Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) est une fédération d'associations françaises, dont l'objet est de défendre les populations noires de France, d'origine africaine ou antillaise, contre les discriminations dont elles sont victimes.
Historique Création Le Conseil représentatif des associations noires est créé le à l'Assemblée nationale par les délégués d'une soixantaine d'associations regroupant notamment des Africains et des Antillais vivant en France. L'idée d'une telle fédération remonte à un colloque organisé en à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), « Les Noirs en France : anatomie d'un groupe invisible ».
L'ex-porte-parole des Verts Stéphane Pocrain, la députée de Guyane Christiane Taubira, le chanteur camerounais Manu Dibango et l'ancien président de SOS Racisme Fodé Sylla sont présents lors de la constitution du CRAN.
Le premier président est la personnalité politique et le militant associatif Patrick Lozès, qui sera réélu en 2008..
En 2007, le CRAN compte .. En 2009, le CRAN, dont Francis Terquem, l'un des ténors du barreau parisienHallier, l'Edernel jeune homme, Neva Éditions, 2016, , ., est un sympathisant notoire., indique qu'il fédère ou fédérations d'associations « Accueil » sur le site officiel du CRAN, consulté le ..
Présidence de Patrick Lozès (2005-2011) « États généraux des populations noires » (2006 et 2007) En , le CRAN organise les premiers « États généraux des populations noires », à la Maison de la Mutualité à Paris, en présence de personnalités politiques comme Patrick Devedjian ou Roselyne Bachelot de l'UMP, Patrick Devedjian déclarant qu'il voyait dans le CRAN, « l'espoir d'un très puissant instrument d'intégration et d'amélioration de la situation des Noirs ».
En , une deuxième édition des États généraux est organisée avec la participation du socialiste Dominique Strauss-Kahn qui se prononce en faveur des « statistiques de la diversité » pour mieux évaluer les discriminations pesant sur les minorités visibles..
Dîners annuels En , sur le modèle du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le CRAN tient son premier dîner annuel.. Plusieurs personnalités politiques sont présentes, dont l'adjointe à la mairie de Paris Clémentine Autain (apparentée communiste) et Stéphane Pocrain. En outre, le secrétaire national des Verts, Yann Wehrling, la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet ainsi que la secrétaire générale adjointe de l'UMP, Roselyne Bachelot ont enregistré des messages diffusés au cours de la soirée.
thumb|De gauche à droite : Éric Besson, Patrick Lozès, Chloé Mortaud et Yazid Sabeg lors du annuel du CRAN, le . En , le quatrième dîner annuel du CRAN, organisé dans les salons du Cercle républicain, reçoit son invité d'honneur Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l'égalité des chances. Il accueille les interventions de Yazid Sabeg, Marek Halter, Roger Karoutchi, secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, Dominique Paillé, conseiller auprès du président de la République et porte-parole de l'UMP, Éric Besson, ministre de l'Immigration, Sandrine Mazetier, secrétaire nationale à l'immigration du PS, Christophe Caresche, député PS de Paris, et Mickaël Marie, secrétaire national adjoint des Verts..
En 2010, le CRAN invite Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et dédie son dîner à Haïti, à la suite du séisme de janvier qui a fait ..
Conseil scientifique (2007) En , le CRAN se dote d'un conseil scientifique de vingt membres, placé sous la présidence du sociologue Michel Wieviorka, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Le bureau de ce conseil scientifique est complété par les historiens Elikia M'Bokolo et Pap Ndiaye..
Fin du mandat de Patrick Lozès En 2009, le Tribunal de grande instance interdit aux membres d'un « Directoire du CRAN » de continuer à parler au nom du CRAN et les condamne à de dommages-intérêtsjugement du TGI Paris statuant en référé, décision , en date du ...
En 2011, Patrick Lozès décide de se présenter à l'élection présidentielle française de 2012, en s'appuyant sur un parti créé dans ce but, « Allez la France » ; il obtient l'approbation du conseil d'administration du CRAN mais il démissionne de la présidence à la demande de Louis-Georges Tin et est remplacé par Claudine Tisserand jusqu'à l'élection de Louis-Georges Tin en novembre. pour un mandat de trois ans.
Dans le même temps, une enquête est ouverte sur des mouvements de fonds suspects entre le compte de Patrick Lozès et celui du CRAN, l'un d'entre eux étant jugé régulier par la suite. La nouvelle direction du CRAN accuse également Patrick Lozès d'avoir emporté avec lui certains documents nécessaires au fonctionnement de l'association..
Présidence de Louis-Georges Tin (2011-2018) vignette|Louis-Georges Tin président du CRAN au congrès organisé par Jesse Jackson à Chicago du 27 juin au . Louis-Georges Tin, élu le , souhaite donner au CRAN, organisation qui se revendique « antiraciste », une orientation également « anticolonialiste ». Par ailleurs, le CRAN s'ouvre à l'international, et de nouvelles entités liées au CRAN sont créées à l'étranger.
Ghyslain Vedeux succède à Tin en ..
L'activité du CRAN doit désormais être organisée autour de quatre pôles : élections ; discriminations ; réparations ; international.
Cependant, l'organisation connaît de nouveau des turbulences en 2013.
Crise de 2013 Le , Madeira Diallo annonce son élection à la présidence du CRAN. Louis-Georges Tin, alors président du CRAN l'accuse d'un « coup de force ». dirigé par Patrick Lozès et saisit en référé le Tribunal de grande instance de Paris, qui, dans une ordonnance du ., interdit à Madeira Diallo de se présenter comme le président du CRAN. Ce dernier fait appel .. Il est condamné aux dépens d'appel, comme l'atteste l'ordonnance du Tribunal de grande instance d'.
