TaïwanLa dénomination Taïwan désigne l'île et la république de Chine de manière usuelle. (), en forme longue la république de Chine () et parfois désignée en tant que république de Chine (Taïwan), est un État souverainVoir à ce sujet les critères définissant cette notion ainsi que l'article concernant le statut de Taïwan. de l'Asie de l'Est, qui s'étend sur dont la principale est Taïwan, autrefois appelée Formose et situé dans le Nord-Ouest de l’océan Pacifique, entre la mer de Chine méridionale et la mer des Philippines. Le territoire est bordé au nord-ouest par la république populaire de Chine, au nord-est par le Japon et au sud par les Philippines.

Aujourd'hui, Taïwan est un pays développé à revenu élevé. Selon les estimations de 2023, son PIB en parité de pouvoir d'achat (PPA) s’élève à environ de dollars., ce qui le place au mondial. Le PIB par habitant atteint , le classant à la . Il est bien classé en matière de libertés civiles., de soins de santé et de développement humain.. Un pays démocratique, Taïwan figure parmi les tous premiers pays d'Asie en matière de liberté d'expression, de libertés sur Internet et de liberté de la presse, selon les études et enquêtes annuelles de Freedom House et Reporters sans frontières.. Taïwan est également le premier pays d’Asie à avoir légalisé le mariage pour tous..

Taïwan est habitée depuis au moins . Les ancêtres des peuples autochtones taïwanais se sont installés sur l’île il y a environ . Au , une immigration chinoise Han à grande échelle a commencé sous la domination coloniale néerlandaise et s’est poursuivie sous le règne du Royaume de Tungning, le premier État principalement Han de l’histoire taïwanaise.

L'île de Taïwan est partiellement conquise par les Mandchous. de 1683 à 1895 sous la tutelle des Qing, puis annexée par le Japon dans le cadre du traité de Shimonoseki (1895), à la suite de la première guerre sino-japonaise. Ce pays entreprend le développement de Taïwan, la dotant d'infrastructures importantes. La République de Chine, qui avait renversé les Qing en 1912 sous la direction de Sun Yat-sen, a repris le contrôle après la reddition du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945. En 1949, le gouvernement de la république contrôlé par le Kuomintang s'y installe, après avoir perdu la guerre civile contre les communistes en Chine continentale. Cette installation s'accompagne d'un transfert massif de population. En , Hainan est à son tour occupée par l’armée populaire de libération ; la république de Chine ne contrôle alors plus que l'île de Taïwan et quelques autres territoires insulaires plus petits.

La république de Chine a représenté seule la Chine à l'ONU jusqu'en 1971, date à laquelle elle a été remplacée par la république populaire de Chine. Depuis, Taïwan entretient des relations diplomatiques officielles avec une douzaine de pays, et des relations officieuses avec de nombreux autres dont la république populaire de Chine qui, néanmoins, refuse toute relation diplomatique avec les pays reconnaissant la république de Chine.

De droit, la république de Chine, selon les dispositions de sa constitution d'avant 1949, et la république populaire de Chine revendiquent chacune la pleine et légitime souveraineté sur la totalité du territoire chinois. et considèrent Taïwan comme une province chinoise. Dans les faits, la république populaire de Chine contrôle la Chine continentale, soit administratives dont , tandis que la république de Chine contrôle l'île de Taïwan et quelques archipels mineurs où elle jouit d'une indépendance administrative, politique, diplomatique et militaire.

Cependant l'indépendance de l'île, considérée par Pékin comme un casus belli, notamment pour éviter un conflit armé, n'a jamais été proclamée même si depuis les années 1990, la démocratisation de Taïwan a laissé s'exprimer des contestations de ce statu quo par des mouvements minoritaires, revendiquant soit la séparation, soit l'intégration à la république populaire de Chine.

