La (en occitan : carrièra de la Poma d'Aur) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue de la Pomme est une voie publique. Elle traverse les quartiers Saint-Georges et Capitole. Elle appartient au site patrimonial remarquable de Toulouse.

La rue de la Pomme est, entre la place Saint-Georges et la rue Saint-Pantaléon, une voie semi-piétonne, tandis qu'elle est définie comme une zone de rencontre entre la rue Saint-Pantaléon et place du Capitole. La partie centrale de la rue est occupée par une chaussée qui compte une voie de circulation automobile à sens unique, depuis la rue du Poids-de-l'Huile vers la place Saint-Georges. La vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue de la Pomme rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Place Saint-Georges Rue des Arts (g) Rue du Fourbastard (g) Rue d'Alsace-Lorraine Rue de la Barutte (g) Rue Saint-Pantaléon (g) Rue du Poids-de-l'Huile (d) Place du Capitole

Transports La rue de la Pomme n'est pas directement desservie par les transports en commun de la ville. Elle se trouve cependant à proximité de la station Capitole de la ligne du métro. Elle est également à proximité des arrêts de la navette .

Plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse se trouvent dans la rue de la Pomme ou dans les rues voisines : les stations (12 rue du Poids-de-l'Huile) et (62 rue de la Pomme).

Odonymie Au Moyen Âge, l'actuelle rue de la Pomme était habituellement divisée en trois parties. La première, de la rue Cantegril à la rue du Fourbastard, avait le nom, au , de rue du Puits-des-Deux-Carres, c'est-à-dire « des deux rues » (carrièra en occitan), car un puits de ce nom se trouvait au croisement des actuelles rues de la Pomme et du Fourbastard. Au , cette rue prit le nom de rue des Estagnères-Vieils, car on y trouvait de nombreux artisans étameurs (estanhièro en occitan), fondeurs d’étain. Pour la deuxième partie de la rue, de la rue du Fourbastard à la rue Saint-Pantaléon, on rencontrait du milieu du , le nom de rue du Puits-de-la-Cadène ou de-la-Chaine. La dernière partie de la rue, de la rue Saint-Pantaléon à la place du Capitole, portait à la fin du le nom de rue des Fréniers ou des Frénétiers, qui lui venait des fréniers (frenier en occitan), artisans qui fabriquaient les freins. L'ensemble de la rue portait également au le nom de rue des Imaginaires, fabricants et « tailleurs d'images » (imaginaire, « imagier, fabricant d'images » en occitan), car on appelait ainsi les peintres, les enlumineurs de manuscrits et les sculpteurs qui travaillaient dans cette rueChalande 1929, ...

Elle prit finalement le nom de la rue de la Pomme au début du , d'un Logis de la Pomme, une auberge qui y avait son enseigne (emplacement de l'actuel ). En 1794, pendant la Révolution française, les noms des rues furent modifiés par décision de la municipalité et la rue fut baptisée rue Ça-va – en référence au célèbre chant révolutionnaire qui annonçait en 1789 : Ça ira –, mais ce nom ne subsista pas.

Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue appartient principalement au capitoulat de Saint-Étienne, et pour une petite partie, sur le côté ouest, entre la rue du Fourbastard et la rue des Estagnères-Vieils (actuelle rue des Arts), au capitoulat de la Pierre. Elle s'organise autour d'un puits public, au carrefour de la rue de la Barutte, le puits de la Cadène (cadena en occitan)..

