Le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Le Redoutable est le premier sous-marin de ce type construit par la France. Il fait partie d'une classe de sous-marins qui comprenait . Propulsé par un réacteur nucléaire à eau pressurisée, il emportait à tête nucléaire de type M20 et était armé par un équipage de . Sa construction a débuté en 1964 et il est entré en service en 1971. Il a été désarmé en .

Historique Le premier sous-marin français destiné à être nucléaire reçut le numéro de construction Q244. Sa construction fut commencée à la fin des années 1950 puis abandonnée, le réacteur à eau lourde pressurisée ne pouvant tenir dans la coque pour une puissance suffisante. Les morceaux fabriqués furent néanmoins assemblés pour devenir le sous-marin Gymnote, sous-marin à propulsion classique mais équipé de lance-missiles. Il fut toute sa carrière le sous-marin d'essais pour la qualification des systèmes de lancement des missiles stratégiques.

Le , la décision de construire le premier SNLE français est signée, il se nomme le projet Q-252 (numéro de coque).

La construction de ce nouveau type de matériel débute fin à Cherbourg à partir des plans de l'ingénieur de l'Armement André Gempp. Il s'agit de créer un sous-marin de plus de , équipé d'un système de propulsion nucléaire et capable en outre de tirer des missiles à têtes nucléaires.

Le , il est lancé à Cherbourg en présence du général de Gaulle et avec comme commandants les capitaines de frégate Bernard Louzeau et Jacques Bissonecole.nav.traditions, commandant chacun l'un des deux équipages.

Le , il est transféré de son quai provisoire situé dans l'arsenal de Brest à la nouvelle base de l'Île longue.

Le , il est admis au service actif au sein de la Force océanique stratégique (FOST) sous le commandement du capitaine de frégate Louzeau. À son admission au service actif, il est équipé de balistiques M1 ( sur ), puis M2 à partir de , puis de missiles M20 comportant chacun une tête nucléaire d'une mégatonne et d'une portée supérieure à .

Durant les quinze premières années du programme de mise au point de toutes les composantes de la force nucléaire française (terrestre, aérienne et sous-marine), environ de francs courants ont été investis, et le sous-marin Le Redoutable a coûté environ 12 % du total.

Deux équipages de chacun, ( et ), les « Bleus » et les « Rouges », se relayaient pour que le navire soit opérationnel en tout temps. Sur les , quatre devaient toujours se trouver en mer, dont trois en position de tir.

Le , le premier tir Onagre d'un missile stratégique M1E a eu lieu à partir du Redoutable en plongée. Ce SNLE appareille pour sa première patrouille le ; celles-ci duraient de au début à de mer à la fin de sa carrière. Comme tous les autres SNLE, il fut durant toute sa carrière intégré à la Force océanique stratégique de la Marine nationale française et basé à l'Île Longue, dans la rade de Brest. À la différence des cinq autres sous-marins de la série, il n'a pas bénéficié de la « refonte M4 ».

En de service, il a effectué , en mer, et de plongée (soit à la mer dont 10 en plongée). Le Redoutable a été retiré du service actif le et condamné le . Avant son retrait du service actif et après enlèvement des missiles balistiques, il effectua une escale avec relève d'équipage à Dakar en soutenu par le TCD Orage (opération Jubarte, pour tester grandeur nature une relève d'équipage loin des bases). Ce fut la seule escale en terre africaine de l'histoire des SNLE français.

Le , Le Redoutable revient sur la base du port militaire de Cherbourg, où son constructeur, la direction des constructions navales, se lance dans son démantèlement qui durera un peu plus de deux années. Dans le courant de l'année 1993, la tranche réacteur est séparée du reste du sous-marin puis entreposée pour quelques dizaines d'années sur une aire antisismique spécialement aménagée et protégée dans la zone militaire du Homet avant stockage définitif sur un site de l'ANDRA..

Navire musée Le , le ministère de la Défense décide de faire don du Redoutable à la Communauté urbaine de Cherbourg en vue d’en faire l’attraction de la future Cité de la Mer.

Cette opération unique en son genre, réalisée par l’arsenal de Cherbourg en collaboration avec la Communauté urbaine de Cherbourg nécessite un investissement de de francs, financé en totalité par le ministère de la Défense.

Pour accueillir le sous-marin Le Redoutable, il est nécessaire de créer une darse à sa mesure. Creusée entièrement dans la partie nord du quai de France et à ciel ouvert, les travaux de la forme de radoub débutent en .

La darse de La Cité de la Mer devait être conçue pour répondre à un projet touristique. C’est pourquoi, elle ne répond pas aux normes des bassins destinés à accueillir les bâtiments militaires en construction ou en opération programmée d’entretien.

