La peinture algérienne contemporaine apparaît dans les années 1920 à travers une première génération de précurseurs.

À partir des années 1950 la « génération de 1930 », la plupart de la dizaine des artistes qui la composent étant nés autour de cette année, conteste généralement la vision figurative et narrative, ressentie comme étrangère à la sensibilité maghrébine. Plusieurs tendances s'affirment, art naïf et expressionnisme, non figuration et peinture du signe.

Sur la fin des années 1960 le groupe « Aouchem » souhaite s'inspirer des traditions plastiques qui ont réussi à se maintenir dans l'art populaire.

Le recours à la graphie de la Lettre et du Signe soutient largement par la suite, les développements de la peinture algérienne.

Au début des années 1990 plusieurs artistes se tournent à nouveau vers la peinture figurative.

Précurseurs Près d'un siècle après la conquête coloniale, autour des années 1920, Azouaou Mammeri (1886-1954), Abdelhalim Hemche (1906-1978), Mohammed Zmirli (1909-1984), Ahmed Benslimane (1916-1951) et Miloud Boukerche (1920-1979) sont les premiers, tirant profit d’un enseignement parcimonieusement concédé, à introduire dans la culture algérienne la pratique de la peinture de chevalet. Le plus souvent, soumis à la pression de modèles esthétiques qui perpétuent l'académisme français, ils ne peuvent, malgré un recentrement de la vision sur la réalité de la vie algérienne, que s’inscrire dans les marges du courant orientalisteMohammed Khadda, Feuillets épars liés, SNED, Alger, 1983..

À la même époque, d’autres artistes travaillent à faire revivre la tradition de l’enluminure et introduisent en Algérie le genre oriental de la miniature. Bien que plaidant chez Mohammed Racim (1896-1974) ou Mohamed Temmam (1915-1988) en faveur du colonisé, leur célébration nostalgique des fastes du passé, palais, patios et princesses, vasques et gazelles, ne permet encore qu’une « expression oblique » de l’identité algérienne« Felouques turques, princesses diaphanes, gazelles dans les patios, vasques fleuries, images sélectives de la nostalgie, en marge du temps vécu » : la miniature ne connaît « ni les haillons de la plèbe, ni les métiers pénibles des classes laborieuses ni les thèmes prosaïques. Images à l'orée de l'histoire » : à l'abri de toute durée elle semble vouloir exclure de son univers d'équilibre et de mesure aux symétries précieusement brisées toute présence de la douleur, tout sentiment violent, toute tension, tout drame. Un combat de cavalier n'est plus qu'« élégant ballet », une bataille de navires que « fête et féerie nautique. Dans les patios toujours calmes, les démarches sont feutrées, les gestes lents (…) Dans cet univers clos de luxe discret et d'oisiveté (…) la fonction de la femme est d'être belle ». Rêveries repliées sur les splendeurs d'un temps perdu, la miniature, analyse Khadda, s'enfermera dans l'évocation du « confort désuet de couches sociales nanties à leur déclin », Mohammed Khadda, Mohamed Racim (1975), dans Feuillets épars liés, SNED, Alger, 1983, .« Le domaine de la miniature, art minorisé, ne permet qu'une expression oblique de l'identité nationale et ne ménage pas de possibilité d'évolution et de développement. L'art de la miniature sera frileusement intimiste et d'un navrant passéisme et le restera jusqu'à nos jours. En marge de la vie sociale, indifférente aux misères de notre peuple, aux atrocités d'une longue histoire, la miniature célèbre les fastes d'antan, les odalisques/hourris, le brocard et la soie (…). Mais cette voie qu'emprunte la miniature, malgré les travers et les défauts que nous avons évoqués, est une faille ouverte dans le vaste projet de dénégation de la culture et de l'histoire arabes (…). L'art occidental hégémoniste dans notre pays devra dorénavant cohabiter avec un art typiquement arabe, certes mal assuré, mais qui a le mérite de s'imposer dans sa flagrante différence et de créer un précédent. », Mohammed Khadda, Modernité et ressourcement (1982), dans Feuillets épars liés, SNED, Alger, 1983, et 43..

