Valérie Lagrange, nom de scène de Danielle Charaudeau, née le à , est une autrice-compositrice-interprète, actrice et écrivaine française.
Parmi ses principaux rôles au cinéma, elle passe d'un cinéma académique conventionnel, à la nouvelle vague et au cinéma d'auteur. On note La Jument verte de Claude Autant-Lara durant son adolescence puis elle joue pour des réalisateurs reconnus comme les Français Jean-Luc Godard, Philippe de Broca, Claude Lelouch, Jacques Deray, Michel Boisrond, Roger Vadim, Nadine Trintignant, Philippe Garrel ou plus récemment, Emmanuelle Bercot. Brièvement, elle est également choisie par des réalisateurs étrangers comme l'Américain André de Toth, l'Allemand Barbet Schroeder ou encore le Polonais Andrzej Żuławski.
Comme chanteuse puis autrice-compositrice-interprète, elle franchit la période Yéyé des années 1960 puis s'oriente vers un style plus pop-rock. Au tout début des années 1980, elle entame ainsi une carrière plus rock et obtient un succès populaire avec sa chanson Faut plus me la faire assortie d'un album salué par la critique. Elle signe plus d'une vingtaine de disques.
Biographie Les débuts À la fin des années 1950, elle est touchée par des nouveaux courants qui arrivent des États-Unis, que ce soient le rock 'n' roll d'Elvis Presley ou la fureur de vivre de James Dean. C'est dans un film français, La Jument verte, du réalisateur Claude Autant-Lara, qu'elle fait ses débuts à l'âge de 17 ans, en 1959 aux côtés de Bourvil. Après avoir tourné dans ce film, où plusieurs scènes se déroulent dans une grange, elle prend comme pseudonyme : LagrangeValérie Lagrange interviewée par Philippe Bouvard à propos de son film La Jument verte (1959)..
Elle enchaîne avec des films comme Le Gigolo, Hardi ! Pardaillan et Les Tribulations d'un Chinois en Chine, mais monte aussi sur les planches le temps de jouer dans Le Misanthrope. Claude Lelouch lui donne, en 1966, un rôle dans Un homme et une femme.
thumb|Valérie Lagrange en 1960 (Studio Harcourt). Parallèlement, elle enregistre plusieurs super 45 tours et connaît le succès avec La GuerillaSerge Gainsbourg déclare à la Sacem la chanson au titre simplement orthographié « Guerilla » le 21 juillet 1965. Yves-Ferdinand Bouvier et Serge Vincendet notent à la page 231 (chanson ) de leur Intégrale et Cætera des œuvres de Gainsbourg, que c'est La Guerilla que la chanson est créée par Valérie Lagrange. Éditions Bartillat, 2005, . de Serge Gainsbourg, Encore un jour de notre amour et Le Même jour de Pierre Barouh et Francis Lai. Mais elle est à l'écoute d'autres voix, celles des protest singers américains, notamment Bob Dylan et Joan Baez. Elle découvre également le Rhythm and blues d'Otis Redding et de Wilson Pickett. En 1963, elle double Sabine Sinjen en français pour le film Les Tontons flingueurs.
Elle pose pour le premier numéro du magazine de charme Lui en dont la photographie de couverture est réalisée par son mari, Serge Beauvarlet..
La chanson et les milieux hippies thumb|left|Valérie Lagrange à la fin des années 1960. Photo d'identité (Sacem). L'après-Mai 68 est décisif pour Lagrange qui abandonne l'industrie du spectacle qu'elle ne réintégrera jamais plus vraiment. C'est sa « parenthèse enchantée », le temps de la vie communautaire et des voyages hippies initiatiques. En Europe, c'est l'époque des festivals pop et psychédéliques d'AmougiesFestival Actuel. et de Wight auxquels Lagrange assiste. À la suite d'une manifestation lycéenne, elle enregistre avec les musiciens d'Elton John un titre Si ma chanson pouvait (1970).
Elle va en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour jouer dans le film emblématique du mouvement hippie, La Vallée, de Barbet Schroeder (1972). À peine revenue du tournage — mouvementé — de ce long métrage, elle est programmée au premier festival de Bièvres, seul « festival pop entièrement gratuit » de ces années-là. Elle est l'une des deux têtes d'affiche, avec Maxime Le Forestier qui y donne son premier grand concert. Elle séjourne aussi en Provence et aux îles Baléares. Ses pas la mènent également en Inde et en Italie. Lagrange se reconnaît comme une sœur spirituelle de Jack Kerouac.
Rencontre avec Ian Jelfs En 1973, pendant une soirée au château d'Hérouville, elle rencontre le jeune guitariste Louis Bertignac avec qui elle a une relation. Grâce à cela, son amant devient guitariste de Jacques Higelin. Plus tard, en 1975, Bertignac lui présente son ami Jean-Louis Aubert avec qui elle aura également une liaison. Le trio vit pendant quelques mois en colocation dans un appartement du quartier de la Bastille appartenant à Bernard et David Guetta..
En 1975, elle fait une rencontre capitale, celle d'un « ange tombé du ciel » à qui elle va « dévouer sa vie », une prémonition de 1973 : le brillant guitariste anglais Ian Jelfs du groupe Alice. Jelfs et Lagrange partent en tournée avec Graeme Allwright et interprètent des chansons de Leonard Cohen, de Bob Dylan et de Donovan. Ce sont ensuite les premiers concerts « dans la rue et les restaurants » de Jelfs et de Lagrange et leurs repas au Bouillon Chartier. Elle tourne avec son ami Claude Lelouch : Le Chat et la Souris, Le Bon et les Méchants, Si c'était à refaire. Avec son amant Jean-Louis Aubert et son nouveau compagnon Ian Jelfs, elle forme un groupe à trois le temps de quelques concerts. Ils jouent des reprises de rock, du rhythm and blues, mais aussi le reggae de Bob Marley. C'est le début des années punk, le « No Future ». Le groupe se sépare avant de passer des vacances ensemble à Ibiza. Jean-Louis Aubert laisse le couple continuer seul et part fonder son prochain groupe avec Louis Bertignac, Téléphone.
