Alan Deere, né le à Westport en Nouvelle-Zélande et mort le au Royaume-Uni, est un as néo-zélandais au sein de la Royal Air Force (RAF) pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est connu pour avoir vécu plusieurs expériences de mort imminente au cours de la guerre, qui le conduisent à la publication de son autobiographie intitulée .
Alan Deere s'engage dans la RAF en . Affecté au No. 54 Squadron, il pilote des Spitfire pendant la bataille de France et devient un as à la fin du mois de . Pour ses exploits, il est décoré de la Distinguished Flying Cross (DFC) le mois suivant. Il participe ensuite à la bataille d'Angleterre, au cours de laquelle il abat plusieurs autres avions ennemis, et voit son Spitfire détruit plus d'une fois. Ces actions lui valent une barrette à sa DFC en . Il est rapidement promu squadron leader et commande le No. 403 Squadron RCAF pendant plusieurs mois en 1942. Il dirige une escadre de chasse à partir de Biggin Hill pendant six mois en 1943, et reçoit l'ordre du service distingué pour ses réalisations. À la fin de la guerre, on lui attribue la destruction de ennemis, ce qui fait de lui le deuxième as néo-zélandais. Des recherches ultérieures ont permis de réviser ce total à .
Il reste dans la RAF après la guerre, commandant plusieurs bases aériennes et établissements de formation. Il écrit également son autobiographie, qui est publiée en 1959. Alan Deere quitte l'armée en 1967, après avoir atteint le grade d, et continue à vivre au Royaume-Uni. Dans la vie civile, il travaille avec la RAF en tant que directeur sportif jusqu'à sa retraite en 1972. En tant qu'as célèbre de la Seconde Guerre mondiale, il apparait régulièrement dans les médias et les historiens le contactent pour des commentaires et des interviews sur la guerre aérienne. Il meurt d'un cancer colorectal en 1995.
Jeunesse Alan Christopher Deere naît à Westport, en Nouvelle-Zélande, le . Il est le troisième des six enfants de Terrence Deere, un employé des chemins de fer néo-zélandais, et de son épouse, Teresa née Curtain. Descendant d'immigrants irlandais, la famille vit à Westport, sur la côte de l'île du Sud, jusqu'en 1930, date à laquelle elle déménage à Wanganui. Deere fréquente la puis le Whanganui Technical College, devenant un athlète accompli en rugby, cricket et boxe ; il représente Wanganui au championnat de boxe de Nouvelle-Zélande. Il réussit également dans ses études.
Lorsque Charles Kingsford Smith visite Wanganui lors de sa tournée de 1933 avec le , il offre des vols payants dans son avion ; Deere est l'un de ceux qui acceptent et, à partir de ce moment, il s'intéresse à l'apprentissage du vol. Après avoir terminé sa scolarité, Deere travaille dans une ferme d'élevage de moutons avant d'occuper un poste d'assistant de justice. En 1936, par l'intermédiaire de son médecin de famille, il découvre que la Royal Air Force (RAF) est ouverte aux candidatures d'hommes originaires des Dominions, ce qui ravive son désir de voler. Comme son père n'approuve pas son intention de rejoindre la RAF, Deere persuade sa mère de contrefraire la signature de son mari sur le formulaire de candidature. Il passe le jury de sélection, présidé par le Ralph Cochrane, en et embarque pour l'Angleterre sur le Rangitane en septembre.
Carrière militaire
Arrivé à Londres en , Deere commence sa formation de pilote à la No. 13 Elementary and Reserve Flying Training School de White Waltham. Il échoue à un contrôle médical en raison d'une pression artérielle élevée, et doit subir d'autres tests qu'il réussit, les résultats précédemment élevés étant dus à l'excitation à l'idée de voler.
