Praga était une entreprise industrielle du secteur automobile implantée à Prague, en Tchécoslovaquie. L'entreprise a produit des automobiles, des karts, des voitures de sport, des camions et des avions. le modèle Praga V3S a été un des meilleurs camions tout-terrain de son époque qui a été utilisé par l'armée tchécoslovaque pendant plus d'un demi-siècle Nesmrtelná babička vejtřaska slaví šedesátiny.. La société actuelle Praga-Export s.r.o., qui utilise la marque Praga, est spécialisée dans la production de voitures, de karts et automobiles de course Zbrojovka Praga-Export získala polovinu slovenského výrobce závodních aut. Praga-Export s.r.o. est une entreprise dont le siège social est installé à Český Brod, en République tchèque.

Histoire de la marque Les débuts (1907-1910) La société est créée le à la suite d'un accord entre l'industriel František Ringhoffer et la Société tchéco-morave de constructions mécaniques (První Českomoravská továrna na stroje), deux des plus importantes entreprises métallurgiques de l'empire austro-hongrois, dans le but de développer un département de construction automobile.

L'entreprise, qui a son siège à Prague, prend le nom de PAT (pour « Pražská automobilová továrna », en français « Manufacture automobile pragoise »). Les usines s'installent dans le quartier de Libeň sur près de . Elles emploient alors trente salariés.

Elles commencent par assembler des modèles de voitures particulières sous licences française (Renault, Charron) et italienne (Isotta-Fraschini), et de véhicules utilitaires sous licence suédoise (Dykomen).

Ces voitures haut de gamme à la technologie avancée ne sont pas adaptées au marché tchécoslovaque et se vendent mal., mais elles permettent aux ateliers de faire leurs armes. Progressivement, ils apprennent à fabriquer eux-mêmes les pièces des modèles assemblés. Cet échec commercial entraîne Ringhoffer à se désengager dès 1909. Le , à la suite de la mort de ce dernier et du changement de statuts de sa société, la PAT adopte le nom commercial de Praga.

Les années d'expansion (1911-1921) vignette|Accident de route d'un camion Praga à Berejany, vers 1916. À partir de 1911, la marque est en mesure de concevoir et de produire ses propres modèles. Cette orientation correspond à l'arrivée de Josef Havránek à la direction, et surtout de l'ingénieur František Kec à la tête du bureau d'étude..

La marque est réellement lancée lorsqu'elle décroche une commande très importante de l'armée autrichienne, qui sélectionne son modèle de poids lourd type V. La production de ce véhicule militaire va en quelque sorte servir de base au développement de la production civile..

En quelques années, Praga constitue une gamme cohérente comprenant des voitures particulières avec un modèle d'entrée de gamme (Alfa-1913), de milieu de gamme (Mignon-1911) et de haut de gamme (Grand-1912), mais aussi des utilitaires (les camions L et T-1912, R-1913) et des véhicules agricoles.

À partir de 1913 jusqu'en 1925, Praga propose trois modèles d'engins agricoles qui en raison de leur qualité sont également produits sous licence par d'autres manufacturiers européens.

Durant la Première Guerre mondiale, la firme cesse pratiquement la production de voitures particulières pour se consacrer au développement et à la fabrication de transmissions hydrostatiques (1916), du camion N à destination de l'armée, et de la charrue motorisée X (1917). Les mois qui suivent l'armistice ne marquent pas la fin des hostilités en Europe centrale : le démembrement de l'Empire austro-hongrois est cause de conflits territoriaux où la Hongrie et la Tchécoslovaquie s'affrontent. Cette résurgence de la guerre interrompt la production, et surtout enchérit considérablement le prix de l'essence. Pour tenter d'obvier à la pénurie, Praga conçoit et produit son propre carburant : le pragolin, un mélange de benzène et de kérosène qui revient deux fois moins cher que l'essence. Ce carburant sera surtout utilisé pour les charrues motorisées.

