Le Swiss Team Salamin est une équipe suisse de course automobile dont la carrière se confond avec celle du pilote automobile et architecte Antoine Salamin, de 1973 à nos jours.

Ayant déjà participé à plusieurs reprises aux 24 heures du Mans, en 1977, 1978, 1979, ainsi qu’à diverses épreuves du championnat du monde d’endurance, en 1978 et 1979, titré champion suisse en 1985.Le Nouvelliste du 30 septembre 1985, ., Antoine Salamin mit sur pied une structure indépendante et semi-professionnelle, qui engagea des Porsche 962 de 1987 à 1991, en championnat du monde d’endurance des sport prototypes., en Intersérie et en Super Cup.

Basée à Chalais et à Noës., cette équipe débute officiellement en fin de saison 1987, avec l’achat d’une Porsche 962C.Auto-Hebdo 592 du 23 septembre 1987, ..

Historique 1987: Les débuts d'une structure privée

La création du Swiss Team Salamin est liée à une décision de l'usine Porsche qui reprocha à Antoine Salamin l'acquisition d'une Sauber. avec laquelle il marqua des points au Nürburgring. Le pilote suisse, qui était resté fidèle à la marque allemande jusque-là, rétorqua qu'il n'avait tout simplement pas les moyens d'acquérir une Porsche.

En , il fut invité au centre de recherche de l'usine près de Stuttgart où il signa un contrat avec la mise à disposition d'une Porsche 962., les pièces de rechange et une assistance technique pendant les coursesJournal de Sierre du 18 décembre 1987 "Nouvelle écurie automobile"..

Si la première épreuve disputée sous cette entité (en , lors de la dernière manche de Supercup au Nürburgring) se solda par un problème moteur, les résultats suivants furent encourageants.

Sur le toboggan de Zeltweg, en Intersérie, Antoine Salamin ( sur la grille), se classe finalement , malgré un arrêt à son stand pour nettoyer le pare-brise de sa Porsche 962 maculé d'huile par un véhicule le précédant qui venait d'exploser son moteur. Il termine à la place du classement général de l'Intersérie (grâce aussi aux résultats précédemment engrangés avec une Sauber Sehcar) remportée par l'Autrichien Walter LechnerLe Nouvelliste du 17 octobre 1987, ..

La dernière course de la saison, qui a lieu à Kyalami, a des airs de championnat du monde avec l'engagement d'une cohorte de Porsche 962. Cette épreuve internationale, dénommée "Yellow Pages 500", se déroule en deux manches de 180 km chacune. Il s'agit de la dernière épreuve d'importance ayant pour cadre ce circuit authentique, avant qu'il ne cède sa place à un tracé profondément remanié.. En dépit de problèmes de pneumatiques lors de la première manche, Antoine Salamin se classe au rangRallye Racing 26/87, . d'une course remportée par Jochen Mass qui doubla l'alsacien Bob Wollek, en panne d'essence en vue de l'arrivéeRevue Automobile 49 du 4 décembre 1987, ..

1988: Une présence remarquée sur tous les fronts Championnat du monde des Sport-Prototypes

Le projet de groupe "silhouette" destiné à remplacer le championnat du monde étant mort-né, c'est un plateau de qualité réunissant notamment Jaguar (champion en titre), Porsche (représenté par ses clients), Sauber (Mercedes), ainsi que des Spice qui étrenne le championnat version 1988Le Nouvelliste du 5 mars 1988, ..

Le format du championnat du monde se compose essentiellement de courses de 1000 km, sauf pour Le Mans (24 h), Jerez (800 km), Jarama, Brno et Sandown Park (360 km). Il est ouvert aux catégories C1, C2 et GTP qui vont s'affronter sur un total de 11 manches. Les 10 premiers marquent des points avec un barème différencié selon la longueur des épreuves.

Lors de ces épreuves de Championnat du monde des Sport-Prototypes 1988, Antoine Salamin partage le volant de sa Porsche 962 avec Giovanni Lavaggi (Brands Hatch/Nürburgring/Spa/Sandown Park), Max Cohen-Olivar (Jarama/Silverstone), Enzo Calderari (Jerez), Dudley Wood (Monza), Luigi Taverna (Brno), Helmut Mundas (Silverstone), et Jean-Denis Delétraz (Brands Hatch).

