La famille d'Anvin de Hardenthun, d'abord appelée d'Anvin ou de Hardenthun, est une des plus anciennes familles du Boulonnais retrouvée dès le . Son nom est issu de la commune d'Anvin (Artois) d'où elle est originaire et du fort d'Hardenthun, à Marquise.

Cette famille maintenue dans sa noblesse le sur preuves de 1494 a participé à plusieurs batailles majeures dont les batailles de Nicopolis ou d'Azincourt. Elle a fourni deux grands officiers de la couronne, un grand fauconnier et un grand écuyer de France.

Même après la Révolution, cette famille est restée fidèle à ses principes allant jusqu'à déposer un recours devant le Conseil d'État contre des délibérations de la ville d'Amiens visant à célébrer Voltaire et de donner ainsi le nom de la famille à un arrêt de la haute assemblée : CE. 26-11-1880, D'Anvin d'Hardenthun, d'Hautefeuille et autres c. la ville d'Amiens.

La famille d'Anvin d'Hardenthun est éteinte depuis 1883.

Armes Les armes de la famille ont varié au cours du temps pour adopter finalement les suivantes « De sable à la bande d'or chargée d'une violette (ou moletteL.-E. De la Gorgue-Rosnay cité dans la bibliographie page 729) de sable (au naturel), accompagnée de six (ou huit) billettes d'or ordonnées en orle, trois en chef, trois en pointe ». Ces armes sont quasiment celles d'aujourd'hui de leur fief d'origine Anvin (sur la Ternoise).

Selon René de Belleval, ces armes sont « De sable à la bande d'or, accompagnée de huit billettes de même ». Supports et cimier « Trois lions ". vignette|gauche|Armes figurant sur le fronton, chapelle du cimetière d'Ochancourt.

Origines Les premiers représentants de la famille sont retrouvés au sur la paroisse d'Anvin dont elle possédait la forteresseRené de Belleval, Nobiliaire...cité dans la bibliographie, page 41.

Les premiers personnages retrouvés sans que la filiation régulière puisse être établie sont des seigneurs d'Anvin.

