Symphorien d'Autun est un jeune martyr chrétien défenseur de la foi, né vers 159Dates de naissance et de mort du jeune martyr - église Saint-Symphorien de Versailles et mort vers 179Le martyr saint Symphorien tué en 179 - le site sur l'Art Roman en Bourgogne sous le règne de Marc Aurèle. Saint de l’Église catholique, il est fêté le .
Biographie D'après sa Passion écrite trois siècles après sa mort et soutenue par Grégoire de Tours dans son De gloria confessorum, Symphorien (en latin Symphorianus) est le fils du noble sénateur Faute (Faustus) et d'Augusta, tous deux appréciés et respectables. Cette famille fait partie des tout premiers chrétiens dans une ville d’Autun largement païenne, évangélisée par saints Andoche de Saulieu et Thyrse d'Autun, venus de Smyrne. thumb|left|Le Martyre de saint Symphorien de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1834), cathédrale Saint-Lazare d'Autun. Un jour que le peuple, resté adorateur d'Apollon, Diane et des idoles promène une statue de déesse, Vénus ou Cybèle, Symphorien se moque du cortège et refuse de joindre ses hommages à ceux de la foule. Il est saisi, battu, arrêté et incarcéré, puis interrogé par le magistrat Héraclius. Après une sanglante flagellation, le martyr est jeté dans un cachot et privé de lumière. Quelques jours après le délai légal, considérablement affaibli, il est conduit au juge qui l'exhorte à sacrifier aux divinités en lui promettant de le rétablir dans ses honneurs. Dialogue entre le juge romain et Symphorien - site L'Évangile au Quotidien, répond-il. Furieux, le juge le condamne à la mort par le glaive.
Symphorien est amené hors les murs au-delà de la porte de Langres (aujourd'hui porte Saint-André) pour être décapité. Sa mère, qui avait assisté à sa condamnation, l'exhorte du haut des remparts avant son exécution : .
Postérité vignette|Le martyre du Symphorien dans La Légende dorée (1497).
Des religieuxD. Ruinard, Acta sincera. enlèvent le corps du martyr et le déposent non loin de là auprès d’une fontaine, au polyandre de la via Strata. Vers 450, saint Euphrône d'Autun fait ériger sur le lieu du martyre du saint jeune homme l'abbaye de Saint-Symphorien d'Autun, dont il devient le premier abbé. Le monastère connaît sa période de gloire et contribue à l’extension du culte du jeune martyr.
À l’époque mérovingienne, Symphorien est considéré comme un saint national à l’instar de saint Denis de Paris et de saint Privat de Mende qui est fêté la veille de la Saint-Symphorien, le . Son sépulcre, nous dit Grégoire de Tours qui l'a vu, , de la même façon que le sont les autres sépultures des nombreux saints inhumés le long de cette voie.
Le martyre de Simplice et de sa fratrie est évoqué par Jacques de Voragine dans La Légende dorée (lire en ligne)La Légende dorée - saint Simplice, saint Faustin et sainte Béatrice, pop.culture.gouv.fr.
Symphorien est célèbre dans l’ancienne liturgie gallicane.
Aujourd'hui, la plupart de ses reliques sont à la cathédrale Saint-Lazare d'Autun sans être visibles au public ; il est prévu de les rendre accessibles à une date non encore fixée.
Lieux et édifices portant son patronyme vignette|Procession de reliques à Saint-Symphorien en Belgique.
De très nombreuses paroisses à travers la Gaule se vouent à ce saint : en France, vingt-sept communes et plusieurs autres lieux et de nombreuses églises portent son nom..
L'église Saint-Symphorien de Nuits-Saint-Georges en Côte d'Or L'église de Longeville-lès-Metz, où la fête de saint Symphorien est célébrée le deuxième dimanche d’octobreRobert Canuel, La vie de saint Symphorien .,
L'abbaye Saint-Symphorien de Zurlauben, en Allemagne, L'abbaye Saint-Symphorien de Metz n'existe plus mais l'île sur laquelle a été érigé le stade Saint-Symphorien voisin garde la mémoire de ces temps révolus.
