Le sommet de l'OTAN Bruxelles 2018 est le sommet de l'OTAN, conférence diplomatique réunissant dans la ville de Bruxelles en Belgique, les 11 et , les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord et des alliés de l'organisation.

Ce sommet succède au de l'OTAN à Varsovie en 2016 et à la réunion des chefs d'État et de gouvernement qui s'est tenue le à l'occasion de l'inauguration du nouveau siège de l'OTANQualifiée de « réunion spéciale » et non de sommet en raison de sa brièveté et de sa proximité avec le sommet de Varsovie en juillet 2016..

Contexte et déroulement du sommet Le partage de l'effort de défense +Dépenses de défenseÈtatPIBM$ 20102010201420174,81 %3,78 %3,58 % OTAN Europe1,63 %1,45 %1,47 %1,35 %1,19 %1,22 %1,03 %0,92 %0,92 %1,96 %1,82 %1,79 %1,35 %1,08 %1,13 %2,48 %2,19 %2,14 %1,83 %1,45 %1,52 % Conformément à la tradition consensuelle qui préside le plus souvent aux sommets de l'OTAN, des déclarations communes ont été préparées par toutes les délégations préalablement à la tenue de ce sommet. Pourtant le président américain met la pression sur ses alliés européens en faisant parvenir le une lettre à neuf d'entre eux dans laquelle il exige qu'ils consacrent davantage de moyens à leur défense et affirme qu'il est . L'effort de défense devient le sujet central de ce sommet au détriment des autres enjeux comme la posture d'équilibre vis-à-vis de la Russie ou la Turquie, membre de l'OTAN depuis 1952, mais avec laquelle les relations se sont tendues.

Donald Trump s'appuie sur l'engagement pris par les États membres de l'OTAN lors de leur sommet de 2014 à Newport de consacrer au moins 2% de leur PIB au budget de la Défense, dont 20% minimum à l'investissement dans des équipements neufs. Cet objectif doit être atteint dans les dix ans, soit d'ici 2024, pour les États en deçà de ce double seuil. Selon les déclarations de Jens Stoltenberg, le Secrétaire général de l'OTAN, qui s'efforce de mettre en avant les progrès réalisés depuis, et quatre États sont déjà à ce niveau – Etats-Unis, Royaume-Uni, Grèce et Estonie − et quatre autres – Lituanie, Lettonie, Pologne et Roumanie – le seront à la fin de l’année. +Europe OTAN et Canada - dépenses de défense(évolution annuelle réelle, sur la base des prix et taux de change de 2010)2011201220132014201520172017 e2018 e -2,34 % -2,46 % -1,61 % -0,98 % +1,83 % +3,14 % +5,28 % +3,78 % Durant le sommet, Donald Trump prend la parole pour dire que les États-Unis paient trop et les alliés européens paient peu, désignant explicitement les pays qui non seulement ne respectent pas l'objectif de 2% mais en sont très loin comme l'Allemagne, l'Espagne ou la Belgique, et que l'objectif de 2% doit être atteint pour ensuite atteindre 4 % du PIB.

L'Allemagne réticente à augmenter ses dépenses de défense L'Allemagne est particulièrement visée par le Président américain : .

Le non-interventionnisme est au cœur de la politique allemande de défense depuis les débuts de la République fédérale. La réticence à accroître les dépenses militaires est forte au sein de la population allemande : selon un sondage publié par Die Welt, seuls 15% des allemands seraient favorables à ce que l'Allemagne augmente ses dépenses militaires jusqu'au seuil de 2% du PIB, conformément aux règles de l'OTAN, pour 24% d'entre eux un seuil de 1.5% serait acceptable. Le gouvernement met aussi en avant que l'Allemagne consacre au développement et à l'aide humanitaire environ 0,70 % de son PIB, un effort plus important que beaucoup d'autres pays européens.

La Turquie au sein de l'OTAN La Turquie est membre de l'OTAN depuis 1952. Depuis deux ans, la politique menée par le président Recep Erdoğan en Syrie où l'armée turque combat les forces kurdes du PYD, alliées de la coalition internationale dans la lutte contre Daech, et avec la Russie dont il s'est rapproché et à laquelle il acquiert des systèmes antiaériens et antimissiles S-400, incompatibles avec les systèmes de l'OTAN, suscite de vives divergences de vues. Les Occidentaux et les Turcs demeurent cependant liés : les Américains ont besoin de disposer de bases militaires en Turquie et comptent sur son soutien face à l'Iran, et l'Union européenne a de son côté besoin de la coopération d'Ankara pour limiter les flux migratoires et conserver sur son sol des millions de réfugiés syriens.

