La (en occitan : carrièra del Pes de l'Òli) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description La rue du Poids-de-l'Huile est une voie publique. Elle relie les quartiers Capitole et Saint-Georges.
Elle est longue de . Elle naît de la rue de la Pomme, presque au débouché de cette rue sur la place du Capitole. Elle est dominée, à gauche, par le Capitole, occupé par le théâtre du même nom. Elle suit, sur 121 mètres un parcours rectiligne et orienté au nord-est, donnant naissance à la rue Ernest-Roschach, puis longeant le square Charles-de-Gaulle, pour aboutir à la rue d'Alsace-Lorraine. Au-delà, la deuxième partie de la rue, orientée à l'est-sud-est, est longue de 60 mètres. Elle se termine au carrefour de la rue Lapeyrouse, mais elle est prolongée à l'est par la rue Montardy, qui aboutit à la rue Saint-Antoine-du-T.
La chaussée compte une voie de circulation automobile en sens unique, de la rue Montardy vers la rue de la Pomme. Elle appartient à une aire piétonne et la circulation y est réglementée et la vitesse limitée à 6 km/h. Il n'existe ni bande, ni piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées La rue du Poids-de-l'Huile rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Rue de la Pomme Rue Ernest-Roschach (g) Square Charles-de-Gaulle (g) Rue d'Alsace-Lorraine Rue Lapeyrouse
Transports La rue du Poids-de-l'Huile est desservie par la station Capitole, sur la ligne de métro . Plus loin, à proximité de la station Jean-Jaurès, au croisement des lignes de métro , se trouvent également les arrêts des lignes des Linéo , des bus et des navettes .
Il existe une station de vélos en libre-service VélôToulouse : la station (12 rue du Poids-de-l'Huile).
Odonymie La rue du Poids-de-l'Huile tient son nom du « poids de l'huile », c'est-à-dire du bureau municipal qui se trouvait dans la Maison commune des capitouls de Toulouse (actuel Capitole), où les huiles, les jambons et les chairs salées étaient entreposées en entrant en ville, pour y être pesées avant d'être livrées aux marchandsChalande 1929, .Salies 1989, vol. 2, ..
Les mentions les plus anciennes de la rue, au début du , lui donnent le nom de rue Romenguières : carriera Romengueyras en occitan médiéval (1326), carraria Romengueriorum en latin médiéval (1389). Ce nom rappelle probablement les artisans fabricants d'objets et d'outils en ronces (romega en occitan)Salies 1989, vol. 2, .. La première partie de la rue, entre les actuelles rues de la Pomme et d'Alsace-Lorraine, a également porté, dans le même temps, d'autres noms. Elle fut, au , la rue des Pauvrets ou du Collège-des-Pauvrets, parce que le collège de ce nom avait été établi à la fin du pour venir en aide à des orphelins (emplacement au-devant des actuels ). Au , cette partie de rue fut également désignée comme la rue de la Maison-Commune, de l'Écu ou encore de l'Agasse. En effet, la maison commune des capitouls de Toulouse s'était établie au dans le quartier bordé au sud par la rue Romenguières, et plus particulièrement dans une auberge, le Logis de l'Écu, qui remplaça en 1542 le Logis de l'Agasse (emplacement au sud du Donjon, face à l'actuel rue du Poids-de-l'Huile). On donnait aussi à la rue, par extension, le nom de rue Saint-Martial, parce que le collège Saint-Martial se trouvait près de l'entrée de cette rue (emplacement de l'actuel place du Capitole)Salies 1989, vol. 2, .. Au , tout en gardant toutes ces appellations, elle prit également celle de rue du Poids-de-l'Huile. En 1794, pendant la Révolution française, la rue reçut le nom de Caton, en hommage à Marcus Porcius Cato (234 av. J.-C.-149 av. J.-C.), dit Caton l'Ancien ou le Censeur, homme politique romain, qui combattit les Carthaginois lors de la Guerre punique, puis les Séleucides et les Étoliens lors de la guerre antiochique. Le nom ne subsista pas et elle prit officiellement celui du Poids-de-l'Huile en 1806Salies 1989, vol. 1, ..
Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue Romenguières appartient au capitoulat de Saint-Étienne. Elle naît au carrefour de la rue Saint-Martial, dans le quartier de la Porterie (actuelle place du Capitole), et de la rue des Imaginaires (actuelle rue de la Pomme) et longe l'ancien rempart jusqu'à rejoindre la rue des Augustines (actuelle rue Saint-Jérôme). Elle se trouve sur un des axes qui, depuis le quartier de la Porterie, traverse les quartiers au nord-est de la cité. Elle est principalement peuplée d'artisans qui y ont leurs boutiques et leurs maisons. On connaît ainsi un peintre, Bertrand Portal, qui y a sa maison au . À la même époque, on trouve une auberge qui accueille les voyageurs, le Logis de l'Agasse, qui a pour enseigne une pie (agassa en occitan). Une autre auberge, l'Auberge du Chapon-Noir, se trouve au carrefour de l'actuelle rue Lapeyrouse (au-devant de l'actuel de cette rue)Chalande 1929, ..
La proximité des bâtiments de l'université explique aussi l'implantation de plusieurs collèges universitaires au cours du . Le collège Saint-Martial est établi en 1359 par le pape Innocent VI, qui avait enseigné le droit à l'université de Toulouse (emplacement de l'actuel place du Capitole). Le collège des Pauvrets, institué vers la fin de ce siècle, sert alors à abriter et entretenir des orphelins (emplacement au-devant des actuels ). En 1483, les chirurgiens-barbiers organisent l'enseignement de l'anatomie et obtiennent du conseil des capitouls l'autorisation de fonder leur collège de chirurgie dans les bâtiments du collège des PauvretsChalande 1929, ..
Époque moderne vignette|Plan de l'enclos de la Maison commune au . 1.Façade du Capitole 3. Poids Commun et la Bouille 7. Logis de l'Écu 13. Poids de l'huile Dans la première moitié du , on entreprend l'extension et la construction de nouvelles dépendances de la Maison commune, connues comme les « Maisons neuves de la ville », tout le long du côté nord de la rue Romenguières depuis la rue Saint-Martial jusqu'à la rue de la Porte-Nove (actuelle rue d'Alsace-Lorraine). En 1524 est construite la Bouille. Le bâtiment est occupé, après 1532, par le Poids commun, où sont conservés les poids municipaux qui permettent de peser et de taxer les marchandises qui sont vendues en ville. En 1539, le Logis de l'Écu est construit par l'architecte Jean Alary à l'emplacement du Logis de l'Agasse. Dans le même temps, le poids de l'huile est transféré dans de nouveaux bâtiments, à l'angle de la rue de la Porte-Nove. En 1558, la Commutation est élevée par Nicolas Bachelier.
En 1550, le collège des Pauvrets est supprimé et l'on établit dans l'immeuble une « prison des femmes malvivantes ». Vers 1590, on installe au même lieu le Capitaine de la santé, officier municipal chargé, avec l'aide de ses soldats, de faire enfermer les pestiférés chez eux. En 1607, la prison des femmes est transférée dans une autre dépendance de la Maison commune, en bordure de la rue Villeneuve (actuelle rue Lafayette)Chalande 1929, ..
Au , les artisans sont encore nombreux du côté sud de la rue. On trouve, à la fin de ce siècle, François Lucas, professeur de sculpture à l'Académie royale de peinture, sculpture et architecture et Lambert-François Cammas, professeur de peinture à la même Académie, qui y ont leur maison. En 1737 est construite la Salle de spectacle. En 1783, le Poids-de-l'Huile est remplacé par la caserne de la Compagnie du Guet.
