Les élections parlementaires roumaines de 2020 ont lieu le afin de renouveler les deux chambres du parlement de la Roumanie..

Le taux de participation se révèle historiquement bas, moins d'un tiers des inscrits ayant participé au scrutin. Les élections voient arriver en tête le Parti social-démocrate (PSD), dans l'opposition, suivi du Parti national libéral (PNL) du président Klaus Iohannis et du Premier ministre Ludovic Orban, longtemps jugé favori du scrutin avant un décrochage dans les sondages lié à sa gestion de la pandémie de Covid-19. Orban prend acte de ce revers et démissionne le lendemain du scrutin. Le succès d'une formation proche du PNL, l'Alliance 2020 USR-PLUS, arrivée troisième, permet néanmoins au parti de se maintenir au gouvernement. Le scrutin est par ailleurs marqué par le résultat surprise de l'Alliance pour l'unité des Roumains, un nouveau parti qui n'avait que très peu figuré dans les sondages.

Florin Cîțu devient Premier ministre d'un gouvernement de coalition PNL-USR-PLUS-UDMR.

Contexte Dissensions entre présidence et gouvernement

vignette|Liviu Dragnea.|gauche|140px vignette|Mihai Tudose.|droite|140px Le pays est depuis plusieurs années le théâtre d'un bras de fer entre le président pro-européen Klaus Iohannis - soutenu par le Parti national libéral (PNL) et le Forum démocratique des Allemands de Roumanie (FDGR/DFDR) - et le gouvernement mené par le Parti social-démocrate (PSD), dirigé successivement par Mihai Tudose puis Viorica Dăncilă. Le chef d'État et le gouvernement s'affrontent en particulier sur des réformes liées à la justice et à la lutte contre la corruption. Cette opposition conduit notamment à la mise à référendum par Iohannis de deux propositions sur ces thèmes le .

La population est amenée à se prononcer sur deux questions. La première porte sur l'interdiction des pardons et des amnisties en faveur de personnes condamnées pour corruption. La seconde propose quant à elle d'interdire au gouvernement de recourir à des ordonnances d'urgence dans le domaine judiciaire, et à faciliter le droit de recours à la Cour constitutionnelle contre ce type d'ordonnance.

Les deux propositions sont approuvées par plus de 80 % des votants, pour un taux de participation qui, bien que ne s'élevant qu'à un peu plus de 40 %, se révèle plus important qu'attendu, et permet une validation des résultats par franchissement des quorum exigés. Le référendum est par conséquent vu comme un désaveu de la coalition au pouvoir qui avait appelée au boycott, et un soutien à la lutte anti corruption du président Iohannis.

Pré-campagne et chute du gouvernement vignette|Viorica Dăncilă en 2019.|left|150px Le , la Première ministre Viorica Dăncilă est désignée candidate à l'élection présidentielle roumaine de novembre suivant. Le , du fait de cette désignation par le PSD, plutôt que de soutenir Călin Popescu-Tăriceanu, candidat de l'Alliance des libéraux et démocrates (ALDE), ce dernier quitte la coalition gouvernementale. Dăncilă a alors pour convoquer un nouveau vote de confiance et de chercher de nouveaux alliés.. Cette rupture a lieu à la suite de l'incarcération en mai de la même année de Liviu Dragnea, ancien président de la Chambre des députés et chef du PSD, au pouvoir depuis 2016.. Le lendemain, l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR/RMDSZ), qui a soutenu le gouvernement du PSD jusqu'en , rejette une proposition de soutenir le gouvernement en échange d'y entrer..

Fin août, le président Iohannis rejette les nominations de nouveaux ministres par le PSD, exigeant à la place un vote de confiance.

Le gouvernement est renversé le , à l'issue de l'adoption de la quatrième motion de censure déposée à son encontre, votée par favorables, soit cinq de plus que la majorité requise. Le président Klaus Iohannis doit tenir des consultations pour la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale. Des élections anticipées peuvent aussi être convoquées si la majorité des députés s'y résignent. Cette solution a les faveurs du président et du Parti national libéral (PNL) dont il est issu et de l'Union sauvez la Roumanie (USR).

Formation d'un nouveau gouvernement vignette|redresse=0.7|gauche|Klaus Iohannis Le , le président Iohannis annonce la nomination prochaine d'un nouveau Premier ministre d'ici le , affirmant que le prochain gouvernement devrait être issu du PNL. Celui-ci soutient la candidature de son président Ludovic Orban.

Le , Orban est formellement chargé de former un gouvernement par le président Iohannis. Il a dix jours pour obtenir la confiance du Parlement roumain. Tandis que Pro Romania (PRO) a exprimé son refus de soutenir un tel gouvernement, l'Union sauvez la Roumanie (USR) et l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR/RMDSZ), disent ne pas exclure un possible soutien parlementaire conditionnel à ce gouvernement.

