La Toscane ( Prononciation en italien standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est l'une des vingt régions d'Italie ; elle est située au centre-ouest du pays et sa capitale est Florence. En 2020, elle compte , les Toscans, répartis sur une superficie de .
Berceau de la Renaissance et de l'humanisme, son histoire politique et culturelle exceptionnellement riche lui a permis de donner sa langue à l'Italie, ainsi que des auteurs tels que Dante, Boccace et Pétrarque, des figures politiques telles que Cosme l'Ancien, Laurent le Magnifique, Machiavel et Catherine de Médicis, des artistes tels que Brunelleschi, Fra Angelico, Botticelli, Léonard de Vinci et Michel Ange et un immense patrimoine architectural.
Son économie repose essentiellement sur le tourisme, l'agriculture et l'industrie de la mode. Géographie
De forme triangulaire, la Toscane est une région située en Italie centrale, entre la partie nord de la mer Tyrrhénienne et les Apennins. Elle comprend aussi un groupe d’îles appelé l'archipel toscan. La Toscane a une superficie d'environ . Encerclée et traversée par les grandes chaînes de montagnes et quelques plaines très fertiles, la région a un relief qui est dominé par les pays vallonnés. L'activité la plus importante est l'agriculture.
Si les montagnes couvrent 25 % de la superficie totale () et les plaines 8,4 %, presque toutes coïncidant avec la vallée du fleuve Arno (), les collines occupent les deux tiers (66,5 %) de la superficie totale de la région, couvrant .
Le climat est relativement doux dans les zones côtières, mais il est plus rigoureux et pluvieux à l'intérieur, avec des fluctuations considérables de température entre l'hiver et l'été.
Localisation vignette|Paysage des Crete Senesi. Elle jouxte au nord-ouest la Ligurie, au nord l’Émilie-Romagne, à l'est les Marches et l'Ombrie, au sud le Latium.
Elle est bordée au nord-est par la chaîne des Apennins, au nord-ouest par les Alpes apuanes et est arrosée d'est en ouest par l’Arno.
Certains territoires italiens de la Toscane :
Climat La Toscane possède un climat méditerranéen. Les quatre saisons se succèdent de manière bien marquée, caractérisées par des étés chauds et secs et des hivers assez cléments ; mais il faut faire état de variations importantes entre la côte, au climat plus doux et l'arrière-pays, plus froid.
Population
La Toscane compte (selon le recensement de 2016). Les principales villes sont :
Histoire
Le mot Toscana (« Toscane ») apparaît au . Il vient du mot latin Tuscia qui désigne, à partir du , l’ancienne Étrurie ou Tuscie, pays des Étrusques, situé entre le Tibre et l’Arno.
Antiquité
Civilisation étrusque Les Étrusques apparaissent dans l'histoire au et atteignent l'apogée de leur civilisation au Soumis par Rome, ils sont totalement absorbés par la civilisation romaine au
L'Étrurie, territoire de leur dodécapole régionale, correspondait approximativement à celui de l’actuelle Toscane. vignette|Chimère d'Arezzo dans le Musée archéologique national de Florence. Grâce à une puissante flotte qu’ils s'étaient constituée, les Étrusques établirent avec la Grèce et l’Orient (Chypre, Syrie), la Gaule, l’Hispanie et l’Afrique (Carthage), des échanges commerciaux, exportant le fer et le cuivre toscan, important des tissus, des bijoux, de l’ivoire, de la céramique, etc.
Ils cherchèrent à étendre leur domination vers le sud où, durant la seconde moitié du , ils occupèrent le pays latin. Ils s’installèrent sur le site de Rome, qui pendant plus d'un siècle, fut gouverné par des rois originaires d'Étrurie, les Tarquins.
Vers le début du , ils s'aventurèrent en Campanie, mais se heurtèrent aux Grecs, installés en Italie du sud (ou Grande-Grèce). Au nord, ils essaimèrent vers la fin du , dans une grande partie de la Plaine du Pô, y fondant notamment Bologne (alors appelée Felsina), ainsi que le port de Spina (aujourd’hui dans le delta du Pô), d'où ils pouvaient contrôler le commerce de l'Adriatique.
