thumb|Le pneu abandonné est un déchet très peu dégradable et contenant divers éléments toxiques. Son matériau est potentiellement entièrement recyclable. thumb|Pneus grossièrement déchiquetés. thumb|vue rapprochée montrant des ferrailles et éléments textiles. thumb|Conteneurs souples (de chacun) de pneu déchiqueté.
Le recyclage des pneus consiste à les réutiliser dans des filières de revente d'occasion et de pneus rechapés ou à en réutiliser la matière ; la valorisation des « pneus usagés non réutilisables » (PUNR) désigne la récupération et valorisation de matériaux (caoutchouc, acier), ou de molécules énergétiques (gaz, huile) ou de produits chimiques réutilisables.
Le recyclage s’appuie sur l'une des trois approches suivantes : D’abord réutilisation du pneu après contrôle pour un usage identique Réparation du pneu pour un usage identique après rechapage (recyclage) ; Utilisation du matériau pour produire de nouveaux objets d'usages différents (recyclage) ; Traitement du pneu-déchet pour y récupérer tout ou partie de ses composants chimiques, afin de les réutiliser en carbochimie voire pour fabriquer du caoutchouc recyclé, lequel pourrait servir à produire de nouveaux pneus (ce qui ne semble pas encore être le cas, mais depuis peu la dévulcanisation permet de recycler du caoutchouc de manière à le réutiliser pour produire de nouveaux objets en caoutchouc).Remarque : en France les opérations de valorisation énergétique des pneus, tout comme celles relatives à leur conversion en combustible et les opérations de remblaiement ne peuvent en aucun cas être qualifiées d'opérations de recyclageart. L541-1-1 du Code de l'Environnement.
Le principe de hiérarchisation des usages et des valorisations veut en Europe que dans la gestion des déchets, l'incinération sans valorisation énergétique soit la dernière voie d’élimination choisie, quand le recyclage et d’autres formes de valorisation ne sont plus possibles dans les conditions techniques et économiques du moment. Quand le pneu ne peut être recyclé, d’autres formes de valorisation sont alors possibles : l’incinération du matériau avec récupération d’énergie par exemple pour une industrie ou un réseau de chaleur urbain, avec valorisation possible des ferrailles résiduelles si elles étaient encore présentes dans le « combustible » ; une valorisation énergie en cimenterie où le pneu remplace le pétrole, le charbon ou le coke de pétrole (il produit à peu près autant de chaleur que l’anthracite) une valorisation matière en aciérie où le pneu est une source de fer ; pyrolyse ou autre méthode de récupération de molécules et/ou de vecteur énergétique (gaz et/ou « char » combustible).
Les autres solutions de recyclage et de « valorisation » des pneus en fin de vie sont : La mise en décharge ;désormais interdite en Europe. L'incinération sans valorisation énergétique Elles sont de moins en moins tolérées dans le monde.
Tendances réglementaires et en matière de gestion Aujourd'hui, après l'utilisation comme carburant en cimenterie (qui ne constitue pas vraiment du recyclage), c’est la granulation qui est la seconde voie de valorisation des pneus en fin de vieMyhre, Marvin; Saiwari, Sitisaiyidah; Dierkes, Wilma; Noordermeer, Jacques, Rubber recycling: Chemistry, processing and applications, Rubber Chemistry and Technology, 85 (3): 408–449, ., avec des filières devenant dépendantes des cimenteries. Ainsi le Maroc, qui est dépourvu de ressources pétrolières, importe des déchets de pneus pour alimenter ses cinq cimenteries ( de broyats de pneus importées en 2008), mais quand il a interdit en 2016 durant quatre mois l’importation de broyats de pneus pour ses cimenteries, le pays a perturbé Aliapur en France qui y valorisait une partie des pneus collectés en FranceActualité environnement (2016) Déchets pneumatiques : Aliapur a connu une année 2016 mouvementée.
En Europe Depuis le , il est interdit en Europe de mettre en décharge tout pneumatique usagé (hormis pneus de bicyclette et de diamètre extérieur supérieur à 1 400 mm)Directive du 26 avril 1999..
