Andrew R. Wheeler, né le à Hamilton, dans l'Ohio, est un avocat et lobbyiste américain spécialisé dans les politiques énergétiques. Le , il devient administrateur adjoint de l'Agence de protection de l'environnement et à ce titre il exerce les fonctions d'administrateur par intérim à partir du de la même année, à la suite de la démission de Scott Pruitt. Il quitte ses fonctions le .

Biographie

Jeunesse et formation Andrew R. Wheeler est né à Hamilton dans l'Ohio, d'une mère institutrice. À l'âge de , il perd son père alors que ses deux sœurs sont âgées de et Friedman, Lisa (2008). The Almanac of the Unelected: Staff of the U.S. Congress 2008. Bernan Press. . .. Il est étudiant dans l'université privée Case Western Reserve située à Cleveland, dans l'Ohio, où il est diplômé en anglais et en biologie en 1987 "Case Western Reserve University Alumni Graduates of 1987". Case Western Reserve University. Consulté le 25 août 2017 puis il est diplômé en droit à l'université Washington de Saint-Louis en 1990 "Class Notes 1990" (PDF). Washington university law magazine. 2009. Consulté le 25 aout 2017.. En 1998 enfin, il obtient un MBA à l'université George-Mason.

Carrière Quatre ans à l'EPA En 1991, il décroche son premier emploi à l'Agence de protection de l'environnement (EPA) où il va demeurer quatre ans, sous les présidences de George H. W. Bush et de Bill ClintonFriedman, Lisa (2008). The Almanac of the Unelected: Staff of the U.S. Congress. Bernan Press. . .. Il travaille au Bureau de la pollution et de la prévention et des toxiques dit Toxics Office, consacré aux produits chimiques toxiques, où il contribue notamment à l'inventaire des rejets de substances toxiques dit TSCAportail du TSCA (TSCA Chemical Substance Inventory), à la prévention des pollutions mais aussi au droit à l'information.

Quatorze ans au Comité sénatorial de l'environnement et des travaux publics Il occupe ensuite durant six ans plusieurs fonctions dont celle de directeur (républicain) du personnel du sous-comité de la qualité de l'air, des zones humides et de la sûreté nucléaire puis directeur du personnel du Comité sénatorial de l'environnement et des travaux publics après y avoir été introduit comme assistant du sénateur Jim Inhofe. Il reste pendant quatorze ans, s'y occupant de sûreté nucléaire, de la législation sur les émissions de polluants atmosphériques et de la législation sur l'eau. À titre de directeur du personnel de ce comité il est . Il explique en 2017 que durant ces quatorze ans, en , il a . Il est accusé d'avoir durant cette période (moment de la mise à jour de la législation américaine sur la qualité de l'air avec le Clear Skies Act) abusé de son pouvoir pour cibler et intimider les groupes en faveur de la lutte contre le changement climatique, ce qui a soulèvera plus tard . Frank O’Donnell, président du Clean Air Watch a dit de lui : .

Cabinet de lobbying et consulting Il est ensuite co-dirigeant, chargé des questions d'énergie et de ressources naturelles, du bureau de lobbying Faegre Baker Daniels et conseiller juridique du même cabinet, où , ce qui le place en situation de conflit d'intérêts avec d'éventuelles fonctions à l'EPA pour lesquelles il est pressenti dès 2017. Selon les informations données par son bureau de lobbying, il a alors travaillé sur toutes les grandes lois environnementales et énergétiques devant le Congrès depuis plus d'une décennie, notamment la loi sur les émissions de gaz à effet de serre, l'Energy Policy Act de 2005, la loi sur l'indépendance énergétique et la sécurité, et la législation Clean Air Interstate Rule. Il a une grande expérience et connaissance de l'EPA mais aussi des départements de l'Énergie, des Transports et de l'Intérieur Il a notamment travaillé pour une importante société minière d'uranium qui a récemment fait pression pour réduire le Bears Ears National Monument, riverain de l'une des usines de traitement d'uranium. Il a aussi et notamment soutenu en tant que lobbyiste l'une des plus grandes sociétés charbonnières du pays, ainsi qu'un fabricant de gaz réfrigérant (ICOR International) qui l'a employé pour faire pression sur le Congrès américain et sur l'EPA en faveur d'une réglementation moins stricte concernant la protection de la couche d'ozoneBiographie de A Wheelers, d'après Faegre Baker Daniels, par ProPublica. Il lui est aussi reproché d'avoir conseillé et aidé plusieurs sociétés ayant un intérêt financier à voir le marché des agrocarburants (éthanol issu de maïs en particulier) à être artificiellement soutenu (ex : Growth Energy, qui rassemble des producteurs d'éthanol) ; or c'est justement l'EPA qui est chargée d'établir des règles et exigences environnementales pour les agrocarburants, exigences qui affectent fortement le marché de l'éthanol.