En 1921, on assiste à un regroupement industriel et la Société tchéco-morave fusionne avec la Kolben, une entreprise de pointe en électrotechnique. La marque poursuit sa diversification en produisant des moteurs et des boîtes de vitesses pour d'autres types de véhicules tels que les avions ou les blindés militaires.

L'apogée : la ČKD-Praga (1921-1938) vignette|Affiche publicitaire de Praga, 1931.

Rapidement, les Praga assoient leur réputation, aussi bien sur le marché intérieur qu'à l'étranger. Les voitures sont appréciées pour leur qualité de fabrication, leur fiabilité et leur équipement soigné. Pour l'ingénieur concepteur František Kec, la robustesse et la qualité découlent naturellement de la simplicité. L'argument publicitaire avancé dès cette époque est qu'on acquiert une Praga « pour plusieurs centaines de milliers de kilomètres ».. Les voitures ont une silhouette classique, sans grande originalité, un peu massive, mais elles sont confortables et spacieuses. On les surnomme volontiers les « Mercedes tchèques ». Elles sont en outre meilleur marché que les voitures concurrentes de même catégorie. De même, les utilitaires sont robustes, simples d'entretien et efficaces.

Praga s'appuie avant tout sur des solutions éprouvées, même si certains choix techniques : roues indépendantes, freins hydrauliques, boîtes synchronisées... sont innovants. Une autre caractéristique de la marque sera de produire les mêmes modèles sur plusieurs décennies. La production de la Praga Mignon par exemple s'étale de 1911 à 1929 en dix-huit séries. Une série correspond en général à une année de fabrication, mais certaines séries durent plusieurs années, de même qu'une même année peut voir la sortie de plusieurs séries. Chaque série constitue une évolution de la série précédente, mais les changements majeurs sont plus espacés : ainsi seules cinq versions de la Praga Mignon peuvent être considérées comme réellement différentes. En général, ces changements de versions sont marqués par une modification de la motorisation et de la carrosserie. La société se développe rapidement et diversifie sa production avec des utilitaires, des autocars, des engins agricoles et des motocyclettes. Le premier modèle de celles-ci, la 500 BDS, rencontre un vif succès notamment dans sa version side-car.

En 1927, la Tchéco-morave-Kolben fusionne avec un autre géant tchèque de la construction mécanique : la Breitfeld-Daněk, pour constituer la ČKD (Českomoravská Kolben-Daněk), qui va employer jusqu'à ouvriers et investir l'éventail complet de la production mécanique, . Praga en sera en quelque sorte la branche automobile et motocycliste. Kec est nommé administrateur, tandis que l'ingénieur Petranek est placé à la tête du bureau d'études. Cette période voit l'introduction de nombreuses nouveautés techniques dans les véhicules : culasses démontables avec chambres de combustion Ricardo, servofreins, roues avant indépendantes, boîtes de vitesses synchronisées, motorisation Diesel.

La nouvelle version de la Piccolo lancée en 1924, plus abordable que le modèle Alfa, devient ainsi rapidement populaire dans toute l'Europe centrale, permettant à de nombreux foyers d'acquérir leur première automobile. Elle sera le modèle phare de la marque dans les années d'avant-guerre.

En 1929, Praga atteint son point culminant. La société produit véhicules – plus que tous les autres constructeurs tchèques réunis. Les exportations représentent environ 10 %. Praga sont alors en circulation, contre Škoda et Tatra. Sur les taxis qui sillonnent Prague, la moitié sont des Praga. La crise économique des années 1930 frappe durement la société comme tous les autres constructeurs automobiles mondiaux. Sans doute pour cette raison même, cette période s'accompagne d'une grande diversification dans la production de la marque. Le modèle de motocyclette 300 BCS succède à la 500 BDS. Un trolleybus, le type TOT, est lancé sur le marché.

