Le , le Bombardier Dash 8 Q400 effectuant le vol US-Bangla Airlines 211 entre Dacca, au Bangladesh et Katmandou, au Népal, s'écrase à l'atterrissage, tuant des à bord. L'avion prend feu après l'accident, et les survivants sont grièvement blessés par l'impact et l'incendie. Il s'agit de la catastrophe aérienne la plus meurtrière impliquant une compagnie aérienne bangladaise. et du crash le plus meurtrier impliquant le Bombardier Dash 8 Q400..

Une commission nommée par le Gouvernement népalais enquête et publie un rapport concluant que la cause probable du crash est la perte de repères des pilotes et une perte de conscience de la situation de la part de l'équipage dans le cockpit, surtout du fait de graves négligences du commandant de bord qui fumait dans le cockpit tout en discutant de ses problèmes amoureux et de sa situation professionnelle pendant tout le vol, allant même jusqu'à pleurer, alors que la jeune copilote effectuait son premier vol vers Katmandou.

Le rapport final est critiqué par la compagnie aérienne et par le représentant du Bangladesh auprès de la commission, qui estiment que les contrôleurs aériens de l'aéroport international Tribhuvan à Katmandou n'ont pas fait leur travail correctement et auraient pu éviter l'accident.

Avion thumb|left|L'appareil impliqué dans l'accident, alors qu'il opérait chez Augsburg Airways (pour le compte de Lufthansa Regional), photographié en janvier 2013. L'avion impliqué est un Bombardier Dash 8 Q400, configuré avec une capacité de et immatriculé S2-AGU... Il est livré pour la première fois à Scandinavian Airlines en 2001, et utilisé par trois autres compagnies aériennes avant d'être acheté par US-Bangla Airlines en 2014..

Au moment de l'accident, ce bi-turbopropulseurs, alors âgé de , a effectué un total de de vol. Le rapport de maintenance indique que son entretien était à jour .

Il a déjà été impliqué dans un incident mineur en 2015, lorsqu'il a dérapé hors de la piste de l'aérodrome de Saidpur, causant des dommages mineurs aux roues principales droites..

Déroulement du vol Approche thumb|left|Vue aérienne de l'aéroport international Tribhuvan (TIA) de Katmandou, au Népal. L'avion, sous le numéro de vol BS-211, décolle de l'aéroport international Shah Jalal à Dacca, au Bangladesh, à (, heure normale du Bangladesh) à destination de l'aéroport international Tribhuvan à Katmandou, au Népal. Il s'agit d'un vol régulier qui opère quatre fois par semaine entre les deux villes..

À , la copilote contacte l'approche de l'aéroport de Katmandou, qui lui demande de descendre à () et d'entrer dans un circuit d'attente avant de commencer l'approche finale vers l'aéroport. De longs retards d'approche sont courants à Katmandou, en raison du manque de capacité et du volume élevé du trafic entrant et sortant de l'aéroport, de sorte que l'instruction d'entrer dans un circuit d'attente n'est pas inhabituelle.. Comme ils sont légèrement en avance sur l'horaire prévu, les pilotes s'attendent à ce que le retard dure plusieurs minutes. Ils discutent donc des éléments de navigation du circuit d'attente et configurent le système de gestion de vol pour l'attente. Avant que l'avion n'arrive au point d'attente, le contrôleur aérien autorise le vol à descendre et à se diriger directement vers l'approche de la . À ce moment-là, les pilotes ne reconfigurent pas le système de gestion de vol pour l'approche, de sorte que lorsque l'avion arrive au point de navigation suivant, le pilote automatique entame un virage à gauche tel qu'il a été configuré pour le circuit d'attente. Les pilotes se rendent compte que l'avion s'éloigne de la trajectoire prévue et corrigent rapidement le cap de l'avion selon une trajectoire qui intercepte l'approche correcte. Ils sélectionnent manuellement un taux de descente. Ces entrées manuelles désengagent le système de gestion de vol qui contrôle automatiquement le cap et le taux de descente.

