La cytotoxicité à médiation cellulaire dépendante des anticorps, généralement abréviée ADCC (de l'anglais Antibody-dependent cell-mediated cytotoxicity) est un mécanisme de défense immunitaire par lequel une cellule immunitaire lyse une cellule cible marquée par des anticorps liés à des antigènes présents à sa membrane.
L'ADCC est indépendant du système du complément, qui permet aussi la lyse de cellules via reconnaissance d'anticorps, mais ne requiert pas de cellule effectrice. L'ADCC est effectuée par une cellule effectrice, généralement une cellule NK qui reconnaît les IgG par leur fraction FC tandis que la fraction FAB de l'anticorps est liée à l'antigène. Il peut aussi s'agir d'un macrophage, un neutrophile ou un éosinophile.
Ce type de médiation constitue un lien entre immunité innée et immunité adaptative car des anticorps (immunité adaptative) permettent à des cellules NK (immunité innée) d'agir avec une affinité plus forte pour l'antigène. Expression des récepteurs Fc sur les cellules effectrices immunitaires innées Les récepteurs récepteurs Fc sont présents sur différentes cellules du système immunitaire, mais leur nombre et leur type varient selon la cellule. Les lymphocytes NK n’expriment qu’un seul récepteur activateur. Les neutrophiles possèdent plusieurs récepteurs, avec un mélange de récepteurs activateurs et inhibiteurs. Les monocytes classiques ont quelques récepteurs activateurs et un inhibiteur. Les monocytes non classiques possèdent tous les récepteurs activateurs ainsi que le récepteur inhibiteur.
Pour les macrophages présents dans les tissus, on pensait qu’ils exprimaient tous les récepteurs FcγR. Mais on sait maintenant que leur profil dépend du tissu dans lequel ils se trouvent. Certains macrophages (foie, poumon, rate, rein) expriment tous les récepteurs Fcγ. D’autres (peau, cerveau, certains du poumon) expriment très peu de récepteurs activateurs. Même dans un seul organe, différents macrophages peuvent exprimer des récepteurs différents. Par exemple, dans la rate : Certains macrophages de la zone marginale expriment peu de récepteurs activateurs et presque pas d’autres. Les macrophages de la pulpe rouge en expriment beaucoup plus. Dans la peau et le cerveau, les macrophages expriment beaucoup de récepteurs inhibiteurs, ce qui peut réduire la cytotoxicité à médiation cellulaire dépendante des anticorps. Dans le rein, le poumon, la rate et le foie, les récepteurs activateurs dominent, ce qui favorise la cytotoxicité à médiation cellulaire dépendante des anticorps. Enfin, les cellules circulant dans le sang (comme les cellules NK et les neutrophiles) expriment généralement moins de récepteurs activateurs que les macrophages des tissus. Les cytokines inflammatoires et les signaux microbiens peuvent modifier l’expression des FcγR. Par exemple : des cytokines comme l'interéron-γ ou le facteur de nécrose tumorale-α, ou des signaux provenant des récepteurs de type Toll, peuvent augmenter les récepteurs activateurs sur les monocytes et macrophages inflammatoires. Cela change l’équilibre entre récepteurs activateurs et inhibiteurs.
Chez l’humain : On ne dispose pas de données quantitatives sur les macrophages de tous les tissus. Mais dans les microglies du cerveau, on observe surtout des récepteurs inhibiteurs et peu de récepteurs activateurs. En revanche, dans les macrophages du poumon, du foie et de la rate, les récepteurs activateurs sont abondants. Dans le sang humain, les cellules immunitaires innées expriment beaucoup de récepteurs activateurs, et très peu de récepteurs inhibiteurs. Cela pourrait compenser le fait que les IgG humaines se lient moins fortement aux récepteurs activateurs. Selon l’organe concerné et l’état d’activation du système immunitaire, le profil d’expression des récepteurs Fcγ varie. Ces différences déterminent le seuil d’efficacité des anticorps cytotoxiques dans chaque organe. Autrement dit, certains tissus sont plus favorables que d’autres à l’action destructrice des anticorps, selon leur profil de récepteurs Fcγ.
Notes et références
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