L’Église protestante luthérienne du pays de Hanovre () est une église protestante régionale (Landeskirche) luthérienne en territoire de l’État allemand de Basse-Saxe (plus la ville de Bremerhaven), couvrant le territoire de l'ancien royaume de Hanovre, membre de l'Église protestante en Allemagne (EKD).

Le siège du Landesbischof (évêque du pays) est la capitale de l'état de Basse-Saxe, Hanovre. La Marktkirche de Hanovre est le lieu de prédication de l'évêque.

Foi et appartenances L'Église de Hanovre est basé sur les enseignements de Martin Luther. L'Église de Hanovre est membre de l'Église protestante en Allemagne (EKD) et la Confédération des Églises Protestantes en Basse-Saxe..

L'Église de Hanovre est un membre de l'Organisation de l'Église protestante luthérienne d'Allemagne (VELKD), la Communauté des Églises protestantes en Europe, et de la Fédération luthérienne mondiale.

Elle entretient des relations officielles avec l', l'Église évangélique éthiopienne Mekane Yesus, the Tamil Evangelical Lutheran Church of South India, l', l'Église évangélique luthérienne de France (aujourd'hui Église protestante unie de France), et plusieurs autres églises luthériennes dans différents pays.

Pratiques L'ordination des femmes et la bénédiction des unions de même sexe ont été autorisésEvangelisch.de: Hannoversche Landeskirche will gleichgeschlechtliche Paare segnen (German).

Histoire La Réforme en Basse-Saxe L'Allemagne du Nord-Ouest est devenue en grande partie protestante dans les 25 premières années après le début de la Réforme. Celle-ci s’y est développée selon deux processus indépendants..

Dans les villes, c’est le petit peuple qui adopta de bonne heure la doctrine luthérienne, qui gagnait surtout des partisans à travers ses hymnes en allemand. Les nobles étaient en général du côté de l’Église catholique, avec laquelle ils étaient liés de plusieurs manières, en étant souvent les bienfaiteurs et parfois les bénéficiaires. À Hanovre, dans la phase décisive de la Réforme urbaine de 1530-1532, les guildes savaient combien elles dépendaient des patriciens avec ses liens économiques et politiques. Dans des négociations longues, sans effusion de sang, les tentatives de trouver un compromis furent sans résultat. Les patriciens partirent vers Hildesheim croyant – à tort - que cela exercerait sur la population urbaine une pression favorable à l’ancienne Église.

Dans les principautés, rien de tel que ces troubles urbains. Ce sont les princes qui décident et bon nombre d'entre eux décident d'opter pour le luthéranisme. Un processus calculé, étape par étape, caractérise par exemple la politique religieuse d’Ernest le Confesseur (1521-1546) pour amener sa principauté de Lunebourg à devenir luthérienne. La Réforme fut implantée à la principauté de Calenberg par la duchesse Élisabeth de Brandebourg (1510-1558, régnante de 1540 à 1546) dans des conditions politiquement plus risquées. Henri II de Brunswick-Wolfenbüttel, dit Henri le Jeune (1514-1568), était quant à lui d’opinion fidèle à l’église ancienne et se fit le champion du catholicisme en Allemagne du nord pour des raisons tant politiques que confessionnelles. Malgré toutes les tensions avec Charles Quint, Edzard (dit le Grand) avait jeté les bases de l'introduction de la nouvelle doctrine en Frise orientale. Pendant ce temps, les conflits religieux touchaient à peine les esprits dans les campagnes et laissaient une bonne partie de la noblesse indifférente.

Aussi la Réforme en Allemagne du Nord-Ouest eut-elle besoin d'aides étrangères pour s’organiser : Johannes Bugenhagen vint de Wittenberg, Urbanus Rhegius d'Augsbourg, Jean de Lasco de Pologne. Seul le réformateur du pays de Calenberg, le Hessois Anton Corvinus, d'origine de la principauté épiscopale de Paderborn, pouvait se fier à sa connaissance du pays et de ses conditions politiques et sociales.

La division du mouvement de la Réforme atteint aussi la région. Ce n'est que sur la côte de la mer du Nord que le calvinisme, parfois même le mouvement anabaptiste (dans la forme communautaire de Menno Simons) peuvent prendre pied. Un ancien prêtre catholique, le noble polonais Jean de Lasco, appelé à Emden en 1543, a donné une forte impulsion au mouvement réformé en Frise orientale. La Révolution de 1595 à Emden contre le comte luthérien Edzard II a placé la ville dans les mains des calvinistes avec Johannes Althusius à leur tête. Des paroisses réformées se multiplient également dans le comté de Bentheim sur le principe « cujus regio, ejus religio ».

