Martin Selmayr, né le à Bonn en Allemagne, est un avocat et homme politique allemand.

Membre du parti belge flamand Christen-Democratisch en Vlaams, occupant différentes fonctions au sein de la Commission européenne à partir de 2004, il organise en 2014 la campagne de Jean-Claude Juncker au poste de président de la Commission européenne, puis devient son directeur de cabinet, une fois l'intéressé élu.

En , Jean-Claude Juncker le nomme secrétaire général de la Commission dans des conditions controversées. Au travers de ses différentes fonctions, il exerce une influence de premier plan au sein de la Commission européenne, au point d'être parfois perçu comme la personnalité la plus puissante de celle-ci.

Cependant, le Parlement européen adopte à une très large majorité une résolution qui condamne sa nomination, puis exige son départ immédiat. Il finit par quitter son poste le à l'instigation d'Ursula von der Leyen qui vient d'être élue pour succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission. En , Martin Selmayr est remplacé par Ilze Juhansone.

Depuis , il est ambassadeur de l'Union européenne près le Saint-Siège, près l'Ordre souverain de Malte, les organisations de l'ONU à Rome et à Saint-Marin..

Biographie

Origines et famille Martin Selmayr naît le à Bonn, en Allemagne de l'Ouest. Il a une sœur.

Leur père, , est juriste et occupe le poste de chancelier de l'Université de la Bundeswehr à Munich de 1973 à 1978 ; leur mère est née Silke Gaedcke. Le général de la Bundeswehr est leur grand-père.

Études Après son Abitur à Karlsruhe, il fait des études de droit à partir de 1990 aux universités de Genève et de Passau, ainsi qu'au King's College de Londres et aux universités de Califonie à Berkeley et à Davis. Il obtient en 2001 un doctorat en droit à Passau, puis le brevet d'avocat.

Premiers postes et rattachement partisan Martin Selmayr a travaillé pour la Banque centrale européenne entre 1998 et 2000 avant de devenir conseiller juridique du groupe de médias allemand Bertelsmann.

Il est membre du parti belge flamand Christen-Democratisch en Vlaams.

Au sein de la Commission européenne vignette|droite|Le siège de la Commission européenne à Bruxelles dont Martin Selmayr est secrétaire général en 2018-2019. Premières fonctions Depuis 2004, il fait partie du personnel de la Commission européenne, où il occupe d'abord la fonction de porte-parole.

De 2009 à 2014, il est directeur de cabinet de Viviane Reding, commissaire à la Justice. À ce poste, il est l’un des principaux artisans de la fin des frais d’itinérance et du règlement général sur la protection des données (RGPD), et contribue à lancer la création d’un parquet européen.

Directeur de cabinet de Jean-Claude Juncker En 2014, il organise la campagne de Jean-Claude Juncker pour la présidence de la Commission. Une fois celui-ci élu, il devient son directeur de cabinet, ce qui en fait, pour Contexte, de Jean-Claude Juncker à Bruxelles : . À ce poste, il est notamment amené à maintenir les propositions sur la taxation des géants du Web, contre l'avis des cabinets de la commissaire au Commerce et du vice-président aux Investissements qui réclament un report. Il contribue également à faire du marché unique numérique une priorité politique pour la Commission Juncker.

Secrétaire général de la Commission européenne

Une nomination controversée En , il est nommé secrétaire général de la Commission européenne par Jean-Claude Juncker.., à la surprise générale.. Alors qu'il était candidat au poste de secrétaire général adjoint fin janvier, il bénéficie du départ à la retraite surprise, annoncée en plein collège de la Commission, le , d'Alexander Italianer, secrétaire général depuis 2015.. Selon Jean Quatremer, c'est l’Espagnol Luis Romero Requena, directeur général du service juridique, qui organise sa nomination.