Crise politique de février-mars 2020 Le gouvernement Orban est renversé le par une motion de censure déposée par l'opposition sociale-démocrate, qui s'oppose au projet de loi de réforme du Code électoral prévoyant le rétablissement du scrutin à deux tours pour l'élection des maires. La motion recueille favorables, soit 28 de plus que le minimum requis..

Le , Orban est chargé de former un nouveau gouvernement.. Le projet de réforme du système électoral et la reconduction d'Orban sont une stratégie du président Iohannis pour obtenir des élections anticipées... Le , Orban annonce une composition gouvernementale identique à celle votée en .. Le vote de confiance est prévu pour le .. Celui-ci est reporté du fait du quorum non atteint. Le jour même, la Cour constitutionnelle demande à Iohannis de nommer un autre Premier ministre.. Le , le ministre des Finances Florin Cîțu est chargé de former un gouvernement.. Le , jour du vote d'investiture, il retire sa candidature..

Pandémie de Covid-19 vignette|Ludovic Orban en 2020.|left|150px À cause de la pandémie de Covid-19, les différents partis rallient la proposition de ne pas tenir d'élections anticipées et privilégient la mise en place d'un gouvernement de plein exercice.. Par ailleurs, la Cour constitutionnelle a décidé que le délai de avant la tenue d'un scrutin anticipé débutait le jour de la nomination de Cîțu. Enfin, un consensus des partis est nécessaire avant toute dissolution, même si deux candidatures au poste de Premier ministre sont rejetées..

Le , Orban est de nouveau chargé de former un gouvernement.. Il annonce une composition identique à celle de son gouvernement formé en novembre..

Le Parlement, réuni en séance commune le , vote la confiance au gouvernement Orban II, seuls le parti Pro Romania (PRO) de Victor Ponta et des parlementaires indépendants s'y opposant. Cette investiture à peine après la désignation d'Orban constitue un record depuis la chute du communisme. L'assermentation des ministres, prévue le soir même au palais Cotroceni, est soumise à des mesures sanitaires particulières dans la mesure où la plupart des ministres se sont placés en confinement après qu'un député du PNL a été testé positif au Covid-19..

Le , le président Iohannis évoque la possibilité de reporter le scrutin après 2020 si la pandémie n'est pas endiguée.. Le , le Premier ministre Orban annonce que le scrutin doit être organisé avant le et que sa date sera fixée en concertation avec les partis représentés au Parlement..

Le PSD dépose une nouvelle motion de censure le .. Elle est rejetée le pour cause de quorum non atteint..

Mode de scrutin Le mode de scrutin pour l'élection des députés et des sénateurs a été modifié en 2015. La nouvelle loi électorale, promulguée le par le président Klaus Iohannis, accorde un député pour et un sénateur pour .. Par conséquent, et sont à élire, auxquels s'ajoutent les représentants les minorités nationales et les quatre députés et les deux sénateurs représentants la diaspora..

La nouvelle loi électorale marque le retour à un scrutin proportionnel plurinominal dans le cadre des județe tant pour le Sénat que pour la Chambre des députés..

Les partis doivent dépasser le seuil électoral de 5 % des suffrages exprimés pour obtenir une représentation parlementaire, alors que les alliances électorales doivent atteindre 8 à 10 % de ces suffrages. Pour la première fois, les Roumains vivant à l'étranger peuvent voter par correspondance, afin d'éviter les difficultés d'organisation de vote ayant eu lieu lors de l'élection présidentielle de 2014.

Campagne La campagne a lieu du au ..

Principaux partis politiques Parti et coalition Président IdéologieSièges en 2016DéputésSénateursParti social-démocratePartidul Social Democrat (PSD)Marcel CiolacuCentre gaucheSocial-démocratie, Conservatisme social, populisme15467Parti national libéralPartidul Național Liberal (PNL)Ludovic OrbanCentre droitLibéral-conservatisme, europhilie6930Union sauvez la RoumanieUniunea Salvați România (USR)Dan BarnaCentre droitEurophilie, anti-corruption3013Union démocrate magyare de RoumanieUniunea Democrată Maghiară din România (UDMR/RMDSZ)Hunor KelemenCentre droitDéfense des droits des magyars de Roumanie, régionalisme219Parti Mouvement populairePartidul Mișcarea Populară (PMP)Eugen TomacCentre droitLibéral-conservatisme, démocratie chrétienne, libéralisme économique188Pro RomaniaPRO România (PRO)Victor PontaCentreSocial-libéralisme, europhilieIssu de l'ALDEParti de la liberté, de l'unité et de la solidaritéPartidul Libertății, Unității și Solidarității (PLUS)Dacian CioloșCentre droitEurophilie, libéralisme, anti-corruptionNouveauAlliance pour l'unité des RoumainsAlianța pentru Unirea Românilor (AUR)George SimionExtrême droiteNationalisme, droite chrétienne, conservatisme socialNouveau

Sondages vignette|upright=3|centre|Intentions de vote en vue des élections parlementaires de 2020.