LApothéose des héros français morts pour la patrie pendant la guerre de la Liberté est un tableau peint par Anne-Louis Girodet en 1801. Cette œuvre représente les principaux généraux morts durant les guerres révolutionnaires, accueillis par Ossian dans le paradis d'Odin. L'œuvre commandée par les architectes Percier et Fontaine est destinée à décorer le grand salon du château de Malmaison. De par sa conception originale pour l'époque, qui se démarque du néo-classicisme, ce tableau représente l'un des premiers témoignages du romantisme pictural en France. Il fait toujours partie des collections du château.
Historique L'œuvre est commandée en 1801 pour la décoration du grand salon du château de Malmaison, avec un autre tableau sur le même sujet Ossian évoque les fantômes au son de la harpe, peint par François Gérard et qui en est le pendant. Sous l'Empire le prince Eugène de Beauharnais prend possession du tableau qu'il installe à Munich où il réside. La toile passe dans les mains des descendants du prince jusqu'à la mort du duc Georges Nikolaïevitch de Leuchtenberg en 1929. Le tableau est mis en vente en Suisse à Vevey, et est acquis par les musées nationaux en 1931 pour le prix de 80 000 francs, et retrouve les collections de Malmaison..
Description La scène représente le barde Ossian à la tête d'une armée de guerriers et d'ancêtres, vêtu de blanc avec une longue barbe, recevant plusieurs généraux français morts lors des campagnes militaires de la Révolution et du Consulat. Appuyé sur un bâton, son bras droit tient l'épaule de Desaix qu'il va embrasser. Aux côtés de Desaix dans le premier groupe se trouvent les généraux Kléber qui tient un trophée surmonté d'un casque antique, Marceau coiffé d'une toque de hussard, Caffarelli du Falga tenant un drapeau, derrière eux sont les généraux Dampierre, Dugommier, Hoche, Championnet et Joubert. En arrière-plan se trouvent La Tour d’Auvergne, les généraux Kilmaine, Marbot et Duphot.
Au dessus des généraux plane la Victoire dépourvue de ses ailes, tenant des lauriers des feuilles d'olivier des palmes et un caducée au dessus est perché un coq. À gauche un aigle survole la scène. Aux pieds des personnages flottent de jeunes filles qui vont au devant des généraux, l'une d'elles joue de la harpe, d'autres offrent des couronnes..
Le goût pour Ossian en France
Napoléon et Ossian Ce tableau s'inspire des poèmes du barde Ossian, écrits par l'Écossais James Macpherson et publiés entre 1760 et 1765. Une traduction française est écrite en 1777 par l'éditeur Le Tourneur. Il devient alors l'un des poètes préférés de Napoléon Bonaparte qui emmène ses textes sur les champs de bataille. C'est l'une des raisons majeures de la popularisation d'Ossian en France sous le Consulat et l'Empire.
D'après Étienne Delécluze, « Bonaparte, à son retour d'Égypte, s'étant pris de passion pour les prétendues poésies d'Ossian, en avait répandu le goût en France ». Lors d'un dîner au château de Malmaison en 1800, Bonaparte explique ce choix à Népomucène Lemercier : « Alexandre a choisi Homère pour son poète... Auguste a choisi Virgile, auteur de l'Énéide... Pour moi, je n'ai eu qu'Ossian : les autres étaient pris ».
Ce goût ossianique se manifeste au travers de multiples commandes artistiques dont l'Apothéose des héros français est l'un des témoignages les plus importants.
En 1811, une décennie après l'achèvement de l'Apothéose des héros français, le général Miollis demande à Jean-Auguste-Dominique Ingres de réaliser une œuvre destinée à la chambre que Napoléon devait occuper dans le palais du Quirinal. Bien que le tableau intitulé Le Songe d'Ossian n'y soit jamais exposé, Ingres réalise plusieurs dessins présentant de légères variantes dont des exemplaires sont conservés au musée du Louvre et au Fogg Art Museum. À cela s'ajoute une copie du tableau de François Gérard, Ossian évoque les fantômes au son de la harpe sur les bords du Lora, effectuée par Jean-Baptiste Isabey à la demande de Napoléon sur le frontispice de son exemplaire personnel des poèmes du barde écossais.
Girodet et Ossian Girodet découvre Ossian lors de son séjour en Italie. Vers 1790-1794, à Rome et Naples, il fréquente des artistes qui s'inspirent de ses poèmes dans leurs travaux. On peut notamment citer le sculpteur et dessinateur John Flaxman, la peintre Angelika Kauffmann et le paysagiste George Augustus Wallis. Durant la même période il réalise une quinzaine de dessins à thème ossianique.
Girodet partage ce goût pour Ossian avec d’autres élèves de son maître, Jacques-Louis David, communément surnommés la Secte des Barbus. Ce groupe, en opposition ouverte avec la peinture de David, puise volontairement dans la source jusqu'alors inédite que représentent les poèmes du barde écossais. D’après le chef du mouvement, Pierre-Maurice Quay, seuls Homère, Ossian et la Bible étaient dignes d’inspirer les peintres.
Ossian offre ainsi à Girodet un nouveau moyen de prendre ses distances avec l'enseignement de David, une aspiration déjà perceptible dans Le Sommeil d'Endymion.
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
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