Atterrissage L'équipage exécute la check-list d'atterrissage, le pilote déclarant à tort que le train d'atterrissage est descendu et verrouillé. Comme le système de gestion de vol est désengagé, les pilotes doivent ajuster manuellement le taux de descente de l'avion sans parvenir à sélectionner un taux qui maintient l'avion à son altitude prévue tout au long de la descente. La copilote répète à plusieurs reprises que l'avion se trouve () trop haut par rapport à l'altitude d'approche prévue. Pendant ce temps, une alarme de train d'atterrissage retentit à plusieurs reprises dans le cockpit ; cette dernière est ignorée par les pilotes. Avec leur attention accaparée par l'effort d'ajustement de la bonne altitude et distrait par les avertissements sonores, l'équipage ne remarque pas que l'avion est toujours hors de sa trajectoire et, à ce moment, vole vers la droite de la trajectoire idéale d'approche, descendant à des taux aussi élevés que (). Des avertissements sonores de « minimum » (altitude de décision), « taux de descente » (« Sink Rate »), « terrain » et « trop bas, train d'atterrissage » (« Too Low-Gear ») retentissent, ajoutant à la confusion.. La copilote remarque enfin que le train d'atterrissage n'est pas descendu et l'abaisse, trop tard. À ce moment-là, l'avion a déjà franchi le seuil de piste ce qu'aucun des pilotes n'a remarqué.

La tour de contrôle contacte les pilotes et les informe qu'ils sont autorisés à atterrir sur la , alors qu'ils se dirigent vers la , à l'autre extrémité, et leur demande de préciser leurs intentions. Ne sachant toujours pas que l'avion a déjà dépassé la piste, le pilote répond qu'il a l'intention d'atterrir sur la . Voyant le relief s'approcher devant eux, les pilotes effectuent un virage serré à droite, au cours duquel l'avion descend jusqu'à () au-dessus du sol avec des angles d'inclinaison allant jusqu'à . Cela déclenche des alertes supplémentaires et des alarmes de « redressez » (« Pull-Up »), « terrain » et « inclinaison » (« Bank Angle ») dans le cockpit. Après avoir volé vers l'ouest sans repérer la piste, le commandant de bord admet calmement au copilote qu'il a commis une erreur et les a distrait en lui parlant. Il effectue un autre virage serré à droite, avec des angles d'inclinaison aussi élevés que et un taux de descente de plus de ().

thumb|Images de vidéosurveillance, montrant le crash du vol 211. Alors que les contrôleurs aériens à la radio persistent à clarifier la piste vers laquelle l'avion se dirige, la copilote repère la à la droite de l'avion, à environ deux milles nautiques (). Le pilote effectue un virage serré et brusque vers l'ouest pour tenter de revenir dans l'approche de la piste. L'avion survole l'extrémité de la à un cap de , à () au-dessus du sol, et tournant à gauche avec un angle d'inclinaison de . Alarmé par les actions de l'avion, le contrôleur aérien annule à la hâte l'autorisation d'atterrissage du vol, en criant par erreur « autorisation de décollage annulée ». L'avion survole le terminal passager de l'aéroport à moins de () au-dessus du toit, et les contrôleurs de la tour se baissent par peur.. L'avion effectue un nouveau virage serré pour tenter de s'aligner avec la piste, avant de se poser à du seuil avec son train d'atterrissage principal droit. L'avion dérape hors de la piste, glisse sur , s'écrase contre une clôture en bordure de l'aéroport., s'immobilise sur un terrain de football et prend feu.....

Victimes Passagers L'avion transportait adultes, deux enfants et quatre membres d'équipage, pour un total de à bord.. Parmi les passagers, 33 venaient du Népal, 32 du Bangladesh, un de Chine et un des Maldives... Tout l'équipage était du Bangladesh.. Il y a et membres d'équipage tués dans l'accident : 22 du Népal, 28 du Bangladesh et un de Chine. La plupart des Népalais tués dans l'accident étaient des étudiants en médecine qui rentraient chez eux pendant les vacances scolaires. Vingt passagers ont survécu avec des blessures graves.

