La médiation numérique désigne l'accompagnement humain, qualifié et de proximité, au service de l'inclusion numérique et de la réduction des inégalités dans le rapport des citoyens au numérique. Cela passe par la création de liens entre des médiateurs et des groupes de personnes autour d'outils numériques. Elle permet à la fois l’appropriation des techniques d’usages de ces outils et la dissémination des connaissances ainsi acquises.

Définition Certains publics sont éloignés du numérique, ce qui peut leur nuire personnellement et professionnellement. La médiation numérique est un type d'action pour l'inclusion numérique et la réduction de la fracture numérique, incluant entre autres des ateliers d'initiation et de formation au numérique.

Les bénéficiaires de la médiation numérique sont plutôt des personnes âgées, peu diplômées, plus souvent des femmes, résidant en dehors des centres urbains. En France dans les années 2020, la fracture est sociale plutôt que basée sur l'accès aux équipements numériques, ce qui est différent ailleurs dans le monde.

L'aide peut être faite sur le plan général ou avec des aides d'urgence sur des besoins très précis. L'apprentissage se fait souvent en groupe. Les conseillers sont le plus souvent mobilisés comme des généralistes du numérique dans une optique de formation sur le long terme. Dans les cas d'aide ponctuelle, elle est particulièrement mobilisée pour les démarches administratives en ligne.

Historique en France

2011 : les premières assisses de la médiation numérique En sont organisées à Ajaccio en Corse les premières assises de la médiation numérique. Ces assisses sont organisées par et pour les professionnels d'un métier alors en pleine émergence. La définition suivante est alors proposée :

« Dans une société dite « de l’information » ou « de la connaissance », une maîtrise minimum des outils technologiques (ordinateur, guichets et bornes automatiques, téléphone mobile, et autres assistants numériques), compétences informationnelles pour se repérer dans la masse d'informations disponibles, de même qu'un rudiment de culture générale sur le numérique (principes de fonctionnement des réseaux, écosystème des médias numériques, règles éthiques et juridiques, …), tendent à devenir des compétences nécessaires pour exercer une citoyenneté de plein droit ».

Il existe une catégorie de personnes qui ne sont pas familières avec les technologies numériques, qui ignorent les services et contenus auxquelles elles permettent d'accéder, qui peinent à s’adapter aux évolutions rapides des matériels, au point de se trouver défavorisées, voire handicapées, dans leur vie quotidienne du fait de leur manque d’autonomie dans l'usage de ces outils.

Accompagner ces personnes vers l'autonomie dans ce nouvel environnement où la communication humaine est de plus en plus souvent médiatisée (dans le sens où elle passe par des « objets et systèmes communicants » tels que téléphones, ordinateurs, messageries, réseaux sociaux …) est un véritable enjeu de société : un enjeu d’équité.

Dans l’univers des bibliothèques, le terme de « médiation numérique » a commencé à être utilisé par certains bibliothécaires à cette même période dans un sens assez différent, qui désigne davantage les nouvelles formes de médiation des collections grâce à l’usage des outils numériques.

La définition proposée au cours des Premières Assises de la Médiation Numérique va évoluer au fil des années.

2013 : rapport du Conseil National du Numérique

En 2013 le Conseil National du Numérique publie le rapport « Citoyens d'une société numérique » dans lequel apparaît la notion d'inclusion numérique

Nous définissons l’e‐inclusion comme « l'inclusion sociale dans une société et une économie où le numérique joue un rôle essentiel ». L'inclusion numérique ne se résume plus à l’utilisation des outils du numérique, avec lesquels une part importante de la population se débrouille à défaut de parfaitement les maîtriser : elle désigne la capacité à fonctionner comme un citoyen actif et autonome dans la société telle qu'elle est. Il n'y a pas une « e‐inclusion » d'un côté et une « inclusion » de l'autre : les deux se confondent. L'enjeu n'est alors pas de savoir combien de personnes utilisent le numérique ou non, mais bien plutôt de savoir qui le numérique aide à jouer un rôle dans la société et qui il met en difficulté ; à qui il offre les conditions de son émancipation et à qui il en éloigne la perspective.  

Cette apparition du terme inclusion numérique va engendrer une confusion avec celui de médiation numérique. Pour certains les deux termes se confondent et pour d'autres, ils sont distincts.

2016 : vers un réseau Dans la charte du Réseau National de la Médiation Numérique 2016 , le secrétariat d'État au numérique indique que la « Médiation Numérique » désigne la mise en capacité de comprendre et de maîtriser les technologies numériques, leurs enjeux et leurs usages, c’est-à-dire développer la culture numérique de tous, pour pouvoir agir dans la société numérique. Elle procède par un accompagnement qualifié et de proximité des individus et des groupes (habitants, associations, entreprises, élèves, étudiants, parents, professionnels...) dans des situations de formation tout au long de la vie facilitant à la fois l’appropriation des techniques d’usage des outils numériques et la dissémination des connaissances ainsi acquises. Elle est donc au service, notamment, de l'inclusion numérique et favorise les coopérations utiles aux réalisations et aux innovations en faveur du bien commun. Elle permet à la fois l'appropriation des techniques d'usages de ces outils et la dissémination des connaissances ainsi acquises. La démarche de la médiation numérique propose, le plus souvent aux populations d'« apprendre en agissant et en échangeant » de la Charte du Réseau National de la Médiation Numérique.