Famille d'Anvin sans filiation établie

Simon d'Anvin, sire d'Anvin, est homme de fief et pair du comté de Saint-Pol-sur-Ternoise en 1149. Il fait partie des barons de FlandrePaul Roger cité dans la bibliographie page 282. Il est témoin en tant que tel cette année 1149 d'une donation à l'abbaye de Cercamp confirmée par Thierry d'Alsace comte de Flandre. Bauduin d'Anvin, chevalier, ayant trois frères en 1151René de Belleval, Nobiliaire..., page 42. Pons ou Poncet ou Ponset d'Anvin, sire d'Anvin, chevalier, participe à la troisième croisade. Une charte datée de Saint-Jean d'Acre en 1191 portant le sceau de Raoul comte de Soissons atteste sa présence. Son écu " de sable à la bande d'or accompagné de six billettes de même rangées en orle" figure dans la deuxième salle des croisades du château de Versailles. Anceau ou Ancieau d'Anvin, appelé Messire, chevalier, assiste, sous les ordres du sire de Licques, avec d'autres nobles dont Guillaume d'Alembon écuyer (Seigneurs d'Alembon) à la destruction en 1254 du bourg et du château d'Oisy sur les ordres de Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandres lors de son affrontement avec Guillaume II, comte de Hollande, roi de Germanie Robert d'Anvin, chevalier en 1267. Il est alors dit sire d'Anvin, pair du comté de Saint-Pol-sur-Ternoise et témoin d'une vente de Gilles de Wandonne à l'abbaye d'Auchy. Enguerrand d'Anvin, chevalier, occupe différentes charges et fonctions : bailli d'Hesdin de 1272 à 1276, (ou 1272 à 1274), bailli de Conches et de Domfront en 1273, bailli de Saint-Omer en 1276 et 1311, bailli de Mehun en 1280 et 1281. En 1276, bailli de Saint-Omer, à la demande de l'abbaye de Licques qu'Arnoul III comte de Guînes n'avait su protéger des agissements des seigneurs d'Hermelinghen, il déclare Arnoul III déchu de la garde de l'abbaye et place celle-ci sous la protection du comte d'Artois. Il est chevalier du comté d'Artois en 1296 et nommé par le comte d'Artois (Robert II d'Artois) le pour être un des chevaliers chargés d'assigner en terre à Mahaut d'Artois, sa fille. Louis d'Anvin, écuyer en 1273. Marguerite d'Anvin, « religieuse femme et honnête demoiselle » en 1281. Ancel d'Anvin ou Anselme d'Anvin est châtelain de Ruhoult puis de Calais en 1298, bailli de Lens pour la comtesse d'Artois en 1308 et bailli de Béthune en 1311J. Balteau cité dans la bibliographie. Chevalier, il sert en Picardie sous le comte de Saint-Pol (Guy IV de Châtillon-Saint-Pol) avec 4 écuyers en 1314Père Anselme cité dans la bibliographie Tome VIII page 744-745. Il peut être le Ancel d'Anvin, sergent du roi à cheval à Lille en 1339 sous Monseigneur Godemar du Fay. Ancel est contemporain de Guillaume d'Anvin et procède avec lui, sur ordre du comte d'Artois, à un échange de place-forte (voir ci-dessous Guillaume d'Anvin). Catherine d'Anvin, dame d'Anvin, héritière de la branche directe, épouse vers 1300 Griffon, seigneur de Rely. Jean II d'Anvin, bailli d'Avesnes-le-Comte et Aubigny en 1305. Jakemon d'Anvin, cité dans un acte de vente de . Bauduin IV d'Anvin dit Baugois, écuyer, et Catherine de Froidmantel, sa mère en , encore vivant en 1337. Renaut d'Anvin, maître des garnisons du roi pour les châteaux d'Artois en 1348. Jacques et Huë Dauvin (sic mais de la même famille que le grand fauconnier de France ci-dessous selon le Père Anselme) servent sous Geoffroy de Charny en guerres de Picardie et frontières de Normandie de 1350 à 1352. Michel Dauvin sert avec un écuyer en Flandres en . Bauduin V d'Anvin, écuyer, capitaine du Fort de Fouquesolles (commune actuelle d'Audrehem) pour le compte de Jehan de Bournonville, chevalier, gouverneur du fort, en 1375 et 1376. Guille Danvin est écuyer de la compagnie de Jehan Deule, écuyer, passée en revue à Arras le R de Belleval, Trésor généalogique de la Picardie, page 85, puis un des huit écuyers de la compagnie d'Orenglois de Rely, revue à Ardres le R. de Belleval Trésor généalogique de la Picardie pages 198-199, il est enfin écuyer de la compagnie d'Enguerrand de Lisques (Licques), écuyer, revue à Corbie le R. de Belleval, Trésor généalogique de la Picardie, , page 145. Renaud II Dauvin chevalier, se trouve avec 4 écuyers en la ville et château de l'Ecluse pour la garde et sûreté de ces places en .

Famille d'Anvin avec filiation établie La filiation régulière commence avec Bauduin II d'Anvin.

Bauduin II d'Anvin Bauduin II d'Anvin, sire d'Anvin, baron et pair du comté de Saint-Pol-sur-Ternoise en 1232 dans une donation à l'abbaye de Cercamp et en 1239. Il apparait encore, chevalier, seigneur d'Anvin, en 1235 avec son fils Jean d'Anvin, comme co-seigneurs de Bauduin de Bryas, (Famille de Bryas), dans une vente faite par ce dernier à l'abbaye de Saint-Bertin de Saint-Omer. On lui attribue deux enfants : Jean d'Anvin qui suit. Bauduin III d'Anvin, écuyer en 1248.

Jean d'Anvin Jean d'Anvin, chevalier, est retrouvé avec son père en 1235 comme dit ci-dessus, et en 1248. Il est le père de Guillaume d'Anvin qui suit.

Seigneurs de Hardenthun Hardenthun est un château situé dans le Boulonnais, au sud et sur la commune actuelle de Marquise, très fortifié au fil du temps. La famille d'Anvin de Hardenthun le possède pendant deux siècles puis se fixe dans d'autres lieux, tout en gardant le nom.