La rue se trouve au cœur du quartier des artisans et des marchands de la ville et permet de relier le quartier de la Maison commune (actuel Capitole) à la place Saint-Georges, l'une des principales places marchandes, et de là à la porte Saint-Étienne et au quartier de la cathédrale. Elle est peuplée de nombreux artisans et, au au moins, d'imagiers (imaginaires en occitan médiéval), c'est-à-dire des « fabricants » d'images, sculpteurs, peintres et enlumineurs de manuscrits. On connaît ainsi, à la fin du , les peintres Jean de Pompignac (emplacement de l'actuel ) et Bertrand Portat (emplacement de l'actuel )Chalande 1929, .. On trouve d'autres artisans, particulièrement des étameurs (estanhièros en occitan), fondeurs et potiers d'étain dans le haut de la rue, et des fréniers (frenièrs en occitan), fabricants de freins, dans le bas de la rue, après la rue Pantonières (actuelle rue Saint-Pantaléon). L'activité de la rue explique la présence, au milieu du , d'une hôtellerie, le logis des Balances, qui se déplace à la fin du siècle dans la rue des Argentiers (actuelle rue Léon-Gambetta)..

La rue abrite également, à partir du milieu du , plusieurs institutions religieuses. En 1350 est fondé, par les libéralités testamentaires de Jean-Raymond de Comminges qui avait été archevêque de Toulouse, le couvent des Onze-Mille-Vierges (emplacement des actuels rue de la Pomme et et 5 rue Saint-Pantaléon), en faveur des chanoinesses de la cathédrale Saint-Étienne, qui suivent la règle de saint Augustin. Jean-Raymond de Comminges avait exprimé le désir que le nouveau couvent soit construit le plus près possible de la cathédrale, mais on ne trouve d'autre terrain assez vaste que celui qui s'étend entre la rue des Imaginaires et la rue des Pélégantières-Étroites (actuelle rue Baour-Lormian). La première pierre du couvent est posée en 1350, mais les religieuses ne s'installent que le : elles sont alors deux cents religieuses, vouées à la prière de jour et de nuit, et à l'éducation des jeunes filles. Rapidement, les chanoinesses prennent le nom de Saint-Pantaléon, car leur chapelle (emplacement de l'actuel ) lui est dédiée, depuis que des reliques de ce saint lui avaient été léguées par Jean-Raymond de CommingesJules de Lahondès, 1890, .. Peu de temps après, en 1359, le pape Innocent VI, qui avait dans sa jeunesse étudié le droit à l'université de Toulouse, fonde le collège Saint-Martial (emplacement des actuels à 3 place du Capitole). Le collège, au sud du quartier universitaire est ouvert à 20 étudiants.

La rue est touchée plusieurs fois par les incendies, particulièrement celui de 1463, qui détruit une grande partie des bâtiments de la rue. Pourtant, malgré les édits capitulaires, qui interdisent les constructions en bois, celles-ci se poursuivent à la fin du et au siècle suivant (actuels , 47 et 49 ; 18 et 20).

Période moderne À l'époque moderne, la population des artisans reste fortement présente. Les imagiers sont encore nombreux : on rencontre au le peintre Jean Michel, puis son gendre, le sculpteur Jean Mailhol (actuel ) ou encore le sculpteur Jean-Baptiste Rascouaille, dit Castelnau (emplacement de l'actuel )Chalande 1929, .. D'autres professions sont également présentes, comme le maître chirurgien Ramond Godolin, père du poète Pèire Godolin (emplacement de l'actuel ). Au milieu du , c'est dans un immeuble près de la place Saint-Georges que naît Dominique Dupuy, fils du boulanger Jean Dupuy (actuel )Chalande 1929, et 93-94.. La rue abrite également des auberges, particulièrement l'Hostellerie de Saint-Michel au milieu du (emplacement des actuels )Chalande 1929, . et le Logis de la Pomme – lostalaria de la Poma en occitan – au siècle suivant (emplacement de l'actuel )Chalande 1929, ...

