La (en occitan : ) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description La rue Jean-Suau est une voie publique. Elle se situe au cœur du quartier du Capitole.
Elle naît au nord-est de la place de la Daurade, au carrefour de la rue François-Boyer-Fonfrède. Elle suit un parcours rectiligne, orienté au nord-est et long de 107 mètres. Elle se termine au niveau du carrefour des rues Peyrolières et Malbec, connu autrefois comme la place Peyrolières, et prolongé au nord par la rue Léon-Gambetta jusqu'à la place du Capitole.
La chaussée compte une seule voie de circulation automobile à sens unique, depuis la rue Léon-Gambetta vers la place de la Daurade. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
La rue Jean-Suau est parcourue par le sentier de grande randonnée 86 (GR 86), qui va de Toulouse à Bagnères-de-Luchon, et le sentier de grande randonnée 861 (GR 861), qui va de Toulouse à Saint-Bertrand-de-Comminges. Ils sont prolongés, au nord, par la rue Léon-Gambetta jusqu'à la place du Capitole, où ils ont leur origine, et au sud, après la place de la Daurade, par la promenade Henri-Martin.
Voies rencontrées La rue Jean-Suau rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Place de la Daurade (g) Rue François-Boyer-Fonfrède (d) Rue Malbec (g) Rue Peyrolières (d)
Transports La rue Jean-Suau est parcourue et desservie directement par la navette . Elle se trouve également à proximité des stations Capitole et Esquirol de la ligne de métro . À cette dernière marquent également l'arrêt la ligne de bus .
Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations (15 rue Sainte-Ursule) et (2 place de la Daurade).
Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. Le nom de la rue rend hommage à Jean Suau (1755-1841), peintre toulousain qui vécut et mourut dans un immeuble, aujourd'hui disparu, rue de la Capelle-Redonde (emplacement au-devant de l'actuel ). Jean Suau, fils d'Antoine Suau et de Marie Trulhet, fit d'abord des études de droit, mais les abandonna pour se consacrer à la peinture et fut en particulier l'élève de Jean-Pierre Rivalz. Le , il remporta le grand prix de peinture de l'Académie royale de peinture, sculpture et architecture de la ville, et le il en était nommé professeur. Il reconstitua après la Révolution française l’École des Arts, et y fut l'un des maîtres de Dominique Ingres entre 1791 et 1796Chalande 1924, .. Il dirigea les classes de l'antique, du modèle vivant et d’anatomie artistiquePascal Dupuy, « La France offrant la Liberté à l’Amérique », sur le site L'Histoire par l'image, septembre 2014 (consulté le 22 mars 2018).. Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le culture.gouv.fr.
La rue Jean-Suau n'a reçu ce nom que le , par décision du conseil municipal. Au milieu du , sur les documents les plus anciens, elle était appelée rue Bernard-Barrau, qu'elle devait à un propriétaire du lieu : on connaît plusieurs membres de la famille Barrau, capitouls entre les pour le capitoulat de la Daurade. Au milieu du , elle prit également le nom de rue Chaude (carrièra Cauda en occitan), sans qu'on puisse y trouve d'explication. Une légende, popularisée par l'historien toulousain Alexandre Du Mège, affirme qu'elle aurait reçu cette dénomination parce qu'elle était habitée par des prostituées, mais cette hypothèse a été combattue par Jules Chalande. En 1794, pendant la Révolution française, elle devint rue Fraternité, mais elle retrouva rapidement son nom de rue Chaude, qu'elle conserva jusqu'en 1873Chalande 1924, .Salies 1989, ..
Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, la rue Chaude (actuelle rue Jean-Suau) appartient au capitoulat de la Daurade. Elle n'est qu'une rue très étroite, qui relie la place Peyrolières, au carrefour de la rue du même nom, et la rue de la Vache (actuelle rue François-Boyer-Fonfrède) – elle ne rejoint alors pas le port de la Daurade, dont elle est séparée par plusieurs moulons. Elle est principalement habitée par des artisans : plusieurs maisons appartiennent à des familles importantes de l'élite urbaine toulousaine, bourgeois, capitouls et même parlementaires, mais qui n'y habitent pas et les donnent à louer. Les constructions sont relativement modestes et utilisent principalement le bois (actuels et 11).