La MedNum., coopérative créée en 2016 regroupant certains acteurs de la médiation numérique, retient cette définition : « La « Médiation Numérique » désigne les ingénieries, c’est-à-dire les techniques, permettant la mise en capacité de comprendre et de maitriser le numérique, ses enjeux et ses usages, c’est-à-dire développer la culture numérique de tous, pour pouvoir agir, et développer son pouvoir d’agir, dans la société numérique. Elle procède par un accompagnement qualifié et de proximité des individus et des groupes (habitants, associations, entreprises, élèves, étudiants, parents, professionnels…), dans une logique d’éducation populaire et de formation tout au long de la vie ».

Histoire

Le 25 aout 1997, Lionel Jospin, Premier ministre, prononce un discours à Hourtin dans le cadre de l'université de la communication. Dans ce discours le Premier ministre décline la vision politique que son gouvernement envisage alors de mettre en place concernant les Technologies de l'Information et de la Communication , « au-delà de la dimension technique ».

Deux ans plus tard, toujours à Hourtin, Lionel JOSPIN précise : « L'essor des technologies de l'information ne doit pas creuser un « fossé numérique ». L'internet ne doit pas nourrir de nouvelles inégalités dans l'accès au savoir. Il revient au service public de veiller au développement équilibré de ces technologies sur le territoire national et à l'égal accès de tous aux contenus essentiels que diffusent ces réseaux. À travers l'école, en particulier, l'État peut prévenir « l'illectronisme », avant qu'il ne devienne un nouvel avatar de l'illettrisme » .

Lors de la rencontre nationale des jeunes à La Villette le , le Premier ministre indique « Nous voulons garantir à [chaque jeune] un égal accès aux nouvelles technologies. Nous ne pouvons laisser une « fracture numérique » s'instaurer entre ceux qui ont accès à l'information, source croissante de richesses, et ceux qui en seraient exclus ». Il fixe alors l'objectif de « 600 sites du réseau information jeunesse « bureaux information jeunesse, points information jeunesse » seront d'ici la fin de l'année dotés des équipements nécessaires et leurs personnels formés ».

Ces lieux, seront appelés Point Cyb et visent à : améliorer l'accès des jeunes à l'information par l'intermédiaire des nouvelles technologies ; créer des cyber-services de proximité et en permettre l'initiation ; favoriser l'expression et la citoyenneté des jeunes ; développer les pratiques artistiques et culturelles des jeunes grâce à l'outil multimédia.

Le Gouvernement crée le la mission interministérielle pour l'accès public à la micro-informatique, à l'internet et au multimédia (MAPI), ayant pour mission de favoriser l'implantation sur l'ensemble du territoire de points d'accès à la micro-informatique, à l'internet et au multimédia ouverts au public..

Dans une circulaire adressée aux préfets de régions et de département, le Premier ministre, rappelle l'objectif de créer à la suite du comité interministériel de dont Publics Numériques labélisés sous deux ans.

Le programme Espaces Culture Multimédia (ECM) est né en 1997 au sein du ministère de la Culture et de la Communication. Un Espace Culture Multimédia est un espace destiné au multimédia, comprenant un minimum de cinq ordinateurs connectés à Internet, installé dans une structure culturelle ou socio-culturelle et géré par celle-ci. La nature culturelle de l'opérateur de l'ECM est fondamentale et dès le départ le ministère a clairement affirmé que l'enjeu n'était pas de « faire du multimédia pour du multimédia », mais de développer progressivement un travail sur le multimédia en articulation avec les contenus culturels et artistiques gérés par la structure d'implantation de l'ECM.

Les initiatives vont se multiplier, portées par les ministères ou collectivités de tout ordre, rendant le repérage de ces lieux particulièrement complexes.

En 2003, le gouvernement crée alors la Délégation aux Usages de l'Internet (DUI) qui prend la suite de la MAPI .

La Délégation aux usages de l'Internet engage alors une action pour fédérer autour de la charte NetPublic les différents réseaux d’espaces publics numériques et espaces isolés sous le label réseau « NetPublic », en coordination avec les collectivités territoriales.

L’objectif est d'identifier les lieux qui proposent une initiation et un accompagnement de la population dans la découverte des multiples usages de l'Internet,  de l'informatique et des outils numériques  (bureautique, domotique, ludotique…) afin que chacun puisse trouver un service d’accompagnement de proximité qui lui permette de se familiariser par la pratique, la réflexion, des projets collectifs, avec ces outils, leurs usages, et leurs enjeux afin de connaître leurs potentialités, et d'en maîtriser les risques.

Le label NetPublic est attribué en fonction d’une charte articulée autour de deux axes majeurs :

la décentralisation et la proximité, et donc la reconnaissance du rôle central joué par les collectivités territoriales et le secteur associatif dans cette politique ; la promotion, dans le cadre d’un accompagnement qualifié, auprès de l’ensemble de la population française, dans des espaces d’accès public, des usages de l’Internet et du numérique : acquisition d’une autonomie dans l’utilisation raisonnée des outils et des services fixes et mobiles, et dans la maîtrise des usages tels que la recherche d’emploi, l'accès au savoir, à la culture, à la formation, à l’e-admnistration, à la consommation en ligne, à l'e-democratie, à la fabrication numérique, à l'expression sur les médias numériques…

Labels Au-delà du label Point-Cyb propre à l'information jeunesse et au label Espace Culture et Multimédia initié par le ministère de la Culture, de nombreux autres labels ont été portés :

Points d’accès à la téléformation (P@t) Les P@t, initiés par le ministère du Travail visent à faire bénéficier les publics en formation du développement des NTIC. ls sont gérés régionalement par les DRTEFP ((Délégation Régionale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle).