Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, duc de Fronsac puis duc de Richelieu, né à Paris le et mort le dans la même ville ; prince de Mortagne, marquis du Pont-Courlay, comte de Cosnac, baron de Barbezieux, baron de Cozes et baron de Saujon, maréchal et pair de France, est un gentilhomme et militaire français.
Biographie Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis est le quatrième enfant et unique fils de Armand-Jean de Vignerot du Plessis (1629-1715), ancien général des galères (1642-1661), petit-neveu du cardinal de Richelieu (1585-1642), et d'Anne-Marguerite d'Acigné. Il était le filleul de Louis XIV et de la duchesse de Bourgogne Marie-Adélaïde de Savoie.
Années 1700-1719 Dans sa jeunesse, le futur maréchal de Richelieu se fit connaître par ses duels, qui lui valurent d'être emprisonné à la Bastille quatorze mois durant, car le duel était interdit par les différents rois de France (en 1626, le cardinal de Richelieu avait publié un nouvel édit d'interdiction).
En 1711, il noue un premier mariage (voir ci-dessous)
Après avoir fait ses premières armes en 1713, durant la guerre de Succession d'Espagne, aux sièges de Landau et de Fribourg en tant que capitaine dans le régiment Royal cavalerie, il devint colonel du régiment de Richelieu en 1718.
À l'âge de vingt-trois ans, le , il retourna à la Bastille, gravement compromis dans la conspiration de Cellamare. Les charges retenues contre lui étaient si lourdes que le régent Philippe d'Orléans déclara : avant de le faire libérer sur les instances de sa fille, de Valois, qui en était follement amoureuse et qui dut, à cette occasion, faire la promesse de renoncer à l'épouser et, en revanche, d'épouser un prince souverain François III Marie, duc de Modène.
Années 1720-1739
Il fut élu à l'unanimité à l'Académie française le . Il fit écrire son discours de réception par Fontenelle, Campistron et Destouches. Il aurait exercé une très grande influence au sein de l'Académie, manipulant les élections.
En 1725, grâce à la protection de Jeanne-Agnès Berthelot de Pléneuf, marquise de Prie, maîtresse du duc de Bourbon (Premier ministre en titre après la mort du régent), il fut nommé ambassadeur à Vienne (1725-1729) puis à Dresde, où il se montra habile diplomate. Il fut fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit le et membre honoraire de l'Académie des sciences en 1731.
En 1734, il noue un deuxième mariage (voir ci-dessous).220px|vignette|Le Duc de Richelieu à la fin de sa vie. Tableau de Louis-Charles-Auguste Couder, musée de l'Histoire de FranceDépôt à la préfecture d'Aquitaine à Bordeaux.Il porte le nouveau costume de l'ordre du Saint-Esprit (1777).
Années 1740-1755 Il fut commandant en chef du Languedoc de 1738 à 1755Mentionné de multiples fois dans l' Histoire générale de Languedoc. Par exemple ici :https://archive.org/stream/histoiregnr14viccuoft#page/1076/mode/2up. En 1743, à l'âge de quarante-sept ans, il fut nommé premier gentilhomme de la chambre.
Homme de guerre valeureux, il combattit avec distinction dans de nombreuses campagnes entre 1733 et 1758, prenant notamment une part décisive à la victoire de Fontenoy (1745). C'est en effet lui, qui eut l'idée géniale et la direction de la manœuvre qui anéantit la colonne de Cumberland alors que tous, jusqu'au maréchal de Saxe lui-même, s'étaient résolus à la retraite.
En 1746, le maréchal de Richelieu alla dans le cadre d'une mission diplomatique à Dresde afin d'accompagner la dauphine Marie-Josèphe de Saxe à Versailles.
Il fut fait maréchal de France le , puis, le , agrégé au corps des nobles génois, avec faculté de porter les armes de la république.
Années 1756-1769 À l'âge de soixante ans, de 1756 à 1763, pendant la guerre de Sept Ans, il prit le commandement de l’armée du Hanovre au cours de laquelle il gagna le surnom de « Petit Père la Maraude ». Le nom de Hanovre fut donné au pavillon de jardin qu'il fit construire pour son hôtel parisien. C'est également pendant cette guerre, en 1756, qu'aurait été inventée, en son hommage selon la légende, la mayonnaiseJean Vitaux, Le Duc de Richelieu : un gastronome et libertin, emblématique du , Canal Académie, 25 mars 2012.
En 1755, il fut nommé gouverneur de la Guyenne où il découvrit et apprécia les vins de Bordeaux, appelés par les esprits moqueurs du temps « la tisane du Maréchal ». Il les introduisit à la Cour qui ne buvait alors que du vin de Bourgogne ou de Champagne. C'est aussi lui, qui dans une volonté de moderniser Bordeaux y ordonna la construction du Grand Théâtre.
Années 1770-1788
En 1780, il noue un troisième mariage (voir ci-dessous).
Il meurt le , à 92 ans, et est inhumé avec ses ancêtres dans la chapelle de la Sorbonne. Son enterrement est annoncé comme suit :
Train de vie, liaisons, mariages vignette|Le siège du fort Saint-Philippe, lors de l'expédition de Minorque, est mené par le maréchal de Richelieu (1756).
