François de Bourbon-Vendôme, duc de Beaufort, dit « le Roi des Halles » (1665), né le au château de Coucy et mort le lors du siège de Candie, est un gentilhomme et militaire français du , membre de la puissante Maison de Vendôme, issue du roi Henri IV et de sa maîtresse Gabrielle d'Estrées.
Biographie Origines et famille François de Bourbon-Vendôme, fils de César de Bourbon-Vendôme et de Françoise de Lorraine, est un petit-fils du roi Henri IV, issu d'un rameau légitimé. Il est ainsi le cousin germain du roi Louis XIV.
Son père est souvent absent du domicile familial en raison de ses fonctions de gouverneur (Bretagne), de ses charges militaires (amirauté et surintendance de la navigation) et des nombreuses cavales contre le Roi qui lui valent emprisonnements et exils. Il semble plus proche de sa mère, connue comme une femme pieuse et opiniâtre, qui lui communique la fierté de son rang et de sa maison.
Il reste célibataire et meurt sans postérité.
Carrière militaire gauche|vignette|200px|François de Bourbon-Vendôme, duc de Beaufort.Paris, BnF, département des estampes, .
Il entre très jeune dans l'armée puisqu'il participe à l'expédition de Savoie dès 1628, alors qu'il n'était âgé que de douze ans. Il se distingue plus tard lors des sièges de Corbie (1636), d'Hesdin (1639) et d'Arras (1640).
Suivant l'exemple de son père, il conspire contre le cardinal de Richelieu et doit s'exiler un temps en Angleterre où il retrouve son père en exil.
À la mort du cardinal en 1642, il est rappelé par la Reine Anne d'Autriche, mais ne tarde pas à s'opposer au successeur de Richelieu : le cardinal Jules Mazarin. Dès 1643, âgé d'à-peine 27 ans, le duc est ainsi le chef d'une des principales actions dirigées contre le Cardinal, la dite « cabale des Importants », par laquelle il espère se débarrasser définitivement de celui qu'il juge responsable des obstacles au retour en grâce de la Maison de Vendôme.
À ce sujet, le futur Cardinal de Retz (alors coadjuteur) écrit : « M. de Beaufort n’en était pas jusqu’à l’idée des grandes affaires ; il n’en avait que l’intention. Il en avait ouï parler aux Importants, et il avait un peu retenu de leur jargon ; et cela, mêlé avec les expressions qu’il avait très fidèlement tirées de madame de Vendôme, formait une langue qui aurait déparé le bon sens de Caton. Le sien était court et lourd, et d’autant plus qu’il était obscurci par la présomption. Il se croyait habile, et c’est ce qui le faisait paraître artificieux, parce que l’on reconnaissait qu’il n’avait pas assez d’esprit pour cette fin. Il était brave de sa personne et plus qu’il n’appartenait à un fanfaron ; il l’était en tout sans exception, et jamais plus faussement qu’en galanterie. Il parlait, il pensait comme le peuple, dont il fut l’idole quelque temps ».
La tentative est déjouée par Mazarin : Anne d'Autriche fait arrêter et incarcérer le duc au château de Vincennes. Il y reste six ans. Le donjon de Vincennes est réputé inviolable, mais le duc parvient à s'évader en avec l'aide de complices qui l'attendent à l'extérieur. Il se réfugie d'abord au château de Chenonceau puis, semble-t-il, dans le Vendômois, vivant dans la clandestinité.
Il joue un rôle important en 1649 lors du siège de Paris au cours duquel il est l'un des chefs des frondeurs, s'opposant à son père qui soutient le Roi et Anne d'Autriche et combat les partisans du Grand Condé en Bourgogne puis en Guyenne. Le duc jouit d'une popularité telle que les Parisiens le surnomment alors le « Roi des Halles » et qu'il est même désigné gouverneur de Paris par les Frondeurs en Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris volume 2, p.196.Nicolas Viton de Saint-Allais, Histoire généalogique des maisons souveraines de l'Europe: depuis leur origine jusqu'à présent, Volume 2, 1812..
Le même mois, ayant un désaccord avec son beau-frère le duc Charles-Amédée de Savoie-Nemours, le duc de Beaufort le provoque en duel au marché aux chevaux et le tue d'un coup de pistolet..
S'étant soumis, il se réconcilie avec la couronne en 1653 mais demeure écarté de toute charge pendant une dizaine d'années, le jeune Roi ne lui pardonnant pas son soutien aux Frondeurs. Grâce à l'appui de son père, trop âgé pour prendre la mer, Beaufort est chargé de plusieurs opérations navales importantes dès les années 1660, « afin de mettre fin aux actes de piraterie des Barbaresques qui entravaient le commerce en Méditerranée ». Nommé à la charge de grand maître, chef et surintendant général de la navigation, il commande en 1662 la flotte française et affronte les Turcs en Méditerranée. Il est écrasé à Jijel par les Barbaresques lors de l'expédition de Djidjelli. En 1665, il bat par deux fois les Algériens sur mer, au large de Cherchell.
vignette|centre|redresse=2|Vue du siège de Candie en 1669, lors de l'intervention de l'escadre du duc de Beaufort. En 1669, Beaufort conduit une importante expédition de secours aux Vénitiens contre les Turcs, assiégés depuis vingt-quatre ans par les Ottomans, dans l'île de Candie, en CrètePierre Daru, Histoire de la république de Venise, 1853, 214. Özkan Bardakçı et François Pugnière (dir.), La dernière croisade, Les Français et la guerre de Candie, 1669, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008, chapitre III. Ouvrage numérisé.. Il est tué durant un assaut le . Sa disparition suscite un certain émoi dans la Cour, d'autant que son corps n'est pas retrouvé sur le champ de bataille.
Cette disparition mystérieuse donne lieu aux à un certain nombre de légendes, Beaufort étant réputé prisonnier du sultan Mehmed IV ou identifié à l'homme au masque de ferMichel Vergé-Franceschi, Le Masque de Fer enfin démasqué, Fayard, 2009 .Cette légende a été reprise par l'auteur dramatique Lagrange-Chancel., ce que les historiens écartent aujourd'hui sans hésitation.
Ascendance
Réputation Il est généralement décrit comme un courtisan dénué de capacités militaires, bel homme, brave au combat, voire téméraire, et habile à manier les armes, notamment le pistolet. Il alliait à Michel L'Hour, L’épave de la Lune, La Marche des sciences, France Culture, émission du 12/07/2012 ..
Ses contemporains soulignent avec malice son manque d'aisance intellectuelle et ses fanfaronnades, notamment en matière de galanterie.
Fiction François de Vendôme apparaît dans Vingt Ans après d’Alexandre Dumas ainsi que sa suite, Le Vicomte de Bragelonne. Il est également un des héros principaux du roman en trois tomes de Juliette Benzoni, Secret d’État. Il est incarné par Georges Descrières dans un épisode de la série télévisée, Les Évasions célèbres diffusé en 1972.
C'est un personnage essentiel d’une trilogie d’Hubert Monteilhet comprenant De Plume et d’épée, Les Cavaliers de Belle-Île et Au Royaume des Ombres.
Dans la comédie musicale Le Roi Soleil, le personnage est joué par le chanteur français Merwan Rim, puis par le chanteur français Flo Malley lors de la reprise de la comédie musicale en 2025.
Notes et références
Sources et bibliographie
Articles connexes Administration de la Marine royale française Histoire de la marine française
Liens externes
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