Succès et engagements En 1979, grâce à l'éditeur Philippe Constantin, leurs maquettes musicales sont présentées au directeur de Virgin à Londres, Richard Branson. C'est le début d'un conte de fées avec la première production française de Virgin à la suite du contrat signé par Jelfs et Lagrange le , l'album Valérie Lagrange est produit par Mike Howlett, bassiste du groupe Gong. C'est avec le groupe anglais The Sinceros qu'ils enregistrent à Londres leur album qui sort en . La chanson Faut plus me la faire est un tube, le solo de guitare y est joué par Steve Hillage aussi de Gong. Et c'est un disque d'or pour fêter la création de Virgin France qui ouvre ses bureaux à Paris la même année. Les albums s'enchaînent. Cela n'empêche pas Lagrange de rester attentive aux causes humanitaires. C'est elle qui est à l'origine, en 1985, du disque SOS Éthiopie du collectif français Chanteurs sans frontièresArchives INA : Interview de Valérie Lagrange à propos de SOS Éthiopie (Antenne 2, 1985). conduit par Renaud.
Les épreuves Cependant les albums de Lagrange n'ont pas les faveurs de la nouvelle équipe de Virgin France et son contrat est résilié en 1986. C'est le retour « sur la route ». Pour Lagrange, ce sont des prestations épisodiques théâtrales avec Les Loups à Lyon et cinématographiques avec Mes nuits sont plus belles que vos jours. Mais pour Ian Jelfs, son compagnon, c'est une descente aux enfers de l'alcool. Le , à la suite d'une absorption massive d'alcool et de calmants, il sombre dans un coma profond de trois semaines, veillé par Lagrange, et se réveille tétraplégique et muet. Elle se consacre alors totalement à sa lente rééducation.
Le retour Le retour de Lagrange à la chanson, désormais sans Ian, est très difficile. Cependant, elle rencontre Benjamin Biolay en 2000, ils collaborent durant plusieurs mois à l'album Fleuve Congo qui paraît en avec, en préface, les aveux de Lagrange , sa déclaration à Ian Mon amour pour toi, et un hommage à son compagnon de route de toujours, Kerouac. Elle est nommée en aux Victoires de la musique comme artiste féminine de l'année. Lagrange parraine aussi, avec le « hippie Sylvain », le premier Festival Hippie organisé en France à Saint-Jean-d'Angély (2005).
Vie privée En 1960, âgée de 18 ans, Valérie Lagrange épouse le photographe Serge Beauvarlet, qui se suicide en 1964.. De ce mariage naît Jérôme (1961-), lui-même père de Zachary (né en 1989), de Félix (né en 1996), de Lou (née en 2003), et de Sacha (née en 2005).
À la fin des années 1960, elle a comme compagnon l'acteur Jean-Pierre Kalfon..
Le , Valérie Lagrange épouse le musicien Ian Jelfs, son conjoint depuis de nombreuses années.
Citations
Filmographie Cinéma
Télévision 1963 : L'inspecteur Leclerc enquête, série télévisée de Mick Roussel, épisode La Chasse 1966 : Anatole, téléfilm de Jean Valère : Bianca 1969 : Coralba, série italienne de Daniele D'Anza 1976 : Les Enquêtes du commissaire Maigret, série, épisode : Les Scrupules de Maigret de Jean-Louis Muller : Gisèle 1991 : Le Voyageur (The Hitchhiker), série, épisode Homecoming
Discographie 45 tours
Albums
Compilations
Contributions
Vidéographie sélective
2002 : La Vallée de Barbet Schroeder, DVD Zone 2, Warner Vision France 2003 : Un homme à abattre de Philippe Condroyer, DVD Zone 2, Seven 7 2003 : Un homme et une femme de Claude Lelouch, DVD Zone 2, Warner Home Vidéo 2005 : Les Frères Corses (I Fratelli Corsi) d'Anton Giulio Majano, DVD Zone 2, LCJ Éditions 2012 : Mon amour mon amour de Nadine Trintignant, DVD Zone 2, LCJ Éditions
Distinctions 2003 : relais du prix René-Jeanne décerné jusqu'en 2009 par la SACEM ; ce prix du Comité du Cœur est un prix de solidarité, décerné chaque année à un sociétaire à titre de reconnaissance, d’encouragement et de soutien. 2004 : nomination dans la catégorie « Artiste interprète féminine de l'année » aux Victoires de la musique
Notes et références
Bibliographie Récit Valérie Lagrange, Une vie pour une autre, récit, Neuilly-sur-Seine, Éditions Michel Lafon, 2000 .
Biographies Valérie Lagrange, Mémoires d'un temps où l'on s'aimait, autobiographie, Paris, Éditions Le Pré aux clercs, 2005 . Réédition par Le Mot et le Reste en 2017 . Philippe Malidor, Besoin d'amour, 2007
Liens externes
Catégorie:Chanteuse française du XXe siècle Catégorie:Chanteuse de reggae Catégorie:Chanteuse française de rock Catégorie:Auteure-compositrice-interprète française Catégorie:Actrice française de cinéma Catégorie:Actrice française de théâtre Catégorie:Artiste de Philips Records Catégorie:Artiste de Virgin Records Catégorie:Nom de scène Catégorie:Naissance en février 1942 Catégorie:Naissance dans le 18e arrondissement de Paris