La formation au pilotage de Deere se déroule bien et il effectue un vol en solo sur un de Havilland Tiger Moth en . Le , il reçoit à titre temporaire une commission de service court en tant que en probation. Il commence alors sa formation initiale d'officier à la RAF Uxbridge pendant deux semaines avant de rejoindre, le , la No. 6 Flying Training School située à Netheravon dans le Wiltshire. Ses compétences de boxeur lui permettent d'être sélectionné dans l'équipe de la RAF pour une tournée en Afrique du Sud, mais il choisit de rester en Angleterre pour se concentrer sur sa formation de pilote. L'avion à bord duquel voyage l'équipe de boxe s'écrase à Bulawayo, en Rhodésie, tuant plusieurs des membres de la RAF à bord. alt=Photographie noir et blanc de trois biplans en formation dans le ciel. La cocarde de la RAF est visible sur l'aile supérieur, à chaque bout d'aile.|vignette|Trois Gloster Gladiator de la RAF, tel que ceux utilisés par le squadron d'Alan Deere. En , Deere reçoit ses ailes, l'insigne certifiant la fin de sa formation de pilote. Sélectionné pour le Fighter Command, il apprend à piloter le Hawker Fury, un chasseur biplan, avant d'être affecté au No. 54 Squadron trois mois plus tard. Son nouvel escadron, basé à Hornchurch dans l'Essex, vole sur des Gloster Gladiator. Comme l'ensemble de l'escadron est en congé au moment de son arrivée, il est temporairement rattaché pendant deux semaines au No. 74 Squadron, qui vole également à partir de Hornchurch. Il est affecté au groupe de combat commandé par le Sailor Malan, qui s'arrange pour qu'il ait du temps de vol sur un Gloster Gauntlet. Lorsque Deere entre en service au sein du No. 54 Squadron, il effectue d'abord des tâches administratives et il doit attendre un certain temps avant d'avoir l'occasion de piloter son propre Gladiator. En temps de paix, l'entraînement de l'escadron porte essentiellement sur le vol en formation et les tactiques de combat, mais Deere joue également au rugby pour Rosslyn Park, un club du sud de Londres. Ses adversaires sont les London Welsh et les Old Blues. Son grade de devient définitif le .
Le No. 54 Squadron commence à se convertir aux Supermarine Spitfire au début de l'année 1939, et Deere vole pour la première fois avec le sien le . Bien qu'il aime piloter des Gladiator, il trouve le Spitfire . Alors qu'il se familiarise avec l'avion, il perd connaissance alors qu'il monte à (). Lorsqu'il se réveille, le Spitfire plonge vers la mer. Sorti de la plongée, il retourne à Hornchurch et consulte un médecin. Il s'avère qu'un de ses tympans a éclaté parce qu'il a négligé d'augmenter son débit d'oxygène à mesure qu'il augmentait son altitude. Il est incapable de voler jusqu'à ce qu'il se rétablisse.
Seconde Guerre mondiale Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, le No. 54 Squadron commence à effectuer des patrouilles d'escorte de convois et des missions visant à intercepter les avions de reconnaissance allemands. En quelques jours, il participe à la bataille de Barking Creek, où il est l'un des nombreux escadrons appelés à poursuivre des avions détectés par radar et où deux Hurricane sont abattus dans un incident de tir ami. À l'époque, Deere note la nécessité d'améliorer la façon dont les contrôleurs aériens au sol dirigent les chasseurs d'interception, car il trouve le volume de directives émises trop important pour être suivi. L'escadron effectue aussi parfois des patrouilles de nuit, qui ne sont pas appréciées des pilotes, car le Spitfire est mal équipé pour ce rôle. Au cours d'une de ces patrouilles, Deere, dirigé par un contrôleur, manque de heurter un ensemble de ballons de barrage au-dessus de Harwich, puis une clôture lors de son atterrissage à Hornchurch, dans le brouillard.
Bataille de France La bataille de France commence le et voit le retrait progressif du corps expéditionnaire britannique vers la côte française à Dunkerque et Calais. Les escadrons britanniques déjà présents en France ayant du mal à faire face à la situation, le No. 54 Squadron commence, à partir du , à assurer une couverture aérienne supplémentaire des positions alliées. Deere participe à la première patrouille, sans incident, et au cours des jours suivants, il effectue plusieurs autres patrouilles de ce type, souvent deux ou trois par jour, à travers la Manche vers Dunkerque.
