Krotoa, ou Eva (née vers 1643 en Afrique du Sud et morte le au Cap) est une femme khoï, qui servit comme interprète pour les colons néerlandais lors de la fondation de la colonie du Cap.
Biographie Krotoa est née vers 1643, membre du peuple khoï, et nièce de Autshumao, leader khoï et commerçant.
L'arrivée des Néerlandais en et la fondation du Cap n'est pas considérée par le peuple khoï comme un événement négatif. C'est une possibilité supplémentaire d'échanges et de commerce, et éventuellement des alliés potentiels contre des ennemis préexistants...
À l'âge de douze ans, elle est amenée à travailler pour Jan van Riebeeck, le premier gouverneur de l'établissement fondé au Cap par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Adolescente, elle apprend le néerlandais et le portugais et, comme son oncle, travaille comme interprète pour les Néerlandais qui souhaitent échanger des marchandises contre du bétail.
Le , elle est baptisée, à l'intérieur du Fort de Goede Hoop.. Les témoins sont Roelof de Man et Pieter van der Staël.
Le , elle épouse un chirurgien danois du nom de Peter Havgard, que les Néerlandais appellent Pieter van Meerhof. Elle est par la suite connue sous le nom d'Eva van Meerhof. Elle est la première Khoïkhoï à se marier selon les coutumes chrétiennes. La cérémonie se poursuit par une petite fête dans la maison de Zacharias Wagenaer.
En , le couple quitte Le Cap et se rend à Robben Island, où van Meerhof est nommé surintendant. La famille revient brièvement sur le continent, en 1666, après la naissance du troisième enfant de Krotoa, afin de le baptiser.
Van Meerhoff est assassiné à Madagascar, le lors d'une expédition.
Au Cap, un nouveau gouverneur est nommé. Contrairement à son prédécesseur, ce nouveau gouverneur a une opinion négative du peuple khoï et considère également qu'un traducteur n'est pas nécessaire......
Krotoa revient sur le continent, le avec ses trois enfants. Souffrant d'alcoolisme, elle est contrainte cependant de quitter le Fort de Bonne-Espérance. En , elle est emprisonnée, puis bannie à Robben Island. L'une des nièces des Van Riebeeck, Elizabeth Van Opdorp, adopte ses enfants. Elle revient sur le continent à plusieurs reprises pour se retrouver, chaque fois, exilée à Robben Island. En , il lui est permis de baptiser un enfant sur le continent.
Elle meurt le au Cap, et elle est enterrée le , dans l'église du Fort...
Descendance Pieternella et Salamon, deux des plus jeunes enfants de son mariage avec van Meerhof, s'installent à l'îleMaurice, en 1677. Pieternella, connue sous le nom de Pieternella Meerhof ou Pieternella van die Kaap, épouse Daniel Zaaijman, un cultivateur de légumes de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, originaire de Vlissingen. Ils ont quatre fils et quatre filles, dont l'une est prénommée Eva, et la famille revient au Cap en 1706. Sa petite-fille, Engela Catharina Zaaijman, épouse Abraham Peltzer, fils d'Abraham Peltzer, un soldat de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales originaire de Hambourg, en Allemagne, et d'Elizabeth van den Berg. De cette lignée sont issus plusieurs hommes d'État d'Afrique du Sud tels Paul Kruger, Jan Smuts et Frederik de Klerk d'après le généalogiste Keith Meintjies In the beginning there was Eva, IOL, 10 octobre 2004. What’s in a South African name? From Krotoa to Van der Stel, Brand South Africa, 15 septembre 2017..
Postérité et références culturelles Ce n'est qu'après les années 1920 que son histoire intéresse et est considérée comme faisant partie de l'histoire sud-africaine.
Le roman Eilande de Dan Sleigh, publié en 1938, traduit de l'afrikaans par André Brink (en néerlandais : ), décrit la vie de Krotoa et de sa fille Pieternella..
Son parcours, et notamment le fait qu'elle ait finalement sombré dans l’alcoolisme, voire la débauche selon certains chroniqueurs coloniaux, est utilisé jusqu'au début des années 1980, par les tenants de l'apartheid pour mettre en garde contre tout métissage...
En 1990, la poète sud-africaine Karen Press écrit un poème intitulé qui tente de décrire la vie de Krotoa, et d'imaginer ses émotions et ses désirs contradictoires. Le poème est basé sur un de ses récits pour les enfants, intitulé Krotoa, et créé dans le cadre d'une initiative éducative impulsé par le Conseil Sud-Africain de l'Enseignement Supérieur visant à informer les écoliers de la colonisation du point de vue des autochtones, les Sud-Africains.. En 1995, l'artiste sud-africaine Antoinette Pienaar crée un intitulé Krotoa. Cette œuvre est d'abord réalisée pour le ... Pour une historienne comme Yvette Abrahams, Krotoa personnifie la maltraitance des femmes noires par les envahisseurs, et ne pouvait imaginer la violence de cette colonisation.
Dans son essai , Pamela Scully, de l'université du Michigan, compare Krotoa à Malintzin et à Pocahontas, deux femmes de la même période, nées dans différentes régions du monde (Malintzin en Mésoamérique, Pocahontas en colonie de Virginie). Elle fait valoir les similarités des expériences de ces trois femmes confrontées à la colonisation..
Hommages Une petite artère au centre-ville du Cap est baptisée en 2012.
Un bâtiment est nommé Krotoa à l’Universite de Stellenbosch..
Références
Liens externes
Robben Island Museum page First Fifty Years - a project collating Cape of Good Hope records: Krotoa of the Goringhaicona In a Kind of Custody; For Eva’s sake… Who speaks for KROTOA?, by Mansell G. Upham, in Uprooted Lives, No.21 Camissa People: Profiles of Camissa resisters
Catégorie:Personnalité féminine du XVIIe siècle Catégorie:Histoire de l'Afrique du Sud Catégorie:Éponyme d'un objet céleste Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVIIe siècle) Catégorie:Décès en juillet 1674 Catégorie:Décès au Cap Catégorie:Interprète du XVIIe siècle