En France thumb|Comme le montre ce graphique sur les pneus nouvellement mis sur le marché français de 2012 à 2016, le nombre de pneumatiques à traiter en tant que déchet va encore augmenter en France (source : Rapport annuel de l'Observatoire des pneus usagés).
En 2003, la gestion des déchets de pneus passe sous la responsabilité élargie des producteursDécret du 24 décembre 2002 relatif à l'élimination des pneumatiques usagés, qui sera abrogé et remplacé en 2007 (décret du 12 octobre 2007) ou « REP ». Ceci implique que les metteurs sur le marché (manufacturiers, importateurs de pneus ou d’engins munis de pneus) doivent chaque année collecter et traiter Art. R. 543-144.-I. du code de l’environnement. une quantité de déchets de pneumatiques semblable au volume de pneus neufs mis sur le marché l'année précédente. Leurs obligations . Dans tous les cas, les déchets de pneumatiques collectés doivent être repris par les producteurs et stockés de manière à conserver leur intégrité, en les séparant d’autres types de déchets, et en les triant par typeArticle R. 543-145 du Code de l’environnement puis remis à des (par la préfecture du département de l’installation de regroupement ou sinon par le préfet du département du siège social ou du lieu de résidence du producteur).
En 2006, tous les types de pneus étaient concernés (voitures, poids lourds, motos, engins de travaux publics, tracteurs), hors pneus de vélos et cyclomoteurs (< et vitesse maximale de ).
Vers 2015, la majorité (66 %) des producteurs français avaient opté pour l'adhésion à Aliapur ou à FRP, Ardag (Guyane), AVPUR (Réunion), Association TDA (Guadeloupe) et TDA PNUR (à partir de 2003, les distributeurs et détenteurs ont dû choisir entre déléguer à des organismes collectifs (OC) le soin de remplir leurs obligations en matière de collecte et de traitement des déchets de pneumatiques, ou individuellement négocier des contrats de collecte et de traitement avec des professionnels).
En , un décret relatif à la gestion des déchets de pneumatiques a fixé un nouveau cadre réglementaire, suivi de trois arrêtés (en ) précisant les conditions de la collecte des pneus, les objectifs assignés aux éco-organismes ainsi qu’aux systèmes individuels, avec un plafonnement en 2020 de la valorisation énergétique (50 % de la valorisation au maximum). Les producteurs ( Goodyear, Michelin, Pirelli) doivent mettre en place des Point 3 de Art. R. 543-144-2 du Code de l’environnement. et une « écomodulation » doit être Art. R. 543-144-1. du Code de l’environnement. En 2015, alors que selon le ministère de l'Environnement, environ de pneus () sont annuellement mis sur le marché, la réglementation sur la gestion du pneu-déchet a été précisée, dont en matière de sanction en cas de non-atteinte des objectifs, de rattrapage, de couverture territoriale, de recyclage et de valorisation des déchets de pneumatiques, et de concertation avec l'ensemble de la filièreLégifrance, Décret du 18 août 2015 relatif à la gestion des déchets de pneumatiques, entrant en vigueur le octobre 2015. Il s’agit notamment de préparer l'échéance (2020) d’agrément des organismes collectifs et l'approbation des systèmes individuels en matière de gestion des déchets.
Depuis , les pneus de cyclomoteurs doivent être déclarésEn application du décret du 18 août 2015..
En 2016, un arrêté a précisé les informations relatives à la gestion des déchets de pneumatiques qui doivent être communiquées à l’administrationArrêté du 30 décembre 2016, relatif à la communication d'informations relatives à la gestion des déchets de pneumatiques.
Hiérarchisation des usages et valorisations Reprenant le principe européen de la hiérarchisation des usages et des valorisations, l'article R. 543-140 précise en France que :
La préparation en vue de la réutilisation ; Le recyclage ; Les autres modes de valorisation, y compris la valorisation énergétique.
