le bandeau d'éclairage datant de la rénovation de 2003 a la particularité d'être ponctué de quelques tubes teintés d'un filtre bleu, que l'on retrouvait également dans le couloir de jonction entre les lignes 2 et 12 à la station Pigalle, au milieu des , et qui existent toujours en 2026 dans certains espaces voyageurs de la station Place d'Italie, sur les lignes 5, 6 et 7.
Quais