La Messe des pauvres est une œuvre d'Erik Satie en sept pièces pour orgues, les deux premières avec chœurs monodiques, composée en 1895. Caractéristique de la « première période » du compositeur, dont l'inspiration oscille entre élévation mystique et canulars du Chat noir, la partition est faite de brèves sections répétées avec des accords dissonants non résolus, innovations qui ont été diversement appréciées par les musiciens du .

Composition Erik Satie compose sa Messe des pauvres en 1895. Habitué du cabaret du Chat noir, il amuse ses amis avec des œuvres aux titres étranges, comme les Gymnopédies, ou des canulars , commente Anne Rey.

Natif d'Honfleur comme lui, et montrant le même sens de l'humour, Alphonse Allais surnomme déjà « Ésotérik Satie » son camarade montmartrois qui se brouille avec le Sâr Peladan après avoir fait partie des Rose-Croix, tente de fonder sa propre « Église métropolitaine d'Art de Jésus Conducteur » et collabore brièvement à la revue d'ésotérisme, de littérature, de science et d'art de Jules Bois. C'est dans cette revue, Le Cœur, que paraît une partie de sa Messe des pauvres, .

Ornella Volta et les biographes d'Erik Satie ne manquent pas de rappeler que le musicien est également très marqué par sa rupture toute récente avec Suzanne Valadon. Antoine Goléa s'interroge sur ce : .

Présentation Mouvements La Messe des pauvres est constituée de sept pièces, très brèves pour la plupart : Kyrie eleison, pour chœurs et orgues, , pour chœurs et orgues, Prière des orguesPubliée séparément dans Le Cœur : ésotérisme, littérature, science, arts, n° 10 (juin 1895)., , pour orguesPubliée séparément à la Librairie de l'Art indépendant, 1895., Chant ecclésiastique, pour orgues, Prière pour les voyageurs et les marins en danger de mort, à la très bonne et très auguste Vierge Marie, Mère de Jésus, pour orgues, Prière pour le salut de mon âme, pour orgues

La dernière pièce, Prière pour le salut de mon âme, a été notée par Satie en 1893 : les Danses gothiques qu'il compose cette même année se présentent comme une . En 1895, la Messe des pauvres représente un projet plus ambitieux, probablement destiné aux cérémonies de son « Église métropolitaine d'Art ». La partition aurait compris un prélude (ou Introït) et un Gloria qui sont considérés comme perdus, donnant l'impression d'une inachevée. Le texte de la pièce, très brève citation du Psaume 110, devrait être « » : il s'agit d'une erreur dans l'édition originale.

L'œuvre est publiée aux Éditions Salabert.

Analyse La ligne mélodique des chœurs est dérivée de modes grecs. L'écriture en accords parallèles pour les orgues, soit parfaits soit dissonants (accords de septième et de neuvième majeures) et l'absence de barre de mesure ou d'indications de mouvement confèrent à la Messe des pauvres .

Sur ce point, le témoignage de son camarade Patrice Contamine de Latour est éloquent : .

Le musicologue français François-René Tranchefort note pour sa part que, dans l’œuvre, . Et de souligner que l'emploi par le compositeur des modes grecs .

Postérité Pour le critique musical Jean Roy, .

Création Après la mort d'Erik Satie, son ami et exécuteur testamentaire Darius Milhaud fait paraître le manuscrit de la Messe des pauvres. Trois pièces sont interprétées en public par l'organiste Paul de Maleingreau lors d'un concert Pro Arte à Bruxelles, le : Prière des orgues, Commune qui mundi nefas et Prière pour le salut de mon âmeFac-simile du programme de concert sur le site consacré à Roger Désormière.. La première interprétation intégrale a lieu le à l'Église de la Sainte-Trinité de Paris, sous la direction d'Olivier Messiaen.

Critiques L'attitude de Satie, .

Au , Pierre Boulez ironise, , sur les .

Plus sensible aux qualités expressives de la musique médiévale de l'École de Notre-Dame Edgard Varèse ne cache pas son admiration pour la Messe des pauvres de Satie, en particulier le Kyrie : . À la fin de sa vie, travaillant à Nocturnal, il . Ce dernier . Dans sa biographie de Varèse, Odile Vivier témoigne de son admiration pour le Kyrie de la Messe des pauvres comme pour la partition d'orchestre de Socrate.

Discographie Messe des pauvres par Marilyn Mason (orgues) et chœurs dirigés par David Randolph (LP Esoteric, 1951, premier enregistrement mondial) « Les inspirations insolites d'Erik Satie » — Socrate, Mercure, Messe des pauvres, Geneviève de Brabant, Le Piège de Méduse, etc. par les chœurs René Duclos, dirigés par Jean Laforge et Gaston Litaize (orgues de l'Église Saint-François-Xavier de Paris) (1974, EMI Classics 62877) « La Musique Médiévale d'Erik Satie » — Messe Des Pauvres, pièces pour orgue (dont Vexations) par l'Ensemble Vocal Paris-Renaissance dirigé par Hélène Breuil et Hervé Désarbre (orgues de l'Église Notre-Dame du Val-de-Grâce) (, Mandala MAN 4896)

Bibliographie Ouvrages généraux .

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Monographies

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Articles

Notes discographiques

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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