État des lieux En France thumb|Presque 52,5 millions de pneus ont été mis sur le marché en 2016 en France (504 025 t) ; chaque couleur représente un type de pneu (en tonnes/an). thumb|Graphique présentant les filières principales de traitement/recyclage des pneus en fin de vie en 2016 en France (en tonnes/an). En 2015, avec l'aide de l'État, des manufacturier et d'Aliapur, les « stocks historiques » (d'avant 2003) ont été résorbés par l'association Recyvalor (créée pour cela).
En 2014-2015, une controverse concerne le statut du pneu : le « statut de déchet » s'applique à tout pneu abandonné par son dernier détenteur. Ce statut est critiqué par des entreprises exportant des pneus pour diverses formes de réemploi ou de rechapage, soutenues par le Syndicat national du caoutchouc et des polymères (SNPC) et en 2014 par l'association Travaux de normalisation du pneumatique pour la France (TNPF) en 2014. Ces derniers reprochaient à la législation européenne sur les déchets d'encourager leur traitement en Europe et de décourager leur export vers les pays pauvres. En 2007 un nouveau règlement sur les transferts transfrontaliers de déchetsRèglement 1013/2006 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2006 concernant les transferts de déchets a remplacé et simplifié celui de 1993 mais le déchet reste soumis à la convention de Bâle. Le transport, le stockage, la traçabilité, leur sécurité et leur gestion est considérée plus sévèrement par la douane et les autorités gérant le risque et les transports que s'il s'agissait de déchets verts, ce qui est jugé trop contraignant par ces entreprises. Les administrations rappellent que des pneus en fin de vie pourraient trop facilement être exportés pour être enfouis à moindre coût ou utilisés comme combustible dans de mauvaises conditions dans des pays pauvres où ils deviennent de nouvelles sources de pollution et de risque pour la santé. S'il est interdit en Europe d'exporter des déchets en vue de leur élimination dans des pays non membres de l'UE ou de l'Association européenne de libre échange (AELE) c'est précisément pour prévenir le transfert massif de déchets problématiques vers les pays en développement (dont véhicules hors d'usage)Roussel F (2007) La nouvelle réglementation européenne sur les transferts de déchets entre en vigueur aujourd'hui, Actu-Environnement, 12 juillet..
Au même moment (2014), les cimentiers font valoir que quand un pneu est utilisé comme combustible, sa partie inorganique (fer, silice, soufre et zinc, soit 12,55 % des tonnages de déchets pneumatiques collectés en 2015 par Aliapur en France) est incorporée dans le clinker, ce qui constitue selon eux une valorisation matière alors que cette part était autrefois comptabilisée sous forme de valorisation énergétiqueCollet P. (2015), Déchets pneumatiques : le recyclage progresse en 2015 grâce à la valorisation mixte en cimenterie (en 2015, le recyclage des déchets pneumatiques a bondi de dix points ; hausse qui ne traduit pas un recul des envois en cimenterie, mais un nouveau mode de calcul pour la valorisation des pneus), article aussi publié dans Environnement & Technique, .. Un nouveau mode de calcul dit de « valorisation mixte » (à la fois énergétique et matière) s'est ensuivi, lequel était déjà en cours en Espagne et au Portugal selon les cimentiers. Depuis 2014, 23,75 % du tonnage de pneus brûlés en cimenterie est considéré par les cimentiers comme de la valorisation matière.
En 2016, les opérateurs ont déclaré de pneumatiques usagés traitées (toutes catégories confondues), soit 1,9 % de moins qu'en 2015 (Aliapur qui en avait traité en 2015 n'en a traité que en 2016, alors que le nombre de pneus mis sur le marché est en augmentation depuis 2012). Le stockage croît à nouveau (delta-stock 2016 de , soit +12 %). La valorisation énergétique en cimenterie domine (43,6 % des pneus récupérés en 2016) devant la granulation (24,4 %) et la revente d’occasion (13,8 %).
En 2016, selon l’« Observatoire des pneumatiques usagés » :