Règles du jeu pour un film sur les anabaptistes est un film ouest-germano-italien du 1976, premier long-métrage du réalisateur allemand Georg Brintrup. Le film met en parallèle la répression subie, en Allemagne, par les membres de la communauté anabaptiste au début du , dans la ville de Münster, avec l’interdiction d’exercer un emploi public qui a frappé les membres du Parti communiste allemand, pendant les années 1970.
Synopsis
Le film s’ouvre avec un bref commentaire sur les faits qui ont eu lieu au dans la ville de Münster, en rapport avec le développement de la communauté des anabaptistes dans cette ville, et son extermination dictée, principalement, par l’évêque. Sont lus quelques textes tirés de l’introduction de l’ «Histoire des anabaptistes» d’Hermannus Kerssenbroick, chronique sur les désordres à Münster, arrivée jusqu’à nous grâce au témoignage oculaire (auteur anonyme), d’abord écrit en latinDie Raserei der Wiedertäufer welche Münster die berühmte Hauptstadt in Westphalen zerstöret hat. Beschrieben von Hermann von Kerstenbroich ... , Im Jahr Christi 1568, puis traduit à l’allemand Geschichte der Wiedertäufer zu Münster in Westphalen, nebst einer Beschreibung der Hauptstadt dieses Landes, aus einer lateinischen Handschrifft Hermann von Kerssenbroick übersetzt ... , Auf Kosten des Uebersetzers, 1771 au . La chronique décrit la formation de la ville, ses édifices, marchés, rues et classes sociales et, à la fin, sa Constitution. Les images du film montrent des rues et des places telles qu’elles sont aujourd’hui pour finir sur un homme qui lit à voix haute. Il est installé dans une terrasse à Rome, non loin du Vatican. Cette première partie du film se termine par un long « travelling » qui commence par une vue des toits de Münster, passant ensuite aux rues du centre de la ville pour finir devant un feu, alors que la voix narre les « signes miraculeux » qui annoncent les désordres et la destruction de la ville.
La deuxième partie montre deux enseignantes allemandes dans la ville, Monika Ernst et Magdalena Storm, membres du parti communiste allemand, parti parfaitement légal et reconnu. Elles racontent comment elles ont été interdites d’enseigner. Deux autres membres du parti, Bruno Finke et Ulrike Poerschke, parlent aussi des accusations et de la répression subies. L’une des trois femmes raconte ses déboires devant les fonctionnaires de la «Protection de la Constitution». L’image finale montre la grande horloge astronomique de la cathédrale de Münster, construite en 1542, commandée par l’évêque pour symboliser la victoire sur les anabaptistes, « la restauration de l’ordre et de la paix ».
Fiche technique Titre : Règles du jeu pour un film sur les anabaptistes Titre original : Spielregel für einen Wiedertäuferfilm Réalisation : Georg Brintrup Scénario : Georg Brintrup et Rudi Bergmann Photographie : Ali Reza Movahed Son : Jobst Grapow, Karl D. Möller Musique : Arnold Schönberg Martin Luther Société de production : La Bottega Cinematografica, Rome Pays : , Genre : film document Durée : 70 minutes Année de sortie : 1976
Distribution Michael Romat : Lector Wilfried Gronau : Hermann von Kerssenbrock Tim Sodmann : Voix “off” Petra Gnade : Voix “off” Monika Ernst : elle-même Magdalena Storm : elle-même Bruno Finke : lui-même Ulrike Poerschke : elle-même
Autour du film Ce documentaire est né du scénario d’un film jamais réalisé, sur un sujet historique du , à Münster (Allemagne): le devenir tragique des anabaptistes, mouvement protestant, à l’origine pacifique qui, pour cause des persécutions subies, s’est transformé en une secte radicale et, pendant le siège de Münster, est devenu même fanatique. Le documentaire réalisé se fonde sur l’idée que la répression d’une pensée conduit au radicalisme et que l’isolement de l’esprit mène jusqu’au fanatisme, jusqu’à la folie. Avec cette thèse et par l’exemple, le documentaire illustre le fait qu’une opposition d’abord pacifique et démocratique, peut aller même aux extrêmes, à cause des constantes vexations aveugles subies, jusqu’à provoquer fatalement des réactions encore plus dures et plus violentes.
Accueil critique
Festivals La « Première » projection internationale du film a eu lieu dans le Festival international du film de Rotterdam en janvier 1977. D'autres présentations du film ont été dans la section du Forum du Jeune Cinéma Allemand du Festival international du film de Berlín en , et dans la XIII édition de la Mostra Internazionale del Nuovo Cinema, de la ville de Pésaro (Italie) en .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie The Unfortunate Traveller, or the Life of Jack Wilton de Thomas Nashe (1594) (lien projet Gutenberg [archive]) The Friends of God de Peter Vansittart, Éditions Macmillan, Londres, 1963 ; édité aux États-Unis sous le titre The Siege (Le Siège), Éditions Walker, New York, 1963 L'Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar, Éditions Gallimard, 1968, prix Femina Q de Luther Blissett , publié en Italie en 1999 par quatre membres du Luther Blissett Project. Le roman a été traduit en français par Serge Quadruppani sous le titre L'Œil de Carafa Perfection, par Anita Mason (en), Spinsters Ink Books (en), 2003 Speak to Her Kindly: A Novel of the Anabaptists (Parlez-lui gentiment : un roman des anabaptistes) de Jonathan Rainbow, Éditions Pleasant Word, 2003
Liens externes
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