L'épreuve de combiné nordique aux Jeux olympiques d'hiver de 1928 s'est tenue les 17 et autour de Saint-Moritz et sur le tremplin de la ville, l'Olympiaschanze.
Les épreuves de combiné nordique consistent en une course de ski de fond de (en style classique) puis d'un concours de saut à ski. Contrairement aux épreuves actuelles, le ski de fond est couru avant le saut.
La course de ski de fond a lieu dans les environs de St-Moritz et le concours de saut se déroule le lendemain, quelques heures avant l'épreuve de saut à ski, également disputée sur l'Olympiaschanze.
L'épreuve est disputée par trente-cinq athlètes représentant quatorze nations. Vingt-huit athlètes sont classés. Comme à Chamonix quatre ans plus tôt, les Norvégiens dominent l'épreuve. Johan Grøttumsbråten, troisième en 1924, l'emporte grâce à son avance acquise dans le . Il devance ses compatriotes Hans Vinjarengen qui a chuté lors du concours de saut et John Snersrud qui a profité du concours de saut pour monter sur le podium. Johan Grøttumsbråten remporte également le de ski de fond, ce qui fait de lui l'un des deux sportifs les plus médaillés de ces Jeux (l'autre étant le patineur finlandais Clas Thunberg).
Organisation Sites vignette|L'Olympiaschanze en 2002|alt=Image d'un tremplin de saut à ski avec en bas l'inscription "St. Moritz" et derrière lui, des arbres enneigées.
St Moritz est une station de ski suisse située à environ d'altitude. Le parcours de ski de fond a lieu aux environs de la ville. Les organisateurs sont contraints par le comité international olympique de proposer un parcours vallonné avec un dénivelé positif d'environ . Ainsi, le parcours est exigeant ce qui engendre quelques critiques. L'Express de Neuchâtel le décrit ainsi : .
La ville de St Moritz dispose depuis 1905 d'un tremplin, le . Cependant, celui-ci n'est pas assez grand pour les épreuves olympiques, ce qui oblige la ville à en construire un autre. La construction débute en 1926 et le chantier est retardé en raison de la découverte d'imposants rochers qui retardent les travaux de pavage.. Finalement, le site est inauguré le . Les essais réalisés lors de l'hiver 1927 montrent notamment sur la zone d'élan et de réception qui sont corrigées avant le début des Jeux olympiques.. L′Olympiaschanze a alors un point K de et une capacité de spectateurs. Le tremplin est un des plus grands tremplins d'Europe et il permettrait de faire des sauts de 70 à . Sa construction a coûté entre . et francs suisses. sont installées pour la compétition. Le tremplin et la Cresta Run sont les deux équipements emblématiques de cette olympiade. Par la suite, le tremplin a également été utilisé lors des Jeux olympiques d'hiver de 1948.
Le comité d'organisation de ces Jeux olympiques confie l'organisation des épreuves de ski et de saut à la commission de ski qui est présidée par Ivar Holmquist, le président de la Fédération internationale de ski. Il est notamment assisté par Karl Dannegger qui est le président de la Fédération suisse de ski et par cinq membres de cette fédération..
Calendrier Le tremplin de saut à ski est ouvert aux entraînements les jours précédents l'épreuve.. Toivo Järvinen, champion de Finlande de combiné nordique en 1927 se brise le fémur à la réception d'un saut.
La course olympique de ski de fond de fait en fait office d'épreuve de ski de fond du combiné nordique. Cette épreuve a lieu le vendredi à partir de 9 heures du matin et les concurrents s'élancent les uns à la suite des autres toutes les trente secondes.
L'épreuve de saut à ski a lieu entre 10h et 12h le samedi soit le même jour que le concours de saut à ski. Les récompenses sont remises le lors de la cérémonie de clôture.