L'Étrurie formait une fédération de douze « cités-états » groupées en dodécapole, et nommées lucumonies car gouvernées par un roi appelé « Lucumon », dont l’union demeura plus de nature religieuse que politique.
À la fin du , Tarquin le Superbe, dernier des sept rois de Rome, est chassé et les Romains deviennent une république (509). Au début du siècle suivant, les Étrusques, désormais coupés de la Campanie, tentent d'établir une liaison par voie de mer mais se heurtent alors aux Grecs.
Menacées dès le par l'expansion romaine, les cités étrusques cèdent une à une devant la puissance grandissante de Rome : la prise de leur capitale religieuse, Velzna, en 265 av. J.-C., marque la fin de leur indépendance.
De leur brillante civilisation nous restent de nombreux vestiges archéologiques, qui attestent d'un art raffiné et d'une grande ingéniosité, ainsi que leurs nombreux apports à la civilisation romaine (par exemple les haruspices). En revanche, leur langue, dont il reste peu de traces écrites, n'a pas été déchiffrée .
Domination romaine (-265 - 476)
Entre le , quatre grandes voies romaines partant de Rome sont établies dans la région : la via Aurelia, longeant la côte jusqu’au port de Pise puis à la base navale de Guenua (Gênes) ; la via Clodia, jusqu'à Saturnia ; la via Cassia, jusqu'à Florence ; la via Flaminia, reliant Rome à l’Ombrie et à la mer Adriatique. Ces routes romaines évitent les grands centres étrusques, qui déclinent rapidement, au profit des nouvelles villes romaines, par exemple, Pistoriae (Pistoia), à l’origine, une petite ville fortifiée sur la via Cassia.
Comme tous les habitants de l'Italie, les Étrusques deviennent citoyens romains au
christianisation et premiers évêques ; diocèses religieux, dépendant de l'évêque de Rome, le pape, successeur de Saint Pierre passages d'armées germaniques, notamment les Wisigoths d'Alaric, qui mettent Rome à sac en 410.
En 476, le germain Odoacre, patrice d'Italie et général de l'armée romaine, dépose l'empereur d'Occident Romulus Augustule, et renvoie les insignes impériaux à Constantinople, capitale de l'Empire romain d'Orient.
C'est la fin communément admise de l'Empire romain d'Occident et le début conventionnel du Moyen Âge.
Moyen Âge (476-1492)
De la chute de l'Empire d'Occident (476) à la création du Saint-Empire (962) Dans les décennies qui suivent, après une période de domination par les Ostrogoths de Théodoric, la région est brièvement incorporée à l'Empire romain d'Orient à l'époque de l'empereur Justinien.
Au , la Toscane, comme la plus grande partie de la péninsule italienne, est conquise par des groupes germaniques usuellement appelés « Lombards ». Établis dans la seconde moitié du de notre ère, le royaume lombard (capitale : Pavie) et les duchés lombards au sud de Rome, contrôle la péninsule pendant plus de deux siècles.
En 751, le pape noue une alliance avec le maire du palais d'Austrasie, le Carolingien Pépin le Bref, dont il fait le roi des Francs, en échange d'une protection contre les Lombards et de l'attribution au pape de territoires en Italie centrale (origine des États pontificaux), dont une partie concerne la Toscane. Le royaume des Lombards est conquis en 774 par son fils Charlemagne qui instaure en 800 (couronnement à Rome par le pape) un nouvel empire, dit « Empire carolingien ».
En 843 (traité de Verdun), l'Empire carolingien est scindé en trois royaumes, dont un va devenir le royaume de France et les deux autres le Saint-Empire, officiellement établi en 962. La Toscane fait partie de la Francie médiane en 843, et plus tard, de la Lotharingie, puis du Saint-Empire, dominé par les Germains de Francie orientale..
La Toscane dans le Saint-Empire marquisat de Toscane querelle des Investitures parti des Guelfes (pour le pape) et parti des Gibelins (pour l'empereur) règne de la comtesse Mathilde recul de l'autorité impériale au constitution des communes, qui deviennent des cités-États ; république de Florence (1115) ; république de Sienne ; république de Pise, etc.
