Eumenes coarctatus (une eumène en français) est une espèce de guêpes solitaires qui construit des nids de boue sèche, raison pour laquelle on la surnomme « guêpe potière » ou « maçonne ».
Elle est commune dans les landes à bruyères où la femelle construit des nids de sable et de boue en forme de vase conique. Chaque nid est garni d'une chenille glabre sur laquelle la guêpe pond un œuf. Les imagos sont actifs de juin à septembre.
Description
La guêpe femelle fait de , et un peu moins pour le mâle.
La tête porte des antennes filiformes, à flagelle noir, parfois légèrement orangé ventralement chez le mâle. Les mandibules puissantes sont adaptées au malaxage de la boue pour la construction des urnes.
Le thorax (mésosoma) a un aspect robuste, sculpté, avec de fines ponctuations.
L’abdomen (métasoma) est porté par un pétiole abdominal long et fortement étranglé, donnant une silhouette « en sablier ». Le premier tergite est tubulaire, très étroit, suivi d’un abdomen globuleux. Les tergites sont ornés de bandes jaunes transversales.
La coloration est d’un noir brillant dominant avec des bandes jaunes bien marquées sur le thorax et l’abdomen. Les pattes sont partiellement jaunes, les tibias souvent annelés.
Les ailes sont hyalinesayant la transparence du verre à légèrement fumées, avec une nervation typiques des Vespidae. Légère teinte brunâtre vers l’apex.
La femelle a un abdomen plus massif, avec un aiguillon fonctionnel. Le mâle porte des antennes parfois plus claires ventralement, et un abdomen plus étroit.
Reproduction
Après s’être accouplée, la guêpe femelle construit un pot sphérique en apportant 25 petites boules de boue ; elle met 2 à 3 heures pour compléter l’ouvrage. Elle dépose un seul œuf dans le pot. Puis elle entreprend de collecter des chenilles qu’elle entasse dans le pot – elle peut en collecter jusqu’à 38 ! Elle termine en scellant l’entrée avec une boule de boue.
Chaque femelle construit environ 10 pots au cours de sa vie.
L’œuf éclot après environ 3 jours. La larve d’Eumenes consomme les proies constituées de chenilles de Geometridae, Tortricidae, en environ une semaine. Si le pot est construit avant la fin juin, la larve se nymphose immédiatement et émerge environ 2 à 3 semaines plus tard. Certains pots construits début juillet (jusqu’au 11 juillet dans le sud du Devon, Angleterre) peuvent également émerger la même année. Sinon, la larve adulte reste inchangée pendant l’hiver et se nymphose en avril ou mai.
Étymologie
Le nom de genre Eumenes vient du grec ancien εὐμενής (eumenḗs), composé de :
εὖ (eu) = bien, bon μενής / μένος (menos) = esprit, disposition, humeur
→ εὐμενής signifie donc : « bienveillant, favorable, de bonne disposition ». C’est un terme classique de la mythologie grecque : les Euménides (« les Bienveillantes ») sont un euphémisme pour les Erinyes, divinités redoutées qu’on nommait ainsi pour éviter de les offenser.
Ici, Eumenes évoque simplement une guêpe « paisible », « bienveillante », en contraste avec les guêpes sociales réputées agressives.
L’épithète spécifique coarctatus vient du latin coarctare, qui signifie :
resserrer, rétrécir, concentrer, contracter fortement.
→ coarctatus = « très resserré, fortement contracté ». En effet, le pétiole abdominal extrêmement étroit et allongé, donne à l’abdomen une silhouette « étranglée », presque filiforme avant de s’élargir brusquement.
Le nom complet signifie donc : « la guêpe bienveillante au pétiole resserré », ce qui correspond à la fois au comportement non agressif et à la morphologie très étranglée du premier tergite.
Comportement
Eumenes coarctatus est une espèce solitaire, non agressive. Elle est active surtout en été (juin – août). Elle a un comportement territorial autour des sites de nidification.
Habitat
Eumenes coarctatus vit dans des landes, friches, prairies sèches, zones ouvertes bien exposées.
La présence de sols argileux est indispensable pour la construction des nids en forme d’urnes, ainsi que la proximité d’une source d’eau (étang, ruisseau, tourbière) pour humidifier la boue.
Distribution
L’espèce est présente dans une grande partie de l’Europe tempérée. En France, elle est largement répandue dans toute la France, mais avec une fréquence variable selon les régions :
Commune dans les régions atlantiques et méditerranéennes. Plus localisée dans le Nord et l’Est.
Sous-espèces D'après : Eumenes coarctatus coarctatus (Linnaeus, 1758) Eumenes coarctatus limissicus Bluethgen, 1938 Eumenes coarctatus lunulatus Fabricius, 1804 Eumenes coarctatus maroccanus Gusenleitner, 1972 Eumenes coarctatus nuragicus Giordani Soika, 1986 Eumenes coarctatus turaniformis Bluethgen, 1959
Notes
Références
Liens externes
"Guêpes maçonnes" (Aramel)
Eumenes coarctatus et autres "Guêpes maçonnes" sur le site d'A Ramel Eumenes coarctatus en Belgique : site de l'UMONS (Université de Mons)
Bibliographie
Catégorie:Espèce d'Apocrites (nom scientifique) Catégorie:Eumeninae Catégorie:Insecte décrit en 1758 Catégorie:Taxon décrit par Carl von Linné