Brillant courtisan, il exerça une grande influence sur Louis XV, jusqu'à ce que Madame de Pompadour, offensée par son refus de marier son fils, le duc de Fronsac, à sa fille, d'Étiolles, l'éloigne du Roi sans parvenir pour autant à le priver de tout crédit.
Mécène généreux mais endetté toute sa vie de par son train de vie somptueux, libertin, il fut l'ami de Voltaire, qu'il reçut souvent dans ses résidences de Paris, Versailles et Fontainebleau. Gastronome, il a laissé son nom à un plat, le « boudin à la Richelieu », boudin blanc truffé servi avec des amandes, ainsi qu'au fameux pâté en croûte au foie de volaille et à la pistache, le « pâté Richelieu ».
On lui prête une brève liaison avec Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry, jeune veuve licencieuse à la réputation de Messaline. Parmi ses autres conquêtes féminines, on peut citer la marquise du Châtelet en 1733, la baronne Claudine Guérin de Tencin avec qui il entretint une longue correspondance, Charlotte-Aglaé d'Orléans (fille de Philippe d'Orléans régent de France) et Jeanne Du Barry quand elle était demi-mondaine à Paris (il n'est d'ailleurs pas impossible qu'il ait « testé », pour ainsi dire, la future maîtresse royale). Il aurait été proche, après 1746, de la princesse de Rohan Marie-Sophie de Courcillon.
Il se maria trois fois : le avec Anne-Catherine de Noailles, « Mademoiselle de Noailles » (1694-1716), fille du marquis de Noailles ; le avec Élisabeth Sophie de Lorraine (1710-1740) dont il eut deux enfants : Antoine (1736-1791), duc de Fronsac, Jeanne-Sophie (1740-1773), future comtesse Casimir Pignatelli comte de Braine et d'Egmont, duc de Bisaccia, prince de Gavre ; le , à 84 ans, avec Jeanne de Lavaulx (1734-1815), veuve de Rothe, sa cadette de 38 ans. Le mariage, célébré dans la chapelle de l'hôtel Richelieu (ancien hôtel d'Antin, rue Neuve-Saint-Augustin), fut suivi d'un bal dans le « pavillon de Hanovre, illuminé toute la nuit », et d'un « feu d'artifice tiré dans le jardin devant une foule de curieux qui stationnaient sur les boulevardsMarcel Pollitzer : Le Maréchal galant : Louis-François Armand duc de Richelieu. Nouvelles éditions latines, Paris, 1952, (voir ). ».
Mémoires apocryphes et authentiques
De 1790 à 1793, paraissent les Mémoires du maréchal duc de Richelieu. La propagande révolutionnaire les fait passer pour vrais et authentiques alors qu'ils sont apocryphes. Ils sont publiés par l'abbé Giraud-SoulavieRoland Mortier, Hervé Hasquin, « Topographie du plaisir sous la Régence », sur digistore.bib.ulb.ac.be, Études sur le , , Éditions de l’Université de Bruxelles, 1998, .. La propagande révolutionnaire tentait ainsi de faire passer le maréchal de Richelieu pour un personnage débauché et licencieux, tout en discréditant la monarchie. La fausseté de ces Mémoires, sur la forme comme sur le fond, a été démontrée par Arthur-Michel de Boislile, dans la préface de la publication des Mémoires authentiques du maréchal de Richelieu, en 1869 (voir ci-dessous).
Un autre livre, Vie privée du maréchal de Richelieu, paraît en 1791. L'auteur reste inconnu ; on a pensé à Jean-Benjamin de La Borde, premier valet de Louis XV, et à Louis-François Faur.
Des papiers rédigés par le maréchal, retrouvés dans les archives de la famille en 1868, furent publiés en 1869 sous le titre de Mémoires authentiques du maréchal de Richelieu. Arthur-Michel de Boislile, auteur de la préface de la publication de 1869, et Élisabeth Porquerol, sont convaincus que l'auteur de la Vie privée du maréchal de Richelieu a eu accès à ces papiers.
Portrait littéraire Dans Chroniques de la Régence, Alexandre Dumas dresse de lui un portrait sur plusieurs pages. Il raconte notamment :
..
Un contemporain, Félix de France d'Hézecques, évoque le maréchal de Richelieu dans Souvenirs d’un page de la cour de Louis XVI..
Audiovisuel Télévision Ce diable d'homme, mini-série française (1978) dans laquelle figure Richelieu, interprété par Georges Descrières. Les Aventures du jeune Voltaire, mini-série française (2021) dans laquelle figure Richelieu, interprété par Victor Meutelet.
Films Jeanne du Barry (2023), film franco-belgo-britannique de Maïwenn, dans lequel il est interprété par Pierre RichardChristophe Caron, « Pierre Richard dans «Jeanne du Barry»: «Pourquoi voulez-vous que j’arrête de m’amuser?» », lavoixdunord.fr, 16 mai 2023..
Bibliographie
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Notes et références
Voir aussi Articles connexes Bataille de Minorque (1756) Guerre de Sept Ans Pavillon de Hanovre
Liens externes
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