C'est sous ces deux seules formes, hormis la parenthèse romaine, que la figuration se développe en Algérie, sur le sol de plusieurs millénaires d'expressions populaires symboliques abstraites, berbères puis arabes et ottomanes, intégrées dans la vie quotidienne à travers l'architecture et le mobilier, les tissages et les poteries, le travail des cuirs et des métaux, où l'image représentative est des plus rares, sinon quasiment absente.

Fondateurs Il faut attendre ce que l'on a pu nommer la « génération de 1930 », la plupart de la dizaine des jeunes artistes qui la composent étant nés autour de cette année, pour que soit contestée en profondeur la vision figurative et narrative, ressentie comme étrangère à la sensibilité maghrébine. Ils sont, dans les années 1950, les véritables fondateurs de l’art algérien moderne. Certains, Adane, Issiakhem, Louaïl (1930-2011) et Mesli, ont fréquenté les Écoles des beaux-arts d'Alger et de Paris, ou, pour Guermaz et Benanteur, celle d'Oran. D'autres, autodidactes, comme le soulignait en 1964 Abderrahmane Kaki (1934-1995), se sont engagés solitairement dans leur art, Baya (1931-1998), mais aussi Khadda, typographe, Aksouh, forgeron, Zerarti, maçon. En un itinéraire comparable à celui des premiers grands écrivains algériens de langue française, Mohammed Dib, Mouloud Feraoun ou Kateb Yacine, quelques-uns de ces peintres, attirés par l'effervescence artistique qui s'y manifeste depuis le début du siècle, passent plus ou moins longuement par Paris et y présentent des expositions, tels Adane , Issiakhem, Khadda et Mesli, tandis que d'autres s'y installeront définitivement, Benanteur, Guermaz ou AksouhLes effets du voyage, 25 artistes algériens, textes de Fatma Zohra Zamoum, Ramon Tio Bellido, Michel-Georges Bernard et Malika Dorbani Bouabdellah, Palais des Congrès et de la Culture, Le Mans, 1995, .

Au lendemain de l'Indépendance, en , la paysagiste Bettina Heinen-Ayech rejoint l´Algérie et marque pour six décennies l´Art figuratif algérien avec son style tout particulier qui sera repris par ses émules de l´école dite de Guelma. L'exposition des « Peintres algériens » organisée en 1963 à Alger pour les « Fêtes du » et préfacée par Jean Sénac, a réuni des peintures d'Aksouh (1934-), Baya, Hacène Bénaboura, Benanteur (1931-2017), Bouzid (1929-2014), Guermaz (1919-1996), Issiakhem (1928-1985), Khadda (1930-1991), Azouaou Mammeri (1890-1954), Mesli (1931-2017), Martinez (1941-), Mohammed Racim (1896-1957), Bachir Yellès (1921-2022), Zérarti (1938-), mais aussi d'Angel-Diaz-Ojeda, Jean de Maisonseul (1912-1999), Nallard (1918-2016) et René Sintès (1933-1962), ainsi que des dessins d'enfants. Puis en 1964 celle qui est présentée à Paris au musée des arts décoratifs les réunissent. Durant quelques années la galerie 54 animée par Sénac, poète de l’espoir algérien, et les galeries successives de l’éditeur Edmond Charlot, qui le premier publia Albert Camus, les exposent, aux côtés de Sauveur Galliéro, Louis Bénisti, plus figuratifs, Jean de Maisonseul, René Sintès, mais aussi Louis Nallard et Maria Manton, Marcel Bouqueton, qui participeront à Paris, avec le graveur Marcel Fiorini, au développement de la peinture non figurative. Leurs œuvres sont rapidement introduites au musée des beaux-arts d'Alger que dirige Jean de Maisonseul de 1962 à 1970.

En 1963, dans la suite des  organisations de masse à l’époque, douze peintres se regroupèrent a l’ École supérieure des beaux-arts d'Alger et  décident la création de l’Union Nationale des Arts Plastiques (UNAP) cristallisant la fine fleur de la  peinture algérienne. Il y avait Bachir Yellès (Président fondateur) Ali Ali-Khodja, Choukri Mesli, Mohamed Temmam, M'hamed Issiakhem, Mohammed Khadda, Mohammed Zmirli, Mohamed Bouzid, Mohamed Ranem, Ahmed Kara-Ahmed, Kheira Flidjani, Mohamed Louaïl.L’UNAP, qui n’a jamais été dissoute, a été remplacée à la fin des années 80 par l’UNAC (Union Nationale des Arts Culturels), qui a pris en charge la gestion de la Galerie Racim jusqu’à ce que la wilaya d’Alger en prenne les commandes après des travaux de rénovation en 2016.