Cette nomination au poste administratif le plus prestigieux au sein de l’exécutif européen déclenche une vive polémique, désignée sous le nom de . Elle est contestée pour son processus opaque, à l'insu de la plupart des commissaires européens, et pour son entre l'administration et l'appareil politique européens. Mediapart estime également que sa nomination pose des questions . Des eurodéputés ont par ailleurs demandé à la Commission pourquoi la page Wikipédia de ce politique mentionnait sa nomination avant l'annonce officielle. Il a alors affirmé avoir lui-même mis à jour la fiche le concernant, niant les accusations portées contre lui.

Jean-Claude Juncker déclare alors qu'il quitterait la présidence de la Commission européenne si Martin Selmayr venait à être forcé de quitter son nouveau poste..

En , le Parlement européen adopte à une très large majorité une résolution qui condamne sa nomination : celle-ci appelle l’exécutif européen à rouvrir le processus de nomination pour que d’autres candidats puissent postuler, demande de reconnaître que l’affaire a terni sa réputation, et exige la fin de cette pratique dans toutes les institutions de l’UE. Le Parlement européen rejette cependant un amendement déposé conjointement par les groupes des Verts et de la Gauche unitaire européenne qui plaide pour une démission immédiate de Martin Selmayr, ..

Dans un communiqué, la Commission rejette l'hypothèse de la réouverture du processus de nomination et affirme avoir ; elle propose cependant la tenue d’une , afin de réfléchir à . La médiatrice européenne Emily O'Reilly lance une enquête sur les conditions de la nomination.

En , il nomme la Danoise Pia Ahrenkilde Hansen comme secrétaire générale adjointe : celle-ci était la seule candidate à ce poste, tout comme Martin Selmayr au poste de secrétaire général. Jean Quatremer qualifie cette nomination de : ..

Dans ses conclusions rendues en , la médiatrice européenne estime que , relevant .. La Commission répond en évoquant une .

Le , approuvant le rapport de la médiatrice européenne, le Parlement européen adopte une résolution à la majorité (71 %) appelant à la démission de Martin Selmayr.. Le , le Parlement européen exige par 313 voix contre 246 son départ immédiat. Selon Jean Quatremer, ce nouveau vote survient alors que la Commission a reconnu que Martin Selmayr avait supervisé ses réponses au Parlement sur les circonstances de sa nomination, .

Exercice de la fonction Premier fonctionnaire européen, mais aussi homme de pouvoir, il est admiré par les uns, craint et dénigré par les autres qui l'affublent du surnom de ou Cécile Ducourtieux, Martin Selmayr ou l'ivresse du pouvoir à Bruxelles dans Le Monde du 14 mars 2018 .

Jean Quatremer affirme en que .

Contexte indique en qu'il parvient à au cours de ses premiers mois d'exercice, au point que ..

Il soutient la Croatie dans son différend frontalier avec la Slovénie au sujet de l'accès à la baie de Piran, seul endroit permettant à la Slovénie d’avoir accès aux eaux internationales, notamment en cherchant à remettre en cause le jugement rendu par la Cour permanente d’arbitrage, favorable à la Slovénie.

Après les élections européennes de 2019, plusieurs chefs d’État et de gouvernement demandent expressément son départ.. Il tente en vain de promouvoir la candidature du Premier ministre croate, Andrej Plenković, pour la présidence de la Commission. Chargé d'assurer la transition entre la commission sortante et Ursula von der Leyen, candidate pressentie pour succéder à Jean-Claude Juncker, il monte une équipe chargée des auditions de cette dernière auprès des groupes du Parlement européen. Jean Quatremer attribue ses difficultés dans cette phase à sa volonté d'assurer ses intérêts personnels avant tout... Il annonce son prochain départ de la Commission européenne le , jour de l'élection d'Ursula von der Leyen au Parlement européen. Selon Jean Quatremer c'est Ursula von der Leyen qui aurait exigé et obtenu sa tête.. En , il est remplacé par Ilze Juhansone, qui devient secrétaire général de la Commission européenne, à titre intérimaire dans un premier temps, puis de façon permanente.

Notes et références

Liens externes

Articles connexes

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