Le pouvoir des femmes ( en allemand, en anglais) est un topos littéraire et artistique fréquent au Moyen Âge et pendant la Renaissance.
Il consiste en une inversion de la hiérarchie sexuelle, à visée morale et humoristique, montrant des hommes, traditionnellement représentés comme héroïques ou sages, dominés par des femmes.
Occurrences Ce topos prend sa source dans la littérature antique et se retrouve dans un certain nombre de textes médiévaux, dont Aucassin et Nicolette, la Consolation de Philosophie, Le Roman de la Rose et les Contes de Canterbury. Vers 1400, Christine de Pisan le critique, soutenant que si des femmes avaient rendu compte des épisodes en question, les interprétations qu'elles en auraient donné auraient été différentes de celles des hommes Wolfthal, Diane, "Susan L. Smith, The Power of Women: A Topos in Medieval Art and Literature", compte-rendu publié dans la Medieval Feminist Newsletter, 22, 1996, ..
Dans les arts visuels, les représentations du « pouvoir des femmes » se trouvent principalement à partir du , et gagnent en popularité aux . Parmi les scènes illustrées, on trouve Judith décapitant Holopherne, Phyllis chevauchant Aristote, Samson et Dalila, Salomé et sa mère Hérodiade, Yaël tuant Siséra, David regardant Bethsabée au bain, Salomon devenu idolâtre, Virgile dans son panier, ainsi que de nombreuses représentations de sorcières, de femmes dominant leur mari, etc.
Analyses L'universitaire américaine le définit comme « la représentation conjointe d'au moins deux (souvent plus) figures célèbres de la Bible, de l'histoire antique ou du roman de chevalerie, pour mettre en évidence un ensemble de thèmes corrélés incluant les artifices des femmes, le pouvoir de l'amour, et les épreuves du mariage « [...] the representational practice of bringing together at least two, but usually more, well-known figures from the Bible, ancient history, or romance to exemplify a cluster of interrelated themes that include the wiles of women, the power of love, and the trials of marriage », Babinsky, Elen L., compte-rendu de Susan L. Smith, The Power of Women, dans Church History, 66 (2), 1997, . ». Elle y voit davantage qu'une manifestation pure et simple d'antiféminisme médiéval : il s'agit aussi d'un moyen d'expression d'« idées divergentes au sujet des rôles de genre « [...] a site of contest through which conflicting ideas about gender roles could be expressed », Smith, Susan L. dans Margaret Schaus (éd.), Women and Gender in Medieval Europe: An Encyclopedia, Taylor & Francis, 2006, , . ».
Bibliographie Smith, Susan L., The Power of Women: A 'Topos' in Medieval Art and Literature., University of Pennsylvania Press, 1995, Tal, Guy, Witches on Top: Magic, Power, and Imagination in the Art of Early Modern Italy, Indiana University, 2006
Notes et références
Catégorie:Rhétorique Catégorie:Iconographie Catégorie:Représentation des femmes Catégorie:Pouvoir (sociologie)