L'innovation la plus notable est la création d'une branche aéronautique, avec la création du Praga E.114 « Air Baby », un monomoteur à caractère sportif.

En 1933, Praga présente les camions Type RN & RND qui vont équiper l'armée tchécoslovaque. Ce camion sera également fabriqué sous licence en Yougoslavie.

En 1934, la gamme automobile est profondément renouvelée avec le lancement de quatre nouveaux modèles : la Lady, la Baby, la Golden et la Super Piccolo. Leur carrière sera brève, interrompue par la guerre. Seule la production de la Lady reprendra quelque temps après la fin du conflit.

Les années de guerre (1939-1945) En 1931, des discussions sont entamées avec les sociétés Škoda et Tatra en vue d'un rapprochement. Tatra se désiste au dernier moment, mais l'accord avec Škoda débouche sur le développement à partir de 1935 du char léger LT vz. 38. Simple, robuste et fiable, ce char équipé d'un moteur six-cylindres en ligne est d'abord fabriqué en petites séries pour l'exportation (la version LTH est produite pour la Suisse où il reçoit la dénomination de Panzerwagen 39). La production ne débute en série qu'en 1939, trop tard pour l'armée tchécoslovaque, mais non pour la Wehrmacht. Les Allemands la reprennent dès qu'ils occupent le pays. La ČKD devient alors la BMM (Böhmisch-Mährische Maschinenfabrik AG) et le char reçoit l'appellation de Panzer 38(t) dont il existera de nombreuses déclinaisons.

Le , la circulation passe à droite. Les nouveaux modèles sont modifiés en ce sens, mais aussi les anciens bus afin de tenir compte de la nouvelle façon d'accéder des voyageurs. Le poste de conduite demeure toutefois à droite. Le TO II est un exemple de ces modèles adaptés.

Pendant la guerre, la fabrication automobile est totalement arrêtée. Les usines produisent quelque temps des RV, avant d'être dévolues aux moteurs de char, aux transmissions type Wilson, aux véhicules à chenilles (FlakPz 38 (t), SdKfz 138/1 Bison, Hetzer, Marder III, StuPz 38 (t) Hetzer-Bizon et autres). On y répare également les blindés.

Le , l'usine est presque totalement détruite par les bombardements aériens. Les ateliers abandonnent alors le quartier de Libeň où ils étaient installés pour celui de Vysočany où ils intègrent de nouvelles installations. On y reprend la production des camions RN.  

Entreprise d'État (1946-1991) Le , un décret présidentiel nationalise l'entreprise. Le suivant, Praga est désignée pour occuper le secteur du transport routier. Cela scelle la fin de sa branche aéronautique. Les usines reconstruites se consacrent, dans le cadre de l'économie socialiste planifiée, à la production de véhicules utilitaires, notamment militaires (camions RN, RND, ND, A150 et autobus NDO).. La fabrication des voitures particulières est maintenue, mais en très faibles quantités : une petite centaine de Praga Lady sortiront des chaînes.

Le , Praga devient l'entreprise d'État Auto-Praga. La direction communiste a décidé de réduire la production automobile, et la société abandonne la fabrication des véhicules particuliers. Elle produit seulement les camions RN et RND.

C'est à la demande de l'armée que la société conçoit le camion tout terrain Praga V3S qui sera produit de 1952 à 1985 dans les usines Avia, et sera largement diffusé en Tchécoslovaquie et dans tout le Bloc de l'Est en de multiples versions destinées aux pompiers, transports routiers lourds, camions-grue, engins de secours, lutte anti-aérienne pour l'armée, etc. Ce camion restera en service dans l'armée tchèque et dans plusieurs armées du bloc de l'Est pendant plus d'un demi-siècle. Il est à la fois l'emblème et la plus belle réussite de la marque à l'ère de l'économie socialiste. En 1956, Praga propose une version routière et civile de ce modèle, le S5T.