L'équipe de Tahiti de football, surnommé les « Toa Aito » (les guerriers de fer en tahitien), est constituée par une sélection des meilleurs joueurs de Polynésie française (et non de la seule Tahiti) sous l'égide de la Fédération tahitienne de football. Elle est affiliée à la Confédération du football d'Océanie depuis 1982 et à la FIFA depuis 1990.
L'équipe nationale de Tahiti, bien qu'émanant d'une fédération souveraine affiliée à la FIFA, est, avec la Nouvelle-Calédonie, également affiliée à la fédération française de football et participait ainsi à la Coupe de l'Outre-Mer de football.
L'équipe nationale dispute ses rencontres à domicile au Stade Pater Te Hono Nui, situé sur la commune de Pirae. Les Tahitiens ont terminé l'année 2020 au mondial selon le classement FIFA. L'équipe entraînée par Eddy Etaeta de 2010 à 2015 a remporté le championnat d'Océanie 2012 pour la première fois de son histoire et s'est aussi qualifié pour la coupe des confédérations l'année suivante.
Mode de sélection Selon un avenant à la Convention de partenariat de 1990 liant la Fédération française de football et la Fédération tahitienne de football (FTF), Français et Tahitiens ayant un passeport commun, « peuvent être sélectionnés par la FTF dans une de ses équipes représentatives les joueurs tahitiens n'ayant jamais joué dans une sélection nationale française. Les joueurs métropolitains résidant sur le territoire de Polynésie française doivent, en outre, être licenciés dans un club tahitien depuis cinq ans pour pouvoir être sélectionnés ».
Histoire Les débuts officieux de Tahiti Le premier match de l'histoire de la sélection de Tahiti est daté du . Les Tahitiens affrontent la Nouvelle-Zélande, lors d'une tournée de trois matchs amicaux organisés à Papeete. L'année suivante, ils affrontent la Nouvelle-Calédonie, jouant pour la première fois à l'extérieur, à Nouméa. Avec l'équipe des Nouvelles-Hébrides, ce sont les trois seules formations rencontrées par Tahiti jusqu'en 1961.
Les Tahitiens vont participer à plusieurs reprises aux Jeux du Pacifique Sud, qui regroupent également les sélections des Fidji, des îles Salomon ou de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ils remportent la compétition à cinq reprises (en 1966, 1975, 1979, 1983 et 1995).
En 1971, une formation du pays de Galles est en tournée dans le Pacifique pour une série de neuf matches, à Tahiti, en Nouvelle-Zélande et en Malaisie. Pour leur premier match de cette tournée le à Papeete, les Gallois se font surprendre, battus par le onze tahitien sur le score de 2 buts à 1. Cette sélection galloise est composée principalement de joueurs professionnels de moins de 23 ans, dont trois internationaux A.
Deux ans plus tard, la sélection tahitienne est invitée à participer à l'édition inaugurale de la Coupe d'Océanie, organisé en Nouvelle-Zélande. Elle parvient à terminer à la deuxième place de la poule du premier tour, derrière les Kiwis. Selon la formule de la compétition, les deux équipes se qualifient pour la finale, jouée le . À Auckland, Tahiti s'incline 2 buts à 0 face au pays-hôte. Le Polynésien Errol Bennett termine co-meilleur buteur de la compétition avec trois buts, à égalité avec le Néo-Zélandais Alan Marley et le Néo-Calédonien Segin Wayewol.
En 1980, Tahiti participe à la deuxième édition de la Coupe d'Océanie. Après avoir terminé en tête de sa poule du premier tour avec trois victoires en autant de matchs (face aux Fidji, à la Nouvelle-Zélande et aux îles Salomon), les hommes de Richard Van Sam accèdent à nouveau à la finale du tournoi continental, cette fois-ci contre l'Australie. Le à Nouméa, Tahiti tient tête à la meilleure équipe d'Océanie mais s'incline finalement quatre buts à deux.
Quelques mois plus tard, les Tahitiens rencontrent la première sélection « A » non océanienne de son histoire, le Mexique, en tournée dans le Pacifique. Le à Papeete, ils s'inclinent sur le plus petit des scores, cédant sur un but de l'attaquant du CF Atlante Ricardo Castro. La sélection, toujours dirigée par Richard Van Sam, est la suivante : Le Bihan – Pautu, Burns, Kenon, Barbos – Voirin, Haumani, Waouté (Wamai, ) – Bennett, Malinowski (puis Wabealo, ), Carrara.
