Haroun Bouazzi, né en à Tunis en Tunisie, est un ingénieur et homme politique québécois d'origine tunisienne et française.

Diplômé d'un baccalauréat et d'une maîtrise en génie informatique de l'École polytechnique de Montréal, il travaille surtout à la Banque de développement du Canada, dont il est vice-président adjoint, architecture d'affaires avant son élection à l'Assemblée nationale le . Il est alors élu député de la circonscription provinciale de Maurice-Richard sous la bannière de Québec solidaire.

Le , il annonce qu'il va quitter la vie politique après la fin de son mandat.

Biographie Jeunesse Haroun Bouazzi est né en 1979 d'un père tunisien et d'une mère française. Arrivé au Québec à l'âge de pour étudier à l'École Polytechnique, ses premières apparitions dans les médias québécois et canadiens remontent à son engagement contre la dictature de Ben Ali en 2010. Il est alors porte-parole du Collectif de solidarité au Canada avec les luttes sociales en Tunisie. Au lendemain de la chute du dictateur, la mobilisation à laquelle il participe réclame le gel des avoirs des familles Ben Ali - Trabelsi et aboutit, avec l'aide de parlementaires canadiens, à la décision du gouvernement de Stephen Harper de modifier la législation canadienne pour lutter contre la corruption et le détournement de fonds de chefs d'État répressifs. Il est plus tard le cofondateur d'AMAL-Québec (Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec), une association qui se dit « féministe et plurielle » et dont le nom signifie espoir en arabe. En 2015, il fait partie des dont la contribution à l'avancement des droits et libertés au Québec est honorée par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.

Diplômé d'un baccalauréat et d'une maîtrise en génie informatique de l'École polytechnique de Montréal, il travaille surtout à la Banque de développement du Canada, dont il est vice-président adjoint. En tant que co-porte-parole d'AMAL-Québec, son activisme politique vise surtout à défendre l'égalité en luttant contre le racisme et l'islamophobie. Aux côtés de militants des droits civiques, il est à l'initiative d'une demande au gouvernement québécois d'une commission sur le racisme systémique qui se retrouve au cœur d'un débat très polarisé sur lequel se positionnent les partis politiques québécois et de nombreux acteurs de la société civile. Cette demande aboutit dans un premier temps à une annonce de la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion mais, malgré le lancement des premiers travaux et à la suite d'un remaniement ministériel, le gouvernement revient sur sa décision.

Ses prises de position dans l'espace public lui valent des menaces récurrentes.

Il a déjà animé une chronique politique hebdomadaire sur les ondes de NeoQuébec.

Militant laïque et antiraciste Engagement pour la laïcité et contre le racisme En 2012, Haroun Bouazzi s'engage pour la laïcité et contre le racisme en fondant l'Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité, AMAL-Québec. Cet engagement s'intensifie avec le dépôt par le gouvernement du Parti québécois de Pauline Marois d'une Charte sur les valeurs québécoises. Le débat suscite de vifs débats et Haroun Bouazzi est l'un des intervenants réguliers sur la question à titre de coprésident d'AMAL-Québec.

Haroun Bouazzi se réclame de la pensée du sociologue Jean Baubérot pour la définition du concept de laïcité. Selon cette approche, la laïcité repose sur trois fondements : la liberté de conscience et de religion, la neutralité de l'État et la séparation des institutions religieuses et des institutions de l'État . Il défend à plusieurs reprises le modèle québécois de laïcité et d'intégration par opposition au modèle français. Il s'oppose ainsi à des courants politiques qui proposent d'institutionnaliser la négation de la liberté de conscience, notamment par l'interdiction du port de signes religieux. C'est le cas par exemple de la Charte des valeurs québécoises qui proposait d'interdire le port de symboles religieux par les employés de l'État.

Pour Haroun Bouazzi, des mouvances identitaires ont entrepris de se draper d'idéaux comme ceux de la laïcité ou encore de l'égalité entre les femmes et les hommes pour recouvrir des propositions politiques qui font appel à la xénophobie et promouvaient des sentiments racistes. Son engagement s'est par conséquent élargi à la lutte contre plusieurs formes de racisme, notamment l'islamophobie.

En plus de nombreuses interventions médiatiques, Haroun Bouazzi a représenté a plusieurs reprises AMAL-Québec en commission parlementaire à l'Assemblée nationale du Québec.

Groupe de travail sur la prévention de la radicalisation menant à la violence En , à l'initiative de Philippe Couillard, Haroun Bouazzi participe à la Table de travail intersectorielle sur la prévention de la radicalisation menant à la violence. Toutefois, après de collaboration, il dénonce le manque de sérieux du gouvernement dans la lutte contre la discrimination et quitte le groupe.

Commission sur le racisme systémique En 2016, Haroun Bouazzi est co-initiateur, avec les militants Emilie Nicolas, Will Prosper et Suzie O'Bomsawin, d'une demande au gouvernement du Québec afin de mettre sur pied une commission sur le racisme systémique. Appuyée par une centaine de personnalités politiques, de la société civile et du monde académique, cette demande suscite de nombreux débats dans la société et fait l'objet d'une pétition citoyenne déposée à l'Assemblée nationale grâce au parrainage du député de Québec solidaire Amir Khadir. En 2017, Haroun Bouazzi est nommé par le gouvernement de Philippe Couillard sur un comité-conseil devant faire des recommandations en vue de la tenue de la consultation sur le racisme systémique. À l'issue des travaux du comité-conseil, le gouvernement tranche sur les modalités d'organisation de la consultation et Haroun Bouazzi fait partie des voix qui s'élèvent pour critiquer les renoncements du gouvernement. Il reproche alors au gouvernement de préférer organiser une simple consultation plutôt qu'une commission et critique le manque de transparence avec lequel l'exercice entend être mené, puisque les audiences se tiendraient à huis clos. L'organisation de la consultation est confiée à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, mais celle-ci traverse une crise majeure alors que sa présidente fait l'objet d'accusations d'abus d'autorité et de mauvaise gestion de la part de plusieurs employés. Dans ce contexte, le début des travaux est d'abord reporté puis, à la suite d'un remaniement ministériel, l'ensemble du mandat de la consultation est modifié et il est désormais question de se pencher sur la « valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination ». Haroun Bouazzi cosigne alors une tribune dans le journal La Presse, dans lequel les acteurs et organisations de la société civile sont invités à poursuivre la mobilisation.