Les membres de l'élite toulousaine, particulièrement de riches marchands, se font également plus nombreux dans la rue des Imaginaires. Certains d'entre eux se font bâtir de belles demeures, tel Jean de Bernuy, un des plus importants marchands pasteliers, qui fait construire un hôtel qu'il cède ensuite à son fils, Guillaume de Bernuy (actuel )Chalande 1929, .. On trouve également, au milieu du siècle, Marin Gascon, capitoul en 1555-1556 et 1556-1557, auteur du faux testament de « Dame Clémence » (emplacement de l'actuel )Chalande 1929, .. La présence de ces riches marchands se renforce au siècle suivant, où on ne compte pas moins de huit capitouls : Pierre de Barail, seigneur de Mervilla et capitoul en 1633-1634 (emplacement de l'actuel ) ; M. de la Coupette, capitoul en 1655-1656 (emplacement des actuels ) ; Jean-Bernard Albert, capitoul en 1663, 1668, 1674, 1677 et 1704 (anciens ) ; François Chambert, capitoul en 1666-1667 (ancien ) ; Pierre Blandinière, seigneur de Portic et capitoul en 1669-1670, chef du Consistoire en 1693 (emplacement de l'actuel ) ; Bernard Dejean, capitoul en 1673-1674, chef du Consistoire en 1681-1682 (emplacement de l'actuel ) ; Dominique Baladié, capitoul en 1682-1683 et 1689-1690 (actuel ) ; Jean d'Azémar, capitoul en 1687-1688 (actuel )Chalande 1929, ..

Au , la rue change de visage et de nouveaux immeubles sont édifiés dans le goût classique et les belles façades s'ornent de balcons en fer forgé (actuels à 25, 53 et 59 ; 34 et 54). Dans l'une de ces demeures est installée la famille Picot de Lapeyrouse, dont Philippe, capitoul en 1738, puis son fils, Philippe, maire de Toulouse de 1800 à 1806 (ancien ). Plus loin, c'est dans la maison du notaire Jean-Pierre Amilhau, co-seigneur de Mérinville, que naît en 1793 Pierre Amilhau (actuel )..

Époque contemporaine Révolution française Pendant la Révolution française, en 1791, les communautés religieuses sont supprimées : les chanoinesses de Saint-Pantaléon, qui n'étaient d'ailleurs plus que 49, sont dispersées. L'église Saint-Pantaléon est d'abord transformée en salle de bal, puis vendue peu après ainsi que le couvent, comme bien national, pour livres aux frères Laromiguières..

Au Au , la municipalité toulousaine entreprend d'importants travaux afin d'assainir la ville. Il s'agit dans un premier temps d'élargir les voies de la ville. Les projets prévoient de reculer les façades afin de porter la largeur de la rue à 8 mètres et plusieurs immeubles sont reconstruits dans le style néo-classique de la première moitié du siècle (actuels , 17 à 19 et 61 à 73 ; à 8, 12 bis, 24-26 et 70 à 72). Les travaux portent également en 1852 sur le creusement d'un nouvel égout, qui va de la place des Puits-Clos à la place Saint-Pierre, où il se déverse dans la Garonne, en passant par la rue Saint-Pantaléon, la rue de la Pomme, la place du Capitole et la rue Pargaminières.

Le quartier de la rue de la Pomme est animé par les nombreuses boutiques, telle les échoppes qu'occupe le bottier et poète Louis Vestrepain (actuels de 1840 à 1855, puis de 1855 à 1862)Chalande 1929, ., l'horlogerie-bijouterie de la famille Ancely, qui possède un vaste domaine à l'ouest de Toulouse., mais aussi des imprimeurs-libraires tels Dagalier, qui fait paraître un Indicateur toulousain à partir de 1833, puis un Guide des étrangers dans Toulouse (actuel ), ou Dupin qui publie un Annuaire administratif et commercial (actuel ), ou encore des boutiques de modes et de nouveautés, comme À la Malle anglaise (actuel )., le Bon Marché toulousain de Paul Dupuy (ancien )., le Bazar américain (actuel ). et le Dahlia bleu (actuel )., le tailleur anglais The Red House (actuel )., le bottier Palace Chaussures (actuel ). et le chapelier Lizon (actuel ).. On trouve enfin, particulièrement du côté de la place du Capitole, grands cafés-restaurants et hôtels, comme le café Anglais (actuel )., l'hôtel Portes (ancien ). et l'hôtel de Londres (ancien )..