Époque contemporaine Au début du , la rue du Poids-de-l'Huile est touchée par les travaux de transformation et d'embellissement menés par la municipalité toulousaine. Entre 1816 et 1818, la Salle de spectacle est reconstruite et agrandie par Auguste Virebent. L'aménagement du quartier Lafayette, autour de la place du même nom (actuelle place Wilson), entraîne quelques transformations. Vers 1820, la maison qui se trouve dans l'axe de la rue Delfum (actuelle rue Lapeyrouse) est emportée par les travaux. Au milieu du siècle, c'est l'immeuble au croisement de la rue de la Pomme, face à la nouvelle façade de la Salle de spectacle, qui est reconstruit, dans le goût néo-classique de l'époque (actuel ).
Les bouleversements les plus profonds interviennent dans le dernier quart du . En 1864, le conseil municipal retient le projet de l'ingénieur en chef des ponts et chaussées, Urbain Maguès, qui prévoit d'ouvrir le centre-ville par le percement de deux grandes rues Transversale (axe est-ouest, actuelle rue de Metz) et Longitudinale (axe nord-sud, actuelles rues d'Alsace-Lorraine et du Languedoc). Les premiers travaux sont entrepris entre 1869 et 1873 entre le boulevard de Strasbourg et la place Rouaix, donnant naissance à la rue d'Alsace-Lorraine. Le percement de cette rue s'accompagne du réaménagement de plusieurs rues latérales, et particulièrement de la rue du Poids-de-l'Huile. Tous les immeubles du côté sud sont démolis et leurs façades alignées et reculées afin de porter la largeur de la rue à 10 mètres. De nouvelles façades de style haussmannien, élevées en 1872 et 1900, donnent un visage nouveau à la rue (actuels à 16 et 1 à 3). Du côté nord, toutes les dépendances de la Maison commune sont également vouées à la destruction. Un nouveau square est aménagé entre 1873 et 1875 à leur emplacementGranier 2005, ., tandis que la nouvelle façade orientale du Capitole est achevée en 1883 par l'architecte Henri Lefuel.
De nombreuses commerces s'installent le long de la nouvelle rue. Au milieu du siècle, le restaurateur Alart y ouvre un des restaurants les plus célèbres de la ville (actuel )Salies 1989, vol. 1, .. En 1878, Antoine Labit y ouvre la Maison universelle, un des plus importants grands magasins de la ville (actuel )Salies 1989, vol. 2, ., mais les boutiques de vêtement y sont aussi nombreuses, comme le tailleur À l'OpéraSalies 1989, vol. 2, .. La proximité du théâtre du Capitole explique aussi la présence d'un luthier, Au Ménestrel, tenu par B. Cabriolier (actuel )Salies 1989, vol. 2, ..
Dans l'entre-deux-guerres, les boutiques de textile sont particulièrement nombreuses, tels les tissus des Soieries Lyonnaises (actuel )Salies 1989, vol. 2, ., le tailleur Au Derby (actuel )Salies 1989, vol. 1, ., les robes et manteaux Alberty (actuel )Salies 1989, vol. 1, ., la lingerie et les laines Maryvette (actuel )Salies 1989, vol. 2, ., le bottier Harold (actuel ) et même les vêtements de deuil Au Souvenir (actuel )Salies 1989, vol. 2, .. On y trouve aussi une bijouterie, Au Donjon (actuel )Salies 1989, vol. 1, ., un bar, Le Donjon (actuel ), un hôtel-restaurant, Le Donjon (actuel ). En 1926, l'augmentation du trafic automobile autour de la place du Capitole pousse la municipalité à mettre la rue du Poids-de-l'Huile en sens unique, de la place du Capitole vers la place WilsonSalies 1989, vol. 2, ..
À la fin du et au début du , la rue du Poids-de-l'Huile n'a rien perdu de sa fonction commerciale. Les boutiques de prêt-à-porter y sont toujours nombreuses, quoique les franchises internationales y soient plus nombreuses, tels Celio ouvert en (actuel ) et Uniqlo, ouvert en 2019 (actuel )Hugues-Olivier Dumez, « Toulouse : l'immeuble où a débarqué Uniqlo en centre-ville, un lieu chargé d'histoire », ActuToulouse, 21 mars 2019..
Patrimoine et lieux d'intérêt Square Charles-de-Gaulle
Immeubles 1 : grand magasin la Maison Universelle (1878, Achille Ambialet)..