Le , Deere et un autre pilote sont chargés d'escorter le James Leathart, aux commandes d'un Miles Magister, un avion d'entraînement biplace, jusqu'à Calais pour secourir le commandant du No. 74 Squadron, le Laurie White, qui a fait un atterrissage forcé sur un aérodrome de la région. Au cours de cette mission, et avec pour témoin Leathart, Deere remporte ses premières victoires au combat, en abattant deux des Messerschmitt Bf 109 qui se sont approchés alors que le Magister était encore sur l'aérodrome. Il endommage un troisième Bf 109 mais, à court de munitions, il doit retourner en Angleterre. La mission est un succès, car Leathart a pu récupérer White et retourner à Hornchurch. Cette mission permet à Deere de se faire une idée des qualités du Bf 109, qu'il considère comme .
Le lendemain, alors que l'escadron vole près de Saint-Omer, une formation de bombardiers Heinkel He 111 accompagnés de Bf 109 et de chasseurs lourds Messerschmitt Me 110 est repérée. Une tentative d'attaque des bombardiers est interrompue par les Bf 109 et, au cours de la mêlée qui s'ensuit, Deere abat l'un des chasseurs. Le , alors que l'escadron se trouve à () au-dessus de Gravelines pour couvrir un convoi de navires transportant des munitions, il abat deux Me 110. Ceux-ci perturbent cependant sa tentative d'intercepter des bombardiers allemands qui attaquent un destroyer britannique au large de Calais. Son avion est gravement endommagé au cours de cette action, une partie d'une aile ayant été arrachée.
L'opération Dynamo, à savoir l'effort britannique pour évacuer le CEB de Dunkerque, commence le . La RAF commence alors à couvrir étroitement Dunkerque et la Manche, protégeant autant que possible les navires de la flotte d'évacuation. En conséquence, le No. 54 Squadron doit voler plusieurs fois par jour vers Dunkerque pendant l'évacuation. Lors d'une patrouille dans l'après-midi du , Alan Deere détruit un bombardier en piqué Junkers Ju 87 qui attaquait un navire-hôpital, et participe à la destruction d'un autre. Le lendemain, il dirige l'escadron, qui ne compte plus que huit appareils en état de marche, lors de sa dernière patrouille à l'aube, avant qu'il ne soit retiré du service pour repos. Apercevant un bombardier léger Dornier Do 17, il engage une section de son escadron à sa poursuite tandis que le reste de l'escadron poursuit sa patrouille. En attaquant le Do 17, son propre Spitfire est endommagé par un tir du mitrailleur de queue. Cela l'oblige à effectuer un atterrissage d'urgence sur une plage belge, au cours duquel il perd connaissance. Après être revenu à lui, il se rend à pied dans une ville voisine où ses blessures à la tête sont soignées. Il fait du stop et un camion de l'armée britannique le ramène à Dunkerque, où il monte à bord d'un bateau pour Douvres, puis se rend via Londres à Hornchurch, d'où il a décollé environ plus tôt. Pendant son trajet en bateau jusqu'à Douvres, il fait l'objet de commentaires cinglants de la part de soldats sur l'efficacité de la couverture aérienne des chasseurs de la RAF.
vignette| Alan Deere reçoit sa DFC par le roi George VI le .|alt=Divers officiers militaires au garde-à-vous. Un militaire se voit remettre une médaille par un autre.|gauche
Pour se reposer, le No. 54 Squadron déménage à la RAF Catterick dans le Yorkshire. Après dix jours de vols non-stop au-dessus de Dunkerque, il n'a plus ni pilotes ni avions. Il retourne à Hornchurch le , avec de nouveaux Spitfire et des pilotes de remplacement, et commence à effectuer des missions de reconnaissance dans le nord de la France et en Belgique. Lors d'une de ces missions dans la région d'Abbeville, Deere et Leathart endommagent gravement à eux deux un Ju 88, le comptabilisant comme une victoire probable. Plus tard dans le mois, l'attribution à Deere de la Distinguished Flying Cross (DFC) est annoncée et lui est remise par le roi George VI lors d'une cérémonie à Hornchurch le . Sa citation pour la DFC est la suivante :