Le biennois Enzo Calderari est le coéquipier d'Antoine Salamin pour l'épreuve inaugurale, les 800 km de Jerez. Le véhicule affublé du 40 est le seul nouveau châssis Porsche (No 962 131 construit en 1987) au départ avec une motorisation identique à celle de Joest, soit un 2,8 litres à refroidissement mixte air/eauAuto-Hebdo 615 du 9 mars 1988, "Les forces en présence".. Pour une toute première expérience en la matière, l'équipage Salamin/Calderari termine à un remarquable rang cette course historique qui verra la victoire de Schlesser/Baldi/Mass pour le retour officiel de Mercedes en enduranceMotorsport aktuell du 2 mars 1988, "Die Treibjagd"..

Une semaine après Jerez, la seconde épreuve a lieu à Jarama. Pour ce sprint de 360 km, Antoine Salamin envisageait tout d'abord d'effectuer seul la totalité de la distanceLe Nouvelliste du 12 mars 1988, "Jarama: Sauber en leader".; finalement il s'adjugea les services du franco-marocain Max Cohen-Olivar pour le seconder. Un temps précieux perdu lors de deux crevaisons relègue l'équipage au rangLe Nouvelliste du 15 mars 1988, "Dans les coulisses du sport automobile"..

Pour Monza, l'équipe suisse, pleinement satisfaite de Max Cohen-Olivar, souhaitait le reconduire à son poste. Le pilote casablancais déclina l'offre car il s'était déjà engagé chez ALDLe Matin du Sahara 6293 du 8 avril 1988.. C'est le britannique Dudley Wood qui le remplace au pied levé. Le Swiss Team se renforce avec l'entrée en service de Chuck Graemiger - le père des Cheetah - en tant que directeur technique. Alors que les Porsche Brun, Joest et Kremer disposent de moteurs 3 litres pour la course (et de moteurs 3,2 litres pour les qualifications), la Porsche 962 d'Antoine Salamin ne dispose que d'un moteur 2,8 litresSport Auto 316 mai 1988, "Les voitures en course".. Le pilote suisse ne jugea pas nécessaire l'utilisation des pneus de qualification et n'augmenta pas non plus la pression de turbo pour établir un chrono lors des essais. Après 5 tours de course, l'architecte valaisan était déjà remonté en position sur les talons de la Cougar-Porsche C20 (dotée d'un moteur 2,8 litres elle aussi) de Pierre-Henri Raphanel qu'il dépassa ensuite dans la Parabolica, au seizième passage, avant de céder le volant à Dudley Wood. Ce dernier eu un peu plus de peine à tenir le rythme et lorsque Salamin reprit le volant lors du dernier relais le moteur commença à ratatouiller dans les ultimes boucles. Finalement l'équipage Salamin/Wood termine à un méritoire rang de cette épreuve de 1000 km remportée par la Jaguar de Cheever/Brundle, qui confirment leur succès précédent de JaramaRevue Automobile 16 du 14 avril 1988, "La belle à Jaguar"..

Aux 1000 km de Silverstone, Max Cohen-Olivar effectue son retour dans l'équipe qui engage également le jeune allemand Helmut MundasAuto-Hebdo fiche "Sport-prototypes.4.88.Silverstone". aux côtés de Salamin. Parti en position sur la grille, Antoine Salamin effectue un premier relais époustouflantLe Matin du Sahara du 13 mai 1988 . en tournant pratiquement dans les temps des Porsche Kremer. Cohen-Olivar se montra efficace, Mundas (pour la première fois à bord d'une Porsche 962) à la hauteur...le trio finit après le déclassement de la Porsche de Bell pour non-conformité de son réservoir d'essenceLe Nouvelliste du 10 mai 1988, .. Avec un budget minimal, l'équipe suisse continue d'étonner les observateursMotorsport aktuell du 11 mai 1988, "Der Schein trügt".. Eddie Cheever et Martin Brundle s'imposent à nouveau sur leur Jaguar et se positionnent idéalement avant les 24 heures du Mans.