Pèlerinage de Deûlémont thumb|Autel Saint-Symphorien, église de Deûlémont. On trouve mention du pèlerinage de Deûlémont (Nord) dès le ; à cette époque, on paye déjà le clerc de l'église pour qu'il distribue des chandelles aux pèlerins qui viennent . Au , l'église de Deûlémont reste un lieu de dévotion où se rendent de nombreux pèlerins de Flandre Occidentale.
On priait Symphorien pour la guérison ou la protection contre les maladies infantiles, en particulier contre la cyanose ou la mort subite du nourrisson. On faisait bénir des vêtements ou des sous-vêtements que les enfants devaient ensuite porter pendant neuf jours.
La paroisse de Deûlémont avait fait frapper une médaille à l’effigie du saint et organisait une procession en son honneur. Aujourd'hui encore, des pèlerins flamands continuent de venir Symphorien. La tradition demeure de bénir les enfants à l'autel Saint-Symphorien tous les dimanches du mois d'août.
Autres traces Autrefois, un pèlerinage en l’honneur du martyr d’Autun avait lieu dans le village actuel de Saint-Symphorien en Vendée, réputé jusqu’à 200 km à la ronde selon certaines chroniques. Il se déroulait le . Aujourd’hui, le pèlerinage s’est transformé en foire aux melons, se déroulant le week-end proche autour de la même date.
Grégoire de Tours indique, dans un passage de son ouvrage « La gloire des Martyrs », qu’un transfert de reliques de Symphorien d’Autun eu lieu, à une date non précisée (fin Ve ou début VIe siècle mais avant 530), dans une église du castrum de ThiersGrégoire de Tours – La gloire des Martyrs – traduction et commentaires de Luce Piétri – 2020 – Editions Belles Lettres. Pages 160-161 pour les passages concernant Thiers.. Grégoire indique que trois pierres teintées du sang de Symphorien d’Autun ont été ramenées à Thiers par un homme pieu et placées dans une cassette en argent à l’intérieur d’une église en bois lui étant dédié. La ville de Thiers possède toujours une église dédiée à Symphorien d’Autun dont l’édifice actuel est daté des XI-XIIe siècles.
Invocation
Étymologie Nom gréco-latin Symphorianus, formé sur le grec σύμφορος, súmphoros « utile, avantageux ; convenable » (de σύν, sún « avec » et φορός, phorós « qui porte, qui apporte; qui favorise ») + suffixe anthroponymique latin -ianus. Il a existé par ailleurs une forme populaire latine de ce nom, Siforianus, dont procèdent les anciennes variantes romanes Siphorien, Syphorien, Ciphorien, etc.Auguste Longnon, Les noms de lieux de la France, Paris, 1920-1929 ; rééd. Champion, Paris, 1979, t. I, , § 2071.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Acta Sanctorum, août, V, 491. Abbé Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. Abbé Ch. -L. Dinet S. Symphorien et son culte Tome Second , Autun, Imprimerie Michel Dejussieu. 1861
Liens externes
Hagiographie de saint Symphorien du livre Vies des Saints Vie de saint Symphorien, paroisse Saint-Symphorien en Côte-Chalonnaise Vie de saint Symphorien, jeune martyr fêté le 22 août - site Sancti Beati Saint Symphorien dans la toponymie de Guy Souillet Histoire des reliques dans le diocèse d’Autun au Moyen Âge de Diane Carron Confrérie Saint-Symphorien de la ville éponyme en Belgique
Catégorie:Saint catholique et orthodoxe du IIe siècle Catégorie:Saint catholique et orthodoxe de France Catégorie:Saint de Bourgogne Catégorie:Personnalité religieuse liée au Morvan Catégorie:Personnalité liée au département de Saône-et-Loire Catégorie:Chrétien martyr au IIe siècle Catégorie:Chrétien martyr en Gaule Catégorie:Persécution des chrétiens sous l'Empire romain Catégorie:Condamné à mort exécuté par décapitation Catégorie:Naissance à Autun Catégorie:Décès à Autun Catégorie:Augustodunum