Le Ahrar al-Charkiya (, Les « hommes libres de l'Est ») est un groupe rebelle de la guerre civile syrienne.

Logos et drapeaux

Histoire Fondation La fondation d'Ahrar al-Charkiya est annoncée en . Affilié à l'Armée syrienne libreCody Roche, Factions Fighting in the Syrian Civil War, Bellingcat, 29 avril 2017., le groupe est cependant d'orientation islamiste, voire salafiste, et compte dans ses rangs bon nombre d'anciens combattants d'Ahrar al-Cham et du Front al-Nosra. La fondation du groupe est annoncée en par Abou Maria al-Qahtani, ancien juge religieux du Front al-Nosra, mais il n'en prend pas la direction.. Selon Bellingcat, l'implication d'al-Qahtani dans la formation du groupe n'est pas prouvée. Ahrar al-Charkiya est dirigé par Abou Hatim Shaqra, ou Abou Hatem, un ancien chef d'Ahrar al-Cham. Fin 2017, le groupe intègre l'Armée nationale syrienneانفوغراف | فصائل الجيش الحر المشاركة في عملية غصن الزيتون, NORS Studies, 30 juillet 2018..

Actions Constitué en grande partie de rebelles originaires du gouvernorat de Deir ez-Zor, dont ils ont été chassés par l'État islamique en 2014, Ahrar al-Charkiya s'établit d'abord dans le gouvernorat d'Idleb, le gouvernorat de Lattaquié et l'ouest du gouvernorat d'Alep, avant de s'implanter véritablement dans le nord du gouvernorat d'Alep

Ahrar al-Charkiya combat l'État islamique et les Forces démocratiques syriennes dans le nord-ouest de la Syrie. En 2016 et 2017, il participe à l'opération Bouclier de l'Euphrate et à la bataille d'al-Bab, puis en 2018 à la bataille d'AfrineZeytin Dalı Harekâtına Katılan Suriyeli Muhalif Gruplar, Suriye Gündemi, 29 janvier 2018.. Ses effectifs sont assez modestes.

Le , lors de l'Opération Bouclier de l'Euphrate, un incident éclate entre des hommes d'Ahrar al-Charkiya et des militaires américains. Ce jour-là, plusieurs dizaines de soldats des forces spéciales américaines entrent en Syrie à al-Raï, à la demande, selon le Pentagone, du gouvernement turc. Un groupe de 25 soldats américains accompagnés de rebelles de la Division al-Hamza et de la Brigade al-Moutasem est insulté et menacé par des hommes d'Ahrar al-Charqiya, qui les traitent d'« envahisseurs », d'« infidèles » ou de « croisés », et dénoncent leurs liens avec les YPG. La plupart des groupes rebelles minimisent cependant l'incident qu'ils qualifient de mineur« Syrie : des forces spéciales américaines déployées en appui des forces turques », France 24 avec AFP, 16 septembre 2016.Rob Crilly, « US troops forced out of Syrian town by anti-Assad rebels », The Independant, 16 septembre 2016.« Des soldats américains auraient été chassés du nord de la Syrie , Reuters, 16 septembre 2016.Luc Mathieu, « Syrie : Ankara pousse l’EI au repli », Libération, 18 septembre 2016.Michael Weiss, « Syrian Rebels Taunt U.S. Troops », The Daily Beast, 30 septembre 2016.. Ahrar al-Charqiya déclare pour sa part refuser l'entrée de militaires américains en raison du soutien apporté par les États-Unis aux Kurdes du PYD.

Les hommes d'Ahrar al-Charkiya se retrouvent mêlés à plusieurs autres incidents, y compris avec d'autres groupes rebelles. Fin 2017, des affrontements éclatent entre des combattants du groupe et la police libre, formée par la Turquie. Le , des combats ont lieu à Afrine entre Ahrar al-Charkiya et la Division al-HamzaClashes take place between a faction whose members come from Deir Ezzor against US-backed faction because of looting Afrin, OSDH, 25 mars 2018..

En , le groupe attire à nouveau l'attention lors d'une campagne d'affichage à Afrine. Selon le contributeur de Bellingcat Alexander McKeever : .

Effectifs En , Ahrar al-Charkiya affirme que ses effectifs sont montés à hommes et qu'il en a perdu 500 autres dans des combats contre l'État islamique. En , au moment de l'opération Source de paix, Ziad Al-Khalaf, le conseiller politique d'Ahrar al-Charkiya, affirme que le groupe compte hommes, dont 200 originaires de la région de Tall AbyadBenjamin Barthe et Allan Kaval, Des miliciens syriens pro-Turcs accusés d’exécutions de civils, Le Monde, 13 octobre 2019.. Le nombre est invérifiable selon le contributeur de Bellingcat Alexander McKeever, qui indique que les effectifs du groupe sont généralement estimés entre une centaine et un millier de combattants : .

Soutiens Ahrar al-Charkiya est soutenu par la Turquie qui lui fournit des armes et des véhicules.

En 2016, Ahrar al-Charkiya reçoit des missiles antichar BGM-71 TOW, arme alors fournie aux rebelles syriens par les États-Unis. Mais l'aide à ce groupe est ensuite suspendue par le département de la Défense des États-Unis, en raison de divers incidents avec d'autres groupes rebelles.

Exactions Le groupe est suspecté de corruption, d'exactions, de pillages, d'enlèvements, de tortures et de meurtres. Certains combattants ont pratiqué des décapitations sur des corps de combattants ennemis. En , Abou Khalid al-Charkiya, le chef d'Ahrar al-Charkiya à Jarablous, est arrêté après la diffusion d'une vidéo où il agresse sexuellement une adolescente de . Lors de la bataille d'Afrine, des hommes d'Ahrar al-Charkiya commettent également des exactions contre des civils et détruisent des magasins d'alcools.

Le , lors de l'Opération Source de paix, les hommes d'Ahrar al-Charkiya exécutent sommairement par balles neuf civils, dont Hevrin Khalaf, une femme politique kurdeEnquête : des vidéos démontrent les exactions d'une milice proturque dans le nord de la Syrie, Les Observateurs et France 24, 16 octobre 2019.En Syrie : des preuves de crimes de guerre, Amnesty International, 21 octobre 2019.. Ziad Al-Khalaf, le conseiller politique d'Ahrar al-Charkiya, déclare au journal Le Monde avoir appelé ses hommes avant l'offensive à ne pas commettre d'exactions : . Il reconnait l'implication de combattants de son groupe dans les tueries et déclare que : Benjamin Barthe et Allan Kaval, Les exactions des miliciens pro-Turcs sèment le chaos dans le Nord-Est syrien, Le Monde, 14 octobre 2019.. Mais selon Le Monde : . Abou Hatem Shaqra, le chef d'Ahrar al-Charkiya, dément quant à lui l'implication de son groupe dans l'assassinatBenjamin Barthe et Allan Kaval, En Syrie, le martyre d’Havrin Khalaf, victime des chiens de guerre d’Ankara, Le Monde, 22 novembre 2019. Selon Le Monde : .

Liens externes Syrie: Ahrar al-Sharqiya, ces anciens d'al-Nosra devenus supplétifs de la Turquie, France Soir, . Alexander McKeever, Les restes de l’opposition de Deir ez-Zor : luttes internes et controverses au nord d’Alep, Bellingcat, .

Notes et références

Catégorie:Faction armée en Syrie Catégorie:Unité ou formation militaire de la guerre civile syrienne Catégorie:Faction armée islamiste Catégorie:Armée syrienne libre