Les élections fédérales des États-Unis mexicains de 2018 se tiennent le dimanche . Elles comprennent : l'élection du président, pour un mandat de six ans non renouvelable, qui succèdera à Enrique Peña Nieto, les élections législatives renouvelant les deux chambres du Congrès de l'Union : d'une part les élections sénatoriales, renouvelant les du Sénat de la République pour six ans, d'autre part les élections législatives, renouvelant les de la Chambre des députés pour trois ans, les élections étatiques renouvelant les gouverneurs dans 9 des 31 entités fédérées, et les congrès étatiques de 28 d'entre eux, dont la capitale Mexico. les élections municipales, portant à plus de le nombre de mandats à pourvoir. L'exécutif prendra ses fonctions en décembre et les nouvelles chambres législatives en septembre. L'Institut national électoral est chargé de superviser le bon déroulement des différents scrutins, dont les opérations électorales commencent le .

Le président Enrique Peña Nieto (PRI) ne peut se représenter, la constitution ne permettant au président de la République d'exercer qu'un seul mandat. La campagne, entachée de violences, détient le triste record du nombre de victimes politiques lors d'un scrutin mexicain, avec une estimation d'..

Les élections au niveau fédéral mènent à une alternance. Andrés Manuel López Obrador (Mouvement de régénération nationale : gauche) est élu président avec 53,2 % des voix, face à quatre autres candidats dont notamment Ricardo Anaya (Parti action nationale : droite ; 22,3 %) et José Antonio Meade (PRI ; 16,4 %). C'est la première fois depuis 1928 que la présidence n'est pas exercée par le PRI ou le PAN. La coalition ayant porté Obrador à la présidence remporte également la majorité des sièges dans les deux chambres.

Contexte Président depuis 2012, Enrique Peña Nieto ne peut pas se représenter pour un second mandat.

Privé d'une victoire lors de l'élection présidentielle de 2006 vraisemblablement à la suite d'une fraude massive, López Obrador manifeste publiquement sa défiance vis-à-vis du système politique mexicain. « Pour changer les choses, il n’y a que deux options : la lutte armée ou la voie électorale. Je pense qu’il est possible de transformer le Mexique de façon pacifique. (…) Et donc, bien que les dés soient pipés, je me lance dans la bataille électorale. Ce n’est pas une contradiction, c’est simplement que je n’ai pas le choix. (…) Parfois, c’est un chemin plus difficile que la voie armée. Parce qu’on se heurte à l’État ; un État antidémocratique et autoritaire. Je ne me fais aucune illusion, j’ai déjà pâti de la fraude électorale. Mais je n’ai pas renoncé à l’espérance. »

Modes de scrutin Le président du Mexique est élu au scrutin uninominal majoritaire à un tour pour un mandat de six ans non renouvelable.

Le Congrès de l'Union est un parlement bicaméral. Sa chambre basse, la Chambre des députés, est dotée de élus pour trois ans selon un mode de scrutin parallèle. sont à pourvoir au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales tandis que les 200 restants le sont au scrutin proportionnel plurinominal à liste bloquées. Après décompte des suffrages dans les cinq circonscriptions régionales les sièges répartis à la proportionnelle le sont sans seuil électoral, mais en prenant en compte les résultats du scrutin majoritaire pour en ajuster la répartition de manière qu'aucun parti ne remporte au total plus de , ce seuil étant néanmoins porté à 315 si le parti a recueilli plus de 60 % des suffrages..

La chambre haute, le Sénat de la République, est quant à elle dotée de élus pour six ans selon un mode de scrutin parallèle similaire en principe à celui de la chambre basse, mais selon des modalités différentes. 96 sont à pourvoir au scrutin majoritaire binominal dans trente deux circonscriptions de trois sièges chacune correspondants aux États du Mexique plus le district fédéral de la capitale Mexico. Les partis présentent un binôme de candidats dans chacune d'elles, et est élu sénateurs le binôme ayant recueilli le plus de voix dans sa circonscription ainsi que l'un des membres du binôme arrivés en deuxième position, dit sénateur minoritaire. Enfin, les restants sont élus au scrutin proportionnel plurinominal à liste bloquées..

