Le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie (CHU Amiens-Picardie) est un centre hospitalier universitaire d'une capacité totale de et places en 2020. Situé à Amiens en région Hauts-de-France, le CHU Amiens-Picardie est composé de trois sites distincts : le site sud ; le site nord ; le centre Saint-Victor. Il compte environ hospitaliers dont près de . C’est le premier employeur du Sud des Hauts-de-France.

Le CHU Amiens-Picardie est un des deux établissements publics universitaires de santé de référence et de recours de la région Hauts-de-France. Il propose à ce titre une offre de qualité à dimension hospitalo-universitaire dans les trois missions constitutives d’un CHU : le soin, l’enseignement et la recherche.

L'agence régionale de santé (ARS) Hauts-de-France est chargée de la mise en œuvre de la politique de santé dans les Hauts-de-France.

Le CHU Amiens-Picardie est affilié à l'université Picardie Jules-Verne et possède 14 centres de formation.

Les trois sites sont desservis par les bus Ametis.

Histoire Hôtel-Dieu Saint-Jean Dès l'an 1100 existait un premier hôpital, dénommé Saint-Jean, près de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens et sur la rivière du Hocquet. L'hôpital fut transféré à la chaussée Saint-Leu par les autorités ecclésiastiques pour devenir Hôtel-Dieu. Sa construction eut lieu entre 1236 et 1238. Trois cents ans plus tard, il tombait en ruines.

Dans les années 1530, un « bureau des pauvres » fonctionnant par intermittence est mis en place à Amiens. C'est le début de la prise en charge de l'assistance aux pauvres par les autorités laïques municipales. Dans ce contexte, l'hôpital est rebâti en 1531, dénommé Hôtel-Dieu Saint-Jean-Baptiste. Il se constituait d'un vaisseau rectangulaire unique, divisé en deux par une file de colonnes. Il formait ainsi deux salles séparées par une cloison de bois ou une tenture tendue entre les colonnes, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmesLaget 2012, op. cit., p. 41 et 51..

Les conditions d'hébergement restèrent précaires à l'Hôtel Dieu. Un rapport, daté de 1784, montre que les salles des malades ne contenaient que 63 lits dans lesquels on couchait souvent à plusieurs. Néanmoins, l’établissement continua de remplir son rôle jusqu'aux bombardements de qui entraînèrent sa ruine. Quelques vestiges de l'institution, fondée au Moyen Âge, sont encore visibles dans l'actuelle rue Saint-Leu.

L'Hôpital Saint-Charles Sous l'Ancien Régime, Amiens comptait de nombreux hôpitaux, le plus souvent fruits de la générosité privée, et tenus par des religieuses. L'hôpital Saint-Charles-Borromée-et-Sainte-Anne est l'hôpital général de la ville qui fut fondé en 1641 grâce au don de deux maisons effectué par le chanoine Antoine Louvel, curé de la paroisse Saint-Rémy. L'hôpital Saint-Charles était le lieu d'internement des pauvres de la ville à partir de 1659.

En 1896, M. Victor Duvauchelle fit une donation qui permit de construire le pavillon qui porte son nom et destiné aux malades urinaires. L'hôpital traversa, ensuite, lors des deux guerres mondiales, une période trouble.

L'hôpital est largement rénové dans les années cinquante. À partir de 1968, l'établissement créa des services de gériatrie qui furent ensuite transférés au nouveau centre gériatrique Saint-Vincent-de-Paul. En 1988, le centre hospitalier universitaire d'Amiens vendit l'Hôpital Saint-Charles à la faculté de Médecine et de Pharmacie afin de financer les travaux de rénovation du centre Saint-Victor.

Le centre hospitalier Saint-Victor En 1883, Victor Cauvel de Beauvillé, avocat puis historien, membre d'une honorable famille de Montdidier, fit legs de sa fortune à la ville d'Amiens pour bâtir un établissement réservé aux pauvres souffrant de cécité ou de maladies des yeux. M. de Beauvillé décédant en 1885, le legs fut officialisé et la Mairie commença les travaux qui durèrent de 1889 à 1891. À la fin des années cinquante, Saint-Victor n'accueillait plus que 40 malades pour une capacité de 300 lits.

