Strada Pia est un long métrage en couleur de 1983, écrit et dirigé par Georg Brintrup, réalisateur allemand. Coproduit par la Westdeutsche Rundfunk (WDR) (Cologne, All.) et la Brintrup-Produktion (Rome, It.), le film refait les parcours suivis par la littérature et par l’architecture pendant les derniers quatre siècles, des diverses parties de la rue historique, la Via Pia. Les tronçons actuels de cette rue s’appellent « Via del Quirinale », puis « Via XX Settembre » et, finalement, « Via Nomentana ». C'est un film "infini", nous dit l’auteur, dans la construction duquel participe le public. De Torquato Tasso à Pier-Paolo Pasolini, 12 scènes sont établies. Le spectateur est invité à voir, saisir et sentir les liens entre littérature et architecture, le déclin ou l'ascension. Ce film a été le premier en Italie tourné en avec son direct en stereo.

Synopsis Le film part du centre de Rome et suit la rue telle qu’elle se présentait au moment du tournage, en 1983. Elle continue jusqu’à la périphérie, loin des portes et des murailles de la ville. Le film, pendant le parcours, est divisé en «douze épisodes», chacun ayant comme base un texte tiré d’une œuvre importante de la littérature italienne écrite à un moment à l’intérieur des derniers quatre siècles. Chaque extrait littéraire est mis en rapport avec un site architectural afin de mettre en relief, par une confrontation audiovisuelle directe, le progrès de la littérature et le déclin de l’architecture. Prises de vue des villas, palais, églises, édifices de l'« époque umbertine » et des demeures populaires scandent le rythme narratif et chacun se raccorde avec les morceaux précédent et suivant. Début :

Un extrait de "La Jérusalem délivrée ", est récité par son auteur, Torquato Tasso, tout au long de la rampe d’accès au "Casino dell'Aurora" Pallavicini - Palazzo del Quirinale. Dans le jardin de l’Aurore (baroque), Giovan Battista Marino déclame ses vers devant une fontaine décorée de grotesques. - Église Saint-André du Quirinal. Scène théâtrale improvisée sur un thème musical (Balli di Sfessania) - Église Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines. Des acteurs interprètent une scène tirée du livret de l’opéra " Didone abbandonata " de Pietro Metastasio, devant l'imitation du d’un « petit temple grec » en style ionien (classicisme) - Église Santa Susanna alle Terme di Diocleziano, Temple d'Esculape. Dans l’encadrement néoclassique de Villa Albani, Vittorio Alfieri lit des extraits tirés de "Del principe e delle lettere" . - Villa Albani. Giacomo Leopardi déclame "All'Italia" (Canti) devant le portique dorique du Casino Nobile, une construction néoclassique dans le parc de Villa Torlonia. - Villa Torlonia. Giuseppe Mazzini, avec "I doveri dell'uomo" trouve son encadrement devant la curieuse architecture scénographique de la Casina delle Civette, toujours dans le parc de Villa Torlonia. - Casina delle Civette. Giosuè Carducci nous fait écouter son "Canto dell'amore", au milieu de l’imitation romantique du d’une architecture antique en ruines. - Imitation du Temple d'Antonin et Faustine. Gabriele D'Annunzio récite ses poésies dans un cadre d’architecture « post-umbertino » (néo-baroque). - Quartier Coppedè . Luigi Pirandello fait représenter une scène du drame "Henri IV (Pirandello)", dans une usine abandonnée. - Architecture fasciste du viale XXI Aprile, qui relie via Nomentana à piazza Bologna. Avec un texte tiré du roman "Conversation en Sicile", de Elio Vittorini, deux acteurs jouent dans la Catacomba di Sant'Agnese. Pier Paolo Pasolini, en dernier, conclut en récitant des vers tirés de "La religione del mio tempo", dans un parc de déchets dans les environs de Via Nomentana. Construction en béton armé (années 1970).

Fiche technique Titre original : Strada Pia Réalisation : Georg Brintrup Scénario : Georg Brintrup Image : Ali Reza Movahed, Emilio Bestetti Script et montage : Carlo Carlotto Son : Jeti Grigioni Mixage audio : Fausto Ancillai Costumes : Silvana Fusacchia, Piero Tosi Musique : György Ligeti, Carlo Gesualdo, Michael Haydn, Claudio Monteverdi, Domenico Scarlatti, Muzio Clementi, Giuseppe Verdi, Trio Lescano, Gian-Francesco Malipiero Danse : Pupi e Fresedde (groupe folklorique de Angelo Savelli) Producteurs : Georg Brintrup, Ubaldo Leli Sociétés de production : Brintrup Filmproduktion, Westdeutscher Rundfunk (WDR), Pays d'origine : Dates de tournage : Durée : 90 min, métrage Format : couleur - 16 mm - Stereo Genre : essai cinématographique Dates de sortie : Allemagne de l'Ouest,

Distribution Laura Betti : la diva du cinéma Renato Scarpa : Giambattista Marino Olimpia Carlisi : Didone Remo Girone : Pier Paolo Pasolini Michele Mancini : Giacomo Leopardi Bruno Mantura : Giuseppe Mazzini Stefano Oppedisano : Vittorio Alfieri Stefano Rulli : Giosuè Carducci Antonio Piovanelli : Enrico IV Luigi Antonuccio : Silvestro Mario Scaletta : Liborio Cesare Biarese : Torquato Tasso Flavio Albanese : Gabriele D'Annunzio Enzo Aronica : Énée Carla Scortichini : confidente de Didone Massimo Franceschi : le réalisateur Nestor Saied, Iannis Minuto, Mauro Russo, Enrico Gaspari

Titre du film Le titre du film : « Strada Pia » correspond au nom qui a été attribué à la rue, nommée ainsi en 1565, quand le Pape Pie IV l’a fait élargir et avait commandé à Michel Ange la construction d’une porte en suivant les contours de la muraille de Rome (la Porta Pia).

Autour du film Documentaire et, en même temps, film joué à propos d'une rue de Rome dont les différents tronçons s'appellent aujourd'hui “rue du Quirinal” puis “rue du XX septembre” et ensuite “rue Nomentana”. Au moment où le film a été tourné (à Rome, donc), le genre «essai cinématographique» était peu connu en Italie. L’idée directrice se fonde sur des extraits d’un texte de Victor Hugo, dans le chapitre 2 du livre V de " Notre-Dame de Paris", qui parle d’architecture et d’imprimerie :

Appréciation

Première(s) En Italie, la Première de la version originale du film a eu lieu en à l’Institut Goethe de Rome. La première transmission en télévision a eu lieu le à travers le canal allemand de la WDR. Sur ce même canal, une version de 60 minutes a été transmise le .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Victor Hugo, Notre-Dame de Paris. Libro V, Cap. II, « Ceci tuera cela », pp. selon édition choisie

Liens externes

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