Le Mi-24 (code OTAN Hind) est un hélicoptère d'attaque soviétique du constructeur Mil avec une capacité de transport léger.
Plus de du Hind ont été produits et vendus à travers le monde. Ils ont été engagés dans de nombreux conflits, dont la guerre soviétique en Afghanistan, la guerre Iran-Irak, les , en Côte d'Ivoire (de 2002 à 2004), au Tchad en 2008, et en Ukraine à partir de 2022.
Développement Au début des années 1960, l’idée de disposer de l’équivalent volant d’un véhicule de combat d'infanterie germe au sein de l’Armée rouge. L’un des avocats de cette idée est le général Mikhaïl Leontievitch Mil, dirigeant du bureau d’étude OKB-329, aussi appelé bureau Mil, du nom de son fondateur et dirigeant. Après quelques années passées à mûrir le concept, Mil dévoile en 1966 dans son usine de Panki, près de Moscou, le V-24, un hélicoptère de combat basé sur un projet d’hélicoptère utilitaire, le V-22. L’appareil présenté est alors une maquette, dont l’objectif est essentiellement de matérialiser le concept d’un hélicoptère de transport de troupes lourdement armé et blindé. À ce titre, le V-24 est effectivement bien doté avec un armement composé de deux canons GSh-23L, quatre à six missiles antichar, deux à quatre paniers contenant chacun seize roquettes S-5, tandis que huit soldats et deux membres d’équipage peuvent prendre place dans la cabine blindée.
La démonstration de Mil ne rencontre pas immédiatement le succès escompté, de nombreux généraux, notamment le maréchal Rodion Malinovski, alors ministre de la défense, ne croyant pas à l’avenir de telles armes. Il parvient néanmoins à convaincre en 1967 le maréchal Andreï Gretchko d’établir une commission pour se prononcer sur la question, celle-ci décidant finalement le , malgré des avis très partagés, de lancer un appel à proposition pour un hélicoptère de soutien. Mil, qui s’était préparé à une telle éventualité, propose rapidement deux concepts initiaux : un hélicoptère léger de sept tonnes ayant un seul moteur et un lourd de plus de dix tonnes disposant de deux moteurs. Cependant, Kamov, le bureau de développement rival de Mil, propose également de son côté un projet moins couteux, dérivé du Ka-25. C’est finalement la proposition d’hélicoptère lourd de Mil qui est retenue le , à la condition toutefois que de nombreuses modifications soient effectuées sur l’armement, la priorité devant notamment être accordée aux missiles, les canons étant considérés par les généraux soviétiques comme dépassés dans la lutte antichar.
Mil construit dans un premier temps une maquette à taille réelle, qui est approuvée par l’armée de l’air en . Un premier prototype est ensuite construit et livré en , cette rapidité s’expliquant par l’utilisation de composants provenant du Mi-14, en particulier les moteurs et le rotor. Les essais en vol libre débutent le , le premier prototype étant rapidement rejoint par un second, puis par dix exemplaires d’essai. Les vols de test alternent avec des vols de démonstration devant démontrer à l’état-major l’efficacité du nouvel appareil. C’est pendant l’une de ces démonstrations qu’un des appareils s’écrasa à la suite d’une erreur de pilotage, tuant toutes les personnes à bord. Cet accident n’empêche pas les tests de validation de commencer quelques mois plus tard, en , ceux-ci révélant toutefois d’importants problèmes de stabilité ainsi que des difficultés liées à l’emplacement de l’armement.
La production en série débuta en 1972 ; c'est seulement à ce moment-là que les occidentaux découvrirent l'existence du projet et seulement en 1974 que les premières photos leurs parvinrent.
Les Mi-24 étaient assemblés dans les usines de Rostov-sur-le-Don et d'Arseniev.