Le centre hospitalier régional d'Amiens entreprit des démarches auprès des héritiers de M. de Beauvillé afin d'obtenir le transfert de propriété du centre Saint-Victor. L'établissement fut effectivement rattaché au centre hospitalier universitaire en 1965 et devint également lieu d'accueil des personnes âgées.

Plus tard se posa le problème de la rénovation des bâtiments. Le financement fut trouvé avec la vente de l'Hôpital Saint-Charles, en 1988. Les travaux de rénovation de Saint-Victor se déroulèrent de 1989 à 1992. Le , la préfecture de la région Picardie, le Conseil général de la Somme, l’Agence régionale de Santé Picardie et le CHU ont inauguré l’ouverture de deux nouvelles unités au centre Saint-Victor : l’unité de soins palliatifs (10 lits) et l'unité d’accueil de jour thérapeutique (15 places).

Nouveaux sites

Le site nord Au début des années vingt, l'Hôtel-Dieu n'était plus adapté aux besoins sanitaires de la population. M. Lecointe, vice-président de la commission administrative, eut l'idée de construire un nouvel hôpital sur le plateau de la Citadelle, au nord d'Amiens. La première pierre fut posée en 1929. Édouard Herriot, ministre d'État, inaugura le nouvel hôpital le . Pour faciliter la desserte des services, des galeries souterraines relient les pavillons en 1936Laget 2012, op. cit., p. 396.. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le nouvel hôpital prit une vocation militaire, et ce jusqu'en 1947. En 1945, l'établissement devint centre hospitalier régional.

Des changements importants eurent lieu ainsi en 1961, l'établissement devint centre hospitalier universitaire. Des services comme la médecine ou la chirurgie intégrèrent du personnel médical temps plein, le recrutement des infirmières s'intensifia. En 1974, la maternité fut transférée au nouveau centre de gynécologie-obstétrique, rue Camille Desmoulins.

Au début des années 1980, l'hôpital nord (ainsi rebaptisé par complémentarité à l'hôpital sud) connut un véritable "bond en avant" avec l'ouverture du nouveau plateau technique et la mise en service du scanner. En 1990, une IRM (imagerie par résonance magnétique) fut ouverte ainsi qu'un nouveau bâtiment chirurgical (chirurgie pédiatrique, ORL, chirurgie maxillo-faciale et stomatologie).

À la fin de l’année 2014, après le transfert des deux tiers des activités sur le site sud, le site nord n'accueillait plus que les activités de médecine sans besoin important de plateau technique (environ 200 lits sur les 1 700 que compte le CHU) : la dermatologie, la gériatrie, la rhumatologie, l’endocrinologie, la diabétologie, la médecine interne, les pathologies infectieuses, le centre contre la douleur, la coordination AVC.

En 2023, tous les services de l'hôpital Nord ont été transférés à l'hôpital Sud.

Le site sud Dans les années soixante, de nouvelles orientations prévoyaient la construction d'un hôpital au sud d'Amiens afin de créer une unité de lieu avec la Faculté de Médecine. En 1974, Michel Poniatowski, ministre de la Santé, en visite à Amiens, confirma cette orientation. Les travaux de construction de l'Hôpital Sud furent achevés en 1982 et la mise en route du nouvel établissement se déroula de manière progressive, chaque ouverture d'un service à l'Hôpital Sud coïncidant avec la fermeture du même service à l'Hôpital Nord. L'inauguration eut lieu le . En 1986, fut ouvert un service de médecine nucléaire et, en 1992, un service de radiothérapie.

Création du CHU Amiens-Picardie vignette|Vue aérienne du site sud CHU-Amiens-Picardie en 2016. vignette|Vue aérienne vers les urgences en 2015.

La structure du CHU Amiens-Picardie étant trop complexe (conception architecturale ancienne, dispersion des énergies), un nouveau projet de construction est lancé dans les années 2000. Le « Nouveau CHU Amiens-Picardie » doit être un nouveau pôle régional, regroupant l'offre de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) des 3 sites (Saint-Victor, Nord et Sud).