Le vote est de jure obligatoire, mais aucune sanction n'est appliquée aux abstentionnistes.

Candidatures à la présidence Andrés Manuel López Obrador (surnommé AMLO), soutenu par les partis de gauche, souverainiste, et souvent qualifié de populiste par ses adversaires. Il est donné comme favori.. Il est à la tête du Mouvement de régénération nationale (MORENA), au début un mouvement pour soutenir sa candidature à la présidentielle en 2012, puis, après son départ du PRD, un parti politique. Ricardo Anaya, candidat conservateur du Parti action nationale qui apparait dans plusieurs affaires de corruption et dont la famille vit aux États-Unis. José Antonio Meade, technocrate et ancien ministre des Finances, soutenu par le PRI (droite) sans en être membre mais en étant impliqué dans les gouvernements de ce parti au pouvoir depuis 2012. Ce dernier est devenu si impopulaire qu’il a préféré choisir pour candidat une personnalité extérieure au parti. Jaime Rodríguez Calderón, candidat indépendant issu du PRI, ancien gouverneur de l'État de Nuevo León. Le tribunal électoral a enregistré sa candidature alors que 58 % des signatures requises pour valider sa nomination avaient été jugées frauduleuses. Le tribunal a justifié sa décision en affirmant que « le règlement précise qu’il faut un nombre suffisant de signatures. Il ne dit pas que les signatures doivent être valides ». Margarita Zavala, avocate, épouse de Felipe Calderón (président du Mexique de 2006 à 2012), ancienne membre du Parti action nationale, se présente également comme indépendante. Zavala renonce cependant à l'élection présidentielle, décision officialisée le . auprès de l'Institut national électoral (INE).

Forces en présence Alliances Partis PositionnementCandidat Résultats précédentsSénatEnsemble, nous ferons l'histoire Mouvement de régénération nationale (MORENA)GauchePopulisme de gauche, Nationalisme de gaucheAndrés Manuel López Obrador(MORENA)8,82% 35 siègesNouveau Parti du travail (PT) Gauche à Gauche radicaleSocialisme démocratique, Anticapitalisme2,99% 6 sièges4,93% 5 siègesParti combat social (PES)Droite à Extrême droite Conservatisme social, Droite chrétienne3,49% 8 siègesNouveauPour le Mexique en avant Parti action nationale (PAN)Centre droit à DroiteLibéral-conservatisme, Démocratie chrétienneRicardo Anaya Cortés(PAN)22,10% 109 sièges26,03% 38 sièges Parti de la révolution démocratique (PRD)Centre gaucheSocial-démocratie, Socialisme démocratique11,43% 55 sièges21,67% 22 sièges Mouvement citoyen (MC)Centre gaucheSocial-démocratie, Progressisme6,41% 25 sièges4,27% 1 siègeTous pour le Mexique Parti révolutionnaire institutionnel (PRI)Centre droitNéolibéralisme, TechnocratieJosé Antonio Meade Kuribreña(Ind.)30,69% 203 sièges33,09% 52 sièges Parti vert écologiste du Mexique (PVEM)Centre droitConservatisme, Politique écologique7,27% 47 sièges6,08% 9 sièges Parti nouvelle alliance (PNA)Centrisme Libéralisme économique3,92% 11 sièges3,92% 1 siège

Campagne Pendant la campagne, le candidat de gauche Andrés Manuel López Obrador met en avant les programmes sociaux qu’il a implantés dans la capitale lorsqu'il en était maire, notamment les aides aux jeunes et aux personnes âgées, ainsi que son bilan contre l’insécurité.. Il propose en de débattre de la légalisation des drogues afin de mettre un frein au crime organisé dans le pays.. Le candidat de droite Ricardo Anaya réagit sur le thème de la pauvreté en se proposant d'établir un revenu universel.