Projet de loi 62 Comme plusieurs organismes de la société civile tels qu'Amnistie internationale (section Canada francophone), le Barreau du Québec et la Ligue des droits et libertés, il se prononce contre la loi 62 introduite par le gouvernement de Philippe Couillard. En invoquant la Charte québécoise des droits et libertés, il affirme qu'il est possible de limiter des droits fondamentaux à condition que cela réponde à un problème réel et urgent.

Groupe de réflexion pour lutter contre la discrimination À l'initiative de la mairesse Valérie Plante, ce dernier est invité à participer au groupe de réflexion pour lutter contre la discrimination.

Islamophobie Haroun Bouazzi a donné plusieurs conférences et pris la parole plusieurs fois pour expliquer le concept d'islamophobie. Avec d'autres activistes, il se prononce en faveur de désigner le la « Journée nationale du souvenir et d'action contre l'islamophobie ».

Révolution tunisienne Cofondateur du Collectif de solidarité au Canada avec les luttes sociales en Tunisie, Haroun Bouazzi participe depuis le Canada à la révolution tunisienne contre Ben Ali. Son engagement pour la démocratie en Tunisie lui aura valu d'être sélectionné parmi les cinq finalistes pour le Prix de la personnalité internationale de l'année remis par le Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CÉRIUM) en collaboration avec l'émission Une heure sur terre de Radio-Canada, et le quotidien Le Devoir. Le président du jury était Jean-François Lisée alors président du CÉRIUM.

Parcours politique Député à l'Assemblée nationale du Québec Le , Haroun Bouazzi annonce qu'il est candidat à l'investiture de Québec solidaire dans la circonscription de Maurice-Richard (anciennement Crémazie). Raphaël Rebelo, qui fut candidat pour le parti lors des élections générales de 2018, où il avait terminé deuxième, est également candidat. Bouazzi reçoit notamment l'appui public de Manon Massé, porte-parole féminine du parti. Il remporte l'investiture du parti par cinq voix sur 600 votes exprimés.

Lors des élections générales de 2022, Haroun Bouazzi est élu député à l'Assemblée nationale du Québec le . En , des médias rapportent qu'une crise est survenue au sein de l'association solidaire de Maurice-Richard. Des membres rapportent qu'au moins 11 membres recrutés par l'équipe d'Haroun Bouazzi n'auraient pas payé eux-mêmes leur adhésion au parti. L'ensemble de l'exécutif local avait alors démissionné en bloc à la suite de l'investiture contestée de Bouazzi. Ce dernier estime de son côté que les allégations étaient fausses.

D' à , Haroun Bouazzi est porte parole en matière de finances, d'économie, d'innovation et d'énergie ainsi que de cybersécurité et numérique. En , il se voit confier les dossiers infrastructures, ressources naturelles et forêts, tandis que les responsabilités liées aux finances et à l'économie sont transférées à sa collègue Alejandra Zaga Mendez. En , il obtient le dossier justice tandis qu'il lègue le dossier ressources naturelles et forêts à Alejandra Zaga Mendez. Haroun Bouazzi est également porte-parole du deuxième groupe d'opposition responsable des régions de la Chaudière-Appalaches et de Laval.

Le , il annonce qu'il va quitter la vie politique après la fin de son mandat.

Lutte contre la pénalité discriminatoire aux rentes de retraite des aînés invalides Haroun Bouazzi milite aux côtés des personnes aînées invalides pour mettre fin à la pénalité financière et discriminatoire qui est imposée sur les rentes de retraite des personnes recevant une prestation d'invalidité entre 60 et 65 ans.

À l'automne 2023, Haroun Bouazzi parraine une pétition réclamant l'abolition de celle-ci, qui atteint . À la suite de son dépôt à l'Assemblée nationale du Québec, il demande au gouvernement de tenir une séance de travail sur le sujet, puis présente un nouveau projet de loi le visant à son abolition. Le , le gouvernement du Québec annonce l'abolition de la pénalité.

Dossier Northvolt Suivant l'annonce de l'arrivée d'une méga usine de batteries de la multinationale suédoise Northvolt en Montérégie, Haroun Bouazzi dénonce le manque de transparence, le saccage de l'acceptabilité sociale et les problèmes d'éthique entourant le dossier.

Critiquant le gouvernement de François Legault pour avoir selon lui privilégié les intérêts de la multinationale dans ce dossier, le député solidaire réclame la tenue d'un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) avant l'implantation de la nouvelle usine. À l'automne 2023, Haroun Bouazzi parraine une pétition de demandant au gouvernement du Québec de mener une enquête du BAPE avant l'implantation de la méga-usine Northvolt en Montérégie. En partenariat avec la société civile, il participe à plusieurs manifestations et tient un point de presse au moment du dépôt de la pétition.