Napoléon Hayard, dit Léon Hayard, né le à Remicourt (Marne) et mort le à Paris, est un éditeur, journaliste et homme politique français qui fut surnommé « l'empereur des camelots »Philippe Dubois, « L'Empereur des camelots », L'Aurore, 10 novembre 1897, ..

Biographie

Début de vie Napoléon-Ferdinand Hayard est le fils de Catherine-Josephine-Françoise Costel et de Pierre-Isidore Hayard, maire bonapartisteLe Constitutionnel, 14 décembre 1851, . de la commune marnaise de RemicourtArchives départementales de la Marne, état civil de Remicourt, registre des naissances 1793-1869, année 1850, acte (vue 206 sur 279)..

Napoléon Hayard est tourneur-mécanicien à Paris au moment où éclate la guerre de 1870. Il est alors logé, avec ses parents, chez sa sœur, concierge de l'école municipale de la rue des Petits-Hôtels. L'école est fermée, sa cour servant de place d'exercice pour le bataillon de la Garde nationale, dans lequel le jeune homme s'engage. Exempté de service en raison de la présence de ses deux frères aînés sous les drapeaux, il s'enrôle volontairement au mobiles et prend part à la défense du fort de Vanves pendant le siège de Paris. En , il prend les armes pour la Commune. Selon son propre récit, il aurait ainsi servi d'ordonnance au général Dombrowski pendant deux jours, puis aurait appartenu à la compagnie chargée de la destruction de la colonne Vendôme avant de servir Raoul Rigault à la préfecture de police et d'être nommé inspecteur des barricades pendant la Semaine sanglante.

Après la guerre Dans les années qui suivent la fin de la guerre, il abandonne rapidement son métier de mécanicien car les émanations d'acide sulfurique lui détériorent l'estomac et la vue. Il travaille par conséquent avec son frère, imprimeur-lithographe, avant de se mettre au service de différents journaux tels que le Nouveau Journal de Pascal Duprat, la Marseillaise de Armand Duportal, la Petite France de Daniel Wilson et le Petit Parisien, qu'il part lancer en province. Il assure également la gérance du Vrai Lillois, un journal anticlérical créé en réaction au Lillois conservateur et dont il rédige lui-même certains articles. En 1892, il quitte Lille et rentre à Paris.

vignette|Hayard devant sa boutique de la rue Saint-Joseph en 1901, lors de la visite des souverains russes en France.|244x244px

Installé au de la rue Montmartre puis au de la rue Saint-Joseph, près de la rue du Croissant, dans le quartier de la presse, il passe de l'état de camelot à celui d'éditeur-libraire et se spécialise dans la vente de placards en tout genre, de confetti et de chansons humoristiques ou d'actualité, notamment du chansonnier Marius Réty et de Francis Dufor, auteur d’En voulez vous des z'homards. Dans les années 1890-1900, une grande partie de son fonds de commerce est constituée de pamphlets politiques (dont des testaments et nécrologies parodiques) et de caricatures.

L'« Empereur des camelots » gauche|vignette|227x227px|Caricature de Léon Gayard par le dessinateur anarchiste Émile Gravelle. Employeur de nombreux camelots, qu'il paye quelquefois pour aller faire la claque dans des réunions politiques, Hayard contribue à la propagande boulangiste. Quelques années plus tard, à l'occasion de l'affaire Dreyfus, il diffuse des publications antidreyfusardes et antisémitesJean-Yves Mollier, « Zola et la rue », Les Cahiers naturalistes, 1998, .. Hayard était lui-même un antisémite virulent. Il a ainsi été arrêté le près de la synagogue de la Victoire pour avoir crié « Sales Youtres ! » et « Vive Drumont ! » à l'encontre des personnes invitées au mariage d'Emmanuel Leonino avec Juliette de Rothschild, fille de Gustave de RothschildLe Matin, 28 mai 1892, .. Comme la plupart des nationalistes de son temps, il admire le président boer Paul KrugerLes Annales politiques et littéraires, 6 septembre 1903, . et s'enthousiasme pour l'alliance franco-russe.

Le , Hayard est renversé par une voiture sur la place de la Bourse. Blessé à la têteLa Justice, 31 août 1903, ., il meurt le en son domicile du de la rue du Faubourg-MontmartreArchives de Paris, état civil du arrondissement, registre des décès de 1903, acte (vue 20 sur 30).. Le surlendemain, il est inhumé au cimetière de Saint-Ouen.

Références

Voir aussi Bibliographie Raphaël Viau, Vingt ans d'antisémitisme (1889-1909), Paris, Fasquelle, 1910, . Liens externes

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