Dans la deuxième moitié du , la rue Chaude est en partie touchée par les travaux d'aménagement de la place et du port de la Daurade.
Époque contemporaine À la fin du , la municipalité toulousaine poursuit ses travaux d'aménagement, qui visent à faciliter la circulation dans la ville. Elle cherche particulièrement à relier efficacement la place du Capitole, cœur de la cité, et le port de la Daurade. Les travaux d'élargissement provoquent la démolition de toutes les maisons du côté sud de la rueChalande 1924, ., tandis que des immeubles sont reconstruits dans un style néoclassique ou haussmannien, dans la deuxième moitié du (actuels , 4 et 8), ou dans le style Art nouveau, à la limite du siècle suivant (actuel ). Au bout de la rue, deux immeubles sont abattus pour permettre le dégagement de la vieille place Peyrolières.
Au cours du , plusieurs immeubles, particulièrement dégradés, sont également détruits pour faire place à des constructions plus modernes (actuels , 5, 6 et 15). Sa largeur est ainsi portée à 12 mètres, en faisant une des rues les plus larges du centre-ville.
Patrimoine et lieux d'intérêt vignette| : façade de l'immeuble Mazelié. 4 : hôtel Mazelié. L'immeuble se compose de deux corps de bâtiments construits par le même architecte, Joseph Galinier, mais pour le premier en 1892 et pour le second en 1901. Il appartenait alors Émile Mazelié, marchand de cuir, également propriétaire de l'immeuble voisin (actuel rue Peyrolières). Le premier corps de bâtiment, à gauche, arbore une longue façade de style néo-classique, d'inspiration haussmannienne, qui se développe sur dix travées et s'élève sur quatre niveaux. La façade, bâtie en brique claire, est mise en valeur par des bossages. Le rez-de-chaussée est percé par quatre ouvertures de boutique rectangulaires. Elles sont encadrées par deux grandes portes cochères, placées dans deux grandes arcades. Le et le sont mis en valeur par des balcons filants ornés de garde-corps en fer forgé, et soutenus par des encorbellements sculptés en pierre. Les fenêtres sont segmentaires et décorées de lambrequins en fer forgé. L'élévation est surmontée d'une corniche moulurée à modillons. Le second corps de bâtiment, à droite, est représentatif du style Art nouveau. Son élévation se développe sur quatre niveaux, mais ne compte qu'une seule large travée. L'utilisation de la brique rouge contraste avec le premier corps de bâtiment. Le rez-de-chaussée est percé d'une grande porte en plein cintre, encadrée par deux fenêtres, également en plein cintre. Un grand mascaron en pierre, percé d'un oculus aux contours festonnés et irréguliers, et ornés de tournesols, surmonte la porte et soutient le balcon du . Les deux étages sont réunis par une grande baie vitrée, voûtée en plein cintre. Une corniche en demi-cercle couronne l'élévationFurnémont 2019, ...
7 : immeuble ().. 11 : immeuble ()..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, , tome II, Toulouse, 1924, . Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, 2 vol., éd. Milan, Toulouse, 1989 . Geneviève Furnémont, Toulouse Art nouveau. Période 1890-1920, éd. Terrefort, Toulouse, 2019 .
Articles connexes Liste des voies de Toulouse Liste des hôtels particuliers de Toulouse
Liens externes « Notice », Au nom de la voie, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, (consulté le ). Inventaire préliminaire de la ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse (consulté le ). Inventaire général du patrimoine culturel d'Occitanie, sur le site Ressources patrimoines - La médiathèque culturelle de la Région Occitanie (consulté le ).
Jean Suau Jean Suau Catégorie:Quartier Toulouse Capitole