Guillaume d'Anvin Guillaume d'Anvin, écuyer en 1273 puis chevalier, peut être le Guillaume dit Moreau d'Anvin, Morellus de Avingo, Morello de Avinyo, (c'est-à-dire à la peau foncée), dont les armes en 1297 et 1306 seront celles reprises par la famille. Il est sire de Hardenthun, pair et baron du Boulonnais, châtelain de Ruhoult près de Saint-Omer en 1273, puis châtelain de Calais (il paye différents gages à ce titre en 1296) puis à nouveau de Ruhoult en 1298 et bailli de Béthune au début du . Écuyer du comte d'Artois (Robert II d'Artois) en 1279, Guillaume dit Moreau (ou Moriaus ou Morel), est retrouvé dans seize documents ou chartes entre 1273 et 1300 lesquelles montrent sa proximité avec le comte et la confiance que celui-ci lui accorde. Parmi celles ci, peuvent être citées : il s'oblige en novembre de cette année 1279 envers un marchand de Douai pour une fourniture de drap faite au comte. En décembre de cette même année, le comte d'Artois reconnait avoir reçu parisis remises par la ville de Saint-Omer à son « amé et féal » Willaume D'Anving qui les lui a portées à l'armée de son cousin le duc de Brabant. En 1282, Guillaume assiste à la vente faite du comté de Guînes par Arnould III de Guînes au roi de France Philippe IV le Bel. En 1285-1286, il figure comme pair du comte d'Artois aux plaids de ce dernier sur un différend entre le comte de Boulogne (Robert VI d'Auvergne) et la commune de cette ville. En 1296, il signe en tant que baron du comté de Boulogne-sur-Mer la donation du comté de Saint-Pol-sur-Ternoise par Hue de Chastillon (Hugues II de Châtillon), comte de Blois à son frère Guy de Chatillon (Guy IV de Châtillon-Saint-Pol). Le , le comte d'Artois nomme Moreau d'Anvin son châtelain et garde du château de Ruhoult, et lui fait procéder à un échange de place-forte avec Ansel d'Anvin : Ansel est nommé châtelain de Calais et doit remettre à Guillaume le château de Ruhoult avec toutes ses garnisons et inversement. Et il nomme son « amé chevalier » Moreau d'Anvin pour se rendre à la journée prévue près de Bruges avec les gens de son cousin le comte de Hollande pour régler certaines indemnités dues pour faits de mer. Le , il est bailli de Béthune. Le nom de Guillaume d'Anvin est encore retrouvé en parmi les personnes appelées à témoigner des anciennes coutumes de Boulogne sur Mer. Il a eu deux enfants : Philippe d'Anvin qui suit. Laurent de Hardenthun premier seigneur de Guisny ci-dessous.

Philippe d'Anvin Philippe d'Anvin, chevalier, sire d'Hardenthun, de Sarriquier (Saint-Riquier) et de Maison-Ponthieu, capitaine de Crèvecoeur et de Robarderie, est pair et baron du comte de Boulogne (Robert VII d'Auvergne) en 1321. Il figure la même année en tant que baron du comte d'Artois (Mahaut d'Artois) dans un jugement rendu par celle-ci en faveur de Renaut de Montauban. Il occupe la charge de grand fauconnier de Philippe VI de Valois et de Jean II Le Bon de 1337 à 1353. Il a obtenu le droit de marché et de foire sur ses terres de Sarriquier par lettres du foi (Philippe VI de Valois) de . Il assure également la fonction de prévôt de Montreuil. Il meurt avant 1355René de Belleval, Nobiliaire.... page 43.

Il peut être le même personnage que Phelippon d'Anvin, cité dans un acte du , dans lequel Jacques de la Motte reconnait avoir vendu à l'abbaye de Saint-Bertin différentes redevances qui lui étaient dues à Beuvrequem.

Il peut être le N. de Hardenthun, seigneur dudit lieu, époux d'une demoiselle de Moncravel. On lui attribue deux enfants : Jean d'Anvin de Hardenthun qui suit. Robert d'Anvin de Hardenthun qui reprend la seigneurie de Guisny ci-dessous après son oncle Laurent de Hardenthun.

Jean d'Anvin de Hardenthun Jean d'Anvin de Hardenthun, dit Morlet ou Morelet, chevalier, châtelain de Hardenthun en 1350 -1352 et 1355 (il donne quittance de gages en tant que tel pour lui, 4 archers à cheval et 32 sergents à pied servant à la garde du château en R. de Belleval, Trésor généalogique de Picardie, page 129). Capitaine du fort de la Trinité de Caen en 1378, il reçoit paiement en et en de Guillaume d'Enfermet, trésorier des guerres pour lui, chevalier bachelier, un chevalier bachelier, et 14 écuyers de sa « chambre » servant dans la compagnie de Mons. d'Isques et sous Mons. de SaveuseR. de Belleval, Trésor généalogique de la Picardie, , page 131. Seigneur de Chauverny, de Reclinghem, et de Maison-Ponthieu, lieutenant du roi en Picardie en 1387, (Messire Morlet d'Anvin fait montre à Boulogne le avec 10 écuyers de sa compagnie) et 1393. En , il reçoit d'or du roi (Charles ) pour ses bons services. Il meurt vers 1393. Il peut être le Jean d'Anvin, garde du château de Tournehem (où la comtesse d'Artois avait un hôtel) en 1365.