Claude Lebois, né le à Chissey-lès-Mâcon et mort le à Saint-ÉtienneHistoire des noms des rues de Saint-Étienne., est un pionnier de l'enseignement technique.

Il devint inspecteur général, après avoir été fondateur, directeur et organisateur d'écoles professionnelles, appelées « écoles pratiques », à l'époque de la deuxième révolution industrielle.

Il est l'auteur d'ouvrages scolaires, en particulier relatifs à l'électricité industrielle.

Son action s'est longtemps exercée dans le département de la Loire et ses alentours, puis a pris une dimension nationale.

Biographie Origines

Sa famille habite le hameau de PrayesArchives départementales de Saône-et-Loire, état civil de la commune de Chissey-lès-Mâcon [en ligne].. En 1846, elle est composée de son père, François, meunier ; de sa mère Pierrette ; de sa sœur, Catherine (5 ans) et de son frère, Joseph (3 ans)Archives départementales de Saône-et-Loire, recensement de la commune de Chissey-lès-Mâcon, 1846 [en ligne].. Claude Lebois passe sa jeunesse à Chissey-lès-Mâcon, comme l'établissent les recensements jusqu'en 1861Archives départementales de Saône-et-Loire, recensements de Chissey-lès-Mâcon de 1836 à 1936..

Il a probablement connu les instituteurs dont les noms apparaissent dans les recensements de cette petite localité : Pierre Charcosset (1851), André Després (1856), Claude Berthier (1861)Archives départementales de Saône-et-Loire, recensements de Chissey-lès-Mâcon, 1851, 1856, 1861..

Sa scolarité secondaire n'est pas connue. Il est possible qu'il l'ait effectuée à Chalon-sur-Saône ou à MâconClaude Lebois était-il bachelier ? En principe, pour être nommé maître élémentaire, il fallait détenir un baccalauréat. Mais on ne trouve aucune trace à ce sujet concernant Claude Lebois..

Parcours

En 1865, il est nommé maître élémentaire au collège de Chalon-sur-SaôneLoire : dictionnaire, annuaire et album, éd. H. Jouve, Paris, 1899.. Le maître élémentaire enseignait dans les classes élémentaires des lycées et collèges aux élèves destinés à poursuivre leurs études, contrairement à ceux des écoles primaires, qui quittaient l'école à treize ans«Notre enquête sur l'école unique», Charles Bruneau, La Pensée française : organe d'expansion française et de propagation nationale, 24 novembre 1924..

On trouve la trace du passage de Claude Lebois à Chalon-sur-Saône dans le recensement de 1866 qui le mentionne comme «maître d'études»Archives départementales de Saône-et-Loire, recensement de 1866, Chalon-sur-Saône, quartiers Saint-Laurent, Sainte-Marie, Saint-Vincent, p. 75-76. Il y a donc une erreur dans la notice biographique de Louis Challet qui affirme que Claude Lebois était au collège de Mâcon en 1865.. Le principal du collège s'appelait Benoît Duparay. Le personnel enseignant comptait un professeur et cinq autres maîtres d'études.

Formation à l'école de Cluny En 1866, à l'âge de 21 ans, Claude Lebois entre à l'école normale d'enseignement spécial de ClunyBiographie de Claude Lebois par Louis Challet, sans date..

Ce dernier se distingue de l'enseignement des « humanités » et se destine à ceux qui sont « pressés d'entrer dans la vie active »Victor Duruy, Notes et souvenirs (1811-1894), tome 1, éd. 1901, p. 255-256.. Victor Duruy le définit de cette manière : « Cet enseignement particulier fut secondaire, parce qu'il s'élevait fort au-dessus des préoccupations de l'école primaire, et je l'appelai spécial, mot qu'on ne comprend plus aujourd'hui, bien que la circulaire d'exécution établisse nettement que, si l'enseignement classique est le même partout, l'enseignement spécial doit varier dans beaucoup de localités, selon le caractère de l'industrie dominante. C'est pour cela que les programmes furent très étendus, afin que chaque école pût y prendre ce qui convenait le mieux à ses besoins : par exemple, à Chartres, centre agricole, les applications de la chimie, de la physique et de la mécanique, utiles “au bon ménage des champs” ; à Saint-Étienne, l'exploitation des mines, la métallurgie et la teinturerie ; à Lyon, le travail de la soie et les opérations commerciales ».

Les fonds manquant pour les créations qu'appelait ce nouvel enseignement, on ne put installer la première école à Paris mais seulement à Cluny, « petite ville morte de Bourgogne, à 23 km de Mâcon, loin de toute voie ferrée (...) mais on lui offrit là l'ancienne abbaye des bénédictins »La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, tome 15, 1885-1902, p. 380.. La plupart des élèves devaient bénéficier d'une bourse leur permettant de séjourner à Cluny une fois leur recrutement assuré. Le ministre, Victor Duruy demanda aux préfets d'intéresser à son œuvre les conseils généraux pour que chaque département crée une ou deux bourses destinées à ces élèves.

À la fin de la première année de fonctionnement, Ferdinand Roux, directeur de l'École normale de Cluny, rend compte au ministre Victor DuruyÀ cette époque, l'École était sous le contrôle direct du ministre (en 1871, elle passa sous le contrôle du rectorat de Lyon puis de l'inspection de Mâcon). Victor Duruy faisait du sort de l'école une question personnelle ; il échangea 582 correspondances avec Ferdinand Roux. Cf. «Un ministre méconnu en Saône-et-Loire : Victor Duruy et l'École normale spéciale de Cluny», Alain Dessertenne, 1990. des résultats obtenus par les élèves. Il fait référence à deux séries d'épreuves qui ont fourni un classement : celles de la rentrée et celles de fin d'année. Claude Lebois est d'abord modestement classé 70e sur 83, puis finalement 38e bien que pour des raisons de santé il n'a pu participer aux examens généraux«Rapport du Directeur de l'École normale de Cluny sur les notes obtenues par les élèves pendant l'année», Bulletin administratif de l'instruction publique, tome 8, n° 148, 1867, p. 162-167..

