Hippolyte Lamarche, né le à Lons-le-Saunier, dans le département du Jura, et mort le à Paris, est un militaire, journaliste et dramaturge français.
Il est le frère du comédien « Jenneval », auteur des paroles de l'hymne national de la Belgique, La Brabançonne, et ayant, comme lui, été combattant volontaire lors de la révolution belge de 1830 pendant laquelle il trouve la mort.
Biographie Origines et vie privée Hippolyte Dumas de Lamarche nait le dans ce qui est encore le Royaume de France et est baptisé deux jours plus tard à Lons-le-SaunierActe de baptême à Lons-le-Saunier, vue 13/98.. Il est le fils de Jean-François Dumas de Lamarche (1756-1795), avocat au parlement local, juge civil et criminel, et de sa deuxième épouse, Jeanne Marie Eustache. Après la mort du père d'Hippolyte en 1795, cette-dernière se remarie avec Guillaume Dechez, union duquel nait Alexandre Dechet le , qui est donc son demi-frère.
Carrière militaire française Hippolyte fait ses études à Lyon puis entre dans la marine impériale française le , à l'âge de quinze ans. Le , il est nommé aspirant par examen et embarque sur la flottille de Boulogne-sur-Mer. Celle-ci est engagée dans la guerre de la cinquième coalition et se signale notamment lors du siège de Stralsund ainsi que dans plusieurs affaires contre les Suédois.. Le , il est promu au grade d'enseigne de vaisseau provisoire dans la marine dite des « villes hanséatiques » où il combat aux côtés de grands noms du Premier Empire, comme le prince de Pontecorvo, le général Étienne Maurice Gérard, ou l'amiral Moncabrié.
En 1810, il choisit de se lancer dans l'armée de terre et, le , il est nommé sous-lieutenant au régiment de chasseurs à pied. Il entre ensuite dans la cavalerie et prend à la guerre d'indépendance espagnole ainsi qu'à la troisième invasion napoléonienne du Portugal. Il fait alors partie de l'armée du Nord. Le , il obtient le brevet de lieutenant et est blessé devant Paris. Le il est nommé capitaine et légionnaire. Après la défaite de l'armée française lors de la campagne de France, l'armée impériale est licenciée et son grade lui est ôté en 1816 pendant la Première Restauration. Il est ensuite placé dans la position de demi-solde jusqu'en 1828, époque à laquelle il quitte définitivement l'armée.
Carrière artistique et Révolutions vignette|Les funérailles de Jenneval, demi-frère d'Hipollyte tué à la bataille de Lierre le . Après avoir fait la guerre pendant dix ans, Lamarche vit retiré dans sa famille, s’occupant, dans un premier temps, de travaux industriels, notamment, de la fabrication du sucre. Son goût pour l’étude l’entraine ensuite rejoindre son demi-frère vers le théâtre et, le , il fait représenter à l’Odéon de Paris une imitation, en trois actes et en vers, du Marchand de Venise de Shakespeare, pièce qui eut du succès.
Les événements politiques l’éloignent de la carrière dramatique. La révolution de Juillet 1830 lui restitue son grade de capitaine. Après le déclenchement de la révolution belge, fin août de la même année, il s'en va rejoindre sa mère et son demi-frère, Jenneval, à Bruxelles après les violents combats qui y ont lieu fin septembre. Celui-ci trouve la mort le lors de la bataille de Lierre et, après ses obsèques nationales qui ont lieu le , Hyppolite s'engage à son tour comme combattant dans guerre belgo-néerlandaise jusqu'à l'armistice imposé par la conférence de Londres le . Le , il est nommé employé au ministère de la guerre puis, le , le gouvernement provisoire de Belgique lui octroie le grade de capitaine des nouvelles forces armées belges et le place à la tête du bureau de cavalerie.
Le décès de son demi-frère l'inspire pour rédiger un complet supplémentaire à La Brabançonne, l'œuvre majeure de ce-dernier, devenu l'hymne national de la Belgique, indépendante du Royaume uni des Pays-Bas depuis le . Républicain convaincu, il démissionne de ses fonctions militaires le , peu avant la prestation de serment du premier roi des Belges, Léopold de Saxe-Cobourg, en motivant sa démarche au régent du royaume de Belgique, Érasme-Louis Surlet de Chokier, par les mots suivants :
Sa démission est acceptée et officialisée par un arrêté royal du . Le ministre y ajoute ces mots en lui communiquant la décision :
Carrière journalistique Revenu en France, il se lance, à partir de 1831, dans le journalisme, d’abord au Messager des Chambres, journal d’opposition constitutionnelle, où il traite avec autorité la question belge. De là, il passe au Journal du Commerce qu’il abandonne bientôt pour entrer au Siècle, en 1857, où il est successivement le collaborateur de Chambolle, Pérée et Havin. Collaborateur très utile et très actif, connaissant à fond l’histoire politique, militaire et diplomatique de la première moitié du depuis la Révolution française, il traite la politique étrangère. Plusieurs fois, les événements prouvent la sureté de ses prévisions et de ses jugements personnels. Une finesse d’observations et une sorte d’intuition le font surnommer « le diplomate du siècle ».
En 1833, il épouse Françoise-Lucile Catherine Allain (1813-1895). La Révolution de 1848 le trouve chaud partisan des réformes, mais non socialiste. Il veut attendre de l’expérience ce que la théorie n’avait pu lui enseigner. En 1851, il partaga les opinions du journal qu’il représente, avec la conscience de l’honnêteté qui lui fait un devoir de modérer ses pensées, de les dire sans âpreté, avec l’ardeur d’un patriote éprouvé, sans pousser à la révolte ni à l’insurrection.
Il décède le , rue des Martyrs, dans le 9e arrondissement de ParisActe de décès (avec âge et lieu de naissance) à Paris , , vue 7/31..
Publications L’Europe et la Russie, remarques sur le siège de Sébastopol, et sur la paix de Paris, etc., Paris, Saint Denis, 1857. Projet de constitution et catéchisme républicain servant d’exposé des motifs, Paris, Paulin, 1848. La Politique et les religions, études d’un journaliste, Paris, Pagnerre, 1859. L’Algérie, son influence sur les destinées de la France et de l’Europe, Paris, Paulin, 1846. Les Turcs et les Russes, Paris, G. Barba, 1856, in-4°. Histoire de la guerre d’Orient, Paris, G. Barba, 1854-1856. L’Algérie, son influence sur les destinées de la France et de l’Europe, Paris, Paulin, 1846.
Œuvres Parmi ses travaux littéraires inédits, on a signalé des poésies et chansons qui ont reçu l’approbation de Béranger lui-même. On en trouve un éventail dans un ouvrage publié en 1831 par sa mère en mémoire à son demi-frère, Jenneval. À la mort de celui-ci, Hippolyte Lamarche écrit un court poème en son honneur, se voulant comme un nouveau couplet à l'ouvrage qui rendra son demi-frère célèbre, l'hymne national belge, La Brabançonne :
Il a également écrit plusieurs pièces de théâtre, dont : Le Marchand de Venise, 1839 ;
Voir aussi Articles connexes Guillaume Dechez Jenneval
Liens externes
Bibliographie
Notes et références
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