En plus de participer à la Coupe d'Océanie (qui va être interrompue entre 1980 et 1996), la sélection polynésienne participe régulièrement aux Jeux du Pacifique où elle réalise de très bons résultats lors des épreuves de football. Elle remporte ainsi la médaille d'or en 1966, 1975, 1979, 1983 et 1995 (plus deux autres victoires lors des Mini-Jeux du Pacifique Sud en 1981 et 1993) et échoue en finale lors des éditions 1969 et 1987, à chaque fois face à la Nouvelle-Calédonie. C'est lors des différentes éditions de cette compétition que l'équipe tahitienne a remporté ses victoires les plus larges : 30-0 contre les îles Cook en 1971 ou 18-0 contre l'équipe des Îles Salomon en 1963 et face à Tuvalu en 1979.
1992 et l'entrée officielle dans le giron mondial En 1989, sous l'impulsion de Napoléon Spitz, dirigeant historique de la Ligue de football de Polynésie française, la fédération tahitienne est créée, par fusion entre la Ligue régionale et la Fédération tahitienne des sports athlétiques. La fédération s'affilie à la FIFA le puis à l'OFC la même année, ce qui permet aux Tahitiens de s'inscrire aux compétitions internationales officielles.
Quarante ans après ses débuts officieux, la sélection tahitienne joue à Honiara le premier match officiel de son histoire le contre les îles Salomon dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 1994. La rencontre se solde par un match nul 1-1. Le , Tahiti rencontre l'Australie pour la première fois en match international officiel, s'inclinant 3-0 à Papeete.
En 1996, Tahiti prend part à la troisième édition de la Coupe d'Océanie des nations, qui est à nouveau disputé après seize ans d'interruption. Le format est particulier puisque seules quatre nations prennent part à la compétition : l'Australie et la Nouvelle-Zélande, qualifiées d'office et les vainqueurs de deux compétitions régionales, la Coupe de Polynésie (remportée pour la première fois par les Tahitiens) et de la Coupe de Mélanésie, gagnée par la sélection des Îles Salomon. Après avoir battu les Salomonais en demi-finales, les Toa Aito jouent une troisième finale consécutive en Coupe d'Océanie. Le , pour la première et unique fois, Tahiti joue à domicile une finale aller de la Coupe d'Océanie. Devant spectateurs à Papeete, l'Australie ouvre le score dès la pour mener 5-0 à la mi-temps. Tahiti perd finalement la rencontre 6-0, la finale retour à Canberra se soldant sur le score de 5-0 pour les Socceroos.
L'année suivante, en 1997, les Tahitiens participent aux éliminatoires pour la Coupe du monde 1998 en France. La campagne qualificative tourne court avec un nul et trois défaites en quatre rencontres, face à l'Australie et aux îles Salomon.
En 1998, lors de la quatrième édition de la Coupe d'Océanie organisée en Australie, Tahiti se qualifie pour la phase finale grâce à une nouvelle victoire en Coupe de Polynésie. Les Polynésiens terminent ensuite deuxième de leur poule derrière les Néo-Zélandais mais s'inclinent en demi-finale face à l'Australie sur le score de 4 à 1, dont un triplé de l'attaquant du club d'Adelaide City Force, Damian Mori. C'est la première fois que Tahiti ne parvient pas à atteindre la finale de la compétition.
En , Tahiti rencontre pour la première fois une sélection asiatique, il s'agit de l'équipe des moins de 23 ans de Singapour. Ce match non officiel se dispute à Singapour et voit la défaite des Tahitiens 3-2. Le mois suivant, ils inscrivent leur nom au palmarès de la Coupe de Polynésie, avec une troisième victoire en trois éditions. Les ambitions tahitiennes sont légitimement élevées puisque c'est au Stade Pater Te Hono Nui de Papeete que le tournoi continental doit être joué. Cependant, la phase finale de la Coupe d'Océanie 2000 est une grande désillusion puisque la sélection dirigée par le Grec Leon Gardikiotis quitte la compétition dès le premier tour, avec deux défaites contre la Nouvelle-Zélande et Vanuatu.