Membres d'équipage Le commandant de bord du vol est Abid Sultan, , un ancien pilote de l'armée de l'air du Bangladesh.. Il possède vingt-deux ans d'expérience de vol, avec plus de dont d'expérience de vol sur Bombardier Q400. Il travaille pour US-Bangla depuis 2015 et est également instructeur pour la compagnie aérienne. Il a de l'expérience avec le vol à destination de Katmandou, l'ayant effectué plus de cent fois. . Il a démissionné de la compagnie aérienne avant le vol ; dans le cadre du code de conduite de la compagnie aérienne, il est tenu de travailler jusqu'à ce qu'il ait été libéré.. Il a subi de multiples traumatismes contondants à la tête et à la poitrine, survivant initialement à l'accident, il meurt des suites de ses blessures le lendemain..

L'officier pilote de ligne est Prithula Rashid, , la première femme pilote de la compagnie aérienne.. Elle rejoint la compagnie aérienne en et cumule d'expérience de vol dont sur Q400. C'était la première fois qu'elle volait à Katmandou. Elle est morte des suites de ses blessures, décrites comme des blessures contondantes à la tête.

Les deux membres de l'équipage cabine, Khwaza Hossain Mohammad Shafi et Shamim Akter, sont morts après l'accident.

Conséquences L'avion est englouti par les flammes quelques secondes après le toucher des roues, et le personnel de l'aéroport dépêche immédiatement du matériel d'urgence.. Les camions de pompiers sont arrivés dans les deux minutes et ils ont dû éteindre un feu d'herbe sur leur passage avant de pouvoir atteindre l'avion. L'incendie de l'avion accidenté a mis quinze minutes à s'éteindre.. L'aéroport a été fermé pendant trois heures après l'accident et les vols entrants ont été déroutés vers d'autres aéroports.. En , un an après l'accident, l'épave de l'avion se trouve toujours à côté de la piste de l'aéroport.

Vingt-deux passagers ont survécu à l'impact et à l'incendie qui a suivi et ils ont été envoyés dans des hôpitaux locaux... Deux de ces survivants sont décédés plus tard des suites de leurs blessures. Les chances de survie étaient les plus élevées du côté droit ou près de l'avant de l'avion, car les passagers du côté gauche ont majoritairement été directement tués par les forces d'impact, mais la propagation rapide du feu après l'accident a limité les options de sortie pour les passagers qui ont survécu au premier impact. De nombreuses victimes de l'accident ont été brûlées au-delà de toute reconnaissance et ont nécessité des tests ADN pour l'identification..

Dans les jours suivants, le Premier ministre népalais Khadga Prasad Oli se rend sur le site de l'accident et annonce qu'une enquête sur la cause de l'accident est en cours. Imran Asif, directeur général d'US-Bangla Airlines, déclare à des journalistes que la première conclusion de l'entreprise est que l'accident a été causé par le fait que les contrôleurs aériens à l'aéroport ont induit les pilotes en erreur, les obligeant à tenter d'atterrir sur la mauvaise piste... Il déclare également qu'il doute qu'il y ait eu une quelconque négligence de la part des pilotes. Un porte-parole de la compagnie aérienne a insisté pour que les gouvernements du Bangladesh et du Népal coopèrent afin de « lancer une enquête équitable et de trouver la raison de l'accident ».. En réponse aux premiers rapports, la compagnie aérienne a nié que le vol était le premier de la copilote à destination de Katmandou. Dans des déclarations ultérieures, la compagnie aérienne déclare qu'elle couvrirait les frais d'hospitalisation des survivants blessés et paierait américains aux proches de chacun des passagers décédés..