La Toscane des républiques urbaines (vers 1100-vers 1400) Au début, les guerres entre cités mettent aux prises les citoyens eux-mêmes, âgés de quinze à cinquante ans. Le célèbre Florentin Dante Alighieri participe à la dernière bataille de ce type, la bataille de Campaldino (en 1289), qui permet à Florence de venir à bout de la résistance d'Arezzo.
Mais les pertes humaines apparaissent désormais trop fortes : aussi les cités décident de recourir désormais à des mercenaires, les condottieri, pour faire la guerre. Placés à la tête d'unités de plusieurs milliers d’hommes bien armés et disciplinés (à condition d'être payés), ils vendent leurs services au plus offrant. La cité la plus riche domine alors ses voisines.
Ces guerres entre les cités, mais aussi les luttes politiques dans chaque cité, sont toujours menées en liaison avec l'opposition des Guelfes et des Gibelins. En pratique, ces étiquettes sont purement rhétoriques. Dès qu’un parti vient à bout de ses adversaires dans une cité, il se divise en factions opposées. Ainsi, à Florence, qu’il se scinde entre les « guelfes noirs » et « guelfes blancs ». Dante, un guelfe blanc, est obligé de partir en exil en 1302, quand les noirs, soutenus par Charles de Valois, prennent le pouvoir. Il se réfugie à Vérone, puis à Ravenne auprès de seigneurs gibelins.
En dehors de la Toscane, et à l’exception de la république de Venise, la plupart des cités-états tombent rapidement sous la férule d'un maître gouvernant seul : le seigneur : les Visconti sont seigneurs de Milan, les Scaliger de Vérone, les Gonzague de Mantoue, les Este de Ferrare. Les cités toscanes réussissent à maintenir plus longtemps un système républicain.
Florence est la dernière à céder : en 1532, les banquiers de la famille Médicis, qui jouaient déjà un rôle essentiel dans le gouvernement, imposent le titre de duc de Toscane (1532), puis de grand-duc (1569) après l'annexion de Sienne.
Malgré ces luttes entre factions et ces guerres entre cités, malgré la Grande Peste qui emporta la moitié de la population toscane (1348-1393), cette période du Moyen Âge est une période de prospérité. L’industrie textile et le commerce enrichissent les villes. Au XIIIe siècle, Florence devient un des grands pôles de l'économie européenne, aux côtés de Venise, de Bruges et de la Hanse. Les grandes entreprises ont des agents ou des agences dans toute l'Europe chrétienne : notamment les banques, dont la plus connue est celle des Médicis.
Des avancées intellectuelles ont aussi lieu. Les échanges avec le monde musulman conduisent le Pisan Leonardo Fibonacci à introduire en Occident la numération arabe (d'origine indienne), qui rend les calculs beaucoup plus efficaces, tant pour le commerce que pour les mathématiques. Les progrès de la géométrie, qui en découlent, permettent aux architectes toscans de se lancer dans la construction d’édifices plus audacieux et plus complexes. Pendant ce temps, les banquiers développèrent les principes de tenue de livres de comptes en partie double, base de la comptabilité moderne.
La Toscane à l'avant-garde de la Renaissance : le Trecento () et le Quattrocento ()
Dans le domaine artistique, Marcel Brion a résumé ce qu'il qualifie de « miracle toscan » comparable, selon lui, au « miracle grec » : Marcel Brion, la Toscane", in L'Italie, Odé, 1949, ..
Avec le (« Quattrocento »), débute ainsi en Italie et en Toscane, le mouvement appelé Renaissance (« Rinascimento ») qui couvrira aussi tout le (« Cinquecento »). C’est une période exceptionnelle se caractérisant par une grande prospérité économique tandis que l'art atteint des sommets.
Florence en représente le berceau et l’éblouissante incarnation. La ville en est grandement redevable à la dynastie des Médicis, richissime famille de banquiers, considérée comme les mécènes les plus prestigieux de l’histoire européenne.