L'année suivante, en , Tahiti s'engage dans les éliminatoires pour la Coupe du monde 2002, coorganisée par la Corée du Sud et le Japon. Placée dans le groupe 2 de la zone Océanie avec la Nouvelle-Zélande, les îles Salomon, Vanuatu et les îles Cook, la formation polynésienne se classe deuxième derrière les Kiwis qui ont l'avantage d'évoluer à domicile pour cette phase des éliminatoires et qui remportent les quatre matchs qu'ils jouent (dont un succès 5 à 0 contre Tahiti).
En 2002, les Tahitiens sont en Nouvelle-Zélande pour disputer la Coupe d'Océanie. Qualifiés d'office grâce à leur bon classement FIFA (pour la zone Océanie), ils retrouvent une nouvelle fois dans leur poule du premier tour les Kiwis néo-zélandais, mais aussi les îles Salomon et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le parcours s'arrête en demi-finale à l'issue d'un but en or contre l'Australie, une fois encore l'œuvre de Mori. Les Tahitiens réussissent néanmoins à monter sur le podium, grâce à leur victoire en match de classement face à l'équipe de Vanuatu (1-0).
Deux ans plus tard, en 2004, les Polynésiens obtiennent leur billet pour la phase finale de la Coupe d'Océanie, disputée à Adélaïde (Australie) en Australie, ayant terminé deuxième de leur groupe de qualification derrière les îles Salomon. La compétition continentale change une nouvelle fois de format puisque les six équipes participantes sont regroupées au sein d'une poule unique où elles s'affrontent une fois. Tahiti ne termine qu'à l'avant-dernière place, avec un succès contre Vanuatu, un nul contre la sélection fidjienne et trois lourdes défaites : 10-0 contre la Nouvelle-Zélande, 9-0 contre les Australie et 4-0 contre les îles Salomon.
En 2008, la Coupe d'Océanie revêt un intérêt supplémentaire puisqu'elle sert également de phase éliminatoire pour la Coupe du monde 2010. C'est également la première édition jouée sans l'équipe d'Australie, qui a depuis intégré la zone Asie. Le premier tour de cette de la compétition continentale se joue en lors des Jeux du Pacifique et voit Tahiti être prématurément éliminée, après avoir fini à la troisième place de leur poule, derrière les Fidji et la Nouvelle-Calédonie. À la suite de ces mauvais résultats, les Polynésiens ne jouent aucun match officiel jusqu'à sa participation à la Coupe de l'Outre-Mer, organisée dans le Val-de-Marne en France en .
La victoire en Coupe d'Océanie de football 2012 et la Coupe des confédérations 2013
Coupe d'Océanie de football 2012 En , les Toa Aito participent à la neuvième édition de la Coupe des Nations de l'OFC, organisée aux îles Salomon. Au premier tour, elle est versée dans le Groupe A, en compagnie de la Nouvelle-Calédonie, des Samoa et du Vanuatu.thumb|250px|left|alt=Portrait d'un footballeur polynésien|Steevy Chong Hue, auteur du seul but lors de la finale de la Coupe d'Océanie 2012 face à la Nouvelle-Calédonie.Le juin, la sélection rencontre l'équipe la plus faible du groupe, les Samoa. Après avoir atteint la pause sur le score de 4-0, elle remporte ce premier match 10 à 1, avec notamment, un quadruplé de Lorenzo Tehau. Deux jours plus tard, Tahiti rencontre la Nouvelle-Calédonie. Au bout d'un peu plus d'une demi-heure de jeu, les Tahitiens mènent 3-0. Les Néo-Calédoniens se retrouvent à neuf, après deux expulsions mais réussissent à revenir à 3-2. Dans les dix dernières minutes, Roihau Degage creuse l'écart avant que Dick Kauma ne porte le score à 4-3. Cette victoire étriquée permet aux Tahitiens d'atteindre les demi-finales avec au moins un nul lors du troisième et dernier match. Le , Tahiti domine Vanuatu 4 à 1, grâce aux trois frères Tehau (qui marquent chacun un but). Première de sa poule, l'équipe rencontre en demi-finale le deuxième du groupe B, les îles Salomon.