En tant que lobbyiste, son cabinet a aidé les entreprises suivantes (par ordre alphabétique, données 2018) : Bear Head LNG Corporation ; Celanese Corporation ; Coalition for Domestic Medical Isotope Supply ; Darling International Inc. ; Domestic Fuel Solutions Group ; Energy Fuels Resources Inc. ; Enterprises Swanco LLC, Agriculture ; ICOR International, Manufacture & Supply of Refrigerants ; Insurance Auto Auctions, Inc. ; KAR Holdings ; Murray Energy ; Nuclear Energy Institute (Association commerciale et de lobbying promouvant un usage responsable de l'énergie nucléaire) ; Sargento Foods Inc. ; South Coast Air Quality Management District (SCAQMD) ; Underwriters Laboratories ; Whirlpool Corporation ; Xcel Energy.

Wheeler s'affiche comme climatosceptique et il critique les limitations volontaires d'émission de gaz à effet de serre soutenant même l'utilisation continue des combustibles fossiles"Trump Nominates Coal Industry Lobbyist Andrew Wheeler To Help Run EPA". Legal Reader. 26 juillet 2017. Consulté le 25 août 2017. En 2010, il a mis en doute la rigueur scientifique du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat des Nations unies)"Reports: Trump to nominate coal lobbyist Wheeler to deputy EPA slot". UtilityDive. 25 juillet 2017. Consulté le 25 août 2017., exprimant son impression que . En 2018, après qu'un rapport multi-agence de l'administration Trump ait reconnu l'existence d'un dérèglement climatique en majeure partie induit par les activités humaines, Wheeler devant un comité de sénateurs reconnaît que l'homme a un impact sur le climat... ajoute-t-il.

De 2009 à (selon ce qu'il a affirmé devant une commission sénatoriale chargée de donner un avis sur sa candidature à l'EPAHEARING ON THE NOMINATIONS OF KATHLEEN HARTNETT WHITE TO BE MEMBER OF THE COUNCIL ON ENVIRONMENTAL QUALITY AND ANDREW WHEELER TO BE DEPUTY ADMINISTRATOR OF THE ENVIRONMENTAL PROTECTION AGENCY ; Wednesday, 8 novembre 2017), il représente en tant que lobbyiste le producteur de charbon Murray Energy"Trump to name coal lobbyist as deputy EPA chief: report". The Hill. 16 mars 2017. consulté le 25 août 2017., propriété de Bob Murray, un fervent partisan de Donald Trump qu'il a poussé à retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat (ce que le Donald Trump avait promis de faire et qu'il a fait). Il soutient l'industrie du charbon qu'il aide à exercer des pressions contre les politiques de lutte contre le changement climatique et de réglementation des émissions de gaz à effet de serreAlexander C. Kaufman (2018) Trump Pick For EPA’s No. 2 Accused Of Abusing Power To ‘Bully’ And ‘Intimidate’ Opponents As a Senate aide in 2005, Andrew Wheeler went after state air pollution regulators for opposing his boss’s bill.Friedman, Lisa (2017-10-05). "Trump Nominates a Coal Lobbyist to Be No. 2 at E.P.A." The New York Times. ISSN 0362-4331. Consulté le 2018-02-06..

