Paris Habitat est l'office public de l'habitat (OPH) de la ville de Paris.

Juridiquement, Paris Habitat est le successeur de l'office public d'habitations à bon marché de la ville de Paris (OPHBM.VP) et l'office public d'aménagement et de construction de Paris (OPAC de Paris). Présent dans 54 communes, à Paris et dans sa métropole, Paris Habitat loge plus de et gère un patrimoine de plus de .

Création de l'OPHBM.VP

L'office public d'habitations à bon marché de la ville de Paris est créé en 1914..

Un nouveau nom, l'OPAC

Par arrêté ministériel de , l'OPHLM.VP, Établissement à caractère administratif, est transformé en Office public d'aménagement et de construction, établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).

Il est notamment présidé de 1982 à 1993 par Georges Pérol, condamné pour détournement de fonds publics dans l'affaire des HLM de Paris (cf. l’article détaillé)

Paris Habitat, nouvelle identité

Un nouveau nom et logo sont révélés avec le changement de statut des OPAC en Office public de l'habitat. L'OPAC de Paris a pris officiellement le nom de Paris Habitat - OPH en .

Pour optimiser l'occupation de son patrimoine souterrain, Paris Habitat noue des partenariats de commercialisation en ligne avec des plateformes comme Onepark et Yespark pour plus de 4500 places , confiant notamment la gestion de Paris Habitat confie de stationnement à Yespark à cette dernière et en 2024 à Stonal la digitalisation de 132 000 logements.

En , le bailleur social est cible d'une cyberattaque par rançongiciel du groupe REvil.

En , Paris Habitat inaugure la résidence intergénérationnelle Charenton Meuniers dans le 12e arrondissement de Paris. Ce programme comprend 87 logements répartis en 39 unités pour jeunes actifs et 48 logements pour seniors, organisés en deux bâtiments reliés par des espaces partagés, dont une salle de convivialité et une salle de sport. Le projet vise à favoriser les liens intergénérationnels et à lutter contre l’isolement social. Conçue selon des principes d’écoresponsabilité, la résidence associe bois et béton, dispose de façades en briques, d’une isolation en laine de bois et de toitures végétalisées. L’ensemble obtient les certifications NF Habitat HQE et Effinergie+. Le coût total du projet s’élève à 13,4 millions d’euros, financé par la ville de Paris, la région Île-de-France et l’État.

Toujours en , Paris Habitat met en service, dans le , une installation innovante de récupération de chaleur géothermique dans le parking souterrain d’un de ses immeubles. En partenariat avec Engie Solutions et la société suisse Enerdrape, 145 panneaux géothermiques sont fixés sur les parois du garage, sans nécessiter de forage. Ce dispositif, couplé à une pompe à chaleur de 25 kW, produit environ 70 MWh/an d’énergie thermique, couvrant 25 % des besoins en eau chaude sanitaire de 72 logements et permettant d’éviter l’émission de 15 tonnes de CO₂ par an. L’opération, réalisée pour un coût de 100 000 euros, constitue la première application en France de cette technologie, conçue pour être intégrée facilement dans les infrastructures existantes.

En , Paris Habitat lance la rénovation énergétique de cinq immeubles situés dans le quartier des Olympiades dans le , construits entre 1973 et 1976 et totalisant 1 533 logements sociaux. Répartis sur cinq ans et menés en site occupé, les travaux visent à améliorer la performance énergétique des bâtiments, en faisant passer leur étiquette de la classe C à la classe B.

Lors du congrès HLM de Paris (23–), GRDF met en avant un projet expérimental mené en partenariat avec le bailleur : l’installation de panneaux géothermiques dans le parking d’une résidence de Paris Habitat. Ce dispositif, couplé à une pompe à chaleur hybride, vise à réduire la consommation énergétique et à répondre aux pics de demande en chauffage.

Le , Paris Habitat est designé par Le Moniteur.

Organisation Directeurs généraux

1982-1993 : Georges Pérol 1993-2001 : Yves Laffoucrière 2001-2008 : Jean-François Gueullette 2008-2011 : Pierre-René Lemas 2011-2016 : Stéphane Dambrine 2016-2022 : Stéphane Dauphin 2022- : Cécile Belard du Plantys

Secrétaires généraux

1987-1990 : Henry de Lesquen [...] 1998-2002 : Jean-Yves Nessi

Controverses La gestion locative de Paris Habitat fait l’objet de critiques récurrentes, notamment concernant les délais d’attribution des logements, la qualité de l’entretien des bâtiments et des logements, et le manque de communication avec les locataires.