Art naïf, expressionnisme Trois grandes tendances s'affirment d'emblée. La première, qualifiée de « naïve », apparaît avec Hacène Benaboura et se trouve essentiellement incarnée par Baya dont l'art brut deviendra l'un des symboles de la création algérienne.

Doublement orpheline à cinq ans, recueillie à douze, l'itinéraire de Baya (1931-1998) semble, à l'image de son œuvre, relever d’une improbable féerie quand il lui est donné la possibilité de réaliser les gouaches, préfacées par André Breton, qu’Aimé Maeght expose en 1947 alors qu’elle n’a pas même seize ansBaya, Derrière le Miroir, Galerie Maeght, Paris, novembre 1947. Au-delà des complaisances de la légende, son parcours est ensuite interrompu durant dix ans après un mariage traditionnel. En 1963 Baya peut reprendre papiers et gouachesLucette Albaret, dans Baya, textes de Lucette Albaret, Michel-Georges Bernard et François Pouillon, Cahiers de l'ADEIAO , Paris, 2000, . Dans les fausses symétries de ses compositions, la couleur vive et contrastée s’équilibre en aplats tandis qu'un trait épuré cerne sans hésitation ni repentir les profils de ses « Hautes Dames », figures de la Mère à jamais énigmatique. Leurs visages transparents s'effaceraient dans la blancheur du papier si ce n'était l'éclat de leurs regards et la masse de leurs chevelures de jais. Les bouquets, les cruches et les fruits, plus tard les instruments de musique et toute la faune parallèle de poissons, oiseaux et papillons, qui les accompagnent, déliés de tout volume, se détachent sous une lumière étale en un espace qui refuse toute perspective illusionniste.

Plus figurative dans les visions colorées de Ahmed Kara-Ahmed (1923) et de Mohamed Bouzid (1929) ou, plus dramatiques, d'Ismail Samsom (1934-1988), une deuxième tendance, expressionniste, est dominée par la personnalité de M'hamed Issiakhem.

thumb|M'hamed Issiakhem en 1980. M'hamed Issiakhem (1928-1985)Site consacré à M'hamed Issiakhem (biographie détaillée; liste d'exposition; textes de Malika Bouabdellah, Benamar Médiene, Khaled Benmiloud, Kateb Yacine, Djamel Amrani)., « Œil de Lynx » comme le surnomme son ami Kateb YacineKateb Yacine, Œil-de-lynx et les américains, trente-cinq années de l'enfer d'un peintre, Ministère du Travail et des Affaires sociales, Alger, 1977, a quinze ans quand il manipule une grenade, ramassée dans un camp militaire américain : dans l'explosion deux de ses sœurs et un neveu meurent, il sera lui-même amputé d’un avant-brasLes effets du voyage, 25 artistes algériens, textes de Fatma Zohra Zamoum, Ramon Tio Bellido, Michel-Georges Bernard et Malika Dorbani Bouabdellah, Palais des Congrès et de la Culture, Le Mans, 1995, . La souffrance algérienne durant les années de guerre comme celle qu’endure le Tiers Monde dans la revendication de sa liberté ne cesseront de réactiver le climat angoissé de sa peinture qui exorcise tout à la fois les douleurs d’un drame personnel et les violences de l’histoire collective. Dans une solidarité rageuse avec les femmes et les hommes sous toutes les latitudes murés dans le silence de la misère ou de l’oppression, le geste d'Issiakhem fait surgir de pâtes épaisses tous les visages du malheur. Les célébrations de l’univers maternel, d'une sérénité dont le peintre s’est trouvé privé, constitueront autant de conjurations du tragique de la condition humaine.

Abdelkhader Houamel, un des premiers peintres et combattants de l’Armée de libération algérienne, figure parmi les premiers peintres du Front de libération nationale algérien qui ont exposé pendant la guerre d'Algérie en 1960 à Tunis The Passing of French Algeria, David C. Gordon, 1966,. Abdelkahder Houamel fait partie du courant abstrait qui ont influencé l'École des Beaux arts d’Alger avec les peintres Mohammed Racim, Bachir Yellès, Mohammed Khadda et Choukri Mesli .