Retour à l'EPA En , il est proposé comme de l'EPA par Donald Trump. Son audience de confirmation se tient le devant le Comité judiciaire du Sénat des États-Unis qui approuve sa nomination, alors que la COP 23 sur le climat se réunissait à BonnEPW (2017) Hearing on the Nominations of Kathleen Hartnett White to be a Member of the Council on Environmental Quality and Andrew Wheeler to be Deputy Administrator of the Environmental Protection Agency ; Audience de confirmation au poste EPA], 7 novembre 2017. Mais sa candidature n'est pas ensuite soumise à la Chambre des représentants pour un vote final. Sa nomination revient donc devant le Comité au début de la session législative suivante. Devant le comité sénatorial qui doit donner un avis sur sa nomination, il se présente comme un ami des sénateurs qui le questionnent, ayant une large expérience des questions environnementales, et se dit , l'un des sénateurs lui demande de se récuser de cinq affaires que son cabinet d'avocat et de lobbying a porté : , ce à quoi Wheeler a répondu d'une part que son cabinet d'avocat n'a pas représenté Murray Energy dans ses poursuites contre l'EPA, et d'autre part qu'il suivrait les que les personnes responsables de l'éthique au sein de l'EPA lui ont fait. Après que Wheeler ait dit qu'il avait escaladé le Kilimandjaro avec deux de ses amis, deux ans plus tôt, le sénateur démocrate Sheldon Whitehouse lui a cependant demandé si lors de cette escalade il avait remarqué quelque chose ce à quoi Wheeler a répondu que (le glacier du Kilimandjaro est souvent cité comme exemple de glacier en régression du fait du réchauffement climatique). Ce même sénateur a aussi demandé à Wheeler s'il avait connaissance du plan de Bob Murray relatif à l'EPA (Murray a déclaré avoir produit pour l'EPA un plan de trois pages que selon lui Scott Pruitt a déjà (début 2017) commencé à mettre en œuvre à l'EPA. Wheeler répond : . Selon le Huffington Post .

Le , The Intercept révèle que Wheeler a récemment organisé deux collectes de fonds pour John Barrasso, républicain du Wyoming et Jim Inhofe, républicain de l'Oklahoma, dont l'un préside le Comité sénatorial de l'environnement et des travaux public où Wheeler a autrefois travaillé, et qui va devoir donner un avis sur sa nomination. À ce moment Wheeler était déjà pressenti pour co-diriger l'EPA. Cette révélation faite début 2018 choque de nombreux Américains et notamment deux grandes ONG, le Natural Resources Defense Council et le Sierra Club ; Melinda Pierce, directrice du Sierra Club déclare le jour même : Statement on Wheeler fundraiser scandal ; Sierra Club Calls for Delay of Vote, Investigation, New Hearings Communiqué du Sierra Club, le 7 février 2018. Selon Liz Bowman, porte-parole de l'EPA et il Herscher R (2018) article intitulé Former Coal Lobbyist On Tap For No. 2 Spot At EPA (Un ancien lobbyiste de l'industrie houillère sur le point de devenir à l'EPA), NPR - Special séries environment and energy collaborative |17 mars 2018.

Sa nomination est donc soumise de nouveau au Sénat qui l'approuve le par contre 45. Il prend ses fonctions le . À ce titre, il exerce les fonctions d'administrateur de l'agence par intérim à compter du suivant, à la suite de la démission du titulaire, Scott Pruitt.

Entre le moment où il a été assermenté et la fin , Wheeler a eu au moins trois réunions avec certains de ses anciens de ses clients pour lesquels il faisait du lobbying, ce qui constitue potentiellement une violation de l'engagement éthique de l'administration Trump et de ses promesses faites lors de son audition de confirmation . Début janvier la Maison-Blanche a confirmé au Sénat américain sa volonté de le confirmer à la tête de l'EPA (si un vote du sénat confirme cette décision, il deviendra alors ministre de l'environnement des États-Unis). Les organisations de défense de l'environnement dénoncent cependant sa politique pro-entreprises et celle de l'administration Trump (en , l'ONG Sierra Club avait dénoncé sa nomination qui selon l'ONG revient à "donner les clés du coffre à un voleur" AFP & connaissance des énergies (2019) Trump confirme un ex-lobbyiste comme ministre de l'Environnement ; 09 janvier 2019).

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