Avant la formation de l’Église de Hanovre Avant la formation de l'Église protestante luthérienne de Hanovre en 1863/1864, plusieurs églises protestantes régionales avaient été établies à l'intérieur des frontières des régions préexistantes, intégrées au royaume de Hanovre en 1814. Ces églises étaient : l'ancienne Église de Hanovre (issue de la fusion en 1705 des Églises d'état luthériennes de la principauté de Calenberg et de la principauté de Lunebourg, avec leurs diverses subdivisions internes issues de la féodalité), dont le consistoire se trouvait à Hanovre ; le diocèse général d'Aurich (1815-1922, intégré depuis 1863 à l'église hanovrienne) ; ce consistoire installé en Frise orientale est responsable à la fois des églises luthériennes et des églises réformées sur son territoire ; le diocèse général de Brême-Verden (intégré depuis 1863 à l'église hanovrienne), comprenant le Haut-Bailliage de Stade à l’exception du Pays de Hadeln ; l'Église luthérienne du Pays de Hadeln (1525-1885, intégré depuis 1863 à l'église hanovrienne) basée à Otterndorf ; l’Église du district de Loccum (Bezirk Loccum) ; l’Église du district d'Osnabrück-ville (Bezirk Osnabrück-Stadt) ; l’Église du district rural d'Osnabrück (Bezirk Osnabrück-Land). Ces églises étaient toutes des églises d'État dans le Royaume de Hanovre, le roi étant leur summus episcopus (le gouverneur suprême des églises), mais elles n’avaient aucune organisation commune. En 1848, les paroisses luthériennes furent démocratisées par l'introduction de conseils presbytéraux (en allemand : Kirchenvorstand), élus par les paroissiens et présidant chaque paroisse en coopération avec pasteur, qui était jusque-là le seul président. Cette réforme était quelque peu révolutionnaire dans les églises luthériennes plutôt hiérarchiquement structurées. Tandis que les luthériens libéraux réclamaient l'établissement de synodes élus (assemblées générales ou régionales), encouragés par le développement général du parlementarisme, les luthériens piétistes ou revivalistes luttaient pour la séparation des Églises et de l'Etat ou en tous cas pour l'autonomie des églises luthériennes afin de renforcer la religion et la foi contre l'ingérence du gouvernement dans les affaires ecclésiastiques, considérées par elles comme trop rationalistes et trop inspirées par les idées des Lumières. Ainsi, les luthériens libéraux et revivalistes voulaient former un corps ecclésiastique composée de clercs et de laïcs élus et nommés, tel que prévu par la constitution de Hanovre de 1833.

La querelle du catéchisme de Hanovre Le catéchisme utilisé depuis 1790 étant très critiqué par les revivalistes comme trop proche des idées des Lumières, le gouvernement royal, plus précisément le ministère des cultes et de l'éducation, mit en chantier une réforme du catéchisme et nomma un groupe d’experts à cet effet. Le résultat fut un nouveau catéchisme, basé sur celui de 1634, et officialisé par un décret du gouvernement le . Si le résultat avait été moins controversé, l'administration royale aurait pu avoir l'occasion de continuer sa politique régalienne de gouvernement de l'église, mais le nouveau catéchisme quelque peu archaïsant voulu par le roi Georges V de Hanovre, qui incluait même la confession régulière, fut dénoncé par beaucoup de luthériens libéraux comme trop catholique et très peu protestant. Cela provoqua un scandale qui prit de court l’administration royale. Inspiré par la note de protestation «Prüfet Alles» (« examinez tout ») écrite par le pasteur (qui fut plus tard surnommé le Luther du Wendland), un mouvement de développa autour du thème « les autorités cherchent à confisquer les libertés protestantes », le reproche le plus fort adressé au roi étant qu’avec l'introduction du catéchisme, il avait violé la Constitution qui prévoyait en pareil cas un organe consultatif.. Convoqué par le Consistoire de Hanovre afin de s'expliquer, le pasteur Baurschmidt fut accompagné par plusieurs milliers de manifestants. L’attroupement menaça de dégénérer en émeute, des pavés furent lancé dans les fenêtres du consistoire et des troupes envoyées pour rétablir l’ordre, ce qui prit plusieurs jours et fit même une victime parmi les gendarmes. Georges V céda, il congédia son ministre des cultes, puis l’ensemble du gouvernement, et retira son catéchisme. Il accepta de faire reprendre la réforme du catéchisme par un conseil ecclésiastique conforme à la constitution de 1833. À l’automne 1862, le nouveau ministre du culte, Carl Lichtenberg, convoqua ce corps, appelé le proto-synode (Vorsynode). Il s’agissait d’une assemblée législative préliminaire de l'église comprenant 72 membres, dont 64 élus et 8 nommés par le roi, pour moitié composée de laïcs et pour moitié d’ecclésiastiques. Ce proto-synode se réunit plusieurs fois jusqu'au , devenant le corps fondateur de l'Église protestante luthérienne d'État de Hanovre, unissant les synodes des sept anciennes églises d’État du royaume.. Ses 72 membres, tous masculins, allaient définir une constitution entièrement nouvelle pour cette église unifiée, y compris les règlements concernant son synode général.

Fondation de l’Église protestante luthérienne de Hanovre