Le mouvement démocratique de la fin des années 1980 a fait passer Taïwan d'une dictature à parti unique (le Kuomintang) à un État démocratique. Le niveau moyen d'instruction est élevé, le taux de fécondité très bas. Selon les enquêtes annuelles de Reporters sans frontières, Taïwan se classe au premier rang en matière de liberté d'expression et de liberté de média en Asie, et au mondial..

Géographie vignette|Ximending à Taipei est une attraction touristique célèbre auprès des touristes internationaux et des jeunes. vignette|Le mémorial de Tchang Kaï-chek est un autre site de Taipei apprécié par les touristes. vignette|upright=0.8|Carte de Taïwan.

Histoire

Sur le plan politique, l'histoire officielle de la république de Chine débute par la première période républicaine, après la chute de l'empire Qing en 1911 et la proclamation de la République le de l'année suivante. À partir de 1945, elle se confond ensuite avec l'histoire de Taïwan, quand l'île, annexée par l'empire du Japon depuis la première guerre sino-japonaise, est rétrocédée par les Japonais à la suite de leur défaite par l'armée américaine, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale.

Histoire ancienne de l'île de Taïwan Les traces d'occupation humaine de Taïwan sont anciennes : des restes humains datés au carbone 14 de ont été retrouvés à Taïwan ; on a donné à ces restes humains le nom d'Homme de Zuozhen. Vers l'an 4000 avant notre ère, les ancêtres des populations austronésiennes actuelles arrivent à Taïwan en provenance du sud-est de la Chine. Selon la théorie dite (« sortie de Taïwan »), ils peuplent ensuite les Philippines vers , puis d'autres régions d'Asie du Sud-Est.

Les populations anciennes de Taïwan sont proches génétiquement des anciennes populations de la culture Lapita. Elles partagent également beaucoup d'allèles avec les populations du sud de la Chine de langues taï-kadaï. Ces résultats renforcent l'hypothèse selon laquelle les populations de langue taï-kadaï sont à l'origine de l'arrivée de l'agriculture dans l'île il y a près de (prépublication).. Les cultures austronésiennes à Taïwan se développent sans ingérence extérieure majeure jusqu’au début du et l’arrivée des Européens.

En 1542, une expédition portugaise en route vers le Japon (sans doute de Fernão Mendes Pinto) aperçut pour la première fois l'île, à des côtes chinoises. Face aux falaises luxuriantes qui transperçaient l'azur, les marins ne purent que s'exclamer : , « La belle île ! ». Une légende qui explique l'origine du nom qu'on donna à cette terre à l'époque : Formose.

En 1626, le gouverneur général (espagnol) des Philippines envoya une expédition sous la conduite du capitaine Antonio Carreño, avec le père Bartolomé Martínez, qui avait déjà visité auparavant la côte de la Formose. Cette expédition parcourut la côte de l'île, et mouilla l'ancre dans le port de Keelung, où ils fondèrent la ville de San Salvador, et en créant en 1632 quelques missions chrétiennes très actives.

Les Néerlandais qui entreprennent la colonisation de l’île encouragent la migration chinoise à ses débuts, notamment dans le but de cultiver les terres. Cette migration s'accélère et entraîne un changement irrémédiable pour les populations aborigènes et pour l'avenir de l'île, en particulier à travers le métissage de la population. Zheng Chenggong, plus connu en Occident sous le nom de Koxinga, chasse les Néerlandais de Taïwan en 1662 et la migration chinoise continue vers l'île. Pourtant, Zheng Chenggong, fidèle à la dynastie Ming chassée de la gouvernance de la Chine par les Mandchous, puis son fils Zheng Jing considèrent alors surtout Taïwan comme une base arrière en vue de reconquérir la Chine continentale. Les estimations donnent à l'époque des Zheng une population de , contre à l’époque des Néerlandais, et autant d'aborigènes. Cette migration étant à ses débuts quasi exclusivement masculine, beaucoup de Chinois prendront comme épouses des aborigènes. Taïwan est prise aux Zheng par les Mandchous (dynastie Qing) en 1683 et reste sous son contrôle, jusqu'en 1895. Initialement considérée comme une simple possession chinoise, objet de rébellions fréquentes., elle devient une province indépendante en 1887.. Au début du , Taïwan compte déjà plus de deux millions de Chinois.