Au début des années 1960, l’ingénieur soviétique Mikhaïl Mil a anticipé que la mobilité sans cesse accrue sur le champ de bataille mènerait à la conception de véhicules de combat d’infanterie capables de voler, destinés à remplir à la fois des missions de soutien par le feu et de transport de troupes. Ce concept a pris forme pour la première fois à travers une maquette présentée en 1966 au sein du département expérimental de l’usine numéro 329 du ministère de l’Aviation, où Mil occupait le poste de concepteur en chef. Cette maquette, nommée V-24, s’appuyait sur un autre projet, l’hélicoptère utilitaire V-22, qui n’a jamais été réalisé en vol. Le V-24 comportait un compartiment central destiné aux soldats, pouvant accueillir huit hommes assis dos à dos, ainsi qu’un ensemble de petites ailes fixées à l’arrière supérieur de la cabine, capables de porter jusqu’à six missiles ou roquettes, et un canon GSh-23L à double tube monté sur le patin d’atterrissage. gauche|vignette| Un Mil Mi-24A est exposé au musée de l'aviation de Riga, en Lettonie. Mil présenta ce projet aux dirigeants des forces armées soviétiques. Bien qu'il fût appuyé par de nombreux stratèges, il rencontra la résistance de plusieurs officiers supérieurs, qui jugeaient que les armes conventionnelles représentaient un usage plus judicieux des ressources. En dépit de cette opposition, Mil réussit à convaincre le premier adjoint du ministre de la Défense, le maréchal Andrey A. Grechko, de réunir un groupe d'experts pour étudier la question. Les avis au sein du panel étaient partagés, mais les défenseurs du projet finirent par l'emporter, et un appel d'offres fut lancé pour la conception d'un hélicoptère de soutien sur le champ de bataille. Le développement et l'emploi d'hélicoptères de combat et d'attaque par l'armée américaine durant la guerre du Vietnam convainquirent les Soviétiques des avantages du soutien au sol par des hélicoptères armés, renforçant ainsi le soutien en faveur du développement du Mi-24.
Les ingénieurs de Mil ont élaboré deux schémas de base : l’un à moteur unique, pesant 7 tonnes, et l’autre à double moteur, de 10,5 tonnes, tous deux reposant sur le turbomoteur Izotov TV3-177A, développant 1 700 chevaux (soit environ 1 267,69 kW). Ensuite, trois maquettes complètes ont été fabriquées, accompagnées de cinq maquettes de cockpit, afin de préciser les positions respectives du pilote et de l’opérateur de la station d’armement.
Le bureau d'études Kamov a proposé une version militaire de son hélicoptère de lutte anti-sous-marine Ka-25, présentée comme une solution économique. Cette piste a été étudiée, puis écartée au profit du nouveau modèle bimoteur de Mil. À la demande des militaires, plusieurs modifications ont été introduites, parmi lesquelles le remplacement du canon de 23 mm par une mitrailleuse lourde à tir rapide installée dans une tourelle sous le nez, ainsi que l’adoption du missile antichar 9K114 Shturm (AT-6 Spiral).
Le 6 mai 1968, une directive a ordonné le lancement du développement de la conception bimoteur. Les travaux ont été menés sous la direction de Mil jusqu'à son décès en 1970. La conception détaillée a commencé en août 1968, sous le nom de code Jaune 24. Une maquette à l'échelle réelle du projet a été inspectée et validée en février 1969. Les essais en vol d'un prototype ont démarré le 15 septembre 1969, avec un vol stationnaire maintenu par un câble, suivi, quatre jours plus tard, du premier vol libre. Un second prototype a ensuite été fabriqué, puis une série d'essai de dix hélicoptères a été produite. vignette| Mil Mi-24P de l'armée de l'air russe Les essais d'acceptation de la conception ont démarré en juin 1970 et se sont poursuivis pendant dix-huit mois. Les modifications apportées au design visaient à consolider la structure, à résoudre les problèmes de fatigue et à atténuer les vibrations. En outre, un dièdre négatif de 12 degrés a été introduit sur les ailes pour empêcher l'appareil de développer un roulis hollandais au-delà de 200 km/h (124 mph), et les supports des missiles Falanga ont été déplacés du fuselage vers les extrémités des ailes. Le rotor arrière a été installé du côté gauche de l'empennage au lieu du droit, et son sens de rotation a été inversé, le faisant désormais tourner latéralement vers l'avant, dans le flux descendant du rotor principal, ce qui a amélioré son efficacité. D'autres ajustements de conception ont été réalisés jusqu'au lancement de la version de production Mi-24A (izdeliye 245) en 1970, qui a atteint sa capacité opérationnelle initiale en 1971 et a été officiellement admise dans l'arsenal d'État en 1972.