D'après l'historien Carlos Illades, « La colère envers le PRI [centre-droit, au pouvoir] domine l’électorat, mais aussi la déception à l’égard de la droite PAN, au pouvoir entre 2000 et 2012] qui était censée mener l’alternance et a précipité le pays dans une guerre et une crise sociales ». La guerre contre la drogue, initiée par l’ancien président Felipe Calderón (2006-2012) et prolongée par l’actuel gouvernement, a fait exploser la violence : plus de en deux sextennats.

Comme lors de l'élection présidentielle de 2006, Andrés Manuel Lopez Obrador fait l'objet d’accusations d'accointances avec le Venezuela et la Russie, voire d'en recevoir des financements. Il choisit de prendre ces accusations avec humour, s’affublant lui-même du nom de « Andrés Manuelovich ».. Selon RFI, du fait de sa position dans les sondages, Lopez Obrador est « devenu la principale cible des vidéos truquées, des messages mensongers, des fake news et des calomnies.. » D’après le journal Libération, « les chefs d’entreprise alimentent la perspective d’un cataclysme économique et d’une fermeture des marchés en cas de victoire de la gauche ». Néanmoins, selon l'universitaire Carlos Illades, « Ces menaces ne sont plus aussi efficaces qu’autrefois. On ne peut pas effrayer les électeurs en parlant d’apocalypse alors qu’ils la vivent déjà. »

Lopez Obrador et ses proches sont espionnés par le gouvernement par le biais du logiciel Pegasus, lequel pirate les téléphones mobiles. Au moins cinquante personnes ont été visées, dont son épouse, trois de ses frères, ses trois fils aînés, deux chauffeurs, des membres de son parti et son médecin.

Ricardo Anaya doit faire face à des accusations de despotisme, ce qui amène certains élus du PAN à refuser de soutenir sa candidature.Le , la candidate Margarita Zavala renonce à sa candidature. Le dépôt de cette dernière étant définitif, son nom figurera néanmoins sur les bulletins de vote.

En dix mois ( à ), cent trente trois candidats ou pré-candidats, notamment aux élections municipales, sont assassinés....

Sondages

thumb|center|upright=3|Intentions de vote.

Résultats

Présidentielle +Résultats de l'élection présidentielle mexicaine de 2018. Candidat Coalition Votes %Andrés Manuel López ObradorEnsemble, nous ferons l'histoire Mouvement de régénération nationale (MORENA) Parti du travail (PT) Parti combat social (PES)54,74Ricardo Anaya CortésPour le Mexique en avant Parti action nationale (PAN) Parti de la révolution démocratique (PRD) Mouvement citoyen (MC)22,92José Antonio Meade KuribreñaTous pour le Mexique Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) Parti vert écologiste du Mexique (PVEM) Parti nouvelle alliance (PNA)16,89Jaime Rodríguez CalderónIndépendant5,38Margarita ZavalaIndépendant0,06 Votes valides 97,17 Votes blancs et nuls 2,83 Total 100 Abstention 36,57 Inscrits/Participation 63,43

Résultats par État

center|500pxÉtatLópez ObradorAnaya CortésMeade KuribreñaRodríguez CalderónZavala%%%%%40,7632,7818,987,380,1065,2219,558,826,370,0365,4819,199,535,660,1462,8912,4322,072,560,0545,2422,8326,605,270,0559,4617,0018,684,750,1064,938,6624,601,730,0744,5729,4916,679,160,1147,5526,2219,716,420,0931,3841,7116,939,900,0765,8314,0818,481,590,0262,7213,8618,984,390,0342,9834,6914,977,260,0955,6519,7219,714,880,0458,9624,4412,334,220,0652,3223,4317,736,460,0667,7815,1310,566,380,0766,8016,8814,052,200,0635,1333,0514,8116,910,0967,6111,8918,352,090,0558,9020,7616,473,810,0542,5434,8715,147,310,1368,6916,3210,794,140,0543,7427,7521,576,880,0666,0812,9918,572,310,0461,2115,7117,005,990,0882,157,809,190,830,0349,1029,6814,266,880,0772,1011,1112,444,320,0355,4328,2812,693,570,0339,9728,1128,453,430,0349,6621,2624,084,910,09

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