Pour la seconde année à Cluny, Claude Lebois obtient une bourse d'État « à pension entière »«École normale de Cluny, nomination de boursiers de l'État», 21 octobre 1867, Bulletin administratif de l'instruction publique, tome 8, n° 155, 1867, p. 447.Le Courrier de Saône-et-Loire, 7 novembre 1867., alors qu'en 1866 il n'apparaissait pas dans la liste des boursiers qu'ils soient départementaux ou d'État.

Professeur en écoles normales À l'issue de sa formation, pourvu du « brevet de Cluny », Claude Lebois est nommé professeur de science à l’École normale de Montbrison«M. Lebois, élève sortant breveté de l'école normale de Cluny, est chargé de l'enseignement scientifique à l'école normale primaire de Montbrison (emploi nouveau)», 21 octobre 1868, Bulletin administratif de l'instruction publique, tome 10, n° 186, 1868, p. 412. de 1868 à 1875, où il profita des monts du Forez pour herboriser et découvrir quelques plantes raresCf. notice «Claude Lebois», in Annales des sciences physiques et naturelles, d'agriculture et d'industrie, publiées par la Société d'agriculture de Lyon, janvier 1901, p. 439., puis à celle de Grenoble de 1875 à 1879La notice biographique de Louis Challet comporte une erreur sur les dates d'affectation en écoles normales : en réalité, Claude Lebois est resté à Montbrison de 1868 à 1875, puis a passé quatre ans à Grenoble, de 1875 à 1879. Les sources de ces dates se trouvent dans le recensement de Montbrison en 1872, page 53 et dans plusieurs numéros du Bulletin mensuel de l'Association amicale des anciens élèves de l'École normale spéciale, notamment celui du 15 janvier 1875 et celui du 15 novembre 1875..

Entre ces deux affectations, il a fait campagne avec les Mobiles de Saône-et-Loire en 1870, lors de la guerre franco-prussienne. Il a participé à des opérations liées au siège de Paris, selon le Bulletin mensuel de l'Association amicale des anciens élèves de l'École normale spéciale rédigé, juste après les faits, en Cf. Bulletin mensuel de l'Association amicale des anciens élèves de l'École normale spéciale, 1er juillet 1871..

Famille

Le , à BrancionMais les deux publications de mariage avaient été faites à Montbrison. Cf. archives départementales de la Loire, état civil de Montbrison, 1871. en Saône-et-Loire, Claude Lebois épouse Jeanne Boyaud (née le 4 , à Brancion)Archives départementales de Saône-et-Loire, état civil de la commune de Brancion, mariages, 1871.Archives départementales de la Loire, recensement de Saint-Chamond, 1881, Mairie/Hôtel de ville.Cf. Bulletin mensuel de l'Association amicale des anciens élèves de l'École normale spéciale, 1er octobre 1871..

Ils ont trois filles : Jeanne (8 ans en 1881 : née en 1873 ?), Claudine (née le à Grenoble)Archives départementales de l'Isère, état civil de Grenoble, 1878. et Lucie (née le à Saint-Étienne)Archives municipales de Saint-Étienne, état civil, 1889. Jeanne Pierrette Lucie s'est mariée le 22 septembre 1913 à Saint-Étienne avec Léon Claude Marius Tachon. Elle est décédée à Nancy le 27 mars 1971..

La famille a habité route d'Eybens à Grenoble (en 1878) ; à côté de l'école pratique d'industrie à Saint-Chamond (1879-1882) ; à l'école professionnelle, rue FontainebleauDevenue la rue Mimard en octobre 1944., à Saint-Étienne dans les années 1880-1890.

Une carrière dans l'enseignement technique C'est quatorze ans après son entrée dans l'Instruction publique (1865), où il a exercé principalement comme professeur de science en école normale d'instituteurs, que commence la carrière de Claude Lebois dans l'enseignement technique.

Saint-Chamond En 1879, il répond à l'appel du maire de Saint-Chamond, Marius Chavanne, qui souhaite fonder une école professionnelle municipale destinée à former des ouvriers pour les usines de la vallée du Gier. L'école est créée avec trois professeurs. Claude Lebois la dirige pendant trois ans.

« L'école ouvrait ses portes le , sous le nom d'École professionnelle et avec un programme d'enseignement nettement pratique, bien qu'elle n'eût d'existence légale que dans le cadre des écoles primaires supérieures. Son but était ainsi défini ; préparer d'une part des candidats aux écoles d'Arts et métiers, à l'École centrale lyonnaise, et d'autre part des contremaîtres et des dessinateurs pour les différentes industries locales », explique un historique de l'école.

« Cette école a débuté simplement, elle a ouvert ses portes modestement. Une affiche placée 5 ou 6 jours seulement avant le avisait la population de sa création et, au jour dit, 22 élèves se présentaient. Ils étaient reçus par le directeur entouré de et de », témoignait le doyen des Anciens élèves de l'école en 1929.

En 1950, l'instituteur Mathieu Fournier (1868-1963), qui a connu Claude Lebois avant même d'avoir été admis à l'école normale d'instituteurs de Montbrison en 1885, a laissé un témoignage de l'école naissante ainsi qu'un portrait de l'homme :