Bien que ces questions soient peu évoquées durant le sommet en raison de la focalisation sur les questions budgétaires, la préparation du sommet s'est déroulée dans un climat plus serein, facilité par la réélection de Recep Erdoğan en . Un diplomate européen de l'Alliance, cité par Le Figaro, estime que .

Le soutien final de Donald Trump à l'OTAN Les Alliés européens sont cependant in fine un peu rassurés par les propos que Donald Trump tient en conclusion du sommet. Il déclare que l’OTAN maintenant que chaque État membre et qu'il croit que .

Thèmes de discussion et décisions Malgré les tensions résultant des prises de position tranchées du Président américain, le sommet débouche comme prévu sur un ensemble de décisions relatives à l'organisation de l'OTAN et au déploiement de ses moyens en Europe et en Irak.

Les principales positions et décisions prises lors du sommet sont regroupées dans la qui comporte soixante-dix-neuf points. Elle s'ouvre (Points 1 et 2) sur le traditionnel rappel des objectifs de l'OTAN qui reste et sur une vision du contexte international de sécurité décrit comme . Les de la Russie, et sont citées comme les principales menaces auxquelles les États membres de l'OTAN sont confrontés.

La déclaration couvre les principaux aspects suivants :

Partage plus équitable des charges (Point 3) : sur ce sujet qui a focalisé l'essentiel des échanges durant le sommet, la déclaration rappelle que les dépenses de défense hors États-Unis ont augmenté en valeur réelle chaque année depuis le sommet de Newport et que . Les ambitions affichées dans ce texte consensuel sont très en deçà des postures affichées par Donald Trump vis-à-vis des Alliés. Relations avec la Russie (Points 4 à 9) : en continuité avec les positions prises par l'OTAN lors des sommets de Newport et de Varsovie, la déclaration affirme que euro-atlantique. Le texte réaffirme le soutien de l'OTAN , et au maintien des sanctions. Le texte précise toutefois que l'OTAN demeure . Posture générale et modernisation de l'Alliance (Points 10 à 32) : la posture générale de l'Alliance demeure inchangée depuis les deux sommets précédents, en ce que depuis 2014, l'OTAN . Cette posture, dite de , implique de pour assurer les , y compris dans la lutte contre le terrorisme. Les décisions validées durant le sommet mettent l'accent sur le renforcement de la disponibilité opérationnelle, l'adaptation de la structure de commandement de l'OTAN et la densification de la présence avancée des forces sur la frontière Est des Alliés. Renforcement de la dissuasion et de la défense (Points 33 à 50) : le texte rappelle que . Pour ce faire de manière crédible, la posture de dissuasion et de défense collective de l'OTAN . Concernant la dissuasion nucléaire, la déclaration précise qu' et que . En réponse aux critiques fortes de la Russie relatives au déploiement du système anti-missile (BMD) de l'OTAN, la déclaration réaffirme que . Concernant le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, l'OTAN réitère ses doutes quant à son respect par la Russie. Partenariats, projection de la stabilité et lutte contre le terrorisme (Points 51 à 67) : la déclaration liste les partenariats et coopérations que l'OTAN entretient avec de nombreux pays et organisations internationales. Le sommet valide le lancement d'une mission non combattante de formation en Iraq, destinée à . Le processus d'adhésion de la Macédoine à l'OTAN est relancé à la suite de l'accord intervenu avec la Grèce sur le nom du pays. Concernant l'Ukraine, le texte prend acte du développement de sa coopération avec l'OTAN, sans pour autant ouvrir des perspectives d'adhésion. Renforcement du partenariat avec l'Union européenne (Points 18 et 68 à 73) : la déclaration fait une place importante à la relation avec , en soulignant les . Le texte prend note des . Valeurs partagées (Points 74 à 79) : la déclaration rappelle le soutien de l'OTAN à à travers son plan d'action FPS. En matière de protection des enfants, le texte note que les troupes déployées dans des opérations et missions dirigées par l'OTAN ont pour instruction .

Pays participants et représentants OTAN et États membres

Pays non membres

Représentants des institutions internationales

Notes

Sources

Références

Bibliographie Documents officiels

Autres documents

Compléments

Articles connexes Relatifs à l'OTAN : Traité de l'Atlantique Nord Force de réaction de l'OTAN Plan d'action « réactivité » de l'OTAN Conseil OTAN-Russie

Relatifs aux forces armées : Forces armées des États de l'Union européenne Forces armées de la fédération de RussieRelatifs au contexte international : Géopolitique de l'Europe au XXIe siècle Guerre du Donbass

Liens externes

2018 Catégorie:Juillet 2018