Peu après, le , journée commémorative de l'abolition de l'esclavage, Louis-Georges Tin annonce que le CRAN porte plainte contre le Caisse des dépôts et consignations pour « avoir profité de l'esclavage ».. Le lendemain, il est critiqué par Patrick Lozès, puis, le surlendemain, Madeiro Diallo publie un communiqué affirmant que le Conseil d'administration du CRAN désavoue Louis-Georges Tin.. Le , Patrick Lozès annonce porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre Louis-Georges Tin à la suite de ses déclarations sur l'affaire judiciaire.
Pendant cette crise, Catherine Bris, secrétaire du CRAN et unique salariée, gère l'association au quotidien.
La question des discriminations Le CRAN poursuit son combat contre les discriminations, qu'il s'agisse de défendre les victimes (affaire Alioune Gueye..) ou d'attaquer les auteurs d'actes ou de propos qu'il considère comme racistes envers des Noirs. Ainsi, en 2013, le CRAN saisit le CSA, qui met en garde Nicolas Canteloup après un sketch sur Europe 1.. De même, en , le CRAN saisit à nouveau le CSA à propos d'une chronique d'Éric Zemmour, et porte plainte contre le journaliste en .. Pareillement, le CRAN assigne en justice Anne-Sophie Leclère, ex-candidate FN, après le partage d'une image à caractère raciste sur les réseaux sociaux, visant Christiane Taubira..
Le CRAN continue à se mobiliser contre les violences policières à caractère raciste. En , Guy Samuel Nyoumsi, vice-président du CRAN, met en cause les autorités policières dans l'affaire de Joué-lès-Tours..
Parallèlement, le CRAN publie des enquêtes fondées sur des statistiques ethniques destinées à révéler le manque de diversité de la société française : Parité et Diversité au sein du CAC 40 (en partenariat avec République et Diversité). ; Parité et Diversité au sein de la Haute fonction publique (ambassadeurs et préfets), en partenariat avec Banlieue Citoyenne..
Enfin, le CRAN fait campagne pour la mise en place d'outils plus performants afin de lutter contre les discriminations systémiques. Le , Louis-Georges Tin publie dans le quotidien Libération un appel signé par de nombreuses organisations pour la mise en place des actions de groupe contre les discriminations, qui permettraient aux personnes discriminées de porter plainte ensemble. Il contacte le député PS Razzy Hammadi, qui rédige alors une proposition de loi sur le sujet, validée par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale.. En , le Défenseur des Droits, Jacques Toubon se prononce en faveur d'un recours collectif contre les discriminations, rejoignant ainsi un des combats du CRAN.. La campagne du CRAN progresse : le , Christiane Taubira, ministre de la Justice, déclare sa volonté de présenter prochainement au Parlement un projet d'action de groupe s'appliquant à la lutte contre les discriminations et le , le Président François Hollande veut rendre « possible » l'action de groupe face aux discriminations...
Interventions dans les débats électoraux À chaque élection, le CRAN intervient dans le débat public pour lancer des idées.
En , en amont de la présidentielle, Louis-Georges Tin lance une campagne sur le vote obligatoire, pour lutter contre la montée de l'abstention, qui concerne en grande partie les personnes les plus défavorisées et notamment des Noirs de France.
Dans le cadre de la présidentielle, le CRAN participe au « Pacte pour l'égalité et la diversité » coordonné par République et Diversité. Deux cents propositions pour lutter contre « toutes les discriminations » sont rassemblées dans un livre dirigé par Louis-Georges Tin aux éditions Autrement, Le Pacte (2012) envoyé à tous les candidats...
En amont des élections municipales, le CRAN lance le avec République et Diversité, un « Baromètre des villes contre le racisme », qui est repris dans plus d'une centaine de médias.. Il a pour but de classer les 50 plus grandes villes de France en fonction de leur contribution à la lutte contre le racisme. Peu après, Louis-Georges Tin organise au Sénat, avec la sénatrice EELV Esther Benbassa, un colloque au cours duquel il diffuse un « Guide des bonnes pratiques contre le racisme à l'usage des maires de France »..
Le , le CRAN publie une enquête sur la « diversité » au sein de conseils généraux, juste avant le premier tour du . Il en ressort que la représentation de ceux qu'ils appellent la « diversité » au sein des conseils généraux se situe autour de 0,5 %, selon eux. Le CRAN, notamment sa porte-parole Thiaba Bruni et son président, Louis-Georges Tin, souhaitent alors la mise en place d'un quota de 10 % réservé aux « minorités ethniques » dans la vie politique française..
Activités internationales La présidence de Louis-Georges Tin est marquée par un engagement croissant du CRAN sur les questions internationales.
Le CRAN lance aussi plusieurs campagnes dans des pays spécifiques : Mauritanie (2013) : pour aborder la question de l'esclavage, une délégation du CRAN se rend en Mauritanie., et propose un plan de réparations au gouvernement de Mohamed Ould Abdel Aziz.. Bénin (2013), Louis-Georges Tin et Nicéphore Soglo, ancien président du Bénin, signent une tribune à Paris (Le Monde) et à Cotonou (La Nation), demandant la restitution au Bénin de ce qu'ils nomment « les biens mal acquis de la France ».. Cameroun : (2014) États-Unis : (2014). Gabon : en , Louis-Georges Tin se rend au Gabon pour étudier les conditions de la vie politique dans le pays et critique le déficit de démocratie au Gabon.. En , lors d'une conférence de presse, le CRAN-France et le CRAN-Gabon présentent une plainte contre Gemalto, leader mondial de la sécurité numérique, soupçonné de corruption et mis en cause dans son action de sécurisation des élections au Gabon.. Antigua : en , Louis-Georges Tin se rend à Antigua pour participer au second sommet de la Caricom sur les réparations relatives à l'esclavage..