La forme de radoub est effectivement trop étroite pour permettre le passage d’un navire accompagné d’un attelage de remorqueurs ou de pousseurs, et elle est très haute par rapport au niveau moyen de la mer. Le Redoutable ne peut donc y pénétrer qu’à marée haute de fort coefficient, et par conditions météorologiques parfaites.

Toutes les prouesses techniques doivent être réunies pour introduire et échouer un bâtiment de de long sur de large dans une darse de sur . Ce bassin est en effet dépourvu d’un dispositif de fermeture, de moyens d’assèchement et d’infrastructures de manutention ou d’amarrage.

Le , et la presque totalité des moyens nautiques de la base navale de Cherbourg sont mobilisés pour conduire Le Redoutable du port militaire à la darse de La Cité de la Mer. Une fois placé dans sa darse, le sous-marin doit être échoué sur sa ligne de tins. Les équipes refont l'opération deux fois par jour, jusqu'à la fermeture de la darse par des palplanches et son assèchement.

Le , Le Redoutable est ouvert au public, au cœur de La Cité de la Mer à Cherbourg-Octeville, un musée consacré à l'aventure industrielle de la propulsion nucléaire navale, à l'exploration sous la mer et à la Force océanique stratégique. vignette|Le Redoutable en cale sèche à Cherbourg-Octeville|centré|320x320px

Caractéristiques thumb|220px|Missiles M45 et M51 dans des coques de SNLE (type Le Redoutable, à gauche) et de SNLE-NG (type Le Triomphant, au milieu) Le Redoutable est équipé d'un Système Global de Navigation (SGN) spécifiquement créé par SAGEM pour les sous-marins de type SNLE.

Les quatre premiers de ces six sous-marins étaient à l'origine de la classe « Redoutable » puis refondus pour recevoir les missiles M4 et mis au niveau de L'Inflexible.

Leur coque est en acier 80 HLES (haute limite élasticité soudable) qui leur permet de plonger à .

Certains ont reçu le système d'aide au commandement SEAO/OPSMER.

Ils étaient parmi les sous-marins les plus silencieux de leur époque.

Ces bâtiments ont été conçus pour être des bâtiments « fumeur », avec un système d'extraction des fumées à la sortie du fumoir. Cependant, pour perpétuer la tradition des sous-mariniers, le premier commandant du Redoutable décida qu'il serait interdit de fumer à bord, interdiction qui perdure sur tous les sous-marins français. centré|vignette|800x800px|Schéma d'un SNLE (ici le classe Redoutable) en coupe (la coque épaisse est tracée en bleu) : 1 Tubes lance-torpilles (x4) - 2 Antenne sonar - 3 Ballasts avant - 4 Élévateur à torpilles - 5 Salle des torpilles - 6 Sas avant - 7 Propulseur d'étrave - 8 Cabines de l'équipage - 9 Cabines des officiers - 10 Batteries électriques - 11 Carré des officiers - 12 Sas du massif - 13 Cabines des officiers mariniers - 14 Cafétéria - 15 Poste de veille - 16 Forêt des périscopes - 17 Poste central navigation/opérations (PCNO) - 18 Tube de missile (x16) - 19 Atelier, usines oxygène... - 20 Enceinte chaufferie nucléaire - 21 Cœur du réacteur nucléaire - 22 Générateurs de vapeur (x2) - 23 Poste central propulsion (PCP) - 24 Ballasts arrière - 25 Sas arrière - 26 Usine frigorifique - 27 Turbo-alternateur - 28 Turbines - 29 Réducteur - 30 Embrayeur - 31 Moteur électrique auxiliaire - 32 Vérin barre de plongée. La coque épaisse est subdivisée sur sa longueur en tranches (A,B,C,D,E,F,G) isolées par des cloisons étanches qui peuvent être résistantes (en bleu) ou non. La coque épaisse est percée par quatre sas (s) qui permettent à l'équipage d'y pénétrer et comporte trois brèches (b) utilisées lors des grandes révisions pour remplacer les plus grosses pièces ou recharger le réacteur nucléaire.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Classe Le Redoutable histoire et caractéristiques détaillées des sous-marins de cette classe S 612 Le Terrible (1973-1996) S 610 Le Foudroyant (1974-1998) S 613 L'Indomptable (1976-2003) S 614 Le Tonnant (1980-1999, premier sous-marin équipé de M2) S 615 L'Inflexible (1985-2008, premier sous-marin équipé de M4) Liste des classes de sous-marin français Forces sous-marines Classe Le Triomphant, la classe qui a succédé à celle du Redoutable.

Bibliographie

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Liens externes L'historique des vecteurs mer sol balistiques stratégiques Le Redoutable, visitable à la Cité de la Mer à Cherbourg Le Redoutable, photos sur le site : Les Sous-marins Transfert du Redoutable à La Cité de la Mer, le 4 juillet 2000 Visite complète en images du Redoutable

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