L'allée couverte du cimetière des Anglais, est un dolmen, situé dans le bois des Loctaines, au lieu des Carneaux, sur le territoire de la commune de Vauréal dans le département du Val-d'Oise.
Historique
L'allée couverte, édifiée vers , est un monument druidique qui a été utilisé pendant environ .
L’édifice, connu depuis longtemps dans la région, fut en partie pillé. Appelée « Cimetière des Anglais » depuis le , l'allée couverte doit son nom à l'occupation anglaise durant la guerre de Cent Ans.En réalité, aucun cimetière anglais ne se trouvait là : les corps retrouvés datent tous du Néolithique. Toutefois, il est possible que, pendant la guerre et le siège de Pontoise, les Anglais y aient enterré quelques personnages importants, ce qui aurait donné naissance à ce nom.
Selon la monographie, le lieu appelé « Carneaux » pourrait provenir d'une déformation de Caro, Carnis ou Carnem, évoquant l'idée de chair, et désignerait des dolmens que les druides utilisaient comme autels pour des sacrifices humains ou autres.
Le site a été fouillé par le vicomte Amédée de Caix de Saint-Aymour en 1867, révélant des armes et des outils en silex qui indiquent que le monument date de l'âge de la pierre Gérard Bailloud, Le Néolithique dans le Bassin parisien, Numéro 2, Partie 1, 1974 p.335.. L'édifice figure dans les armoiries de Vauréal, créées en 1943« Les armes de Vauréal » dans Jules Bourgoin, « Vauréal : promenades et souvenirs », Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, 56, 1957, 47.. Il a été classé monument historique le et restauré en 1972.
Description L'allée couverte a été édifiée près du sommet d'un coteau, à d'altitude, surplombant une boucle de l'Oise. Elle est orientée d'est en ouest, l'entrée tournée vers la vallée à l'est. La longueur totale du monument reste inconnue, car seule la chambre subsiste de la construction d'origine.
La chambre, large d'environ , est délimitée par de grands orthostates (dont trois dépassent et deux autres ) en grès Bartonien, pour une longueur totale de au nord et au sud. Les dalles des parois latérales reposent sur une assise de plaquettes en calcaire et sont par endroits renforcées par des murs en pierres sèches, probablement pour stabiliser le sol sableux lors de la construction du monument. Les espaces entre les dalles ont été comblés avec soin par des pierres sèches bien agencées. Le chevet est formé d'une dalle massive de de largeur, et d'environ de haut hors sol et d'épaisseur.
La plupart des orthostates sont en grès feuilleté local, mais deux sont en grès pommelé provenant du massif de l'Hautil, ont probablement été choisies pour leur aspect décoratif. Certaines dalles pèsent jusqu'à 5 tonnes.
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La chambre est divisée en trois sections par deux petits murets transversaux en pierres sèches, d'environ de hauteur, posés à fleur de sol pour limiter l'érosion. Le sol était entièrement recouvert de dalles de pierre, dont deux ont été mises au jour lors des fouilles de 2018.
Dans les années 1970, des fragments de la dalle d’entrée ont été découverts à plusieurs centaines de mètres au nord de l'allée. Il s'agit d'une dalle en calcaire à grains fins, taillée pour former une ouverture en bouche de four (estimée à environ de large sur de haut) encadrée d'une feuillure. Elle possède un trou ( de haut sur de large) situé à environ du sommet, probablement lié au système d'obturation. L'originale est conservée au musée de Guiry-en-Vexin et a été remplacée sur site par une copie en béton.
Aucun témoignage ancien ne mentionne la présence d'une couverture, mais d'après un plan établi par Leguay en 1827, quatre dalles traversaient la chambre et pourraient avoir été des fragments de tables de couverture. Des encoches pour des poutres dans les orthostates laissent penser à un toit plus ancien en bois, remplacé ensuite par une couverture en pierre. Les dalles de couverture auraient sans doute été réutilisées comme matériau bien avant les fouilles de 1867. À l'origine, l'allée était probablement enfouie, le sol sableux qui l'entourait ayant disparu avec l'érosion, laissant seule l'entrée visible depuis la vallée.
Couche archéologique Malgré des pillages antérieurs, selon de Caix, la couche archéologique mise au jour en 1827 était encore assez intacte. Épaisse de à , elle contenait des ossements, des silex, du charbon et divers objets. La plupart des restes humains étaient en connexion, dont cinq squelettes adossés contre les parois de la chambre. Au , d'après les 25 crânes et les os longs retrouvés, on estimait à environ quarante le nombre d'inhumations. Les fouilles de restauration menées dans les années 1970 ont livré plus de appartenant à 43 personnes. Après les campagnes de fouilles de 2018 et 2021, le nombre de personnes inhumées découvertes a été estimé à une centaine ; en tenant compte des ossements disparus, on suppose que 300 à 400 personnes ont été inhumées sur la période de ans d'utilisation du site.
La plupart des ossements appartiennent à des adultes, mais on trouve aussi ceux de quelques enfants. Les plus âgés avaient de 60 à 65 ans. La majorité des individus sont morts de vieillesse, et les signes de mort violente sont rares. Certains os montrent des traces d'arthrose, un cas de tuberculose est confirmé, et un crâne présente des marques de trépanation.
Le mobilier funéraire comprenait de nombreux objets en silex (haches polies, nucléus, fragments de poignard, pointes de flèches), ainsi que des éléments de parure (hache-amulette en fibrolite, perles, pendentifs). Un squelette féminin portait un collier complet composé de près de 300 perles (en os ou en corne, en ardoise) et d'une hache-amulette en jadéite. Les objets sont conservés au Musée archéologique départemental du Val-d'Oise à Guiry-en-Vexin. Le matériel archéologique recueilli par Amédée de Caix de Saint-Aymour est, quant à lui, conservé au musée de Senlis.
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Articles connexes Sites mégalithiques du Val-d'Oise Liste des monuments historiques du Val-d'Oise
Liens externes
Cimetière des Anglais Cimetière des Anglais Catégorie:Monument historique dans le Val-d'Oise Catégorie:Monument historique classé en 1969