La première pierre du nouveau CHU est posée le par Gilles de Robien, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Xavier Bertrand, ministre de la Santé et des Solidarités. Après un investissement de 632 millions d'euros et 6 années de chantier, l'ensemble de ces activités a été regroupé grâce à la construction d’un bâtiment neuf de plus de   sur le site sud en 2016.

Le « Nouveau CHU Amiens-Picardie » s'étend ainsi sur au total. Il compte 1238 lits et places (75% en chambres individuelles) et 30 salles de blocs opératoires. Il présente 5 accueils d’urgence enfants, adultes, urgences vitales, urgence gynécologique et obstétrique et malades couchés) et 2 hélistations. Il dispose enfin d'un parking de 3200 places.

Le nouveau CHU ouvre ses portes au public en . Au même moment a débuté la première étape de ce regroupement. Les transferts se sont déroulés en deux phases, du au . Le transfert s'est effectué en 10 semaines : 600 patients transférés et plus de 1000 rotations de camions (3500 tonnes de matériel en et 17 km linéaires d'archives).

Les deux tiers de l’offre de soins du CHU Amiens-Picardie sont installés sur le site sud (ancien hôpital sud). Un tiers de l’offre est maintenu sur le site nord, principalement des services de médecine.Le Centre Saint-Victor, quant à lui, accueille les activités de moyen et long séjour pour les personnes âgées  ainsi que l’Unité de Soins Palliatifs (USP). Enfin, le CHU Amiens-Picardie dispose de structures de prévention, de dépistage, d’accompagnement et de rééducation basées en centre-ville d’Amiens.

Organisation et équipements

Les pôles hospitalo-universitaires Le CHU Amiens-Picardie est organisé en douze pôles hospitalo-universitaires : Pôle oncopôle ; Pôle anesthésie-réanimations ; Pôle autonomie ; Pôle biologie et pharmacie ; Pôle blocs opératoires ; Pôle des cinq sens ; Pôle cœur, thorax, vaisseaux (CTV) ; Pôle femme, couple, enfant (FCE) ; Pôle imagerie ; Pôle médecine d'urgence, médecine légale et sociale ; Pôle médico-chirurgical digestif, rénal, médecine interne et endocrinologie (DRIME). Pôle Préventions, Risques, Information Médicale et Epidémiologie (PRIME).

Le groupement hospitalier de territoire « Somme Littoral Sud » Le CHU Amiens-Picardie est l’établissement support du GHT Somme Littoral Sud, nouvelle forme de coopération prévue par le décret n° 2016-524 du relatif aux groupements hospitaliers de territoire. Ce GHT, créé le , présente la double particularité d’un GHT à cheval sur plusieurs subdivisions d’internat mais aussi d’être un GHT généraliste, composé d’établissements médecine - chirurgie - obstétrique (MCO) et psychiatriques.

Le CHU Amiens-Picardie et 10 centres hospitaliers renforcent leur coopération en affirmant des valeurs partagées, à savoir la solidarité, la cohésion, la transparence, la concertation et le respect de l’autonomie des établissements, le GHT Somme Littoral Sud est composé des CH suivants : Abbeville, Albert, Corbie, Doullens, Hesdin, CH de la baie de Somme, Montdidier-Roye, Montreuil-sur-Mer, Philippe-Pinel (à Amiens).

Le GHT Somme Littoral Sud couvre une population de 630 000 habitants, pour une capacité d’accueil de 5 944 lits et places. Il implique 13 775 professionnels. Le budget de fonctionnement consolidé pour le GHT est égal à 1 milliard d’euros.

À travers de multiples groupes de travail pilotés, différents travaux sont engagés pour faciliter et améliorer la prise en charge des patients : douze groupes concernant des filières de prise en charge : urgences, gérontologie, cancérologie, addictologie, santé mentale, Insuffisance rénale chronique, AVC, soins de suite et de réadaptation, Femme-couple-enfant, Médecine des détenus, Obésité, maladies neurodégénératives trois groupes relatifs aux plateaux techniques : imagerie, pharmacie, laboratoire ; quatre groupes relatifs aux fonctions mutualisées : achats, systèmes d’informations, écoles et instituts, formation continue et DPC.