En 1972, une fois le Mi-24 achevé, les travaux ont commencé sur un hélicoptère d'attaque qui remplissait aussi des missions de transport. Ce nouvel appareil, le Mi-28, disposait d'une capacité de transport réduite, pouvant embarquer trois soldats au lieu de huit, tandis que le Ka-50, plus léger et plus maniable, abandonnait la grande cabine destinée aux troupes. En octobre 2007, l'armée de l'air russe a déclaré son projet de remplacer sa flotte de Mi-24 par des Mi-28Ns et des Ka-52s d'ici 2015. Toutefois, après le succès de ce type d'opérations en Syrie, la décision a été prise de maintenir l'appareil en service et de le moderniser, avec l'ajout de nouveaux systèmes électroniques, de viseurs perfectionnés, d'armements mis à jour et de lunettes de vision nocturne plus efficaces.
Records Le Mi-24 a établi plusieurs records comme les suivants :
Record de vitesse sur un parcours de (hélicoptère, féminin) : établi par Galina Rastorgoueva et Ludmila Polyanskaya, le , avec une vitesse de .
Record de vitesse sur un circuit fermé de (hélicoptères, féminin) : établi par Galina Rastorgoueva, le , avec une vitesse de .
Record de vitesse sur un circuit fermé de (hélicoptères) : établi par Galina Rastorgoueva, le , avec une vitesse de .
Record de vitesse sur un circuit fermé de (hélicoptères) : établi par Galina Rastorgoueva, le , avec une vitesse de .
Enregistrement du temps de passage en hauteur (hélicoptères, féminin) : établi par Galina Rastorgoueva, le , à , pendant ; établi par Galina Rastorgoueva, le , à , pendant .
Versions vignette|gauche|Dessins de profil des versions du Mi-24 Versions de série Mi-24 (appelée V-24 par Mil et aussi codée Izdéliyé 240) Hind-B : prototypes et appareils de présérie avec ailes horizontales et sans point d'emport de missiles (seulement type BD3-57Kr-V pour roquettes). Rotor de queue du côté droit. Premier vol en 1969. Elle a été appelée Hind-B par l'OTAN car elle a été découverte après le Mi-24 de série. A-10 : V-24 modifiée en 1975 comme version de records : ailes supprimées. Plusieurs records franchis par un équipage féminin. Tests ultérieurs avec un fenestron. Mi-24A (Izdéliyé 245) Hind-A : version de série avec ailes inclinées comportant des points d'emport pour missiles antichars 9M17M (AT-2B Swatter) guidés manuellement avec le système 9K8 Falanga-M (alias Skorpion) ; cockpit redessiné avec un équipage de trois personnes; Montage mobile de mitrailleuse NUV-1 avec mitrailleuse à tube unique Afanasyev TKB-481 de calibre . Deux prototypes construits en greffant le nouveau nez sur des V-24. Production à l'usine d'Arseniev à partir de 1970. Mi-24B (Izdéliyé 241) Hind-A : version légèrement améliorée avec « imagerie infrarouge frontale » (acronyme FLIR en anglais) et TV bas niveau de lumière gyrostabilisés, mitrailleuse Yakoushev/Borzov 9A624 (alias TKB-063) quadritube de calibre montée dans une tourelle USPU-24, missiles 9M17P (AT-2C Swatter) à guidage SACLOS 9K8 Falanga-PV (alias Fleyta). Un prototype construit à partir d'un MI624A mais le projet a été abandonné et remplacé par le Mi-24D. Mi-24U (Izdéliyé 241) Hind-C : version d'entraînement sans canon ni point d'emport sous les ailes Mi-24F (Izdéliyé 245M) Hind-A : nouveau rotor de queue sur le côté gauche plus efficace ; ce rotor sera monté sur toutes les versions suivantes du Mi-24. Modifications mineures : antenne de l'IFF SRO-2M Khrom Odd Rods déplacée sur le radiateur d'huile, échappement de l'APU allongé et courbé vers le bas, sept nervures de rigidification ajoutées sur le fuselage près des ailes.
La production des Mi-24 avec cockpit anguleux fut d'environ 240 appareils et prit fin en 1974.