Sur le numéro spécial de présentation des 24 heures du Mans d'Auto-Hebdo, c'est la voiture du Swiss Team Salamin qui est choisie pour illustrer les équipes Porsche 962C privéesAuto-Hebdo 627 du 1er juin 1988, supplément spécial 24 h du Mans "Les forces en présence".. Bien qu'inscrite avec comme pilotes déclarés A. Salamin et M. Cohen-Olivar, elle ne sera pas au départ, tout comme les Porsche 962 du Richard Lloyd RacingAuto-Hebdo 627 du 1er juin 1988, ., ainsi que du Walter Lechner Racing School. L'équipe Sauber-Mercedes déclare forfait à la suite de l'accident de Klaus Niedzwiedz (éclatement d'un pneu dans la courbe des Hunaudières aux essais). Faute d'avoir pu en identifier les causes, les deux voitures sont immédiatement retiréesSport Auto 318, juillet 88, .. Malgré le retour de l'équipe officielle Porsche avec trois voitures pour cette épreuve (et un tout nouveau système d'injection électronique Bosch M 1.7 issu du groupe propulseur TAG-F1)Auto-Hebdo 627 du 1er juin 1988, supplément spécial 24 h du Mans "Les forces en présence"., c'est encore Jaguar qui triomphe avec Lammers/Dumfries/Wallace, pour une manche permettant d'encaisser un maximum de points, puisque dotée du coefficient 3 en raison de sa durée.

L'endurance à son plus haut niveau se produit pour la première fois dans un pays de l'Est, sur le tout nouveau circuit de Brno, en Tchécoslovaquie. Deuxième victoire de la saison pour la Sauber Mercedes de Schlesser/Mass qui semble taillée sur mesure pour les courses sprint de 360 km. À part Sauber, et en l'absence des Porsche de Walter Brun, c'est Antoine Salamin (avec comme équipier Luigi Taverna), opiniâtre neuvième avec sa propre Porsche, qui sauve l'honneur helvétique, malgré des problèmes de consommation en fin de courseRevue Automobile 29 du 14 juillet 1988, "Sauber: Banco à l'Est"..

Antoine Salamin fait appel au Genevois Jean-Denis Delétraz (engagé parallèlement en F3000)Sport Auto 320, septembre 88, . ainsi qu'à l'italien Giovanni Lavaggi (vu l'an passé sur une Alba C2) pour l'épreuve des 1000 km de Brands Hatch. Des consignes de modération sont données aux pilotes: conduire vite et bien, avec une pression de turbo volontairement limitée à 1,2 bar pour ménager le moteur, et surtout ne pas sortir de la piste, car un accident signifierait la fin de saison pour le Swiss Team Salamin. C'est au septième rang que l'équipage termina avec un Jean-Denis Delétraz ravi de l'ambiance du groupe C qu'il découvrait, mais épuisé par des relais d'une heure. L'équipe Joest, malgré sa nouvelle arme, l'injection 1.7 Motronic de Bosch, et le retour de Klaus Ludwig, manqua la victoire au profit de la Jaguar de Brundle/Nielsen/Wallace à l'issue d'une course marquée par le spectaculaire accrochage entre les deux Sauber pour éviter la voiture de l'Américain Stephen Hynes en perdition...Jochen Mass resta sur le carreau, voiture détruiteRevue Automobile 31 du 28 juillet 1988,"1000 km de Brands Hatch: Jaguar reste maître chez elle"..

Après Joest, c'est le Kremer Racing qui dispose à son tour de l'injection Motronic 1.7 lors des 1000 km du Nürburgring dotés d'un plateau de plus de trente concurrents. Pour pimenter le spectacle l'épreuve est scindée en deux: 500 km le samedi soir, et le reste dimanche. C'est sous la pluie et surtout le brouillard que la première manche se déroula, avec comme conséquence de nombreuses sorties de pistes et accrochages...La seconde eut lieu avec une météo plus clémente, mais une piste piégeuse en raison des averses...C'est la Sauber Mercedes C9 de Jean-Louis Schlesser et Jochen Mass qui s'impose, alors que l'équipage Antoine Salamin / Giovanni Lavaggi (parti sur la grille) se classe au rang, derrière la Jaguar de Jan Lammers / Johnny Dumfries, et devant la Porsche Kremer de Bruno Giacomelli / Volker WeidlerSport Auto 321, octobre 88, ..

A Spa, c'est l'autre Sauber, celle de Mauro Baldi / Stefan Johansson qui s'adjuge les 1000 km disputés sous la pluie. Le Swiss Team Salamin termine avec le binôme Salamin/Lavaggi, mais il fera l'impasse sur l'épreuve suivante, les 1000 km de Fuji (victoire et titre de champion du monde pilotes pour Martin Brundle, équipes pour Jaguar)Sport Auto 322, novembre 88, ..