Ère industrielle, colonisation européenne puis japonaise Lors de la guerre franco-chinoise, la France bombarde Formose en août 1884, puis en 1885 assure son blocus avant de débarquer sur les îles Pescadores. En 1885, comprenant l'importance stratégique de l’île, les Qing élèvent Taïwan au rang de Province et Liu Mingchuan en devient le premier gouverneur.

En 1895, à la suite de la défaite face à l'empire du Japon dans la première guerre sino-japonaise, la Chine signe le traité de Shimonoseki, par lequel elle cède Taïwan ainsi que les îles Pescadores (îles Penghu) au Japon. Taïwan déclare alors son indépendance en mai 1895 sous le nom de république de Taïwan mais ne résiste que quelques mois, jusqu'en octobre 1895, à la prise de contrôle de l'île par le Japon. Taïwan fera ainsi partie pendant de l’empire colonial japonais qui y pratique une politique d'assimilation. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les troupes japonaises se rendent à l'armée américaine (voir Capitulation du Japon), le (voir Jour de la Rétrocession), et sont alors contraintes de rendre Taïwan et les îles Pescadores à la république de Chine, tout en plaçant ces dernières sous tutelle des États-Unis, ce qui a été confirmé par le traité de San Francisco, signé en 1951 entre les États-Unis et le Japon..

Régime de Tchang Kaï-chek à Taïwan

redresse|vignette|Feu d'artifice sur la tour Taipei 101. En 2011, de grandes célébrations sont organisées à Taïwan pour fêter le de la fondation de la république de Chine. Les troupes du Parti nationaliste chinois (Kuomintang) de Tchang Kaï-chek arrivent à Taïwan en 1945, dès le retrait des troupes japonaises, et la république de Chine recommence à gouverner l’île. L’île a été globalement épargnée par les destructions. À leur arrivée, les soldats chinois s'en étonnent et décrivent un pays développé et presque intact. Rapidement toutefois, des pénuries alimentaires apparaissent et des épidémies de peste bubonique et de choléra se propagent..

Très vite, le malaise s’installe entre les nouveaux venus et la population taïwanaise et le éclatent, sous le nom d'Incident 228, des émeutes et leur violente répression, provoquant la mort d'environ , et la loi martiale est proclamée, c'est le début de la « Terreur blanche ». Après sa défaite face au Parti communiste chinois de Mao Zedong, Tchang Kaï-chek se replie à Taïwan en décembre 1949., avec près de deux millions de continentaux qui fuient le nouveau régime.

Tchang Kaï-chek reprend la présidence à vie de manière officielle en . Taïwan vivra alors pendant plusieurs décennies sous une dictature dirigée par le Kuomintang, avec l'appui des États-Unis, qui visait encore à cette époque la reconquête de la Chine continentale, Taipei n'étant considérée que comme capitale administrative provisoire en attendant le retour à Nankin....

En 1971, à la suite d'une demande formulée par 17 de ses membres, puis du rejet par la république populaire de Chine d'une proposition des États-Unis de reconnaître les deux nations chinoises., l'ONU vote la , par laquelle la république de Chine perd son siège au profit de la république populaire de Chine, qui devient le seul représentant de la Chine à l’ONU.

En 1978, Chiang Ching-kuo, fils de Tchang Kaï-chek mort trois ans plus tôt, devient le président de la république de Chine. Le régime, très autoritaire, s'assouplit peu à peu, comme en témoigne l'émergence d'un nouveau cinéma taïwanais. (représenté par des cinéastes comme Hou Hsiao-hsien, Edward Yang et Tsai Ming-liang entre autres), qui aborde des questions historiques et d'identité de l'île. La parole devient plus libre, pour aboutir en 1987 à la levée de la loi martiale. En 1988, Lee Teng-hui lui succède et continue sa politique.