+Horaires de l'épreuve DateÉpreuveHoraireSki de fond 9 h 00 Saut à ski 10 h 00
Format de l'épreuve La course olympique du fait office d'épreuve de ski du combiné. Certains participants sont engagés uniquement sur la course de ski de fond, d'autres uniquement pour la course combinée, d'autres pour les deux épreuves.
En ce qui concerne l'épreuve de fond, le concurrent arrivé premier obtient la note de 20. Ensuite toutes les deux minutes, la note est abaissée d'un point. Pour le saut à ski, les points sont comptabilisés en additionnant la distance et la note de style (note comprise entre 0 et 20 qui juge le style du sauteur). Les deux sont comptabilisés et la note moyenne des sauts donnent la note pour la partie saut du combiné. Le classement final de l'épreuve est obtenu par la moyenne des notes de ski de fond et de saut.
Jury Le jury de l'épreuve du ski de fond est composé de deux starters (Ganzenmüller (Allemagne) et le Dr Toshito Hirota (Japon)), de deux juges d'arrivée (Rudnicki, Pologne et Mario Corti, Italie) et du docteur Messerli (secrétaire général du comité olympique suisse) qui est le chronométreur.
Le jury du concours de sauts est composé de trois personnes : Nordsen (Suède); Schmidt (Allemagne) et Walty (Suisse).
Participants Règlement Les athlètes doivent être amateur et posséder la nationalité du pays qu'ils représentent.
Les nations ont jusqu'à 6 semaines, soit le , avant le début de la première épreuve pour envoyer au comité organisateur la liste des sports et des épreuves auxquelles elles participent. Les noms des concurrents doivent parvenir au comité organisateur trois semaines, soit le , avant le début de la première épreuve. Enfin, les nations peuvent remplacer un athlète jusqu'à 10 jours, soit le date de clôture des engagements, avant le début de la première épreuve.
Chaque nation peut engager quatre athlètes.
Délégations participantes
Les Norvégiens, bien que dominateurs en 1924, n'ont pas tous apprécié que le comité international olympique rebaptise a posteriori la « Semaine internationale des sports d'hiver » en les premier Jeux olympiques d'hiver.. En 1927, les membres de la fédération norvégienne de ski votent et choisissent de justesse de participer à l'olympiade de St-Moritz. Par ailleurs, il s'agit de la première participation à cette épreuve de plusieurs délégations dont celles représentant l'Allemagne, l'Autriche et le Canada.
Selon le rapport officiel des Jeux, 63 athlètes étaient inscrits représentants quatorze nations. Finalement 35 athlètes représentant toujours quatorze nations participent à la compétition. 28 athlètes furent classés.
Les athlètes participants représentent les délégations suivantes :
Préparation des délégations Pour la plupart des pays, les athlètes du combiné nordique se préparent aux concours olympiques avec les autres athlètes de ski nordique (saut à ski et ski de fond) de leurs pays. vignette|droite|Portrait d'Emil Petersen, entraîneur de l'équipe de France de ski nordique.|alt=Portrait d'un jeune homme vue de profil. Au début du mois de , les athlètes norvégiens présélectionnés pour les épreuves de ski nordique sont invités à se préparer à Lillehammer.. Une épreuve de sélection est organisée du 19 au à Fluberg.. C'est à cette occasion que le comité olympique norvégien et la fédération norvégienne de ski choisissent les quatre athlètes participants aux épreuves olympiques ainsi que quatre remplaçants.. À la fin du mois de janvier, plusieurs athlètes norvégiens dont Hans Vinjarengen participent au championnat de France de ski à Chamonix.. Les athlètes norvégiens dominent largement cette compétition avec notamment cinq norvégiens aux cinq premières places du ...
Plusieurs entraîneurs norvégiens sont embauchés par préparer l'échéance olympique.. En France, c'est Emil Petersen qui est chargé de l'entraînement des skieurs olympiques.. En Yougoslavie, c'est Tunold Hansen. qui est nommé et en Pologne c'est Bengt Simonsen.. Il y a également Sverre Lislegaard en Italie, Dagfinn Carlsen en Autriche et Ole Østerud en Suisse.
