Le fondamentalisme désigne une adhésion à des doctrines radicales et extrémistes, généralement religieuses, mais aussi séculières ou même antireligieuses. Le mot peut faire référence à toute idéologie, y compris politique.

Caractéristiques Le fondamentalisme se caractérise par une interprétation littérale des textes, un radicalisme de l’argumentation et une hostilité à l’égard de l’opinion contraire. On y trouve une hétéronomie manifestée par la conviction de posséder une vérité absolue, indiscutable et unique, avec recours à des arguments d’autorité. Le fondamentalisme est fréquent dans les religions, en politiqueFrank Pasquale, Secularism & Secularity: Contemporary International Perspectives, Institute for the Study of Secularism in Society and Culture (ISSSC), Hartford, Conneticut 2007, . mais aussi dans d’autres mouvements séculiersFabrice Hadjadj, Comment parler de Dieu aujourd’hui, ed. Salvator, Paris 2012, 41 et 42 :Chris Hedges, America's New Fundamentalists, When Atheism Becomes Religion, Free Press 2008. et même en sciences, en technologie et en droit, où il peut se manifester par l’attachement inconditionnel à des méthodologies, modèles, hypothèses ou lois validées à une période de l’histoire des sciences, de l’histoire des techniques ou de l’histoire du droit, puis progressivement remises en question par de nouvelles découvertes et recherches ou par l’évolution des sociétés, dont l’intégration dans le corpus des connaissances, des technologies et des lois, est ainsi retardéeThomas Pavel in : François Dosse : .

Politique En politique, le mot « fondamentalisme » est employé pour désigner une conception « scientiste ». destinée à faire prévaloir un pouvoir économique, communautaire ou religieux de l'existence ou un absolutisme moral dans les domaines philosophiqueErnest Gellner, Postmodernism, Reason and Religion, Londres et New-York, 1992, 80 et ss., , intellectuel ou économique.. Le fondamentalisme cherche à justifier une conception du monde répondant à un besoin de sécurité intellectuelle et existentielleJames Barr, Old and New interpretation, SCM Press Ltd, Londres 1964, : (Traduit par Luc Chartrand, La Bible au pied de la lettre, Le fondamentalisme questionné, Mediaspaul 1995, ), de reconnaissance identitaire ou de supériorité structurellePendant la « guerre froide », le marxisme-léninisme s'étant auto-défini comme et , toute opposition était dévalorisée comme nécessairement et , mais à l'issue de cette « guerre froide », ce sont les sociétés marxistes-léninistes, y compris leurs élites, qui ont fini par abandonner cette croyance quasi-religieuse (régulièrement mise en scène dans de grandioses liturgies de masse) pour adopter le capitalisme qui, dans ses grandes écoles et instituts de formation commerciale, étudie scientifiquement le psychisme humain et met en application une stricte méthodologie pour l'influencer en fonction des besoins des marchés : Daniel Mercure (), Une Société-monde ? Les dynamiques sociales de la mondialisation, De Boeck Université 2001, ; Marie Cuillerai, « L'ultra-libéralisme » dans La Communauté monétaire, prolégomènes à une philosophie de l'argent, L'Harmattan, 2001, et Joseph Stiglitz, La Grande Désillusion, 2002..

Religions abrahamiques Le monothéisme des trois religions abrahamiques se prête au fondamentalisme dans la mesure où ce sont des « religions du Livre », livre sacré censé transcrire la pensée du dieu unique lui-même et donnant ainsi à ceux qui le citent et le commentent une grande autorité morale sur leurs coreligionnairesM. Marty & R. S. Appleby, « Conclusion : An Interim Report on a Hypothetical Family », in : Collectif, The Fundamentalism Project, Fundamentalisms Observed, The University of Chicago Press 1991, Chicago, Londres, ..

Judaïsme Le fondamentalisme juif est présent dans le sionisme religieux militant ou dans le judaïsme haredi. qui considèrent que la notion de judaïsme laïc ou culturel n'a aucune légitimité ni signification, et qui entend imposer la pratique de la halakha à toute communauté juive et à toute la société israélienne, sous peine d'exclusion sociale.

Christianisme L'expression « fondamentalisme chrétien » fut employée pour la première fois lors des réunions de la (1878-1897Luc Chartrand, La Bible au pied de la lettre, Le fondamentalisme questionné, Mediaspaul, 1995, 20 : .). Il prit son essor en milieu protestant aux États-Unis, au début du , par la diffusion de brochures de l'Église presbytérienne de l'Amérique du Nord (devenue Église presbytérienne aux États-Unis d'Amérique), lesquelles ont défini les « Fundamentals » du christianisme tel qu’envisagé par cette Église ultraconservatrice. Un autre exemple de fondamentalisme chrétien est la ligue pour la vertu au sein de l'église catholique aux États-UnisLudwig Ott, Fundamentals of Catholic Dogma, Mercier Press Ltd., Cork, Ireland, 1955, 256..

Islam Le fondamentalisme islamique est présent, depuis le , principalement dans des mouvements salafites ou wahhabites : il s'appuie sur une lecture littérale du Coran et met en avant des prescriptions, sévères, restrictives et discriminatrices, issues des interprétations sacralisées du fiqh, de l’ijtihad ou du qiyâs.Louis Milliot, Introduction à l'étude du droit musulman, Sirey, 1953, 135.François-Paul Blanc, Le droit musulman, Dalloz, , 2007, , 76-84..

Hindouisme Le fondamentalisme hindou est officiellement né d'un engagement désintéressé au service de l'Inde, notamment contre le colonialisme britannique, mais est souvent classé parmi les groupes suprémacistes. visant à aligner la législation indienne sur les prescriptions religieuses hindouistes et à combattre le séparatisme musulman., en s'inspirant ouvertement des groupes d'extrême droite européens dont le Parti nazi.

Références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes Fondamentalisme chrétien Fondamentalisme juif Hindutva Islamisme Violence dans le bouddhisme

Liens externes

Catégorie:Sociologie des religions