est un film japonais de Mikio Naruse sorti en 1935.

Synopsis Dans un quartier populaire de TokyoLe film ne nomme jamais la ville. Russell situe le commerce dans un quartier populaire de Tokyo ; Satō, le prétendant, est dit originaire de Saginomiya, dans l'arrondissement de Nakano., Kenkichi dirige la maison Nadaya, un magasin d'alcools, avec l'aide de sa fille Kunie. Entré comme gendre adopté dans la famille de sa femme, il perpétue le commerce. Veuf, il a deux filles que tout oppose : la cadette, Kimiko, habillée à l'occidentale, insouciante et rebelle aux usages, et Kunie, l'aînée, vêtue à la japonaise, réservée et traditionnelle. Les ventes déclinent, mais le grand-père, Keisaku, qui a passé la main et reste un bon vivant, continue de dépenser sans compter. Kimiko ignore qu'elle est en réalité la fille d'Oyo, la maîtresse que Kenkichi entretient de longue date. Kunie voudrait la voir s'installer chez eux, alors que Kimiko, elle, n'a que du mépris pour les maîtresses. Oyo travaille dans un petit restaurant (koryōriya) qui sera bientôt vendu.

L'oncle des deux sœurs organise pour Kunie une rencontre en vue d'un mariage et fait office d'entremetteur (nakōdo). Elle y voit un apport financier pour la maison ; c'est précisément la raison pour laquelle son père s'oppose d'abord au projet, lui disant ne vouloir que son bonheur. Le prétendant, Shintarō Satō, fait savoir qu'il lui préfère sa sœur : les pourparlers s'enlisent sans que Kunie en connaisse la raison. À la demande de Kunie, le grand-père consent à l'installation d'Oyo sous le toit familial. Keisaku s'inquiète toutefois : le saké n'a plus le même goût, et il charge Kunie de mettre son père en garde. Interrogé, Kenkichi assure qu'il s'est mis à étudier le saké et qu'une nouvelle recette pourrait rapporter davantage.

Le jour de l'anniversaire de Kimiko, alors qu'elle fait la fête en dansant avec ses amies, l'oncle téléphone à Kenkichi pour lui rapporter que les parents de Satō souhaitent qu'il pressente sa fille cadette. Découvrant qu'elle voit le jeune homme en cachette, Kenkichi la réprimande, puis lui présente Oyo, venue ce jour-là, et lui révèle que celle-ci est sa mère. Furieuse, Kimiko refuse de la reconnaître et s'apprête à quitter la maison quand la police vient chercher son père. Elle renonce à partir, tandis qu'en face, chez le coiffeur, on parie déjà sur ce qui remplacera la maison Nadaya.

Fiche technique Titre français : La Fille dont on parle Titre original : Titres anglais : The Girl in the Rumor (ou The Girl in the Rumour) Réalisation : Mikio Naruse Scénario : Mikio Naruse Photographie : Montage : Son : Yūji MichinariCrédité 道源勇二 par la National Film Archive of Japan, qui ne donne pas la lecture ; la romanisation « Michinari » suit l'IMDb. Musique : , interprétée par l’orchestre P.C.L. Direction artistique : Junnosuke Yamazaki Société de production : P.C.L. Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc - 1,37:1 - 35 mm - son mono Genre : drame Durée : 55 minutes (métrage : 7 bobines - )Durée de 55 minutes selon Eiren et la Japanese Movie Database. La copie de projection conservée par la National Film Archive of Japan mesure 4 895 pieds (environ 1 492 m) pour une durée annoncée de 54 minutes. Date de sortie : Empire du Japon : La base de données Eiren date la sortie du 21 décembre 1935, de même que Catherine Russell ; la Japanese Movie Database indique le 22 décembre.

Distribution vignette|Sachiko Chiba, et Kamatari Fujiwara Sachiko Chiba : Kunie : Kimiko, sa sœur cadette : Kenkichi, le père de Kunie et de Kimiko : Keisaku, le grand-père (père de la femme défunte) Kamatari Fujiwara : l'oncle des filles Toshiko Itō : Oyo, la maîtresse de Kenkichi Heihachirō Ōkawa : Shintarō Satō, le prétendant de Kunie Masao Mishima : le patron du salon de coiffure Yamamoto Osamu Takizawa : un client dans le salon de coiffure

Autour du film « Premier scénario entièrement original de Naruse depuis Après notre séparation en 1933, et un grand succès qui lui assura de pouvoir tourner ce qu'il voulait à la P.C.L. Portrait complexe des relations familiales autour de deux demi-sœurs, l'aînée d'un type très traditionnel. La cadette se rebelle lorsque son père installe sa maîtresse chez eux, sans savoir que cette femme est en réalité sa propre mère.» Audie BockLe film figure en huitième position au 12e classement des dix meilleurs films japonais de l'année 1935 établi par la revue Kinema Junpō. Le bon accueil public et critique du film a permis à Mikio Naruse de faire accepter par la suite plus facilement ses scénarios originaux à la P.C.L.

Analyse Pour Catherine Russell, dans , La Fille dont on parle fait de l'opposition entre les deux sœurs — Kimiko en moga, Kunie en jeune fille traditionnelle — l'inscription visuelle d'une époque en train de changer, sans pour autant imputer à la cadette la ruine de la famille, qui tient selon Russell à la fraude du père, lequel coupe le saké qu'il vend. Le film juxtapose ainsi deux phénomènes également symptomatiques de la modernité urbaine des années 1930, la jeune fille moderne et la faillite du petit commerce familial des quartiers populaires de Tokyo, sans établir entre eux de rapport de cause à effet. Russell rattache à cet égard le film à un motif récurrent chez Naruse, celui du statut de la maîtresse, pratique tacitement tolérée mais rarement discutée, qu'il traitera plus longuement dans Ma femme, sois comme une rose ! (1935). Le critique Makoto Shinojima, cité par Russell, y voit pour sa part un film sur une classe sociale en déclin, dont les ressorts mélodramatiques frôlent la tragédie shinpa.

Russell souligne également la manière dont la mise en scène épouse l'énergie de son personnage : le découpage est fragmenté, les scènes s'ouvrent souvent sur des gros plans de détail, et l'espace domestique se donne comme un labyrinthe de pièces et de passages encombrés, aux antipodes de la composition rigoureuse des films de Naruse des années 1950. Un contraste sonore appuyé — le jazz venu de la chambre de Kimiko couvrant le shamisen du grand-père, suivi d'un plan de pluie sur les tuiles — condense l'opposition entre l'ancien et le nouveau. Deux scènes reposent presque entièrement sur l'échange de regards : la rencontre fortuite des deux sœurs, Kunie en barque sur la rivière levant les yeux vers Kimiko et Satō accoudés à un pont, montée en champ-contrechamp subjectif, et la scène où Kimiko apprend l'identité d'OyoRussell la nomme Oya., ponctuée de travellings avant sur les visages. Russell y voit la persistance, dans un film parlant, des moyens expressifs élaborés par Naruse à l'époque du muet.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Film japonais sorti en 1935 Catégorie:Film en japonais Catégorie:Film japonais en noir et blanc Catégorie:Film dramatique japonais Catégorie:Film réalisé par Mikio Naruse Catégorie:Film se déroulant à Tokyo Catégorie:Film de P.C.L.