Les athlètes suédois ont bénéficié d'une préparation de qualité avec un entraînement dispensé par Gunnar Dyhlén, entraînement technique, et Gösta Holmér pour l'aspect physique. Depuis 1925, les athlètes suédois ont participé à plusieurs compétitions comme les Championnats du monde de ski nordique en 1926 et 1927 ou au Festival de ski d'Holmenkollen en 1927. Ces compétitions ont permis aux skieurs d'améliorer leurs connaissances sur les skis, les fixations, les bâtons, les chaussures ou encore les combinaisons.
Le conseil d'administration de la Fédération finlandaise de ski nomme un comité d'entraînement spécial pour organiser et prendre en charge l'entraînement des skieurs nordiques et des skieurs alpins . La Fédération finlandaise choisit Rovaniemi comme lieu pour le regroupement. Le camp d'entraînement commence dès le dimanche . Des courses de sélections sont organisées à Rovaniemi entre le 14 et le . Ensuite, les athlètes sélectionnés retournent s'entraîner individuellement chez eux. Le champion Finlandais, Toivo Nykänen, est forfait pour le camp d'entraînement et pour les Jeux olympiques car il s'est cassé la jambe en 1927... La délégation finlandaise part d'Helsinki le et elle arrive à Saint-Moritz le . Sur place, c'est le Norvégien, Hjalmar Smith, frère d'Harald Smith qui s'occupe de la délégation.
Selon la presse américaine, les athlètes de leurs pays sont encore moins bien préparés que lors des précédents Jeux olympiques d'hiver. Le voyage n'était pas budgété et Harry Wade Hicks, le président de la doit rassembler l'argent nécessaire. Il parvient à trouver un plus de ce qui permet d'envoyer en Suisse trois athlètes et un entraîneur. Il choisit des athlètes disponibles et il y a Anders Haugen qui a remporté en 1923 et 1926, le championnat des États-Unis de saut à ski, Rolf Monsen champion de ski de fond de l’ et Charles Proctor, champion universitaire de saut à ski. Aucun entraînement ne peut avoir lieu avant le départ de l'équipe et les membres sont contraints d'acheter eux-mêmes leurs tenues. Enfin, l'entraîneur qui accompagne l'équipe est Godfrey Dewey qui, en arrivant à St Moritz, doit payer les arriérées de cotisations que doit la Fédération américaine à la Fédération internationale de ski pour que les athlètes puissent participer aux compétitions.
Pour la première fois, le Canada décide d'engager des skieurs nordiques aux Jeux olympiques d'hiver.. Le pays décide d'envoyer deux sauteurs et deux athlètes pour le ski de fond et le combiné. Les athlètes sont sélectionnés à la fin du mois de et ils ne possèdent que quelques jours pour s'entraîner. Le , ils embarquent sur le bateau qui leur permet de rejoindre l'Europe ce qui interrompt leur préparation.. Arrivé à St Moritz, l'équipe loge au Kulm Hotel et elle est guidée par Alexander Keiller. Les athlètes mettent quelques jours à s'acclimater à l'altitude et ils s'entraînent d'abord sur le petit tremplin de St Moritz, le avant d’essayer l′. En ski de fond, Alexander Keiller qui connaît très bien St Moritz réussit à faire en sorte que les athlètes puissent s'entraîner sur la piste de compétition.
La sélection française se passe en plusieurs temps.. Un stage avec un nombre important d'athlètes est organisé du 4 au à Briançon. Ensuite, les athlètes participent à un stage et au championnat de France de ski à Chamonix qui fait office d'épreuve de sélection.. Enfin, les athlètes sélectionnés pour les épreuves olympiques participent à un troisième stage à Saint-Moritz du 4 au . La préparation est encadrée par le colonel Lardant, le capitaine Molle, l'entraîneur norvégien Emil Petersen et M. Roul.