Depuis 2019, des locataires de l'immeuble allée des Frères-Voisin dans le , géré par Paris Habitat, dénoncent des infestations persistantes de rats, souris, punaises de lit et cafards, affirmant que les interventions du bailleur social sont insuffisantes et parfois inefficaces. Malgré six campagnes de dératisation menées par Paris Habitat , les nuisibles reviennent régulièrement, en partie en raison du refus de certains résidents d'autoriser les traitements et de l'attraction des déchets jetés par les fenêtres. Des travaux de rénovation énergétique et thermique, prévus entre 2028 et 2031 pour 50 millions d'euros, pourraient améliorer les conditions de vie, mais aucune solution définitive n'est trouvée pour lutter contre les problèmes sanitaires.

À partir de 2021, des locataires de la résidence sociale Paris Habitat située au 33 rue Bréguet, dans le , commencent à signaler une fréquence alarmante de pannes d'ascenseur. Cette résidence, livrée en 2018, est conçue pour accueillir des personnes à mobilité réduite, avec sept appartements de type ULS (unité de logement spécialisé). Les locataires, dont quatre se déplacent en fauteuil roulant constatent environ 300 pannes en six ans, impactant significativement leur autonomie et leur qualité de vie. Face à cette situation, et après l'échec de négociations à l'amiable, les locataires engagent une action en justice contre Paris Habitat en . Le tribunal ordonne alors une expertise indépendante pour déterminer les causes des dysfonctionnements et les responsabilités. Paris Habitat, de son côté, affirme avoir mis en œuvre des solutions et indique un taux de disponibilité de l'ascenseur de 98,9% au , tout en reconnaissant des difficultés passées. Les conclusions de l'expertise sont attendues pour éclairer la suite de la procédure.

En 2008, La ville de Paris acquiert pour 17 millions d'euros un immeuble situé au 37 avenue George-V, dans le , propriété d’un promoteur souhaitant en faire des bureaux de luxe, avant de le revendre en 2022 à Paris Habitat pour 40 millions d'euros dans le cadre d’un projet de transformation en logements sociaux et commerciaux. Selon Paris Habitat, l’opération coûte 36,3 millions d’euros au bailleur social, incluant 23 logements sociaux vendus à bas prix (4,5 millions d’euros) et des espaces commerciaux destinés à générer des recettes annuelles de 1,1 million d’euros, avec livraison prévue en 2028. La transaction suscite des critiques politiques, notamment de la droite parisienne, qui dénonce un coût élevé et une possible mauvaise gestion financière, tandis que la mairie justifie l’opération par un prix d’acquisition inférieur à la valeur marchande et un objectif de loger des salariés de l’hôtellerie dans un quartier prestigieux.

En 2025, Paris Habitat engage une procédure de résiliation du bail d’une locataire occupant un logement social de dans le , après avoir constaté qu’elle le proposait illégalement en location touristique sur Airbnb à un tarif de 255 € la nuit. Cette pratique constitue une violation de la réglementation en vigueur, qui interdit la sous-location totale d’un logement social. L’affaire est révélée par des touristes ayant séjourné dans le logement, qui ont alerté le bailleur à la suite d’un litige. Paris Habitat indique engager systématiquement des poursuites dans ce type de cas — une quarantaine de procédures similaires étant menées chaque année — et rappelle que la plateforme Airbnb avait retiré l’annonce après signalement. L’incident relance le débat sur l’usage détourné du parc social à des fins lucratives, alors que plus de 400 000 demandes de logement social sont en attente à Paris.

En , la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) obtient la résiliation du bail et l'expulsion d'une locataire qui n'occupait son logement social que sporadiquement depuis 2020, le considérant comme une résidence secondaire, en violation de l'obligation d'occupation principale (au moins huit mois par an). Le tribunal judiciaire de Paris ordonne son départ dans un délai réduit à quinze jours pour permettre la réattribution rapide du bien à une personne éligible.

Depuis , des résidents de la résidence située dans le , gérée par Adoma en lien avec Paris Habitat, dénoncent des problèmes de santé persistants liés à la contamination par la fumée après un incendie survenu le . Plusieurs familles, dont des enfants en bas âge, signalent des troubles respiratoires chroniques, corroborés par des certificats médicaux, et réclament un relogement d'urgence, sans solution trouvée malgré les démarches auprès de Paris Habitat. Une enquête de l'Agence régionale de santé est lancée, tandis qu'Adoma affirme que les mesures de sécurité ont été rétablies et qu'aucun risque sanitaire ne subsiste.

Références

Voir aussi Articles connexes Habitation à loyer modéré (France) Logement social en France

Liens externes

Paris Catégorie:Administration municipale à Paris